‹ La grace et la gloireChapitre 9 sur 80 · CHAPITRE ill. — PUKEUINENCK 1>K L AUnl'llii.N WIM.M · texte numérisé non relu

CHAPITRE ill. — PUKEUINENCK 1>K L AUnl'llii.N WIM.M

ommuns, mais dans les choses quelle diirérence ! L'acte iréaleur de Dieu va chercher le terme de son activité jus(|ue dans le néant, tandis que tout le génie de l'homme •st impuissant à faire de rien le moindre grain de poussière.

Dieu et l'homme peuvent confier à d'autres une part le leur autorité pour qu'ils l'exercent sous leur dépentlance. Mais, si le supérieur est un homme, l'action par laquelle il communique son pouvoir, ne pénétre pas au fond de l'être pour le changer intérieurement ; aucun perfectionnement physique ou dans le corps ou dans l'àme le répond à celte communication d'autorité. Telles ne Mtnt pas les attributions de pouvoirs faites par la muniicence de notre Dieu. S'il dit à l'homme : « tu régneras -ur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur lous les animaux qui se meuvent à In surface du globe», il lui donne la raison pour les dominer, les diriger, et s'en servir (1). Si, dans un ordre supérieur, il veut que les hommes reçoivent et confèrent les sacrements de ri-Iglise pour leur sanclilicalion pr<>i)re et pour le salut le leurs frères, cette puissance de les recevoir et ce pouvoir de les conférer emportent pour les baptisés (pii reçoivent et pour les ministres du sanctuaire qui confèrent, une perfection tout aussi réelle et tout aussi vraie (|uc notre puissance de connaître et de vouloir, le caractère sacramentel.

L'homme peut enseigner l'homme. Mais comment ensei- :^ne-t-il ? Toute son action .se réduit immédiatement à les signes extérieurs. C'est une direction pour l'intelli- .;ence du disciple ; mais la parole du maître n'arrive pas directement jus<]u'ù rinlelligcnce pour la réveiller, la fortifier, la créer. Autre est l'enseignement que Dieu

( I > Cm. I. 28.

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donne ù sa créature. Il est le maître qui l'illumine en produisant en elle la puissance même de connaître et d'entendre (1) ; le maître qui pénètre quand il le veut jusque dans les derniers replis de l'intelligence pour y faire naître de nouvelles idées, les plus hautes, les plus lumineuses, en l'absence de tout signe, indépendamment de tout concours préalable des organes, dans le silence de tout ce qui n'est pas lui. Aussi Notre-Seigncur nous dit-il, qu'il est le maître devant qui tout autre maître est comme s'il n'était pas, le grand, le seul maître de la créature raisonnable. « Ne vous laissez pas appeler du nom de maîtres : car vous n'avez qu'un Maître, le Christ »(2),

Où nous mènent ces considérations, si ce n'est à conclure que la paternité, quand c'est Dieu qui se fait des fils, doit l'emporter en efficacité sur toute autre paternité d'adoption. I£n effet, Thomme qui adoj)te son semblable, ne communique rien d'intrinsèque ù l'enfant cju'il fait sien : ni sa nature, puisque cet enfant est homme comme lui-même ; ni les qualités qui peuvent déterminer son choix, puisque ce choix les suppose cl qu'elles le motivent. Impuissant à lui faire une santé plus florissante, un sang plus généreux et plus pur, un esprit plus vif, il ne lui donne autre chose avec son amour qu'un titre et des droits : le titre de fils, les droits d'héritier.

Tout autres sont la conduite et î'amour de notre Dieu, quand par sa grâce il daigne élargir le cercle de sa famille et se choisir des enfants de prédilection. Et c'est cejcju'il nous faut étudier plus foncièrement, à l'école du docteur Angélique. S. Thomas fait donc remarquer qu'il y a une différence essentielle entre l'amour du Créateur et celui de la créature. Ce qui meut la volonté de

(1) Joan. I. 9.

(2) .Mail. XVIII, 10.

CtiunitK 111. — PRÉÉMINENCE DK i/aDOPTIu.V i>nl>K il

l'homine. c'est le bien qui préexiste dans les personnes ou dans les choses ; d'où il suit que l'amour humain ne cause pas la bonté de ce qu'il aime, mais qu'il la présuppose soit en partie soit même en totalité. Au rebours, laniour de Dieu produit le bien dans son terme pour rendre celui-ci digne de sa complaisance. Ce^qu'il aime en lui ce n'est pas ce qu'il trouve, mais ce qu'il apporte. .\biier, pour Dieu c'est vouloir et faire du bien. Quand nous disons que Dieu a plus ou moins d'amour, le plus ou le moins ne doivent pas s'entendre d'une plus ou moins grande intensité dans l'acte par lequel il aime : car il aime toutes choses et lui-même par un seul et même acte toujours simple et toujours immuable qui n'est autre chose que sa propre essence. Mais ce plus et ce moins se rapportent aux biens qu'il confère à ceux qu'il aime (1).

