LIVRE VI. — NOS RAPPORTS AVEC LE SAINT-ESPRIT
explication sous plusieurs formes qui toutes remontent aux caractères hypostatiques du Saint-Esprit, comme des conséquences à leur principe. Commençons par celle que nous olfre l'Ange de l'École. C'est au fond celle-là même que vient de nous suggérer le grand Augustin.
Le Docteur Angcliciue suppose deux jjrincipes que nous avons pleinement démontres : le premier que Dieu ne peut être séparé ni de ses effets ni de ses dons ; l'autre, que les œuvres d'amour, et tout spécialement la charité, doivent être l'attribution de l'Amour personnel, c'est-àdire du Saint-Esprit. Cela posé, voici comment il raisonne : « 11 faut de toute nécessité que là où est reflet de Dieu, Dieu, cause elïiciente, s'y trouve aussi. Donc, parce que la charité qui nous fait aimer Dieu, est en nous par le Saint-Esprit, le Sainl-Esprif lui-même doit demeurer en nous, tant que nous conservons en nous la charité. Et voilà pourquoi l'apôtre a dit : Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que le Saint-Esprit habite en vous ? (1). Il est en nous, dis-je, pour nous rendre par la charité les amis (les amants, amotores) de Dieu. Donc, puisque c'est la loi de l'amour que l'objet aimé soit dans celui qui l'aime, en tant qu'il l'aime, il est nécessaire que par le Saint-Esprit habitent également en nous et le Fils et le Père. Aussi le Seigneur a-t-il dit en son Evangile ' Nous viendrons à lui, c'est-à-dire à celui qui aime Dieu, et nous ferons notre demeure en lui (2)....
« De plus, il est manifeste que Dieu porte un amour spécial à ceux qu'il a faits ses amis par l'opération de son Esprit : car ce n'est qu'en aimant (ju'il les a gratifiés d'un bien si précieux. Aussi lisons-nous de Dieu qu'il a dit : Moi, j'aime ceux qui m'aiment (3). En efTet, ce n'est
(Il I Cor.. III. 10.
(2) Joan.. XIV, 23.
(3)Proverb.. VII, 8.