SEIZIÈME ET DERNIÈRE PARTIE
DÉMONSTRATION PAR L'UNIQUE ET DERNIER MOYEN DE SALUT DE LA FRANGE ET DU MONDE.
Non est in alto aliqiio Salu?. Act. IV, 12.
l^r. Le Salut privé par le culte du Pauvre.
Assez d'autres, dans les derniers temps , de Rousseau à Proudhon, ont démoli. C'était beaucoup, mais c'était aussi ou infiniment trop, ou infiniment trop peu. Il était temps, il était difficile et facile à la fois, de reconstruire sur un plan, ancien et nouveau ; et d'asseoir la Société nouvelle sur des fondements et avec des colonnes de mettre, nous pouvons le dire, à la lettre, l'Eglise dans le Ciel, comme Michel- Ange s'était flatté vainement de la mettre en l'Air,
L'allure politique ancienne, et surtout l'actuelle des monarchies catholiques à faux, et de tous , est d'Aller aux plus grands selon le monde, aux plus Rois, aux plus riches, pour les flatter et devenir à leur image. .. Il faut désormais Aller aux Peuples et aux plus petits du Peuple.
L'ancienne allure religieuse était d'aller aux preuves subsidiaires et luxuriantes du Christianisme et de l'Eglise ; la nouvelle doit consister presque exclusivement dans la preuve fondamentale unique, qui emporte toutes les autres avec elle, qui les empêche même d'être ridicules ou funestes toutes. Et surtout peut être dans le mot , dans le fm mot de cette preuve unique : la pauvreté delà Papauté ;ei l'action, la pratique et Y Exemple de cette pauvreté. C'est-à-dire, au fond, et en vérité, non pas une souffrance, un bonheur, mais une jouissance même temporelle, comme Montesquieu lui-même a dit.
C'est-à-dire , scientifiquement parlant , le présent Livre , ou aucun; et, sous le rapport sacerdotal, le Tribunal (*) où le Prêtre n'est appelé pour rien,... si ce n'est pour tourmenter les consciences de tous ses riches pénitents, dût-il n'en arrêter qu'une seule ; car on ne s'imaginera jamais trop la puissance d'une âme convaincue, convertie à la pauvreté. Dieu a
f ) Le Tribunal en question (nous avons consacré à le démontrer une section de la Feuille Eternelle) est le caractère propre et exclusif de la Religion catholique. C'est, en principe, le dogme des dogmes jet, en fait, le plus grand mobile, le
DANS LE LIEU SAINT
donné, ad hoc, à son Eglise successivement un siècle , dix siècles, dix-huit siècles, et vingt et à tout Pape ou Prêtre, en général, toute sa vie (et sa vie est, en général, la plus longue de toutes), lorsque le Fils de l'Homme n'a eu pour cela que trois années, et Jean-Baptiste qu'une !
seul mobile vrai du cœur humain, devenu plus difficile , mais aussi plus aisé à gouverner dans les derniers temps que dans tous les autres. La Confession 'de cum et d'a/fame : souffrants ensemble), la confession de l'Homme a l'Homme, humiliant, seule, l'Orgueil, celui des péchés qui est la source de tous les autres (la confession à Dieu le supposerait et l'alimenterait plutôt), est seule aussi le but et l'objet de tous les mystères, de tous les sacrements, de tout le culte, et de la Communion surtout, dans le catholicisme. Aussi funeste, si elle est aveugle (il est difficile et rare qu'elle soit hypocrite), que rassurante, vivifiante et salutaire, lorsqu'elle est éclairée, vraie, entière.
Mais, s'il y a un moyen , un critérium sûr pour distinguer la consolante Confession de l'effroyable, ce n'est point la connaissance et la honte, qui ne manquent jamais, d'un péché de luxure; c'est encore moins le repentir d'une mauvaise foi humaine, d'un vol même plus ou moins flagrant, que la plupart des chrétiens ne se permettent guère ; c'est le pardon de ce que nous croyons des injures , et ï Amour même de nos ennemis, lesquels ne sont jamais que nos anciens amiSj et même nos parents.
La seule question qui ne fait pas question , lorsqu'on y songe, est de savoir qui pardonnera^ ([uiJimera, qui visitera le Premierl Dieu lui-même l'a dit, et redit <le toutes les façons, et incessamment; et c'est le point immense et fondamental de Morale chrétienne, développé et démontré dans la Feuille Etemelle : — ce n'est pas le plus ou le moins coupable au fond, qui ne se connaît jamais; ce n'est pas davantage le plus éclairé , qui n'est pas prophète autour de lui ; — c'est encore moins le plus pauvre relativement, celui enfin qui peut passer pour avoirun besoin matériel de la réconciliation: il serait présumé intéressé dans son empressé retour. Et le premier devoir du Fidèle habile, c'est de ne pas donner lieu de soupçonner seulement l'indépendance de sa Foi. En allant dans le monde, sans une circonspection infinie, loin de paraître humble et fervent, il court la chance de trouver des indifférents, en attendant des ennemis. Comme il est arrivé au Prophète , avant qu'il fût Roi : Concjregatio taurorum in vaccis populorum : ut excludat eos , qui probati sunt argento.. Ps. LXVII, 31.
