‹ La grande artisteChapitre 16 sur 21 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

bé Desjavdins, en trois ou quatre ans, dote le pays de cent dix-sept tableaux qu'il s'est procurés en France, il en place un bon nombre chez elles, et la Mère Saint- Antoine écrit à ce sujet dans sa Relation :

" Une choge qui gêna bien la sacristine, ce fut un grand nombre de tableaux que M. Desjardins fit venir de France la première fois en 1815, je crois, eu 1810, et encore après. Il y en avait de bien beaux. Plusieurs avaient besoin de réparation ; il fallut avoir des artistes, assez rares à Québec, et puis recevoir ceux qui venaient les visiter. C'était un espèce d'atelier. " — Notez ce qui va suivre: " Grand merci pour le bien qu'ils ont procuré au pays, donnant le goût à des jeunes gens de s'exercer dans cet art, et enrichissant les <'gli.ses qui en sont fournies aujoiu'd'hui."

L'annaliste des UrsuHnes n'est pas moins reconnais" santé, pas moins prise d'admiration, et voyez ce qu'elle dit à son tour de l'abbé Desjardins — ces vieux textes sont vénérables et dignes de mémoire :

"Il était le protecteur déclaré des jeunes artistes... Nos bibliothèques, notre chapelle des Saints, notre chœur et notre église, témoigneront longtemps de sa générosité à notre égard. En effet, si lui grand nombre d'églises en ce paj^s hii doivent tant de beaux tableaux qui les décorent, si la chapelle du séminaire en particulier est redevable aux MM. Desjardins de ces chefs-d'œuvre qui font l'admiration de tous les étrangers, nous ne pouvons oublier que la nôtre est loin d'avoir été négligée dans cette généreuse distribution des dépouilles de la France spoliée aiix jours de la Terreur."

Tel est l'accueil qu'on avait toujours fait en ce pays aux œu^Tes d'art de l'étranger, et tel il se continuera jusqu'à nos jours. C'est par centaines que l'on peut

compter dans notre province des peintures religieuses ou profanes attribuées à des maîtres, et plusieurs d'entre elles, à de grands maîtres, italiens, français, flamands. Sans discuter ici leur authenticité, — ce n'est pas le lieu — elles ont vraiment, comme dit la Mère Saint-Antoine, "procuré du bien à notre pays, " en donnant l'éveil aux talents indigènes, en encourageant aussi des artistes étrangers à venir tavailler ou même se fixer définitivement parmi nous, tels pour en nommer de suite quelques-uns : William Von MoU Berczy (1748-1813), Louis-Christian Deheer (-1788-), Cornélius Kreighoff (t 1800), James B. Hance (-1S65-), Birge Harnson (-1890-), Paul-Gaston Masselotte (t 1895), Dawson- Watson (-1900-). Peut-être faudrait-il ajouter parmi les anciens l'énigmatique Sebron, dont on ne sait en effet ni le lieu de naissance ni le lieu de la mort ' .

Soyons aux nôtres maintenant et comme il fait, ce matin, 28 mars 1923, un froid de 15 degrés sous zéro, réchaufïons-nous un peu à ce bon poêle de la sacristie de la Basse- Ville, d'ailleurs fort édifiant puisqu'il " représente la Samaritaine," dhV Itiventaire de 17 i2. Qui avait dessiné, sculpté, moulé, fondu ce bas-relief pour nous si instructif en ce qu'il nous révèle des goûts esthétiques jusqu'en choses qui ne le sont pas le moins du monde ellesmêmes ? A part les professeurs de l'Ecole des Arts plus haut mentionnée, les vieux registres signalent en 1707 un " sieur de Saillant, peintre, " de 171 G à 1724, un Noël Le Vasseur, sculpteur, et c'est tout, mais il ne faut pas trop demander à ces sortes de mémoires.

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