DEUXIÈME PARTIE
DEMONSTRATION PAR LE CARACTÈRE DE LA QRANDE APOSTASIE DANS LE LIBJ SAINT.
Gomme c'est surtout au clergé, aux papes, aux cardinaux, aux évêques, aux curés que nous allons parler, nous leur parlerons leu?^ langue, et surtout leurs dogmes.
Or, ce sont des dogmes en effet dans l'Ecriture, dans la Théologie, et par conséquent dans l'Eglise et dans l'enseignement (et des dogmes aussi fondamentaux que le Christ et la Fidélité dans les premiers siècles) que dans les derniers siècles VAntéc/irisme et /a Grande Apostasie. Et c'est aussi une grande vérité équivalente que le premier des caractères de l'un et de l'autre ; consiste dans la négation et l'hypocrisie, c'est-àdire les vertus et l'orthodoxie apparentes les plus profondes. Ace point que les fidèles, les Elus eux-méuieSj diinsï q\x il est écrit, et par conséquent les papes et les évêques, comme et même mieux que d'autres, peuvent s'y laisser prendre.
Mais comment concevoir alors que V Antéchrist et les Grands Apostats, toujours concurrents : 1° puissent jamais être à côté, et surtout en dehors de l'EgHse visible, comme un Mahomet par exemple, ou l'anti-pape Pierre de Lune? IP Et qu'ils ne soient surtout l'un que l'Homme de péché vulgaire par excellence; l'autre, quel'évêque ou le curé (\m jette, comme on dit, le froc aux orties , et qu'on appelle Y Apostat,
Etc'est ce que le Sauveur dit formellement, ou rien, en saint Matthieu, lorsqu'il répond à ses disciples qui lui demandent le grand signe de la fin des temps : « Un grand nombre viendront mon nom, en disant : Je suis le C/imf, et ils séduiront un grand nombre. »
Car, seuls sur la terre, le plus grand nombre des papes (multi), alors même qu'ils sont le plus contraires à iésus-Christ par la propriété et la royauté, se nomment, et sont acceptes sérieusement parle monde : Ficaires du Christ : MULTl vcnient in nomine meo^ dicentes : Egosum Christus ; MULTOS seducent, XXIV, 5.
C'est encore ce que le Sauveur dit formellement, ou rien,
u LA GRANDE APOSTASIE
lorsqu'il parle de V abomination (*) qui doit sévir dans les derniers temps, lors surtout qu'il la place clans le lieu saint: Abominatio in loco sancto, Matth. XXIV, 15.
Lorsque, redoublant, si on peut le dire, de clarté, il va jusqu'à caractériser l'hypocrisie de cette abomination, se tenant et comme trônant là où elle ne sera pas attendue : Ubi non débet, UAhc, XIII, 14.
Et comment encore, sans une grande apostasie imposante, même aux élus et à elle-même (**), concevoir cette prophétie de saint Paul, que Vfiomme de péché siégera dans le temple même de Dieu, et comme en Dieu'} Ita ut IN TEMPLO DEl sedeat ostendens se tanquam sit Deus, II. Thess. W, 4.
Et cette autre du même saint Paul, que « c'est là un mystère d'iniquité qm sera lentk se révéler; et que cette iniquité sortira du milieu de nous : Donec de medio fiat. Et tune revelabitur ilte Iniquus et que cet homme procédera sataniquement, en toute vertu, et même avec des miracles qui séduiront tout le monde : Secundûm operationem Satance, in omnl virtute, et signis, et p7^odigiis mendacibuSy et in omm seductione, 6, 7, 8, 9.
Saint Jean, plus grand, s'il se peut, ici, que saint Paul, ditil autre chose dans ces paroles invincibles de sa Èpitre, II, 4 9 ? Les Antechrists sortent tous d'entre nous-mêmes : Antichristi. EX NOBIS.
Les Pères de l'Église l'ont tous senti, et d'abord Tertullien :
« .... Le progrès du mal , lorsqu'il monte à son comble, est de porter l'apparence de ce qu'il y a de meilleur ; et c'est pour cela que le Méchant par excellence (l'Antéchrist) , lorsqu'il paraîtra , sera revêtu des dehors les plus merveilleux à tromper. D C. Cels.
Et surJérémie : « Nos derniers temps seront semblables pour le péché à ceux des Juifs , et même pires : Novissima noslra tempora^ similia futura simt peccatis Juda, imo pejora.
Mais il est ici une bien plus grande autorité encore , celle que l'Eglise elle-même, et surtout, glorifie dans son office propre et solennel , comme l'interprète par excellence de l'Ecriture : Deus qui Ecclesiœ in exponendis sacris scripturis
C) Les mots abominor, ahominatio , ahominabilis qui sont répétés très - souvent dans l'Ecriture, ne se disent jamais que contre les plus grands crimes, et contre les plus impies. On le voit surtout dans Ezéchîel et Daniel, les proplièles des derniers temps.
Saint Jean, plus énergique et plus explicite encore, montre V abomination dans le Vase d'Or que la grande Babylone tient à la main. XVH, 4.
(**) a Les élus ignoreront leurs vertus, et les autres leurs crimes: Seigneur^ diront les uns et les autres, quand nous avons-nous vu avoir faim, etc. Matth. XXV, 37—42.» (Pascal, Pensées)... Déjà le Sage disait : « Il y a «ne voie qui parait droite^ et qui conduit à la mort. » Prov. XVI,
DANS LE LIEU SAINT. 15
Beatum Hieronymum confessorem tuum, doctorem maximum providere dignatus es, etc.; saint Jérôme enfin , lequel a dit, et sur saint Matthieu précisément : Abominatio desolationis,.. in loco sancto : HOC EST IN ECGLESIA.
Plus formel, en même temps que plus rationnel encore, le même Père a dit , sur la fameuse et terrible menace de Sophonie.... « Qu'encore que cette menace de Sophonie ne doive être pleinement accomplie qu'à la fin des temps , elle se vérifie chaque jour à l'égard de ceux qui renoncent par leurs actions celui qu'ils confessent de bouche ; et que ce malheur n'arrivera à l'Eglise, c'est-à-dire pour parler plus correctement, à une grande multitude de ceux qui la composent, ou à quelqu'une des Eglises particulières , que parce qu'elle s'élève d'orgueil, comme s'il n'y en avait point d'autres qu'on pût lui substituer. Post quce infertnr et dicitU7\ ideo Ecclesiam hœc passuram fore vet esse perpessam^ quod in siiperhiam se elevaverit et quasi cedrus suum cacumen erexerit. inalis operibusdedita^ et ni hilominùs futur am sibi beatitudinem repromittens et in corde suo cœteros despiciens^ nec putans quemquam esse pr et ter se et die ens : ego sum et non est alia