‹ La grande artisteChapitre 11 sur 21 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

en Hollande, en Angleterre, partout où les porte leur vandalisme, partout où se rencontre quelque vestige d'un culte autrefois cher et maintenant abhorré ?

Et puis, n'y a-il pas eu en France l'ouragan révolutionnaire pour emporter, ravager, anéantir tout ce qui pouvait rester ? Sur les portails des églises — car on ne les a pas toutes restaurées — voyez ces statues mutilées, ces signes de violence et de rage qui marquent encore les niches d'où on n'a pu les précipiter, ces " sottes images, " et jugez si tout ce qui pouvait périr n'a pas péri !

Et ainsi, pour nous souvenir du poème peut-être le plus beau qui fut jamais écrit sur les cathédrales, ce n'était pas assez que les œuvres fussent la plupart anonymes, comme Germain Nouveau va nous le dire :

. . .Ceux qui semèrent de fleurs vives

Le vitrail tout en flamme au cadre des ogives,

Ces royaux ouvriers el ces divins sculpteurs

Qui suspendaient au ciel l'abside solennelle,

Dont les ciseaux pieux criaient dans les hauteurs,

N'ont point gravé leurs noms sur la pierre éternelle.

Artistes d'autrefois, où vous reposez-vous ? Sous quelle tombe où l'on prie à genoux ?

Et vous, doifits qui .«emiez De saintes le portail où nichent les ramiers, eic . . .

.\insi les noms manquaient, mais tout nous manque maintenant. Ainsi, nous l'avons déjà vu, les plus ancienciennes verrières connues ne dépassent pas la fin du douzième siècle ; celles du treizième sont en très petit nom-

bre, et en certains pays, comme en Belgique par exemple, c'est à peine si cm en trouve quelques spécimens du quinzième siècle ; tant il est vrai que les vitres se ca.ssent et qu'il n'est besoin pour cela ni de la foudre du ciel, ni de la hache de l'émeute, mais que la fronde d'un gamin y suffit. Ainsi la peinture ancienne et surtout la fresque, a péri, non seulement sous les coups de la haine antireligieuse, mais sous les ordonnances de la mode, d'autant plus impérieuse et meurtrière, celle-ci, qu'elle pouvait mieux compter sur l'ignorance et le mauvais goût des fabriques ou des conseils municipaux. Ainsi aucune tapisserie, nous ne disons pas des premiers siècles, — c'est trop évident — mais même du treizième, n'est parvenue jusqu'à nous, celles du quatorzième étant encore extrêmement rares.

Ainsi enfin, car nous ne pouvons pas tout dire, pour ce qui est de l'orfèvrerie, les inventaires descriptifs des anciens mobiliers d'églises ou de châteaux, sont aujourd'hui les seuls témoins des merveilleux travaux d'un art que nous ne connaissons plus. On se rappelle l'attestation d'un historien anglais parlant pour la Grande-Bretagne, et, sauf, en effet, '" une demi-douzaine de calices " qu'il avait pu trouver, qu'est devenu tout le reste ? Nous le savons pour la France, pour celle de 1792 au moins, car alors l'Assemblée nationale ordonne que tout ce qui est or et argent dans les églises supprimées soit converti en lingots ". Voilà qui est d'accord avec " les immortels principes, " et voici qui résume toute l'histoire de la sauvagerie briseuse d'images, ce mot de Cromwell : Utterly extinct ail nwnnments of iâolcUry and ^^^uperstition, mai.s

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