MVRE VI. — NOS RAPPOIITS AVEC LE SAINT-ESPRIT
liaison nécessaire entre la demeure de l'Esprit-Saint cl la charité ? C'est Paul quand il dit : La charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par l'Esprit-Saint (jui nous a été donné » (1).
Continuons de prêter l'oreille au même S. Augustin. Il cherche s'il n'y aurait pas dans les Kcriturcs un texte, où le Saint-Esprit serait explicitement désigné par le nom de charité. Ce texte, il croit, à tort peut-être, l'avoir trouvé dans ces paroles de S. Jean : Dieu est charité (2). Je n'examinerai pas toutes les preuves qu'il en apporte, bien qu'elles contiennent d'utiles enseignements. Contentons-nous de relever la seconde partie de son argumentation. « Nous trouvons, dit-il, que l'Ecriture appelle manifestement l'Unique, la sagesse de Dieu (3). Trouverons-nous aussi que l'Esprit-Saint porte quelque part le nom de charité ? Oui, si nous méditons diligemment les paroles de l'Evangéliste. Mes bicn-aimés, dit-il, aimonsnous les uns les autres, parce que la charité est de Dieu. Et il ajoute : Quiconque aime est né de Dieu ; et qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, parce que la charité est Dieu (4). La churilé est Dicii.la charité est de Dieu. Donc la charité c'est Dieu de Dieu. Mais si le Saint-Esprit est Dieu de Dieu, parce qu'il procède de Dieu le Père et de Dieu le Fils, le Fils lui-même est né de Dieu le Père, et par suite, il est, lui aussi. Dieu de Dieu. Lequel des deux sera la ciiarité ? Mettons de côté le Père, puisque lui n'est pas de Dieu. Est-ce le Fils ; est-ce le Saint-Esprit ? La suite va nous éclairer...
« En cela, dit l'FZvangéliste (5), nous connaissons que
(1) S. Aug. in ep. Joan ad Partli Ir. VIII, n. 12.
(2) I Joan., IV. 8.
(3) I Cor.. I, 24.
(4) I Joan.. IV, 7 8.
r5) Id. rbid., 13.
CNAPIIKF. IV. — Dlir EX NOCS PAK I.K SAINTHCSMUT 41 t
nous demeurons en lui (Dieu) cl lui en nous, parce qu'il nous a donné de son Esprit. Donc, c'est l'Esprit qu'il nouj> a donné, <|ui nous fait demeurer en Dieu el lui en nous. Or, cette nmtuclle immanence est l'œuvre de la charité. L'Esprit-Saint est donc le Dieu Charité.... et c'est de lui que parle sinjjulièrement rKcriturc, quand elle dit : Dieu est Charité. Donc l'Esprit-Saint, Dieu procédant do Dieu, allume dans l'àme à qui il est donné, la charité pour Dieu et pour le prochain, et lui-même est Charité ; car c'est de Dieu seul que vient au cœur de l'homme l'amour qu'il a pour Dieu.... Donc la Charité qui est de Dieu et qui est Dieu, est proprement le Saint-Esprit (}ui répand tlans nos cœurs la charité, c'est-à-dire cet amour de Dieu par lequel toute la Trinité habite en nous. Dileclio Ujitiir ({lia' ex I)eo est et Detis esl, proprie Spirilus sanclus est. per (jnem (liljiuiditur in cordibus iiosiris Dei charitas, per quam nos loin inhabitat Trinitas. C'est pourquoi le .Sainl-l-sprit, quoiqu'il soit Dieu, est nommé très justement le Don de Dieu (1). Don divin par lequel il tiuit entenflre la charité, cette charité qui mène ù Dieu et sans laquelle aucun autre don ne peut nous conduire :'i Dieu • (2).
2. — Ce texte du grand évèque est précieux. En ellet. après nons avoir appris que l'Espril-Saint est pei-sonnelleuienl Amour ; et (jue par cet .\mour la Trinité tout entière habite en nous, il expli(|ue encore, en partie du moins, le sens vrai au !<''''• itiiU.n.. iTime manière si constante au Saint-Esprit.
Envoyé par le Père et le 1 ils, i><)n vouimun de leur amour pour les hommes, le Saint-Esprit attire Dieti vers nous et nous attire nouvraèmes à Dieu : c'est là sn fonction. (Comment l'expliquer ? On peut donner cette
(1) Act.. Vilt. 20.
(2) S. Aujt.. de Trin. XV. c. IT et IS. n. 31 et 32.