I. V ..li \ MM IKitlI.MI
\i.iin laissons des i m. mis qui s'appellent te Demi-Mu i bonshommet, et les Intimes, Ëh bien! que penseriex-vous d'une note ainsi conçue qai vous linc/ dans la Gaxette des Etrangi
\. • tint mort, en laissant mie fille de quatre ans i demi, -a veuve, sur la demande de l'administrateur du Th< Français, a consenti a ce qu'on coupât a la eharmante i sa jambe droite «un laisaii longueur. *
Je n'admets pas plus que le iil> de Casimir Delavigne et»* sente ;i la suppression du dernier acte de /'"» hmn f Autriche, que je n'admetterais que le fils de Rulx ns eût tait deux morceaux d'un tableau de son père sous prétexte qui! avait peine a tenir durs sa salies manger. Ce qui est surtout remarquable dans l'affaire du Don Juan f Autriche, t*&A que les ennemis
(le la propriété littéraire rdé trente mi eini|iianle ans
an plus aux droits des h m se Ibndani ffrincipalemeni
sur ceci, qui- les ouvrages pourraienl péricliter dans des mains ennemies on simplement inintelligentes. On citait à ce propos
ivres de Voltaire qui. avec la perpétuité de h propriété, pouvaient échoir à un ultramonlain, dont le premier soin de 1rs gare disparaître.
antipropriétaires peuvent se con aincre maintenant que les cinquante ans qn*Bs demandi m n'offrent guère piu^ de garantie au punit de vue de l'intégrité de l'oeuvre littéraire, puisque
tir Delavigne est mort depuis dix-huit ans à peine, et
c[U*on met déjà le ciseau dans se- comédies. Remarque/ que je ne défends pas du tout le dernier acte de/)-»;/ Juan d'Autriche. Li pij m peut-être énormément à ce qu'il soit retranel"'. mais personne autre que l'auieur n'e-t juge du plus
ou moins d'opportunité de ces amputations.
I u héritier intelligent retranche aujourd'hui un acte suj i demi u un li ritier à cerveau étroit ou malade retranchera un acte absolument nécessaire. < .'est pourquoi, moi qui ne demande
jajuuis rien a personne, je demande qu'on substitue au régimi
120 I. V GRANDE BOH !: Ai E
pénitentiaire de cinquante ans, la perpétuité dans les droitf
avec cette danse restrictive que l'ouvrage pourra toujours êtr| exproprié pour cause d'utilité publique ou d'imbécillité parti* culière.
Tel est le sens de la pétition que je voudrais voir adresser au Sénat, car nous avons en France un grand nombre d'individus dont l'unique récréation est d'adresser des pétitions au Sénat. Quand ils ont achevé leur, travail de la journée, ils se disent :
— J'ai encore trois heures devant moi avant de me livrer à un sommeil réparateur. Vais-je aller jouer une partie de dominos ou vais-je rédiger une pétition au Sénat?
J'ai entendu une dame faire un jour le plus tranquillement dij] monde cette déclaration fantastique :
— Mon mari esl un homme qui aime à s'occuper : tantôt il ratisse le jardin, tantôt il s'amuse à tourner des pieds de table. tantôt il adresse des pétitions au Sénat.
Ce besoin d'expansion que possèdent certains hommes, explique comment les journaux ont pu raconter qu'un ingénieur des ponts et chaussées avait, entre la construction de deux tunnels, demandé au Sénat qu'on appliquât des peines disciplinaires à M. de Boissy. Etrange ! étrange ! En quoi M. de Boissy peut-il bien gêner ce constructeur de viaducs? Voyez-vousd'ici un ingénieur en train de percer le Simplon et arrêtant tout à coup ses travaux pour écrire une pétition dans laquelle il demande (pie M. de Boissy soit condamné à des peines non infamantes, mais afQictives.