Le premier donc d'entre deux contendants, qui doit courir à la réconciliation, lorsqu'il y a discorde, c'est le Prêtre. Il doit, le jour même, et pas le lendemain ; et non à midi, s'il est à l'Autel à 10 heures, aller le premier serrer et embrasser la main du frère qu'il pense avoir quelque chose contre lui. (Sermon sur la Montagne, en Saint Matthieu, V.2l1 — 6.)
C'est ensuite , et par conséquent , celui des deux amis ou parents qui est ou qui se croit le plus riche ou le plus grand selon le monde : (quod hominihus altum, Ahominatio ante Deum. Luc. XYI, 15) ; carlo, il est, de droit, présumable , et de fait même, présumé par tout le monde, le plutôt et le plus orgueilleux, étroit , dur; IIo et son retour à lui est toujours présumé généreux , et honorable par consécjuent, — Et tout cela est écrit depuis 2000 ans bientôt, et de la façon la plus sublime et la plus pittoresque a la fois, dans la célèbre parabole du F' illicus iniquitatis ^ en Saint-Luc, XVI (dont nous venons de citer la conclusion) ; « Je vous le dis donc , c'est le Sauveur qui parle , faites-vous des amis de votre richesse, afin que, lorsque vous sortirez de la vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels : Facile vohis amicos de mammonâ iniquitatis, etc. Et si vous n*avez pas été bon dans un bien étranger, qui vous donnera le vôtre propre ? Si m a/î'eno fidèles non fuistis, quod ve5i?'aw est , quis dabit vobis?.. Vous ne pouvez servir ensemble Dieu et l'argent : Non potestis Deo servire et mamjnonœ y>
Quant à l'initiative, à l'invitation, du moins riche par celui qui l'est ou se le croit le plus, elles sont encore mieux prescrites par le Sauveur lui-même, et en Saiat-
358 LA GHÂNBE APOSTASIE
Et telle est aussi la gravité de la criminalité du plus simple Prêtre, qu'il est rigoureusement vrai de dire, avec tous les Pères de l'Église, que « Le Prêtre est complice, et même Fauteur des sept Péchés capitaux d'un Fidèle, par cela seul qu'il lui passe, en se passant à lui-même, la propriété illimitée. «
En conséquence, on ipeut réduire aux conditions, aux Devoirs fondamentaux suivants, les règles du Gasuiste vrai, au Tribunal vrai de la Pénitence : Verbum qiiod potest salvare animas. Jacob. I, 2'1,Epist. catfiolica.
Devoir de donner, lorsqu'on est riche; et qîd^ n'est pas rielle en etîet selon l'évangile, et même selon la vérité?
Et c'est ici qu'il y a lieu de s'effrayer.
Le simple propriétaire, cultivateur des quelques terres qui suffisent à sa famille, assez orgueilleux ou ignorant pour se mépriser lui-même, presque autant qu'il est méprisé des riches proprement dits, est riche en réalité, et sera jugé comme tel ail jugement définitif.
Dans le fait, et le sens commun le dit comme l'Esprit-Saint, tous tant que nous sommes, qui nous croyons pauvres, nous sommes riches; et plus que ne le furent saint Pierre et saint Paul, Joseph et Marie, travailleurs, au jour le jour, à la pèche, au champ ou à ia vigne du Seigneur, n'ayant souvent où reposer la tête.
Et c'est la raison secrète, et incontestable : P de V envie et de
Luc encore, dans son chapitre précédent :« Lorsque vous donnerez un repas , n'y conviez ni vos frères, ni vos parents riches ; d^e ;'*eitr qu'ils ne vous invitent ensuite à leur tour, et qu'ainsi vous ne soyez payés; mais bien au contraire, appelez {yoca) les pauvres, les faibles, les boiteux et les aveugles, et vous serez heureux \heatus eris), parce qu'ils ne pourront vous rendre : mais c'est Dieu luimême qui vous rendra en son Grand Jour: retribuetur iibi in resurrectione justorum.
Et telles étaient les raisons secrètes et patentes de Thumilité et de la grandeur de saint Jean-Baptiste (V. la 6e partie de cet ouvrage) la veille du christianisme, et de saint Antoine le Grand, le lendemain. Lesquels préféraient la solitude au monde, aimaient le peuple jusqu'à la tendresse, et n'allaient jamais chez les leurs et les riches que pour les reprendre ou les avertir . Selon les paroles du Sermon de la Montagne, que l'Eglise a choisies pour la Fête de Saint Ambroise ; «Celui-là sera sauvé qui aura seulement fait sentir à un seul une seule de mes paroles. S'il Ta accomplie lui-mêmejil sera nommé Grand dansleGrand Règne.» Matth. V,19.
A ces Lois, quelle expiation ne fallut-il pas à l'antépénultième archevêque de Paris, faisant fermer sa porte à l'abbé Paganel, qui lui prédit si formellement sa mort si extraordinaire? et quelle expiation ne faudra-t-il point à l'actuel archevêque, qui a trouvé, et à plusieurs reprises, indigne d'une Audience le plus savant biblique sacré et le plus pur latiniste de Paris, l'auteur d'une Concordance si supérieure à celle du Cardinal de Saint Cher, qui en mériia la pourpre, et d'un f^erba Christi que tous les évêques et tous les curés devraient avoir unique sur leur cheminée , et savoir par cœur. François Dutripon enfin. Et cela parce que cet homme, docte et docteur sacré hors de ligne, est concurremment vertueux et humble, chaque jour, Ouvrier enfin,... travailleur au jour le jour, et pauvre, comme..- le Sauveur!.... et Je contraire, en tout, du Prince du faubourg Saint- Germain, et du Eoi de Saiat-Gsrmain-en-Laye.