Donc, pour aimer les hommes de cet amour spécial qui les fait enfants d'adoption, il faut qu'il les transforme et les enrichisse de perfections intérieures et très réelles, en nipport avec l'amour qu'il leur porte et la dignité qu'il leur confère (2).

Kt c'est là manifestement ce que nous disent et la Sainte Ecriture et nos Docteurs dans les textes déjà cités. (Comment comprendre une nouvelle naissance, une régénération, une création, un renouvellement de tout nousmêmes sans changement intérieur ? Est-il possible de réparer dans l'homme l'image de Dieu, de le rendre participant de la. nature divine, de le refaire, de le recréer, de le refondre (toutes expressions employées par les écrivains sacrés et par les Pères), et de ne rien ajouter de réel a son être ? Non sans doute (^). On |)eut discuter sur

(DS. Thom. i p. q. 20 •. 2 el 3.

(2) S. Thom. C. Genl. l. III. c 150. n. 2 ; de Vcril 1

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la nature de cette métamorphose sublime, et nous aurons occasion d'écarter les opinions moins sûres pour leur substituer la vraie doctrine. Mais dès ce moment une conclusion s'impose : l'adoption divine est excellemment plus efficace que toutes les adoptions humaines.

3. — Ajoutons en troisième lieu qu'elle est infiniment fructueuse. « Si vous êtes fds, vous êtes héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ » (1). Quel est le bien de Dieu ? Dieu lui-même ; serait-il Dieu s'il devait chercher en dehors de soi sa richesse et son trésor ? Se connaître infiniment, s'aimer infiniment, c'est pour lui posséder le souverain bien, sa richesse et son tréwr infini ; le posséder, dis-je, dans sa plénitude. Et parce que cette contemplation et cet amour de lui-même sont lui-même, de là vient que Dieu est non seulement heureux et riche, mais sa propre richesse, et sa propre béatitude (2). En vertu de l'ineffable transformation qui nous fait entrer comme fils dans la famille de Dieu, nous pauvres et misérables que nous sommes, nous avons en nous le droit de partager un jour la béatitude de Dieu, cette jouissance qu'il a de lui-même par la vision et l'amour. Donc en nous rendant ses fils il nous sacre ses héritiers, puisqu'il nous convoque à posséder avec lui le bien suprême. Le riche, le splendide héritage ('.i), et que sont, comparés avec lui, les héritages terrestres ? Héritiers de Dieu ; cohéritiers de Jésus-Christ : car c'est là aussi l'héritage que cet Unique a reçu comme homme, quand il est devenu dans son humanité « i)lenus graliae et veritatis, plein de grâce et de vérité » ' (> 4'liis hnd,

(l)Rom. Vlfl, 17.

(2) S. Thom. C. Genl. L. I, c. 41 et 101.

(3) Ps. XV, 6.

<4) Joari. I, 14.

CHAPITHE m. — rHéRMIXENC» DB l'aDOPTION DIVINE 43

nous essaierons de nous former quelque idée moins contiise des richesses inén;irrnl)los (jiic Dieu réserve n ses lils d'adoption ; mais déjà c'est en avoir une connaissance bien haute que de les savoir au-dessus de tout ce (jue l'esprit de l'homme peut imaginer et son cœur désirer.

Ici, quelque lecteur s'arrêtera peut-être devant cette (.l»ioction spécieuse. Si je ne suis qu'un enfant par ado|>îioii. et, par suite, si je n'ai pas en moi la nature même de mon père, ni la bonté, ni la beauté divine ne sont miennes. Ce n'est donc pas ma richesse à moi, mais celle de Dieu seul. Sans doute, répondrais-je, ces perfections ne seront jamais les nôtres : ni la sagesse, ni la justice, ni la grandeur, ni la toute puissance, ni, pour tout dire en un mot, l'être subsistant, l'être qui n'étant qu'être est tout l'être, ne peuvent devenir ma sagesse^ ma justice, ma grandeur, ma puissance, mon être propre. Mais il n'en reste pas moins vrai que cette bonté suprême peut être ma possession, et par suite, mon héritage. Car qu'est-ce que posséder pleinement une chose, si ce n'est pouvoir en jouir selon sa volonté ; en jouir immuablement, sans que rien vienne jamais nous en séparer *? Qu'importe que ce champ ne soit pas ma propriété, si je -suis absolument assuré d'en garder toujours l'usufruit et la jouissance ? Or, la jouissance et la possession de la vérité suprême et de la souveraine l)eauté, c'est dans le connaître et dans l'aimer qu'elles consistent. Donc possfdant Dieu par la connaissance et par l'amour, j'entre vraiment en jouissance : et je suis héritier : héritier de droit, si je porte la grâce de Dieu dans mon ctinir ; héritier de droit et de fait, si je meurs avec la même grâce. « Mes bien-aimés, maintenant nous sommes enfants «le Dieu ; mais ce que nous serons ne parait pas encore. Nous savons que lorsqu'il paraîtra, nous serons sem-