Pendant que le cœur lui en disait, il n'en coûtait pas plus à l'ingénieur en question d'indiquer le genre de supplice auquel il désirait que tût soumis l'honorable marquis de Boissy. Veutil, par exemple, qu'il soit obligé après chaque séance d'aller casser des pierres sur les routes ou de promener le long des boulevards extérieurs un rouleau à écraser le macadam.'1 Annc-i-il mieux qu'au-dessus de son fauteuil de sénateur ou
LA GRA m>i. BOHEM i ISI
établisse un iqueduc, lequel lui déverserait de l'eau sur la tête pendant toute la durée de la session sénatoriale 1 Que cet étonnant Ingénieur s'explique, et s'il veut être chargé des travaux de l'aqueduc dont nous parlons, qu'il présente an devis.
Les ponis et chaussées ne contiennent heureusement que peu d'ingénieurs atteints de cette monomanie bizarre et pétitionnante. S'il en était autrement, vouv dune a quels épouvantables accidents seraient exposés les voyageurs des chemins de
ter! On apprendrait tout à COUP (lue si le train n" i a déraillé,
c'est uniquement parce que l'ingénieur chargé de la réparation
de la voie, était occupe à rédiger une pétition au Sénat sur une
réforme à apporter dans la casquette des conducteurs d'omnibus.
Wlll
±2 juin 1866.
En ce qui me concerne, la défense faite aux. journalistes non politiques de donner des nouvelles de la guerre est vraiment superflue. D'une pari, je suis a Paris et les choses se passent en Allemagne. D'autre part, je ne connais eu l'ail de Prussiens el d'Autrichiens que ceux nue j'ai aperçus quelquefois à Bade autour des tables vertes où ils combattaient à coup de râteau avec MM. les croupiers, lesquels finissaient toujours par remporter nne éclatante vjetoire.
Il faudrait donc, pour que je me crusse le droit-de mêler m i voix ;i celle du canon, que les belligérants, h court de munitions, vinssent charger leurs fusils avec les billes de la roulette; qu'on ratissai l'argent des joueurs pour le convertir en mitraille ; ou qu'une bombe Inattendue éclatât tout à coup dans le cylindre, ce qui serait, du reste, pour faire sauter la banque, un moyen autrement • ûr que tous les systèmes essayés jusqu'à ce joui'.
• qu'il «ai soit, chers confrères de la presse non caution* surveillons-nous comme jamais! Tant de gens sont inté ress »à notre perle! Hier, par exemple, sans remonter plus
LA GRANDI BOUI il
haut, un h me (|ni devait être un émissaire des ji m n m
litiques réunis, est venu sournoisi nv ni et cauteleusemeni me conseiller de raconter à mes lecteurs que Clovis avait juré de se Caire chrétien s'il gagnai! la bataille de Tolbiac, el que, l'ayanl gagnée en effet, il te décid i ;i recevoir le baptême. Heureusement j'étais rai uns gardée
— Je voas vois venir, hù dis—je ; vous votiez que je raconte !,i bataille de Tolbiac, afin qu'on m'accuse de donner des nourellea de la guerre <-t <p"' i1' reste amsieipoa< aux plus sérieux r ments.
J'ignore même Jusqu'à quel point je puis exprime? ma salis- Faction de l'arrivée à Parie du musée de Dresde que la plus vulgaire prudence conseillait en effet d'abriter contre les obus et lea baïonnettes. Un homme guérit d'une blessure, mais quand un Paul Véronèse a seulement reçu cinquante coups de ubre, .VI. non en personne ne le remettrait pas sur pied. J'avais depuis longtemps, quant à moi, (Intention d'aller visiter le musée de Dresde et j'étais loin de me douter que c'est lui qui viendrait me trouver, il est probable que ce déballage en amènera d'autresTTourqiioi alors, à l'instar de l'exposition rétrospective qui se tient dans les salles du Palais de l'Industrie, n'ouvriraiton pas une iraient', spécial* ment destinée aux chefs-d'œuvre des musées allemands que vont bientôt nous apporter les trains exprès
ez-vous qu'en demandant un francd'entrée au profit des familles des morts et des blessés, on ne réaliserait pas des sommée respectables? Ge projet me sourit d'autant plus qu'il nous permettrait indirectement de renseigner notre public sur la situation. Lorsque l'abonné lirait les entre-filets suivants :
« Le duc régnant de Belboulstadl vienl >\r se décider à envoyer a Paris le fameux GaUmard, qui composait à lui seul i. musée de sa capitale. ■
On :
On attend à la gare du chemin de ferde Strasbourg une
IS4 LA GRA NDE BOHÊM E
tabatière à musique d'un grand prix que le prince de Gairîbillarden-Croquignolengen a tenu a mettre en sûreté. »
— Tiens! tiens! se dirait naturellement l'abonné en question, il paraît que ça ne va pas très-bien dans le duché de Belboulstadt, el que Croquignolengen lui-même est en péril.