DANS LE LÎEU SAIIST.
la haii:e universelles des derniers temps, dans les classes ordinaires comme dans les autres; lî^ et de l'ingratitude, et presque de la perfidie^ des premiers suffrages universels des boutiquiers et des petits proprétaires contre les prolétaires proprement dits.
Mais écoutez, ici, et comprenez! car il est encore inconnu, le magnifique historique, en saint Matthieu, XIX, 4 6-23, d'un jeune possesseur (il n'est pas même dit propriétaire, et surtout grand propriétaire, car multas ne veut dire que ptuchamps), qui n'avait, comme on dit encore à présent, 7îi tué ni volé ; qui n'avait pas même été impudique ou fourbe ; ce n'est pas assez, qui avait même diligé son prochain, et dès sa jeunesse: Omnia hœc custodivi à juventute mea.
Le Sauveur lui répondit, ne le traitant pas différemment de saint Pierre, et l'appelant son successeur comme lui: «Vendez ce que vous avez et le donnez aux pauvres, vous le recevrez en trésor au Ciel, et suivez-moi: Veni et Sequere Me. » Le jeune homme, au lieu de suivre, s'en alla : AMit, Mais il s'en alla (puni, par là même, et peut-être à jamais) TRISTE : Abîi tristis, La tristesse est, en effet, le caractère propre de tout riche; c'est même le caractère de la nation la plus riche de la terre, l'Angleterre. La tristesse y?i, là, d'ordinaire jusqu'au suicide ! Quoi qu'il en soit, et lorsqu'au dépari du jeune possesseur, le Sauveur dit à ses disciples la presque impossibilité du salut des riches; ceux-ci, sans doute inspirés, et en réfléchissant que la plupart des pauvres ne sont pas pauvres, lui répondirent: OUIS ergo poterit salvus esse?
Donner, et surtout lorsqu'on est jeune!,. : c'est-à-dire , pparemment, sans ajournement (*),... tout de suite , dès
(*) Admirez ici 1 irrésistible logique de saint Dasile le Grand (qui disiit, pour iui-mëme, à l'Empereur Arien qui le menaçait : « Celui qui n'a rien est à couvert delà confiscation »), ne fût-ce que dans cette traduction de Port Royal :
^« Mais vous dites: Je veux jouir de mes biens tant que je vivrai 5 et par mon testament je rendrai les pauvres héritiers et propriétaires de mes richesses aprèi ma mort. O pauvre malheureux que vous êtes! vous ne voulez donc être libéral et charit-ible envers les hommes , que lorsque vous cesserez de vivre parmi les hommes ? Lorsque je ne verrai plus de vous qu'un corps mort aussi inanimé qu'une pierre, je vous regarderai comme un ami secourable de vos frères. Véritablement vous serez bien digne d'être loué de votre libéralité , et on vous devra un grand honneur et une grande reconnaissance, si étant étendu dans le sépulcre et converti en terre, vous paraissez libéral et magnifique.
Dites-moi un peu, de quel temps désirez-vous principalement recevoir récompense? du temps de votre vie, ou de celui qui a suivi votre mort? Car si vous avez employé en voluptés et en délices tout le temps qui vous a été donné pour mériter et pour acquérir le Ciel, et avez détourné durant toute votre vie vo> yeux de dessus les pauvres, apprenez-moi , je vous prie, quelle est l'action d'un mort, et quelle récompense lui est due pour une qu'il ait faite? Montrez des œuvres, et alors demandez des récompenses. Mais trafique-t on après que le com merce a cessé ? est-on honoré de la couronne , lorsqu'on n'arrive à la carrière
qu'on possède, et par ià même qu'on possède : parce que les pauvres n'attendent pas à souffrir et à mourir; et que Dieu surtout n'attend pas notre propre attente!
Aux Pauvres personnellement (*) , et directement : c est-àdire à des personnes, et non à des choses, à des établissements ; encore moins à des hôpitaux, quels que soient leurs besoins ou la sagesse de leurs administrateurs... Le Don indirect est presque exclusif de la dilection du riche, et, par conséquent, de la satisfaction ou de la reconnaissance du pauvre.
La Fondation même d'une Eglise (**), son ameublement surtout,* dans un village où il n'y en avait point, violerait plutôt qu'il n'accomplirait le précepte de Dieu, s'il y avait des pauvres souffrants au-dehors : « La richesse est la substance du pauvre; celui qui l'offre en sacrifice, paraît comme
qu'après le combat? signale-t-on sa valeur après la guerre finie, et recevra-t-on des louanges et des récompenses de la piété, après que la mort ne laisse plus de lieu , ni au mérite, ni aux bonnes œuvres? Belle piélé véritablement, de ne pratiquer de bonnes œuvres, et de ne rien faire de louable qu'avec de l'encre sur du papier!
