LIVIIE VI. — NOS «APPORTS AVEC LE SAINT-ESPRIT
que l'Onction et le sceau qui est en nous, n'est pas de la nature des choses créées, mais delà nature du Fils, puisque celui-ci nous unit au Père par l'Hsprit qui est en lui » (1). Ainsi parle S. Athanasc; et telle est aussi la doctrine que S. Cyrille exprime presque dans les mêmes termes et contre les mêmes adversaires : « Comment l'Esprit serait-il une chose créée, lui par qui nous devenons participants du Père et du Fils ?... Oui, Dieu est en nous par l'Esprit-Saint » (2).
Écoutons de nouveau S. Basile : « Je vois Dieu (le Père) et l'Esprit habiter inséparablement ensemble dans les créalnres. Pour toi, Eunomius, parce que tu ne peux nier que dans les témoignages qui nous révèlent cette présence, il s'agisse de l'Esprit incréé, tu prétends que c'est Dieu (le Père) qui y porte le nom d'Esprit. Mais ne sais-tu pas que Dieu n'habite pas par lui-même dans la créature, et qu'il n'est permis à personne d'entendre Dieu (le Père), où l'on nous parle de l'Esprit de Dieu ? L'apôtre, en effet, les distingue ouvertement l'un de l'autre quand il écrit : Dieu nous l'a révélé par son Esprit... Nous nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui est de Dieu. »
Il semblerait vraiment que les deux premières personnes attendent l'intervention de la troisième pour descendre en nous. Ce serait pour cela que, voulant habiter dans un cœur, elles l'envoienl devant elles, afin de leur en ouvrir les portes, et le transformer en un temple digne de leur majesté suprême.
Or, n'allons pas croire que ce soient là des expressions arbitraires, sans conséquence et sans cause; un de ces jeux de paroles où se plaisent les orateurs et les poêles. Non : car elles ne reviendraient pas si fréquemment
(1)S. Alhan., ep. ad Serap. 1, n. 23, 24, /. cil. (2) S. Cyril. .\lex.. append. ad Dial. VII de Trinit. P. Gr., t. 75, p. 1124. etc. .
1 HVl'llIîK IV. — DIKC EN NOUS PAR LE SAINT-ESPRir 409
«iuiiN UN 1 1 1 iIn Un plus tloginaliques des Pères ; encore moins ceux-ci les appiiieraicnt-ils avec une telle insistance sur la parole même de l'Esprit-Saint consignée dans nos Kcritures.
Cyrille d'Alexandrie commente ce passage de la l'<- épitre aux (Corinthiens : « Ne savez-vous pas (|ue vos membres sont le temple de l'Esprit-Saint qui est en vous, et que vous avez reçu de Dieu » (1). « Donc, s'écrie le saint docteur, nous sommes les temples du Dieu vivant. Et comment cela se fait-il ? Parce que le Christ habite en nous par le Saint-Esprit, et qu'il a dans sa propre nature celui il'oii il émane substantiellement, Dieu son Pére»(2).
Mais nulle part ils n'insistent plus sur cette idée que dans leurs interprétations de ce beau texte de S. Jean : ' Ce qui nous fait connaître que nous demeurons en Dieu, et que Dieu demeure en nous, c'est qu'il nous a rendus participants à son Esprit » (3). « Donc, conclut S. ,\thanase, en vertu de la grâce du Saint-Esprit qui nous a été donnée, nous sommes en Dieu, et lui, en nous. i:n conséquence, parce qu'il est l'Esprit de Dieu, quand il est en nous, nous cpii possédons cet Esprit, nous sommes vraiment en Dieu, et Dieu pour la même cause habite en nous » (4). Et S. Augustin : « En cela nous con- 1. lissons que nous demeurons en Dieu et Dieu en nous, |i i.f qu'il nous a donné île son Esprit. Très bien ; Dieu soit béni ! Nous .savons que Dieu habite en nou.s. Mais cela même qui nous l'a fait savoir ? Parce qu'il nous a donné de son Esprit '? Et d'où sai.s-lu qu'il t'a donné de son Esprit '.' Interroge ton cœur ; s'il est plein de charité, tu as en loi l'Ivsprit de Dieu. Mais (|ui nous apprend cette
ll| l Cor.. VI. I« :cul. il Cor , VI, lft-17.
(2) S. Cyril. Alex., in h. I. l'. Gr, l. 74. p. 371.
(3) I Joan., iV. 13.
(4) S. .\lli»n Or :j. c \rlan.. n. 23. P. Or., t. 'M, [>. 373.