On sait en mitre que plusieurs petits souverains 'd'Allemagne ne vivent guère que du produit de la banque des jeux. Leurs listes civiles se composent des refaits du trente et quarante el des doubles zéros de la roulette. En même temps qu'ils mettent leurs tableaux sous la protection de l'honneur français, ils feraient prudemment de nous envoyer leurs tapis verts. Au lieu d'aller là-bas perdre annuellement son argent, la jeunesse parisienne aurait tout avantage à le perdre ici, ce qui lui épa*» gnerait des trais de voyage et lui assurerait le retour que les décavés ont souvent tant de peine à effectuer.
Puisque nous cherchons, en vue de l'exposition universelle de 1867, à attirer à Paris le plus grand nombre possible d'étrangers, je crois que ce moyen serait encore le plus efficace , paire que, soyons sincères, des machines à vapeur, des modèles de charrue, des échantillons de papier peint, c'est trèsattrayant, mais il y a pour MM. les Russes et MM. les Anglais quelque chose d'infiniment plus (''motionnant c'est la voix d'un chef de partie criant au milieu d'un religieux silence :
— Dix-sept ! noir impair et manque !
Je rougirais de voir mon pays bénéficier en quoi que ce soit de cet or mal acquis, mais en adressant tous les soirs au duc de Bade el à celui de Hesse-Darmstadt la recette de la journée, nous tirerions probablement ces deux puissants monarques d'un grand embarras, en même temps que nous attirerions à l'exposition de 1867 une innombrable clientèle.
J'ai même quelque idée que les horreurs de la guerre en seraient adoucies el que de temps en temps les officiers des deux armées rivales concluraient une trêve afin de venir à Paris poser quelques florins sur la couleur de leur choix.
I v i.l; \ \ M BOBI Mi
Il cs( certain que les châtelaines de Manille cl autres lieu circom ttendantque l'exposition aniversellepoorp i
tiquer en grand tous les ienx de l'amour, on se demande pourquoi ceux du hasard ne jouiraient pas aussi de quelques îmmuaités,
Jusque la. et puisque nous ne pouvons pas donner <J«' nourelles «lu théâtre de la guerre, nous nous contenterons d'ena donner du théâtre des Variétés "ii une certaine Isabelle, bouquetière du Jockey*€lub, a bien voulo figurer dimancbe, dans une représentation au bénéfice d'un artiste.
Qu'espérait M Isabelle, je le demande, en s'exhibani ainsi devant toute une salle? La profession (j,. cette gitans consiste uniquement a \nu> taire payer cinq francs un boulon de rose qui lui revient à un quart île centime; c'est la une industrie voisine de la mendicité, mais ce n'est pas de l'art dramatique. Si encore, en sa qualité de familière de l'enceinte du p< elle avait consenti à sauter quelques baies, on aurait pu engager des paris à l'orchestre, mais elle ne nous a pas offert le moindre steeple-chase. Elle s'est probablement dit :
— Je me montrerai tout simplement, et il ne sera plus jamais question de m • Mai-.
le ferais une féerie, et j'y introduirais un tableau intitulé le Royaume des abrutis où l'on verrait la foule envahir une Balle de spectacle uniquement pour regarder une bouquetière de trente-quatre an-, que tous les directeurs me refuseraient cet important travail sous prétexte d'invraisemblance. Il parait cependant que <e qui passerait pour invraisemblable dan- le Hoi/aume des abrutis. M Isd.elle a trouvé très-naturel de l'essayer à Paris, la cité-mère. Au nom de mes concitoyens et au mien propre, je remercie cette négociante en feuilles de rose de l'opinion Batteuse qu'elle a de notre intelligence.