« En vain donc vous dites: Je veux jouir de tout mon bien tant que je vivrai, et en mourant , j'accomplirai le précepte de l'Evangile. Vous vous trompez ; vous vous trompez. Abraham ne laissera pas de vous dire alors : Vous avez joui de vos biens et de vos plaisirs durant votre vie ; et ne dites-vous pas en voua même : Je voudrais er'core vivre et jouir de mes richesses ! Cest donc à la mort qu'on doit savoir gré ^ et non pas à vous. Car si vous aviez été immortel , vous ne vous seriez jamais souvenu des commandements de Dieu et des préceptes de l'Evangile. Ne vous abusez pas . on ne trompe point Dieu , on ne se joue point de Dieu. Ce qui est mort ne s'offre point au sanctuaire. Offrez une hostie vivante. Celui qui n'offre que les restes d'une victime est ingrat. Et après que vous avez achevé toute votre vie , vous ne laissez à Dieu , de qui vous tenez tout votre bien , que ce qui reste après votre mort. Si vous receviez une personne illustre dans votre maison, lui serviriez-vous les restes de votre table? Gomment donc , croyez-vous apaiser Dieu par un procédé si peu honnête et si peu respectueux? Considérez , ô riches , quelle est la fin de votre amour des richesses, et cessez d'en être si passionnés. Plus vous en serez passionnés , et moins vous en emporterez avec vous. Faites par l'aumône que tout ce bien vous devienne propre : emportez-le tout avec vous, et n'en laissez rien à des étrangers. »
Les substitutions entre-vifs, et surtout les testamentaires, n'étant que les plus immortels despotismes de cadavres, n'étaient en France, comme ailleurs, que les plus effroyables péchés de l'ancien régime; et l'Assemblée Constituante a comme expié ses fautes en en secouant lejoug.
(*) C'est la cause inconnue de la froideur et de l'isolement de îa plupart de nos sermons de charité. Le plus chaud et surtout le plus couru n'est guère jamais qu'un secret appel aux orgueils d'un auditoire.
C*) Saint Jérôme est ici formel : « Que les autres bâtissent des églises, incrustent de marbres les murailles; y fassent apporter de grandes colonnes, dont ils dorent les chapiteaux; qu'ils couvrent de superbes ornements, des pierres qui ne peuvent les sentir ; qu'ils enrichissent d'argent et d'ivoire de grandes portes ; et qu'ils émaillent de rub's et de diamants des autels dorés, je ne les reprends point; je ne m'y oppose point. Que chacun abonde en son sens. Il vaut mieux faire ces dépenses pour les Eglises que de garder de l'argent dans des coffres inutilement. Mais votre profession vous engage à UNE CONDUITE PLUS EXCEL.
DANS LE LIEU SATNT. 36 i
immoler son fils : Qui offert sacrifichim ex Substantid Paupequasi qui victimat Filium in conspectu Patris sui. » EccLi. XXXIY. n.
A plus forte raison, le don de son avoir à iiiie Congrégation, à un Ordre religieux dont on fait partie, est-il défendu. Et c'est le secret de Fembarras perpétuel et de rinferiorité des Ordres propriétaires, sur les ordres MeurUants.
Donner aux Pauvres? remarquez oieu ! ii n"est pas dit: à nos parents, à nos plus près parents [^], s'ils ne sont pas les
LENTE. Vous devez revêtir Jésus-Christ dans les pauvre? , ie visiter dans les malades, le rassasier dans ceux qui ont faim , le recevoir daus ceux qui n'ont point où se loger, et surtout dans les domestiques de la foi ; nourrir des monastères de vierges ; avoir soin des serviteurs de Dieu et de ceux qui sont pauvres de cœur et d affe<:tion ; qui servent jour et nuit votre Seigneur et votre m;n[re; .^ui , vivant sur la terre, imitent la vie des anges ; qxii ne parlent rpie your tjlori fier Dieu; qui j ayant le vivre et le vêtement, se réjoiiissen t et seconienien: de ces ricliesses, et qui n'en veulent pas avoir davantage. S'ils conscr\ent c.[ esprit, et ne s'en départent point, ils méritent que vous les assistiez; m lis s'ils dcs:rent plus que le vivre et le vêtement, ils se rendent indignes de recevoir même ce qui leur est nécessaire. »
(*) Saint Jérôme, en particulier, est sur ce point sans réplique, dans sa Piépouse pré<:isément à une riche veuve françiise qui l'avait consulté jusqu'à Bethléem, tout plein de la pauvreté que la S linto Famiiie v vivait accomplie... Voici le fait expliqué , et le texte traduit par un célèbre Maj^iistrat du parlement de Paris :
Une noble veuve de France, nommée Nebidie, sortie d'une famille desa\ant5 très célèbres, s'étaut fait connaître à saint Jérôme par la réputation de sa haute piété, quoiqu'il fût à Bviihleem , et elle dans la Gaule sequanaise , et lui ayant envoyé un homme exprès comme à un Oracle de toute l'Eglise, pour le consulter sur douze questions, les unes de pratique et les autres de science, dont la première était : « De quelle sorte on peut arriver à la perfection chrétienne; et comment doit vivre une veuve qui n'a point d'enfants? Toici sa réponse péremptoire, et sans réplique:
M Le jeune homme ayant fait à notre Sei^^neur dans l'Evangile la même question que vous me faites, je ne puis vous répondre autre chose que ce qu'il lui répondit, et vous dire en empruntant ses paroles : * Si vous voulez être parfaite, porter votre croix, suivre le Se'gneur, et imiter saint Pierre qui dit : Seigneur, nous avons tout quitté, et vous avons suivi ; allez , vendez, tout ce que vous possédez, et donnez-le aux pauvres, et suivez le Sauveur. Il ne dit pas ; Donnez à vos proches; mais : Donnez aux pauvres, ou plutôt à Jesus-Christ , qui Cot nourri dans les pauvres, et qui étar.t rioh.e s'est fait pauvre pour l'amour de nous.
