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ExTracts ror Srexr TRANSLATION. xix
la quantité ces Connaissances, la singularité des faits, la nouveauté même des découvertes, ne sont pas de sûrs garants de l’immortalité ; si les ouvrages qui les contiennent ne roulent que sur de petits objets, s’ils sont écrits sans goût, sans noblesse et sans génie, ils périront, Parce que les connaissances, les faits et les découvertes s’enlèvent aisément, se transportent, et gagnent même à être mises en œuvre
est l’homme même. Le style ne peut donc ni s’enlever, ni se transporter, ni s’altérer : s’il est élevé, noble, sublime, l’auteur sera également admiré dans tous les temps; cariln’ya quela vérité qui soit durable, et même éternelle. Or, un beau style n’est tel, en effet, que par le nombre infini des vérités qu’il présente, Toutes les beautés intellectuelles qui sy trouvent, tous les rapports dont il est composé, sont autant de vérités aussi utiles, et peut-être plus précieuses pour l'esprit humain que celles qui peuvent faire le fond du sujet,
RoussEAU, JrAN-J. AOQUES (1712-1778), the great apostle of the worship of nature. The twoextracts are taken from Emile, a work on education. They both exemplify Rousseau'a love of nature and simple lifo, as well as his free and copious style.
Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable que d'aller à cheval : c’est aller à pied. On part à son mon nt, on s'arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays ; on se détourne à droite, à gauche ; on examine tout ce qui nous flatte; on s'arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie ; un bois touffu, je vais scus son ombre ; unogrotte, je la visite ; une carrière, j’examine les minéraux, Partout où je me plais, j'yreste. A l'instant que je m'ennuie, je m'en vais. Je ne dépends ni des chevaux ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes ; je passe partout où un homme peut passer ; je vois tout ce qu’un homme peut voir, et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir.
Je ne voudrais point avoir un palais Pour demeure; car dans ce palais je n‘habiterais qu’une chambre ; toute pièce commune n’est à Personne, et la chambre de chacun de mes gens me serait aussi étrangère que celle de mon voisin. Les Orientaux, bien que très voluptueux, sont tous logés et meublés simplement, Ils regardent ia vie
xx Exrraoïs ror Siexr TRANSLATION.
Somme un voyage, etleur maison comme un cabaret, Cette raison prend peu sur nous autres riches, qui nous arrangeons pour vivre toujours ; mais j'en aurais une différente qui produirait le même effet. Il me semblerait que m'établir avec tant d'appareil dans un lieu serait me bannir de tous les autres, et m’emprisonner pour ainsi dire dans mon palais, C’est un assez beau palais que le monde ; tout n'est-il pas au riche quand il veut jouir? Ubi bene, ibi patria ; c'est là sa devise ; ses lares sont les lieux où l'argent peut tout, son pays est partout où peut passer son coffre-fort, comme Philippe. tenait à lui toute place forte où pouvait entrer un mulet chargé d'argent. Pourquoi donc s’aller circonscrire par des murs et par des portes comme pour n’en sortir jamais ?
LAMARTINE (1790-1860), ène of the most distinguished lyric poets of modern times ; also distinguished as a prose writer, orator and statesman.
The passage given here is an extract from the celebrated poem ‘> Lac and
part of les Méditation Poétiques. An excellent piece for committing to memory.
O temps ! suspends ton vol ; et vous, heures propices ! Suspendez votre cours ;
Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours !
” Assez de malheureux ici-bas vous implorent ; Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux.
Mais je demande en vain quelques moments encore ; Le temps m’échappe et fuit 3
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit.
Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n’a point de port, le temps n’a point de rive; Il coule, et nous passons !
Exrracrs ror Siqar TRANSLATION. xxi XXY.
BALZ10 (1790-1850), a great writer of is taken from Eugénie Grandet, and vivid and striking pictures. The and is a very good sampleofanoth dissection.