Il n'y a pas encore bien longtemps, quand Lamartine, Hugo, Balzac, ou Musx.t entraient dans un lieu public, tout le monde
ISfl LA GRANDE BOHEME
se précipitait sur leurs pas, afin de les voir de plus près. Aujourd'hui c'est M"1' Isabelle, bouquetière en chambre, qui monta sur les planches en disant au public :
— Ma \ là !
Ce qui fait surtout gémir les gens mélancoliques, c'est que tout ;i baissé dans la même proportion.
Rien n'est comique comme de songer que maintenant une vendeuse de bouquets compte sur sa célébrité pour faireiles recettes à un théâtre; al M1'9 Isabelle B'exposait, par son outrecuidance, à ce que les spectateurs, au lieu de lui acheter ses fleurs, lui jetassent des fruits. Il est vrai, me dit-on, que M*" Isabelle n'est pas tout -à-fait une bouquetière comme une autre, attendu que, s'il faut en croire la chronique scandaleuse, la seule Au reste qui rapporte exactement les faite, ladite Isabelle serait toujours restée honnête fille. Même en naviguant dans cette hypothèse, je ne vois pas ce qu'eUe allait faire dimanche aux Variétés. Le Sacré-Cœur est rempli de jeunes filles de famille qui sont toutes, quand le diable y serait, au moins aussi honnêtes que la bouquetière du Jockey-Club. Or jamais leurs parents n'ont eu ridée de les faire paraître dans des réprésentations à bénéfice.
Les âmes naturellement sensibles et celles qui le sont artificiellement, essayeront de me faire comprendre qu'il s'agissaitd'une représentation au profit d'un intéressant artiste nommé •losse. et que, sous l'égide de la charité, on peut se permettre bien des choses. Quand on joue la comédie, j'admets très-bien qu'on paraisse dans un spectacle donné au bénéfice d'un camarade, niai- il est aussi ('tonnant de voir M"" Isabelle, <|tii est bouquetière, jouer la comédie au profil de M. Josse, qu'il le serait de voir M, Josse, qui est acteur, vendre des bouquets au
profit de M"" Isabelle.
Puisque j'ai eu la funeste idée d'embrasser le métier de jour*
naliste et qu'il est trop tard maintenant pour apprendre celui
e serrurier, ]< consentirais encore à écrire un article dont le
i \ ,, ;• • \i.i BOHÊME
montant sérail distribué aux victimes de rophede la
\ mette; mais si on me disait :
— Voulez-vous, au profil d'une grande infortune, paraître à l'Hippodrome dans le Camp du drap d'orl
je me hâterais de répondre par on refus énergique. La première fois que W* Isabelle aura l'occasion d'exercer su générosité native, qu'elle retienne, seulement pendant deux jours, trois francs sur chacun de ses boutons de wse, elle restera alors dans son rùic luui en réalisanl encore un joli bénéfice. Mais, ,1,1 n« .m du ciel, qu'elle ae se lance pas aussi étourdimenl sur une scène française. Si les étrangers apprenaient que nous nous dérangeons pour des spectacles aussi inférieurs, ils concevraient immédiatement pour nous un mépris donl les conséquences sont incalculables surtout au moment d'une guerre comme celle qui se prépare.
WIY
25 juin 1866.
Il parait que MM. les pèlerins de la Mecque ont encore fait leurs farces. Ils ont, comme à l'ordinaire, attendu les grandes chaleurs pour aller recueillir là-bas les émanations les plus pestilentielles qu'ils s'occupent aujourd'hui de nous revendre dans des conditions exceptionnellement avantageuses. Il est prouvé que lorsque cinq cent mille pèlerins se trouvent réunis dans la même plaine, où chacun d'eux égorge plusieurs brebis, on obtient des miasmes de qualité tout à fait supérieure Nulle part ailleurs on ne trouverait mieux dans ce genre-là.
