ÉPILOGUE
Vierge, les théories d'archanges et de martyrs ; après les tâtonnements ou les impérities des primitifs, les trouvailles artistiques d'un Giotto ou d'un Raphaël.
Et Kaphanl, disions-nous, n'est pas " un terminus audelà duquel il n'y a rien." L'Eglise catholique, immuable dans ses dogmes, sa morale, ses préceptes, n'a jamais prescrit une foime d'art à estampille spéciale, ne reconnaissant elle-même d'autre formule en cette matière, que celle du Bon, du Beau, du ^'rai, et laissant aux hommes la liberté de célébrer tout cet idéal sublime dans le langage d'art de leur époque et de leur pays. Un grand maître pensait comme elle qu'il n'y a pas d'art chrétien proprement dit ou spécifique, mais qu'il y a le sentiment chrétien dans l'art.
Et c'est pourquoi encore aujourd'hui, l'Eglise salue d'un coeur joyeux les tendances nouvelles qui, sans renier le passé, comme certains paraissent le croire et le craindre ; sans le copier non plus, essaient plutôt de le comprendre et lui demandent des principes au lieu de simples procédés. Nous l'avons dit plus haut, tous les procédés sont bons, quand au-dessus, il y a l'art luimême, le progrès, la beauté. Ars una, species mille.
Chez nous — i l'art (Juand l'Eglise ne peut recomen Nouvelle-France) mencer en tel lieu d'où on l'a congédiée, elle recommence ailleurs. Pendant que la France vidait ses églises de tout son décor religieux, la Nouvelle- France emplissait sa cathédrale de Québec d'admirables
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sculptures exécutées par les Baillairgé, père, tiU et petitfils : impériale ou baldaquin à six consoles, gloire et basrelief du Sauveur au-dessus de l'autel central, autels latéraux délicatement fouillés, belles et nombreuse^ statues, trône de l'évêque, guirlandes de fleurs, riches peintures, car les Baillairgé étaient peintres aussi bien, et le 13 avi-il 1793 — noter la date — quittance générale était signée par les trois artistes pour la somme de vingtcinq mille livres — la livre de vingt sols.
Au pays, le goût des belles choses datait de plus loin, — nous Talions voir — mais à ce moment les belles choses étaient notre œuvre, l'art de chez nous devenait presque du grand Art. Et, pour répéter un mot qui nous a déjà servi, ce progrès très réel, ne fut pas, ici non plus, un " terminus au delà duquel il n'y eut plus rien. "
Tant s'en faut, mais est-ce à dire que nous a^'ons un " art national ", comme nous avons, parait-il, une " littérature nationale?" Parler de la sorte, est-ce parler sérieusement ?
Avant doao que d'écrire. . .
Avant donc que de peittJre, apprenez. . .
Oui, apprenons bien des choses : dans un cas et pour plusieurs... la gi-ammaire ; dans l'autre, et pour tous, le métier.
Mais revenons en arrière, aux débuts de la colonie. Dans la Nouvelle-France, comme dans l'Ancienne et tous les pays du monde, l'Eglise a exercé son rôle artistique de toujours, croyant bien, toujours aussi, que " l'Esprit souffle où il veut. " Cette tâche lui était d'au-