‹ La grande artisteChapitre 17 sur 21 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

MM. Bibaud et Pierre-G. Roy semblent faire de Beaucours le premier peintre-professionnel canadien, le premier aussi "qui ait étudié en Europe et se soit fait vm nom dans la peinture ". L'église d'Yamachiche conserve de lui une Sainte Anne consolotrice.

En 1749, naissait à Québec Jean-Antoine Aide-Créquy, ordonné prêtre en 1773, peintre de talent qui serait allé, à son tour, étudier en Europe, mais qui mourut tout jeune (à 31 ans), et par conséquent, laissa trop peu d'oeuvres : une Sainte-Famille détruite dans l'incendie de la chapelle du séminaire, une Annonciation à l'églLse de l'Islet.

Louis Dulongpré, né à Saint-Denis près Paris, en 1754, est des nôtres pour avoir vécu longtemps en Canada, et en fait jusqu'à sa mort le 26 avril 1843 (89 ans). On lui attribue le portrait du géographe Louis Charland (au séminaire), et plus sûrement ceux des abbés Girouard, Dessaules et Déguise, tous quatre du district de Montréal, où vivait l'artiste.

A Montréal même, en 1800, se fondait une nouvelle maîtrise d'art« connue sous le nom " d'Ecole Quévillon," ou moins gracieusement de Maîtrise des Ecorres. Il sortit de là des sculpteurs de mérite : Paul Rollin, Joseph P«pin, Jourdain dit Labrosse, Saint-James, et des étudiants de Québec y auraient aussi développé leurs talents : François-Thomas Baillairgé, Louis-Thomas Berlinguet, etc..

Entre les deux villes, d'ailleurs, régnait déjà cette émulation qui n'a fait que s'accroître au cours des années. Si par exemple Montréal a deux graveurs : Fleury-Mes-

plet (-1780-) et Lenej' (-1820-), Québec voudra en avoir trois et plus forts : Ledroit (-1817-), Stevens, et surtout Smillie. Si la région de Montréal est fière de ses peintres et sculpteurs: Napoléon Bourassa (1827-), Adolphe Rho (1835-), Anatole Parthenais (1839-), Vital Durocher (vers 1840-), Philippe Hébert (1850-), Charles Gill, J.- C. Franchôre, Ludger Larose (1868-), Ulric Lamarche, la région de Québec peut lui opposer : les trois Baillairgé déjà nommés plus haut ; Madame Berczy, de son vrai nom Amélie Panet, excellente aquarelliste, née à Québec en 17S9, petite-cousine de rillustje Jean-Antoine et qui devrait appartenir à notre ville quoiqu'elle ait ouvert à Montréal son école de dessin. Droit de naissance, droit de conquête, lequel des deux l'eraport* ? — Mais continuons la liste : J.-B. Audy, pratiquant ici vers 1825 ; Joseph Légaré (1796-), peintre de second ordre, maie grand amateur et collectionneur à qui nous devons de posséder plusieurs belles œuvres de l'étranger ; le curé Gatien et Pierre Chasseur, deux sculpteurs habiles ; François Renvoyzé, orfèvre de grande renommée ; Antoine Plamondon (1804-1886), auteur d'un remarquable Patronage de sainte Anne bnilé avec la basilique ; Théophile Hamel (1817), dont les travaux sont répandus dans tout le pays ; Antoine-Sébastien Falardeau (1835-), fort goûté même à Florence où il passa presque toute sa vie ; Pierre-Eugène-Etienne Taché (1836-) et son frère Jules (1844-), Pierre Genest (1844-), Henri Julien (1851-), très habile dessinateur, Edmond Lemoine (1877-), que la mort nous enlevait naguère, tout jeune encore (44 ans), mais chargé de bonnes œuvres comme

Page 1