On annonce, en effet, que la Syrie et le Liban sont de nouveau en proie à un choléra asiatique, grâce auquel les hommes, selon 1 1 formule populaire, meurent comme des mouches, expression d'ailleurs fort insuffisante, car étant donné la guerre européenne, les pèlerins de la Mecque, les torpilles et les nouveaux boulets de huit cent cinquante kilogrammes, il est évident que les mouches, comme mortalité, resteront prochainement bien au-dessous des hommes.
Voilà donc le choléra recommençant, comme la troupe de M. Got, à donner dans toutes les villes où il passe des repré-
, x ,.n •,\ni B0H1 «S '•
«„ui sdeUConta»*»».»»™ encore qu'an su-,e. uiui-
2 urtou. des chrétiens qu'Abd-el-IMer ,,• peu. sauver «ne fois ce qui est Bcheuxix>ur lui; attenduqu avant de les wcheràlanireurdesDruses.neuava.tU^uue.gr.ud
i bre a celle des Aral ,ue, maigre tons ses eflbrt», due
loii pas être encore parfaitemenl au pair.
je me demande maintenant kquoi songe* ceux qui smn chargés de faire notre bonheur. Il était bien démontré, I année iernière, que nous devions nos trois cents morts par jour hta Mecque et\ ses pèlerins, et cette année on a trenqniUemenl
,,i, à ces M,L-v.W« en parfums délétèresde recn...nTencer leur promenade sentimentale el méphitique. Des brotbures ont pullulé dans Paris, des commissions uiierniilionales oTéW nommées;.mais - on arrête quelquefois les brochures, e„ revanche les brochures n'arrêtent Jamais rien, voyezh 1 nxembourg. D'antre part, les commissions ne servent generlmen. n* à grand'chose, et, quand elles sont internationales,
es ne servent ! rien du ton.. On a pns enfin, en vue du Déaa toutes les résolutions, sauf la bonne, qui était d envoya des Chasseurs d'Afrique disperser les pèlerins e. les forcer, .„„„. .ause de santé publique, soit à rentrer chez eux avec leurs moutons, soit au moins i prendre quelques bains au
savon noir. , u n„
Les commissions internationales n'ont pas osé, mt-on, ordonner cet attentat à la liberté de conscience, outre quel es ont eu peur de désobliger la Siibtime-Porte. Frao<tomeu. cette réserve me semble singnlièrement exagérée à une époque qui Qe bnue pas précisémenl par le scrnpnle. Quand Mahomet Immême ne pourrait pas chanter à une heure du malin une tyrolienne dans les rues de Paris sans être arrêté pour tapage nocturne on a lieu d'être surpris que ses fanatiques aient le droit d'empester l'Europe. Les religions sonl des insUtutions excellentes à condition toutefois qu'elles n'auront pas d odeur. Je comprends très-bien que les mabométans soient enchante
ISO l.\ GRANDE BOIÊME
de mourir pendant leur pèlerinage, aussitôt décidés, ils grim l»c!ii par une échelle de fleurs dans les régions Iranslunaires, où entourés de rernmes dpni la profession unique esi do pro> ourer aux élus du prophète des satisfactions de toute espèce* ils habitent pour l'éternité des apothéoses comme celles de la féerie du Ghâtelct.
Qu'ils propagent entre eux des moyens de destruction qui leur permettent d'aller voir là-haut si elles y sont, o'est leufc affaire. Mais moi, par exemple, qui, ayant (ait, depuis ma sortie lin collège, ;'i peu près tout ce que l'aumônier m'avait détendu,
n'ai d'autre perspective que de finir sur un gril, je tiens essentiellement à ne pas avance!" mon heure. Les musulmans pourraient nous objecter, il est vrai, que certains lions moines, qui traversent les rues de Rome et quelquefois celles de Paris, ont
(ail également vœu de malpropreté; et que saint Labre s'est
laisse mourir de faim comme ils se. laissent mourir du choléra, Je leur répondrai que la situation n'est pas la même. Pourquoi? Je serais bien embarrassé de le dire, mais elle n'est pas la même.