« Au reste, il est écrit daus un Psaume : I]rureu\ celui qu.i agit avec soin et avec intelligence pour le soulagement de l'indigent et du pauvre. Il est besoin d'intelligence pour reconnaître qui est le vj ai pauvre à qui il faut faire cliarite. Car ce vrai pauvre n'est pas celui qui . étaiU cou.vert d'h ibit- dechii-és , et porr int dans son visage et sur tout son corps les u-iarqucs de la nécessit.' , ne se retu-e pas néanmoins des vices; mais c'est celui qui o-t du nom])re de ceux dont l'Apôtre disait qu'il se réservait le soin des pauvres; et pour qui saint Paul et saint Barnabé recueillaient les charités des Eglises .cluvtiennes converties à Dieu du paganisme ; qui avaient accompli la volonté du Père, et avaient oui le Sauveur qui avait dit Ma mère et mes frères sont ceux qui font la volonté de mon Pérc, Ce que nous ne disons pas neannioin'^ pour déFeiulre d'assister les pauvres des juifs, et des païens, et de quelque autre nation que ce soit; mais pour préférer les chrétiens et fidèles aiîx infidèles, et pour marquer la grande diversité qui se rencontre entre les chrétiens mêaie, les uns étant péiheurs, et les autres justes
plus pauvres. « Celui-là, dit le Sauveur, est mon frère, et ma sœur, et ma mère, qui fait la volonté de mon Père » Matth
xn, 50.
Donner aux Pauvres! — Aux pauvres per5onwe//menf, aux pauvres directement , de la main à la main : comme pour ne pas avoir à soupçonner l'intermédiaire; — et, par conséquent, aux pauvres âgés, aux malades, plutôt qu'à ceux qui ne le sont pas ; aux pères et mères, plutôt qu'à leurs enfants; à ceux-là qui demandent, plutôt qu'à ceux que l'orgueil retient. Le Sauveur le dit expressément : Omni petenti te, tribue... Luc, V, 30. — Et cette aumône est d'autant plus nécessaire, et même naturelle et méritoire, que la prière du pauvre est... interdite à présent, par les Vilains des Ville? et même des villages, sous le nom de Mendicité,,. Mais nous aurons beau faire, nous aurons toujours des pauvres au milieu de ?îOW6 , et devant nous : à cette fui de nous faire peur de nous, si nous sommes riches : ISam semper Pauperes habetis vobiscum; comme pour nous tenir lieu du Sauveur, que nous n'avons plus : Meautem non semper habetis . Matth. XXVI, \ \ .
DoiHier aux pauvres"!, . . au pluriel: A un très-grand nombre; à tous ceux du pays, du canton, de l'arrondissement, du département, de la France même entière, s'il était possible, selon les besoins de chacun, et selon la fortune du donateur : sans quoi vous feriez des envieux dans les pauvres même.
Donner aux pauvres : Mais quoi ?.. .
Le besoin d'un pauvre quelconque ne saurait quasi jamais
et saints. C'est pourquoi l'apôtre, approuvant la charité qui est générale, la rend néanmoins paniiulière en disant : principalement envers les domestiques de la foi. Or le domestitjue de la foi est celui qui est joint avec vous par une même religion , et que IftS péchés et les vices ne séparent pas de la fraternité spirituèlle que vous avez avec lui par le Saint Esprit. »
« Le même Père écrivant à Fulvie, veuve très-illustre, fille de Lete, consul et patrice de la race des Camille qui était chrétien, et belle-fille du grand Anice Probe, Consul, le plus noble et le plus célèbre des Romains, lui prescrit des règles pour vivre chrétiennement dans son veuvage , et gouverner son bien en veuve pieuse et charitable ^ qui n'a point d'enfants ; ^ A qui laisserez-vous , lui dit-il , tant de richesses ? A JÉSUS-CHÎUST , qui ne meurt point et ne peut mourir. Oui aurez-vous pour votre héritier? celui-là même que vous avez pour votre Seigneur et votre maître. Votre père s'en attristera ; mais JESUS-CHRIST s'en réjouira : VOTRE FAMILLE EN SERA AFFLIGÉE , mais les Anges en seront ravis. Que votre père fasse ce qu'il voudra de ses biens ; vous n'êtes pas à celui à qui vous êtes née : mais à celui à qui vous êtes renée , et qui vous a rachetée par le prix iufini de son sang. «
' Quoi qu'il en soit, la propriété la moins mal acquise, la plus patrimoniale, et surtout les ybnr?5 t/e coînmerce sont si fort des charges, au sentiment même de leurs possesseurs , que les commerçants les p'u- prospères ne commencent vjaiment d'être , je ne dirai pas heureux, mais tranquilles que lorsqu'ils se sont, comme ils disent , retirés; et qu'entre tous les pères et mères âgés, les moins malheureux sont ceux qui ont fait le plus tôt ce qu'on appelle leurs démissions de ^'î'ens. ..les vrais i^.îaux..
