‹ La grace et la gloireChapitre 8 sur 80 · CHAPITRE m. — PKKKMINKNCK DR l'aDOPTION DIVIXK · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — PKKKMINKNCK DR l'aDOPTION DIVIXK

voir que l'infinie surabondance de son amour ? Certes, lypôtre S. Jacques a dit vrai : «* Voluntaric j^enuit nos»; il nous a engendres par volonté; volonté libre, volonté spontanée, volonté toute gratuite et tout amoureuse, qui Ta poussé à donner des frères à son Unique et des cohéritiers au bicn-iiinié de son cœur (1).

I^ ne s'arrêtent pas les effusions de sa bonté. Peu content de joindre à son propre Fils des enfants qu'il adopte par miséricorde. Dieu livre ce Fils ù la mort pour donner le jour aux adoptifs. Et ce n'est pas moi qui le dis : c'est Jésus-Christ lui-même qui nous l'enseigne dans son Kvangile. « Dieu a tant aimé le monde, qu'il a donné son Fils Unique, afin que ceux qui croient, ne périssent pas, mais qu'ils aient la vie éternelle »(2). Vous le voyez, il livre son propre Fils pour faire vivre les enfants d'adoption, et la même charité qui l'abandonne et le sacrifie, nous adopte, nous régénère et nous vivifie. Voilà donc, encore une fois, notre adoption dans sa source : imour infiniment désintéressé du Père.

.\joutez-y l'amour non moins désintéressé du Fils. S'il été livré par son Père, il s'est livré lui-même ; et chain des enfants d'adoption peut et doit répéter après Paul : « Si je vis, ou plutôt si Jésus-Christ vit en loi ;... c'est qu'il m'a aimé et s'est livré pour moi » (3). omme elle est donc vraie, connue elle est pressante ■lie invitation que faisait le même apôtre aux chrétiens «IKphèse : « Soyez les imitateurs de Dieu, comme des iifants bien-aimés; et marchez dans l'amour, comme Christ nous a aimés, et s'est livré lui-même pour nous 1 oblation à Dieu et en hostie de suave odeur >• (4).

(1) V. IloMuet, »erm. pour la fête du Rosaire, 1*' point. (2)Jnan. III. i.^.

(3> C,»\. II. m.

<4) Ephc». V. $ 2

38 LIVnB I. — MÉALITÉ DB L'aDOPTION DIVINE

« il nous a volontairement engendrés par le Verbe de vérité », c'est -î»-(i ire, suivant une interprétation très plausible du texte, par son Fils.

Si nous n'avions été que des serviteurs, c'éttiit une grûce incomparable ; mais esclaves par nature, nous étions encore une rxice déchue, révoltée, positivement indigne des divines faveurs. Et de combien d'outrages personnels avions-nous aggravé l'injure laite à Dieu i)ar le chef et le représentant de la famille humaine ! Et voih'i sur quel fumier Dieu lui-même est venu nous prendre pour nous mettre au rang des princes de son peuple (1), je veux dire, parmi ses enfants d'adoption restés immuablement fidèles à celui qui les avait créés dans la justice.

2. — Plus gratuite, plus œuvre d'amour que les adoj)tions humaines, l'adoption divine l'emporte encore en efficacité (2). Il en est des œuvres de Dieu comme de ses perfections. Lors même que les unes et les autres ont quelque raj)port avec nos perfections et les ouvrages de nos mains, toujours elles sont infiniment au-dessus par leur excellence singulière. Je n'ai pas à montrer ici combien les perfections de Dieu surpassent les nôtres : la sagesse de Dieu, notre sagesse ; sa justice, notre justice ; sa bonté, la bonté de la créature, si grande qu'on la suppose. Mais pour l'intelligence du sujet qui nous occupe, nous devons insister sur la comparaison des œuvres, ou plutôt sur leurs contrastes. A côté des créations de Dieu, il y a ce qu'on appelle les créations de l'homme. Les noms sont

(1) Psalm. CXIi, 7.

(2) « Hoc aiitem plus liabet adoptalio divina qiiam liiimana : quia Dciis homiiicm queiu adoplal, iJoDciim facit pcr graliic mu nus ad haercdilatcm cu-leslem percipiendara ; lionio aiilem non facit idoneutn eiim quem adoptai, scd polios eiim jam idoiieum eligil adoplaitdo ». S. Tliom. ù p. q. 23, a. I.

Page 1