En tout cas, à qui féra-t-on accroire que sous des gouverne-*
uients oïl l'on empoche tant de Choses, on ne peut pas empêcher
les pèlerinages à la Mecque. A mon avis, on eûl l'ait de l'autorité un usage bien plus hygiénique si, au lieu de défendre pendant six mois le Mangeur tiefet, qui est une œuvre très-morale, les nations européennes s'étaient entendues pour défendre aux fils du prophète d'aller faire leur récolte annuelle de Choléra asiatique.
.Mais on donne généralement tant de place aux questions minimes qu'il n'en reste plus pour les grandes. Il y aurait lieu, je crois, de bâtir à côté do Panthéon un temple nain avec cette inscription qui résumerait la vie de nos gouvernants :
\i \ il. r lis ROMMES LA PATRIE RECONNAISSANTE.
Il faut avouer aussi que tes choses comme les hommes ont
|.A ,.H VMH SORÉHt 131
tolt^stoUdesi surprenants, le nscrois pas qu'il «
ni jamais présenté ni argumeul ait* concluant contre la pein< [ mort, que i;i sUnatkm de ce nuire d'équipage dn Fesd
invaincu d'avoir tu un capitaine, aurèsuvoir autrefois Jin.. n péri] do sa vie et au prix d'efforts héroïques, ou Cire en détresse. Gomme cet exemple vient eu aide a la Lorie de Victor Hugo, soutenant dans in WerfruAki que homme n'est pas ton! d'une pièce el que la nature de tel InpabU est quelquefois absolument étrangère an erime qu'il a •oinniis!
Les plus laroachea partisans des exécutions capitales nom tmaisosé prétendrsque l'echaftud lut tue puiiiiwn proprement Bte. Leur raisonnemenl se borne à ieci :
,■1 individu est sangereux, suppnnie/.-ie, et le sa
hsparalt.
La position» eagulière de ce ineitre d'équipage que ceux-là
même à «iin il a si généreusement sauvé la ne, sont exposés a
Coir marcher à la tatrt, retourne terriblement la question. Car
euiiii si quelqu'un dit :
— il faut le détruire parce qu'il lue lus caçitame Quelque autre peut parfaitement répliquer :
— il faut le conserver parée qu'il sauve les navires- Ce sauvetage lui a valu une médaille d'or, c'est^-dirs la
plus haute récompenae «pu pût être accordée pour les actes de ,•, genre. Ou voit d'ici ce qu'il a tallu à cet homme d'mtrépi- ,!,!.'■. d'audace et d*abnégatioii pour métier à bien une telle entreprise. Qni peut dire avec certitude eue le jour où il i conlnl',ur au meurtre de son capitaine 11 ■ déployé plus de BrocUé gai! n'avait déployé de dévouement quand il a préservé le n, vue d'un engloutissemenl uuaainentîC'eal le eus ou jamais .fier : Men seul le saitl Huis comme Dieu sait ainsi m touic de choses qu'il s.- garée bien de nous raouasor, nous en sommes souvent réduits aux contestâtes IssUtus vagi» si un accorde une médaille dura un homme qui a Eût une belle
i •'- LA Mi INDE BOHEME
action ci qu'on lui coupe la tête quand il en commet une maii v.iisc. il esl évidenl que la partie n'est pas ('-gale.