44 MVIIK I. — ItÉALITK DB 1,'aDOPTION DIVINE

hlables à Lui, parce que nous le verrons tel qu'il est » (1).

4. — C'est ici qu'il faut encore admirer une dernière prérogative que j'appellerai, faute d'un autre nom, la singularité de l'adoption divine. Parmi les hommes, l'adoption, quand clic suppose quelque enfant dans la famille, ne peut guère avoir lieu sans lui porter préjudice, ou lui causer du déplaisir. Il souffrira parfois dans son honneur, et, si l'honneur est sauf, au moins dcvra-t-il subiiun partage avec un autre dans l'héritage et l'amour paternels. Rien de semblable à redouter, lorsqu'il s'agit des adoptions tiivines. Je me le demande, quel préjudice et (juel déplaisir peuvent apporter au Fils suivant la nature, i\ Jésus-Christ Notrc-Seigneur, les frères que daignera lui donner son Père ? Un jjréjudice : mais ne restct-il pas le FiU Unique de Dieu ? En est-il lui-même moins parfait, moins saint, moins puissant, moins Dieu ? Ditesmoi quelle prérogative il perd, et s'il cesse d'être inliniment aimé d'un amour infini ? Un déplaisir : mais cette adoption qui l'a voulue, qui l'a faite, qui l'a payée de son sang, volontairement, librement, si ce n'est lui ?

La gloire de Dieu, c'est d'être tellement grand, tellement bon, tellement beau, tellement riche, que sans s'épuiser, ni perdre la moindre parcelle de ses perfections infinies, il puisse à toute heure verser par torrents sur ses créatures bonté, beauté, grandeur et richesse. La gloire du Fils Unique, c'est de pouvoir, en restant l'Unique dans l'incommunicable sublimité de sa sphère, devenir, en sa qualité d'homme, l'instrument ineflable des adoptions paternelles. Prétendre exclure celles-ci pour l'honneur du Fils Unique, c'est dire ou que la perfection de cet Uni(|ue est trop bornée pour se connnuniquer sans

(I) I Joan. m. 2.

CHAriTIlE III. — PHKBMINBNCK DE l'aDOPTION DIVINE 15

s'amoindrir, ou que le sang répandu par lui sur le Calvaire n'est pas d'un prix à payer surabondamment la dignité des enfants adoptifs. Pour moi, Jésus, mon Sauveur, mon frère et mon Dieu, vous m'apparaissez d'autant plus beau, d'autant plus riche et plus aimé, d'autant plus l'Unique du Père, qu'il vous donne plus de frères et de cohéritiers. Leur éclat rehausse votre grandeur ; et plus nombreux je les vois se presser autour de vous, plus je vous admire et je vous aime.

Après cela, qu'est-il besoin de montrer que la multitude croissante des fils d'adoption, loin d'être pour chacun d'eux une diminution de privilèges, en devient plutôt un merveilleux accroissement? Dans le cœur du commun Père il y a place pour tous, puisque ce cœur est infini comme Dieu lui-même. Que tous les héritages humains se morcellent d'autant plus que les héritiers deviennent nombreux, je ne m'en étonne pas : il s'agit de biens matériels dont la possession pour être parfaite doit ■ tre exclusive. Mais l'héritage spirituel, Dieu, la vérité j)()ssédée par l'intelligence. Dieu, la bonté possédée par laiiiuur, peut être tout à moi bien qu'il soit tout à vous. I.CS deux bras par lesquels je le serre dans mon esprit et dans mon cœur, ne sauraient devenir un obstacle pour votre étreinte. A ce grand et sublime spectacle celui (|ui est plus proche, n'empêche personne de contempler et ii'admirer. Des hauteurs du ciel le soleil ne m'en éclaire pas moins, parce qu'il y a des millions d'hommes à recevoir avec moi sa lumière (1).

Donc le bonheur de la possession «. Iio/ un lils iuioplif n'exclut pas le bonheur de l'autre ; il en est plutôt le complément. Posséder Dieu, c'est ma richesse et ma féli-

(i) S. A>'{C»l. lie lib. Arbi . I. 11. . li. Ilicard. Victor, in Cari, c. 10.