Au physique, Grandet était un homme de cinq pieds, trapu, carré, ayant des mollets de douze pouces de circonférence, des rotules noueuses et de larges épaules ; son visage était rond, tanné, marqué de petite vérole ; son menton était droit, ses lèvres n’offraient aucune sinuosité, et ses dents étaient blanches ; ses Yeux avaient l’expression calme et dévoratrice que le peuple accorde au basilic ; son front, plein de lignes transversales, ne manquait pas de protubérances significatives ; ses cheveux, jaunâtres et grisonnants, étaient blanc et or, disaient quelques jeunes gens qui ne connaissaient pas la gravité d’une plaisanterie faite sur M. Grandet. Son nez, gros par le bout, supportait une loupe veinée que le vulgaire disait, non sans raison, pleine de malice. Cette figure annonçait une finesse dangereuse, une probité sans chaleur, l’égoïsme d’un homme habitué à concentrer ses sentiments dans la jouissance de l’avarice et sur le seul être qui lui fût réellement quelque chose, sa fille Eugénie, sa seule héritière.
Il est plus difficile d'expliquer 1 différence qui distingue le grand monde de la bourgeoisie qu’il ne l'est à la bourgeoisie de l’effacer, Ces femmes, gênées dans leurs toilettes, se savaient endimanchées et laissaient voir naïvement une joie qui prouvait que le bal était une rareté dans leur vie occupée ; tandis que les trois femmes qui exprimaient chacune une sphère du monde étaiènt alors comme elles devaient être le lendemain, elles n'avaient pas l'air de s’être habillées exprès, elles ne se contemplaient pas dans les merveilles inaccoutumées de leurs parures, ne s’inquiétaient pas de leur effet ; toutavait été accompli quand, devant leur glace, elles avaient mis la dernière main à l’œuvre de leur toilette de bal ; leurs figures ne révélaient rien d’excessif, elles dansaient avec la grâce et le laisser-aller que des génies inconnus ont donné à quelques statuesantiqües. Lés autres, au contraire, marquées au sceau du travail, gardaient leurs poses vulgaires et s’amusaient trop; leurs regards étaient inconsidérément curieux, leurs voix ne conservaient point ce léger murmure qui donne
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xxii ExTRAOTS FroR SIGHT T'RANSLATION.
aux conversations du bal un piquant inimitable ; elles n'avaient pas surtout le sérieux impertinent qui contient l’épigramme en germe, ni cette tranquille attitude à laquelle se reconnaissent les gens habitués à conserver un grand empire sur eux-mêmes,
Huao (1802-1885), the most distinguished writer of France during the 19th century. The first extract is from the chapter: Ceci tuera cela, in his celebrated romance Notre-Dame de Paris ; its subject is the glory of the printing press, which is to kill architecture. The second extract is from Les Misérables, c.nd is the description of the good bishop, one of the important characters of the book. The third extract is a beautiful song, formiug bart of the Chants du Crépuscule. No. ur. would be extremely suitable for committing to memory.
Cet édifice est colossal. -Je ne sais quel faiseur de statistique a calculé qu’en superposant l’un à l’autre tous les volumes sortis de la presse depuis Gutenburg on comblerait l'intervalle de la terre à la lune ; mais ce n’est pas de cette sorte de grandeur que nous voulons parler. Cependant, quand on cherche à recueillir dans sa pensée une image totale de l’ensemble des produits de l'imprimerie jusqu’à nos jours, cet ensemble ne nous apparaît-il pas comme une immense construction, appuyée sur le monde entier, à laquelle l'humanité travaille sans relâche, et dont la tête monstrueuse se perd dans les brumes profondes de l'avenir? C’est la fourmilière des intelligences. C’est la ruche où toutes les imaginations, ces abeilles dorées, arrivent avec leur miel. L'édifice a mille étages. Çà et là, on voit déboucher sur ses rampes les cavernes ténébreuses de la science qui s'entrecoupent : dans ses entrailles. Partout sur sa surface l’art fait luxurier à l'œil ses arabesques, ses rosaces et ses dentelles.