Je supposo que Lénard ail lue le capitaine avant de sauve le navire, il est certain que les dix personnes qu'il a sauvés:
en même temps seraient aujourd'hui la proie des requins. I
est certain aussi que si l'avocat qui l'aurait défendu avait de
buté par cette phrase :
Messieurs les jurés :
« L'homme qu'un épouvantable forfait amène devant vme est capable de donner l'exemple de l'héroïsme le plus pur. h suis sûr que dans une circonstance donnée il n'hésiterait pas ; lutter seul pendant cinq heures contre la tempête pour arrachci à l'Océan de malheureux naufragés... »
Il est certain, dis-je, que les jurés se demanderaient si l'avocai n'est pas un fou ou un blasphémateur, en supposant qu'un misérable souillé de sang est susceptible d'une pareille grandeiu d'âme et d'une aussi admirable persévérance. Les jurés si tromperaient cependant. N'y a-t-il pas là un puits de réflexions douloureuses, et n'est-on pas tristement amené à celle conclusion : ou qu'on peut commettre des crimes, sans être nécessairement pervers , ou qu'on peut être pervers sans en commettre?
Remarquez que je voulais, dès le début de paon article, vous parler du nouveau livre de M. Jules Vallès, et qu'avec le Fm devis- Arca je suis maintenant aussi loin d'une revue bibliographique que l'Océan est loin de la Hue : c'est sous ce titre à la fois poétique et brutal que l'auteur des Réfractaires a traité beaucoup de problèmes sociaux avec cette forme neuve et ce style vivant, qui sont en littérature ce qu'en escrime on appelle les coups droits. La rue! ce mol éveille bien des idées, les unes roses; les autres plus foncées; toutes à peu près ont passé sous la plume de M. Vallès, qui leur a donné sa couleur ordinaire et sa vigoureuse estampille.
29 juin 1866.
Je ne le cache pas : Philippe a trompé mon attente. Quand un humilie a seulement commis une quinzaine d'assassinats on I bien tort de compter sur lui. Je lui supposais beaucoup plus de crànerie et d'originalité. Avoir perpétré des quantités de • rimes tellement épieés que la reproduction en serait interdite même dans fa Chambre des horreurs du musée Tussaud, et une t'ois devant la cour d'assises essayer des ergotages sur le plus ou moins d'argent contenu dans une armoire à glace ; c'est là une mesquinerie indigne d'un gredùl qui se respecte.
Que diable pouvait espérer oe rasoiromane en se défendant ! Puisque la loi qui se dit toute puissante, ne peut (aire que le même individu soit misa morl deux t'ois dans la même journée, avouer deux. Gemmes ou en avouer dix. donnait pour lui un résultai absolument adéquat. L'intérél de sa gloire lui commandait de tout déclarer au contraire, d'en raconter même trois t'ois plus mi'on n'en soupçonnait, afin qu'il pût au moins avoir une place numérotée dans le calendrier des bandits célèbres. Quelle que soit la partie dans laquelle on travaille, autant j laisser un grand nom qu'un petit.
Au lieu de prendre, dès la première audience, ce que nos principaux comédiens appellent une attitude, il a louvoyé dans les eaux des circonstances atténuantes. Son grand souci paraissait être (le ne pas passer pour un voleur. C'est là franchement une préoccupation assez inexplicable. Un vol de plus ou de moins ne peut modifier beaucoup sa situation. C'est l'histoire d'un homme qui, après avoir lampe des carafons d'absinthe, réinsérait de boire un verre d'anisotte de peur de se l'aire du tort dans l'opinion publique.
Il semble que des êtres aussi profondément pervers que Philippe, ont toujours été désignés pour un dénoûment sinistre; et on se sent remué douloureusement quand on songe qu'il a été, jusqu'à ces derniers temps mêlé à la vie des autres et côtoyé par d'honnêtes gens qui lui racontaient leurs petites affaires et lui demandaient les siennes. Quand on songe que ses patrons disaient probablement de lui :
— Ce garçon là va bien : il a quelquefois une petite pointe, mais les ouvriers qui se grisent de temps en temps sont souvent les meilleurs.
On a peine à s'imaginer Philippe ayant eu une jeunesse et surtout une enfance. On se représente diflicilemenl son père et sa mère allant le promener au Luxembourg, lui répétant avec les inflexions les plus tendres
— Oit donc est-elle, ta HOU nou ?
D -nul ii ceux qu'ils rencontrai! ni :
— 11 est un peu rapi'icieux comme tous les enfants, mais il es! bien gentil et malin ! vous ne vous ligurez pas comme il est malin.