4t> LIVBE 1. — HÉALITÉ DB l'aUCPTIO-N DIVINE

cité. Je le possède mille fois, si des frères que j'aime el que je regarde dans la charité comme d'autres moi-même» sont mille à le posséder avec moi. Ce n'est pas tout ; contemplant Dieu face à face et tout investis de sa lumière, ils deviennent autant de resplendissants miroirs où je vois avec ravissement se répéter la beauté que j'admire et que j'aime. A plus forte raison, l'héritage du premierné ne peut diminuer celui des enfants adoptifs, pas plus que l'héritage de ceux-ci ne saurait être une cause d'amoindrissement pour le sien. Ni la source toujours pleine ne court risque de se tarir pour s'épancher dans des ruisseaux, ni les ruisseaux ne s'appauvrissent pour couler d'une source inépuisable.

Ajoutons, avant de conclure, que cet héritage commun des enfants de Dieu ne connaît pas de deuil. Sur la terre, pour que les fils entrent en jouissance des biens paternels, il faut (jue la mort frappe le père et fasse en l'enlevant une place aux héritiers. Mais, Ihéritage qu'attendent les fils adoptifs de Dieu, c'est Dieu lui-même ; et pour eux savoir que Dieu est le roi immortel des siècles, c'est être sur que l'héritage est immuable et (|ue rien ne pourra jamais le leur ravir : rien, dis-je, ni la caducité du bien qu'ils espèrent, ni la mort de l'héritier, puisque Dieu, ce bien suprême, éternel en lui-même, donne la vie éternelle à qui le possède.

Après cette méditation, qui ne voudrait souscrire aux paroles d'un saint pape, Léon le Grand : « Omnia doua excedit hoc doniim lit Deiis hominem vocel filiiim, et honio Dciim nominel palrem (1). Le don par excellence, celui qui surpasse incomparablement tous les autres, c'est que Dieu dise à l'homme : Mon fils : et que l'homme réponde à Dieu : mon père ». Que d'autres se glorifient de leurs

(1) S. Léo. serm. 20 al. 2.J. in Naliv.. 6, c. 4.

«:HAPmilî III. — l'nKKMIXENCK DK I.'aIK)PTION niVINK 47

richesses, de leurs (li;{nités, de leurs hautes alliances, le chrétien a bien une autre gloire : Moi, je suis de la famille de Dieu, l'enfant de Dieu, l'héritier do Dieu. « Fiitis Dei sum ego ». Celui-li» seul saura quel excès d'honneur emporte ce titre, qui pourra comprendre ce qu'est Dieu, et son Fils premier-né, Jésus-Christ Notre-Sei- ^neur.

Mais qu'une parente si liante, une filiation si admirable demande de sainteté dans la vie ! Donc, « que la race élue, que la nation royale réponde à la dignité de sa régénération ; qu'elle aime ce qui est aimé de son Père, et qu'elle n'entre jamais en désaccord avec son auteur, craignant de mériter cette plainte qu'il fit jadis par la bouche d'Isaïe : j'ai nourri et exalté des enfants, el ces enfants m'ont abreuvé de mépris » (1). « Oui, l>ui.squ'il nous est donné d'appeler Dieu notre Père, nous devons agir comme des enfants ; si nous nous applaudissons d'avoir Dieu pour père, faisons qu'il s'applaudisse «le nous avoir pour fils, soyons en vérité les temples de Dieu, et qu'il soit manifeste qu'il habite en nous ; devenus célestes et spirituels, ne pensons, n'aimons que ce qui est <lu ciel et de l'esprit )>(2). Ht c'est ainsi que les saints docteurs font sortir la leçon de notre grandeur. Jésus-Christ l'avait fait avant eux : « Moi je vous le ilis : aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour vos persécuteurs et vos calomniateurs ». Ht pourquoi ces actes héroïques de In charité chri-tienne ? « Afin d'être les fils de votre Père (|ui est au ciel » (.'{) ; de l'être par la ressemblance des (t'uvres, « puisqu'il fait luire son soleil sur les bons et

I I . S. Léo. Sorm. mo» « i

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48 LivRK 1. — RÉALrré de l'adoption divine

sur les méchants » ; (ie le devenir par une imitation de plus en plus parfaite, « tellement que les hommes, témoins de nos vertus, glorifient le Père qui est aux cieux » (1). Alors on pourra, toute proportion gardée, dire de chacun de nous, ce que le centenier professait de Jésus-Christ, notre frère aîné, sur le Calvaire : « Vere filius Dei erat iste » (2) : Oui, voilà véritablement un fds de Dieu.

(1) MaUh. V, 16 ; col. I Pet. Il, 12.

(2) .MaUli. XXVll, 54.

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