ÉPILOGUE
tant plus facile que la France, venant sur nos arpents de neige, apportait avec elle, non seulement " ses prières et ses chansons, " comme disaient les voix à Maria Chapdelaine dans un romau hélas ! trop célèbre, mais son instinct de beauté et tout son art.
L'inventaire de Notre-Dame de Recouvrance traite un peu lestement les " six pau\Tes images du travail de feu M. de Champlain " qu'elle possédait vers 1640, mais il est au moins remarquable que le fondateur de Québec ait eu des goûts d'imagier, en sculpture ou peinture, — le texte ne précise pas — tandis que les pionniers d'autres pays voisins avaient des goûts si différents.
Déjà, à cette époque, on peut voir dans la petite église " une Notre-Dame et son Fils au bras étoffée d'or, environ deux pieds de haut ; une Dame douloureuse ; une grande Annonciation ertc/;assée (encadrée ?), donnée par M. du Plessis ; un grand tableau sans enchâssement de Notre-Dame du Rosaire, avec les quinze mystères ; un tableau sur cuivre de Notre-Dame et sainte Anne. " De 1645 à 1651, les additions à l'Inventaire donnent encore: " Deux tableaux sur cuivre, de Notre-Seigneur et Notre- Dame ; une Notre-Dame tenant Notre-Seigneur et saint Jean-Baptiste qui l'adore... ; une Notre-Dame de Pitié ; un saint Joseph entre Notre-Seigneur et Notre- Dame..." En 1672, nous remarquons : "Un grand tableau de l'Assomption qui fait le dais du maître-autel ; im grand tableau du Rosaire, qui forme le retable du même autel ; un grand tableau de la Sainte-FamiUe ; un moyen tableau de l'Annonciation ; quinze petits tableaux avec cadres d'ébène...et<;. " Pour l'église de la.
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Basse- Ville, un inventaire de 1697 signale : "Un grand tableau de la Présentation de Notre-Dame, à cadre de bois ; deux moins grands tableaux de la Sainte- Vierge ; deux autres de Noti-e-Seigneur et la Sainte- Vierge, à cadres rougis ; un tableau de Noti"e-Dame de la Victoire remportée sur les Anglais, sur cadre verni, les coins dorés^ ; une autre Sainte-Vierge sur cadre doré ; deux tableaux de vœux donnés par MM. Pauperets et Richard ; deux petits tableaux sur bois de rAnnonciation ; au portail de de l'église, trois statues : la Sainte-Vierge, saint Joseph et saint Jean, etc. "
D'où venaient ces richesses ? L'intendant Talon avait échappé à un naufrage en 1670, et en témoignage de reconnaissance, il offrait un peu plus tard à la cathédrale un bel ex-voto commémoratif. La Mère Marie de l'Incarnation ne veut pas consentir à poser pour son portrait, mais dès qu'elle est morte, le gouverneur envoie vite aux Ursulines un peintre habile chargé de le faire. Qui était ce peintre ? — On a pour l'office divin des ornements de toute beauté : " l'Ornement du Roy, " "l'Ornement de la Reine," comme on les appelle, et merci à la sage prévoyance qui nous les a conservés. Et ainsi, le roi, la reine, les gouverneurs, les personnages de marque, M. de Castillon pour un, les grandes dames. Madame de Repentigny pour une, les simples fidèles, toute la petite colonie s'emploie au décor du lieu saint, et rien de suggestif, de touchant comme les inventaires de nos anciennes églises, chapelles, communautés de femmes.
Et, puisque nous parlions d'influence ecclésiastique ou religieuse,les premiers missionnaires,les dames Ursulines,