ÉPITRE DÉDICATOIRE
A MONSIEUR J. C. BRYDGES
O toi, qui du Grand-Tronc es l’arbitre suprême, J’ôse placer ton nom au seuil de ce poème,
Pour t’en faire un hommage aux yeux de l'univers ; Car, après Apollon, je te dois tous ces vers.
C’est toi, le noble enfant de la vieille Angleterre, Qui le premier de rails sillonna notre terre:
Tu parlas—et soudain, s’abaissèrent les monts ; Les gouffres, les torrents se couvrirent de ponts ; Et le monstre de feu, s’élançant plein d’audace, Aussi prompt que l’éclair dévora tout l’espace ; Que dis-je ? notre fleuve, un fleuve aux vastes flots, Le sentit, stupéfait, s’élañcer sur son dos :
En vain le fier vaincu fit bouillonner son onde,
11 apparut encore une merveille au monde...
O Brydges, le Destin, qui t’a donné ton nom, Savait qu’au jour présent tu bâtirais ce pont ;
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Puis, ce chemin de fer, qui rend l’espace infime,
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C’est lui-même un grand pont jété sur un abîme.... Or, je te dois mes vers justement pour cela ;
Car, grâce à cè secours, glanant par çipar là, En dehors, en dedans, j’ai pu, dans ce vol d’aigle, Embrasser un peu tout ; et je l’ai fait sans règle. Tantôt, du beau pays c’est la description,
Puis de maints incidents vient la narration ;
Mais toujours pour louer, ou bien pour faire rire ; Quelquefois pour le blâme,-allons ! je dois le dire ;
Cependant, dans ce cas, je le fais sans aigreur,
Par amour du prochain, pour le rendre meilleur. —Maintenant, tel qu’il est, daigne accepter l’ouvrage, Ton accueil bienveillant me donnera courage... Et peut-être qu’un jour, remontant dans les chars,
Je pourrai revenir à l’endroit d’où je pars : {8 Puis, qui sait? si, cherchant un plus vaste théâtre,
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Je ne pousserai point cette course folâtre
Jusqu’aux bords plus lointains du rapide Ottawa,
Pour voir ta capitale, Ô mon beau Canada !
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me — —
LA
GRAND-TRONCIADE
OU