X. Épilogue
Les ruines. — L'éternelle lecoœmenceuse. — Chez Nous.
Les ruines : MaJiomet. — Les I conoclaates byzantins. — Le Protestantisme. — Les Réiolutions, etc. — L'éternelle Reeommenceuse : Refaire et faire plus beau. — Chez nous : Encore l'Eglise. — Musée d'art. Nos artistes. Art et science.
Plus d'une fois déjà, au cours de cette étude, nous avons déploré la perte d'innombrables monuments artistiques, ruinés par le temps ou la main criminelle des hommes, et il y a notamment telle page sur l'Angleterre qui nous semble avoir traduit mieux que nous ne pourrions le faire maintenant nos inconsolables regrets.
Au septième siècle, la secte de Mahomet fait la guerre aux images. Au huitième, Léon l'Isaurien et son fils Constantin Copron}-me partagent les préjugés des Musulmans ; les images sont de nouveau proscrites ; une affreuse persécution réduit au silence les défenseurs de la tradition et de la discipline sur ce point ; et dans cette lutte barbare périt à peu près tout ce que l'art de peindi-e ou de sculpter pouvait avoir produit jusque-là. En 787, le septième concile de Nicée condamne l'iconomachie, mais celle-ci renaît bientôt, et encore au douzième siècle, on voit Alexis Comnène renouveler les anciennes proscriptions et dépouiller à son tour les églises.
Ainsi pendant cinq cents ans, la guerre aux Madones et aux saints ; des artistes et des moines brûlés à la flamme des livres historiés et des saintes images ! Guerre fructueuse, dit-on, qui sanctifia l'école byzantine et la rendit féconde, puisque, en dispersant au loin les peintres et les calligraphes, elle en fit des apôtres et des propagateurs de son art et de ses types ; mais, vraiment, est-ce assez pour nous consoler ?
Est-ce assez surtout si l'Occident, où se sont répandus les artistes de Bj'zance, ne doit pas être moins barbare à son tour que l'Orient dans ses alternatives de fureur contre tout ce qui était peinture et sculpture religieuse ? Oublie-t-on les Vaudois, les Albigeois, les Pétrobruciens du douzième siècle ? Et quand après quelque temps de calme, l'art avait eu le temps de se refaire, ne voit-on pas le protestantisme renouveler l'œuvre brutale des Copronymes d'autrefois ? N'est-ce pas en pure perte que Paleotti s'est donné tant de mal pour établir contre les protestants la légitimité de l'art dans la société chrétienne ? En France, environ cinquante cathédrales et cinq cents églises sont pillées et leurs images abattues ou détruites. En Belgique, des bandes de Huguenots devenus féroces dévastent les cathédrales d'Anvers, de Gand, de Tournay ; brisent partout dans les églises et les abbayes toutes ces peintures, statues, ornements réputés idolâtriques ; pénètrent chez un cardinal de Granvelle, le 17 août 1578, et mettent à néant en un clin d'œil tous les tableaux, tapisseries, objets d'art que sa sollicitude éclairée avait réunis ^ ?
Est-il besoin de suivre les réformateurs en Allemagne.