DANS LE LIEU SAINT
être que œlui du jour, et même du moment. Ce qui fait sa consolation, et ce qui procure au riche le moyen de répéter, et, autant que cela se peut, d'immortaliser sa charité. Nous ne devons aux autres, et ils ne peuvent nous demander, apparemment, que ce queDieu nous permet de lui demander pour nous à lui-même, Le pain quotidien: c'est-à-dire l'occasion de les voir et de les aimer tous les jours.
Le prêt à intérêt (même à l'État et aux Caisses d'épargne), qui semble faire du bien à l'emprunteur, et qui est aussi fréquent que le don l'est peu, et les petits prêts aussi communs que les grands sont rares, font, par les mêmes raisons, plus de mal encore que Tavarice qui thésaurise, que le vol même qui prend, ou les donations et les testaments irréfléchis qui enrichissent et éblouissent tout d'un coup.
Les prêts, même sans intérêt, faits aux gens, pour commencer ou étendre leur commerce (à moins qu'on ne sacrifie le capital, et qu'on ne le dise, selon le ?^i'niL indè sperande l'Evangile ; et Dieu veut qu'on le fasse à ses ennemis (Luc. VI, 35.), sont l'un des usages les plus funestes dans la société: ils allument l'ambition et la cupidité, et ne foni jamais que des ingrats et des ennemis en définitive. Il faut répondre aux solliciteurs : « Si vous n'avez qu'un petit a voir, ne faites qu'un commerce petit. » « Le Prêteur et l'emprunteur, dit Sully lui-même, sont, au fond, deux prétentieux, deux envieux réciproques ; et, tôt ou tard, ce qu'il y a de pire pour soi et les autres dans la société, deux ennemis. » Etonnons-nous, après cela, de tous les obstacles que l'Eglise a mis au prêt à toutes les époques. Elle est essentiellement et exclusivement humanitaire. Nos économistes, et la plupart de nos casuistes, et même de nos Moîinistes, sont Juifs.
Toute autre division de la propriété, loin d'être, comme le petit monopoleur , grand propriétaire , traitant et tyran Thiersadit, \^ multiplication delà vertu, n'est que celle duvice.
... Le plus petit avoir, lorsqu'il est de trop, ne fait qu'exciter le plus grand, et ne satisfait point. La plus petite propriété étant la plus, et même la seule excusable, et la plus nombreuse, est la plus, et peut être la seule dangereuse, car elle excite toujours à la grande. C'est le péché véniel, auquel seul il est donné de descendre au mortel : « Celui qui n'est pas juste dans les plus petites choses est, en dernière analyse, inique dans les plus grandes », est-il écrit; et précisément dans la Parabole de \ Economiste infidèle, vrai Voleur ^ que le Sauveur appelle Prudent (on dirait Proudhon). Luc. XYI, i-10.
Mieux vaudrait la faim du corps que celle de l'argent.
Jugez ici de tout ce que Dieu C^) a m.is à la fois de mai-
(*) Lorsque le Fliche (et la j>lupart des propriétaires sont riches) se refuse le
heurs, mais aussi de bonheurs et de délices, dans les biens f j
Alors même que la richesse ia plus gratuite, et même la plus i
scandaleuse (*), a passé sa vie la plus longue à satisfaire ses :
passions, elle est encore susceptible, entre toutes les bienfai- i
sauces, de celle du salut. Par le seul fait d'un testament inat- j
tendu : c'est-à-dire d'une pensée de l'àme {Testatio Menlis) et |
d'un mot écrit, qui, au lieu de se donner à àes parents par or» ]
gueil (se cachant sous le nom de reconnaissance, etc.), se I
donne, se distribue avec poids et mesure, par repentir, par \
reconnaissance, et surtout par dilection, et pour glorifier et ]
faire glorifier Dieu,... aux pauvres, le plus souvent ses vie- \
mes inconnues! 1
Car^donner, comme font communément les pfiilantliropes{\es \
caricatures des hommes de bien) et les riches en remords, aux \
grand bonheur de donner lui-même au-s pauvres, la Providence, qui persiste à le |
sauver sans lui , lui suscite jusqu'aux avides , et même les mauvais pauvres, pour j
V exproprier ^nr force. Delà, en définitive, tous nos codes civils y àe procédure et \
àe commerce ^ ei tous les irihiinaiix \ et Y opinion même publique , qui prend, :
presque toujours, le parti des faillis malli^ureux, et des prisonniers poitr dettes ■
contre leurs créanciers criants. |
La Faillite, ou, si l'on veut, la faillie Faillite de M. Lafûite (le vrai faiseuL" de la \
révolution de juillet, dont sou homonyme Lafayette ne fut que le Croquemi- | ^ame) la /aîZ/zïe surtout de (Charles X (car c'est bien uneyV<j7/zfe) sont , même dans l'opinion , aussi honorables , au moins, que la fortune de \e\iYS> ayantscatLse, (La Liquidation de la Fortune des d'Orléans est leur dernière rouerie).