Quand il causait avec cette gaieté qui était une de ses grâces, et dat nous avons déjà parlé, on se sentait à l'aise près de lui, il semblait que de toute sa personne il sortit de la joie. Son teint coloré et frais, toutes ses dents bien blanches qu’il avait conservées et que son rire faisait voir, lui donnaient cet air ouvert et facile qui fait dire d’un homme : .c’:st un bon enfant, et d’un vieillard : c’est un bonhomme. C'était, on s’en souvient, l'effet qu'il avait fait à Napoléon. Au premier abord et pour qui le voyait pour la première £ois, ce n’était guère qu’un bonhomme en effet, Mais si Von restait quelques heures près
ExrRacts For Sraur TRANSLATION. xxiii
de lui, et pour peu qu’on le vit pensif, le bonhomme se transfigurait peu à peu et prenait je ne sais quoi d’imposant ; son front large et sérieux, auguste par les cheveux blancs, devenait auguste aussi par la méditation ; la majesté se dégageait de cette bonté, sans que la bonté cessât de rayonner; on éprouvait quelque chose de l'émotion qu’on aurait si l’on voyait un ange souriant ouvrir lentement ses ailes sans cesser de sourire. Le respect, un respect inexprimable, vous pénétrait par degrés et vous montait au cœur, et l’on sentait qu’on avait devant soi une de ces âmes fortes, éprouvées et ‘indulgentes, où la pensée est si grande qu’elle ne peut être que douce.
S'il est un charmant gazon Que le ciel arrose, Où brille en toute saison Quelque fleur éclose, Où l'on cueille à pleine main Lis, chèvrefeuille et jasmin, J'en veux faire le chemin Où ton pied se pose !
S'il est un sein bien aimant Dont l’honneur dispose,
Dont le ferme dévoñment N'’ait rien de morose,
Si toujours ce noble sein
Bat pour un digne dessein,
J'en veux faire le coussin
Où ton front se pose !
S’il est un rêve d’amour, Parfumé de rose,
Où l’on trouve chaque jour #4 Queloue douce chose, #
Un rêve que Dieu bénit, Ë
Où l'âme à l’âme s’unit, {
Oh ! j'en veux faire le nid L
Où ton cœur se pose !
Ps mirrirnete mm | hiniistese
xxiv ExTRacrs ror Sraur TRANSLATION.
ZOLA (1840-1902), à celebrated ‘writer of realistic romances, The two extracts are from la Débâcle, which treats of the downfall of the Second Empire, The Passages are good samples of that strong, massive stylein which Zola excels. In the firstwehave a description of che burning of the Tuileries in Paris, and inthesecond we have a splendid description ofacavalry charge in the east of France, during the Franco-Prussian war.
À gauche, c'étaient les Tuileries qui brûlaient. Dès la tombée de la nuit, les communards avaient mis le feu aux deux bouts du palais, au
mentales éclataient, avec leurs grands soleils sculptés, d'un rouge de braise.
Cette femme, qui habitait la grande rue du village, venait d'y voir passer l'artillerie allemande, depuis la tombée du jour. Aux deux bords, une haie de soldats portaient des torches de résine, éclairant la chaussée d’une lueur rouge d'incendie. Et, au milieu, coulait le fleuve des chevaux, des canons, des caissons, menés d’un train d’enfer, en un galop furieux. C'était la hâte enragée de la victoire, la diabolique poursuite des troupes françaises, à achever, à écraser, là-bas, dans quelque basse fosse. Rien, n’était respecté, on cassait tout, on passait quand même. Les chevaux qui tombaient, et dont on coupait les traits tout de suite, étsient roulés, broyés, rejetés comme des épaves sanglantes, Des hommes, qui voulurent traverser, furent renversés à leur tour, hachés par les roues. Dans cet ouragan, les conducteurs mourant de faim ne s’arrêtaient même pas, attrapaient au vol des pains qu’on leur jetait ; tandis que ies porteurs de torches,
ExTracrs FoR SIGHT TRANSLATION. xxv
du bout de leurs baïonnettes, leur tendaient des quartiers de viande, Puis, du même fer, ils piquaient les chevaux, qui ruaient, affolés, galopant plus fort, Et la nuit s’avançait, et de l'artillerie passait toujours, sous cette violence accrue de tempête, ax milieu de hourras frénétiques.
DAUDET, ALPHONSE (1840-1897), a distinguished novelist. The story reproduced here is from his Contes du Lundi, a volume ofdelicious reading. In it wo find the patriotism and deep pathos for which Daudet is distinguished.