Les pertes publiques , c est-à-dire , après tout , les appaiivrisseinents mêmes des !
riches les pkis vertueux, qui sont le fait des révolutions les plus injustes, sont |
encore des faits providentiels de ce genre, dont les riches vertueux auraient raau- ■
vaise grâce de se plaindre, et qu'il faut bien se garder par conséquent de réparer 1
par des aumônes : car elles seraient faites au préjudice des faux révolutionnaires j
eux-mêmes, qui se trouveiit, d'ordinaire , pauvres, \e lendemain encore plus que 1
la veille. En sorte qiie nos appels et nos souscriptions préiendues caf/to/i^/z^e^ en j
faveur des victimes les plus injustes des armées protestantes , peuvent se trouver ï
des émeutes , et même des vengeances , plutôt que des générosiiés. \
Le vol lui-même proprement dit, qui ne fait jamais qu'a;j/:jau?-'r/r et rendre |
odieux à jamais le coupable , et diminuer Wivoir toujours funeste d'un riche ou \
d'un non-pauvre, au lieu d'indigner le riche et de le faire courir au Procureur ;
duPvoi, devraient le réjouir toujours... Au sentiment n)ême de tout le monde, !
et surtout de tous les riches autres qne le volé, aussi bien qu'au jugement ;
de Dieu, le vol (à part les cireonsfances aggravantes) est le plus excu- j
sable, parce qu'il est le plus susceptible de regret de tous les péch.'s. Il est remar- \
quable ; que Icconome infidèle en apparence fut loué par son propre maître; 1
!io et que le Sauveur, ne pouvant (sans gêner le libre arbitre deè riches juges \
pharisiens du temps, qui n'ont pas horreur des pauvres comme des voleurs) I
être crucifié entre deux pauvres, voulut l'être entre deux voleurs , afin d'en placer ;
un au moins, h; jour même, en Paradis, à côté de lui ; Jmen, dico tibi : hodiè \
menim eristn Paradiso. Luc. XVIII, 43. j
C) « On doit des égards aux vivants, dit le riche /^oZfaire lui-même , on ne j
doit aux n^orts que la vérité. » Selon Dieu, au contraire, on ne la doit jamais -
qu'aux vivants. — Or, la plus scandaleuse fortune du XIXe siècle, car elle fut à |
la fois la plus grosse, la plus rapide, la plus prolongée, la plus multipliée, la J
moins méritée , c'est celle d'uu e's.-m ai tre clerc de Japiot, procureur au parle- ;
ment .' Boy, que le peuple spirituel surnomma, d'une de sef^ forets, le Roi de Na- j
varrs, — C'était le dernier des 33,000,000 de Français que Roi de France de- \
BANS LE LIEU SAINT
meilleurs Hôtels-Dieu {*)..., c'est, après tout, comme envoyer les amis et les représentants de Dieu sur la terre awo; carrières ; et même les jeter à la voirie ; ou, sion l'aime mieux (car le peuple est merveilleux à donner le change sur les nomsles plus propres), les ^^zt'oz/er (c'est-à-dire les déshonorer) à fhôpital.
Et Yoilà pourquoi, au fur et à mesure que les Eglises et les communautés s'attiédissent, le nombre des hôpitaux et des dons aux hôpitaux s'accroît, comme les Palais de justice, les Gendarmeries, les Casernes et les Prisons...,
Pour un chrétien ordinaire, et surtout pour un dévot ou une dévote, qui aura lu ces pages divines : donner ses biens aux hospices, et les donner surtout par un testament, le dernier acte, et comme le Miserere et l'expiation des fautes de toute la vie, c'est le plus grand des péchés mortels, et presque le suicide, qui exclut jusqu'à la pensée du repentir,... hors duquel il n'y a point de salut.
Il est une autre destination, bien plus légitime, vertueuse, élevée, glorifiante; parce quelle est infiniment plus salutaire : c'est celle dont le Jésus de V Ecclésiastique dit qu'elle est la gloire des riches : Gloria Divitum est Saint Jacques, qu'en abaissant, elle glorifie : Dives in humilitate suâ gloriatur. 1,10; et saint Paul , que les riches ne doivent être riches qu'en bonnes œuvres : Divitibus prsecipe divites (ieri in bonis ope-
vait appeler au Ministère , et surtout à celui des Finances. Louis XVIÎI ei même Charles X l'y appelèrent à Tenvi!
Les on ne sait comijien de Millions de rentes àe Roy, meuririer de milliers de pauvres, ontfinien faveur d'un Gendre, contre un autre GenJre, iiîgrats tous deux, dans un infâme Testament, comme en un sépulcre.
(*) Au défaut des grandes et impérieuses mesures à prendre pour glorifier les malheureux, les souffrants, les pauvres; et, en les attendant, la première chose à faire, ne fût-ce que pour l'honneur de la Police de Paris, c'est la radiation, ne fût-ce que dans ses rues, des noms, gravés quelque fois en lettres d'or, et qui font mal au cœur du riche, encore plus qu'à celui du pauvre : les /?iciira&/e5, par exemple; — et même la Pitié., et les Invalides. — C'est assez des noms, déshonorés, à' Hôpital ^ même en y ajoutant : Cochin ou Necker... Grâce à nos progrès théoloyiques ou politiques , le nom même d'Hôtel- Dieu devrait se transformer en celui de : Palais des Rois.
Quoi qu'il en soit, c'est dans les meilleurs hôpitaux (et souvent à leur porte ^ pour lui/ermee/ comme le Prêtre de Ghâ ons-sur-Marne menace de fermer celles de son Palais, etc., les armes même à la main, à l'Université socialiste 1 ) que les pauvres : Maudissent à l'envi leur ingrate patrie,
Que Tun a défendue, et que l'autre a nourrie, selon les beaux vers de TEncyclopédique Théveneau, qui faillit lui-même mourir, comme Gilbert, à l'hôpital.
Selon cet ordre de choses et de logique de mots , c'est-à-dire de verbes f Vaumdne, qui n'est plus que la dégradation de la charité, et la charité elle-même que la dégradation de Yamoiir, doit désormais s'effacer dans \i Dilection.
Que ïawnône est loin de la simple Eleemosyna des Grecs , laquelle signifiait VAynour tendre !
ribus; thesaurisare sibi fimdamentum Bonum in FulurumA TiM. YI, 18.
C'est la charité aussi dont le riche philanthrope et même théophilantrope Monthyon a montré la contrefaçon: le don à V Homme, ou seulement au Livre te plus utile aux mœurs: car ce Livre, rare, et, on peut le dire, unique, fait infiniment mieux que vêtir, abriter et nourrir les pauvres, IL LES PRE- VIENT; et, lorsqu'ils sont en prison, et comme ensevelis dans le plus somptueux des hôpitaux, il peut seul, infiniment mieux encore que les aumôniers et les sœurs de la charité, les CONSOLER^ et ceux-ci, par surcroît (V. seulement la 4^ Partie du présent ouvrage sur saint Jean-Baptiste).
L'aumône du painç^iàQ \ habillement est la plus petite chose due par l'homme à l'homme.
Mais quel sera le meilleur Juge de l'Écrivain et du Livre consolants?... Le contraire même de X Académie française, — L'Archevêque de Paris, les Evêques et les Jésuites Véunis? ce serait encore.... l'Académie !... et peut être pire î
Pie IX tout au plus ; mais en Chapelle Sixtine, près Sainte- Marie-Majeure^ et même dedans, et en Concile œcuménique magnifique; sur des pages choisies, traduites immédiatement dans toutes les langues, et admirées, à force d'être démonstratives et irrécusables, de tout le momie, comme on l'a vu, quelque peu, par la première encyclique du nouveau Pontificat :
Car, de cette façon , si le livre le plus utile aux mœurs n'était pas trouvé une première année , il serait cherché, et découvert (il serait même fait et créé) une seconde. Et il y aurait de quoi consoler , car il y aurait de quoi glorifier, et presque canoniser, la fortune la plus mal acquise qui s'y serait consacrée ; et le Conclave, et même la Cour de Rome les plus malkeureuxqui se léseraient comme appropriéenleglorifiant.
Il Le Salut public, par la Constitution Divine et sociale.
Lex Dileciio. RoM. XIII, 10
Lex Perfecta libertatis. Jac. Ep. 1,25.
(C'est encore le Décalogue donné par Dien à SiQaîj il n'a pas changé, il a élé transîorœé en IS50).
L « Je Suis le Seigneur qui vous ai Affranchi de la serviîude (*) d'Egypte : vous ne vous ferez point d'images tait--
(*) Les sïx Commandements de l'Eglise (qui se réduisent à quatre, lesquels à un : la Confession, la Communion, l'Abstinence et la Messe septennale en pîiblic) n'ont pour objet que de faire aimer et accomplir mieux les Dix de Dieu. L'Esprit-Saint, prévoyant les progrès de l'or et de l'orgueil, les grands péchés mortels publics, et surtout des prêtres, des rois et des riches, les hommes publics par excellence, a voulu principalement les faire s'humilier, et fraterniser en public.
DÀXS LE LIEL' SAINT. 3Ô7 k'ei, etc. , pour les adorer, » — La première proposition > qui appelle toutes les vraies libertés et la dignité de l'iiomme» ie contraire des dignités, la plupart indignes; — la secondequi exclut, ou rien, et maudit à jamais le Luxe de Tautei e^ le cuite du trône.
II. «« Vous ne prendrez point le yom du Seigneur en vain. > — C'est-à-dire, ou rien, aux Princes de l'Eglise : Vous ne vous appellerez pas Vicaires de Jésus-Christ '^^^) , q\ Jésuites, lorsque vous vous êtes faits, malgré Jésus, et contre lui, de la meilleure foi du monde. Vicaires des rois et du monde. Soyez les Serviteurs des Serviteurs des plus pauvres et des plus pécheurs. Laissez-leur tous les libres arbitres &m mal. afin qu'ils aient le mérite du bien. — Et aux Princes du inonde : î Vous ne vous appellerez pas Majestés (nom 33 fois dans l'Ecriture, et toujours consacré à Dieu seuî)^ ni surtout Majestés Catliotiques ou Fils aines de l'Eglise, lorsque vous ne vous êtes faits que les serviteurs de vos passions et de celles du clergé.
III. a Sanctifîezle Jour du Sabbat. » — C'est-à-dire, ou rien, ne souffrez point, au tribunal de la pénitence, le luxe, les fêtes et les plaisirs du monde, tout le commerce en général, que les plus rois, les plus riches, tous catholiques et romains, se donnent ou excitent, les premiers, le Dimanche précisément !
IV. « Honorez vos père et mère.» — C'est-à-dire, ou rien, ne cherchez point à devenir riches, lorsqu'ils étaient pauvres ; grands, lorsqu'ils étaient petits; savants, lorsqu'ils ne savaient que leur état ; Curés et surtout Evêques , lorsqu'ils n'étaient q\iQ Jeans oumeuniers, — C'est-à-dire, encore, et surtout peutêtre, ne fxattez point lorsque vous avez , ne désirez point lorsque vous n'avez plus, les puissances politiques, si différentes des pa^^rne/to.'