Kenlrésjjchez eux, le soir, ils se disaient probablement après l'avoir COUChé ei bi N dans son berceau :
— Qu'est-ce qu n h ferons de notre fils?
Et rien ne leui i indiq i ne pouvaient en faire qu'un
a ,iii!: ;i mort. H a uuj cornue tout le monde, ses cerceaux 4
ses polichinelle et se petits bateaux qui vont sur l'eau. Lui
I V ci; \ NDE BOHÈM E 135
eul peut-être n de bonne houre soupçonna qu'il élail destiné à une lin précoce, puisqu'il s'était tatoué sur le bras cette légende
I tout ion- mauvaise étoile, » Il est vrai que lot inalheuses qu'il a violemment supprimées n'étaient pas nées son-. une étoile beaucoup meilleure nue la sienne.
Cette terrible affaire Philippe me vain, sans préjudice du courant, nue lettre d'un monsieur qui signe ■ Bernard, » et qui me reproche non-seulement d'être partisan de l'abolition de la peine de mort, mais encore d'avoir, dans mon dernier article, demandé à mois couverts la grâce du maître d'equipage du Fuuli'ris-Arcu.
Eu admettant que je l'eusse fait à mots couverts ou même dmiiieiês, demander la grâce de quelqu'un ne me parait pas un crime tel que je me croie obligé d'aller me constituer prisonnier. L'implacable Bernard ne me tient pas quittai
« Eh bieùî, m'écrit-il, j'espère que vous allez être conséquent avec vous-même, et que si Philippe est condamné, vous allez entreprendre une campagne en s;i laveur. »
Quelque ironie qui perce à trav< rs les pattes de mouches de Bernard, je suis obligé de le lui déclarer : loin d'ébranler mes convictions en ce qui touche la question de la peine de mort, les épouvantables crimes de Philippe serviraient au contraire à les fortifier. Il est en effet bien évident que le plus coupable des matelots du Fœderis->Are4 est un ange de ci ode du ciel si on le compare à ce monstre qui repassait mi rasoir avant d'aller faire sa cour aux femmes. Or, comprends-moi, Bernard : qu'on arrive à prouver que Philippe en a tue, non pas trois, mais cinquante, il sera puni exactement comme le maître d'équipage dont j'ai parlé, et qui n'a peut-être Bédé qu'à une surexcitation alcoolique.
Cette fameuse peine de mort que tant de gens, à commencer par Bernard, considèrent comme la sauvegarde de la société n'est donc au résumé que l'aveu implicite de l'impuissance des hommes, puisqu'ils l'appliquent indistinctement à l'homme
i !<; I. \ GRANDE BOHÈME
qui a commis cent crimes ci a celui qui n'en a commis qu'un seul. Si l'idée île l'échafaud arrête souvent un misérable sur le bord d'un assassinat, une fois cet assassinat commis, il n'a plus aucune raison pour n'en pas commettre d'autres. Il est à peu près certain qu'après sa première victime Philippe s'est dit :
— Je puis tuer maintenant toutes celles qui me tomberont sous la main, attendu que, devant la cour d'assises, une ou cinquante c'est le même prix.
Voilà comment, ami Bernard, la peine de mort, qu'on représente comme la suprême justice, n'est pas juste du tout, et comment, t;mt qu'elle subsistera, il sera impossible de soutenir que tous les Français sont égaux devant la loi.
J'ai remarqué, du reste, que la société possédait ainsi une foule de sauvegardes qui ne la sauvegardaient pas le moins du monde, comme l'Odéon et le Théâtre-Français par exemple, qui. au dire de l'honorable M. Glais-Bizoin, sont loin de remplir leur mission sur cette terre. Ce n'est pas un reproche, mais tous les trois mois on reprend la discussion à propos de l'abaissement du niveau dramatique. Les gens les mieux situés pour fouiller la question, plongent la tête dans leurs mains en se demandant pourquoi le théâtre moderne est en décadence.
Les uns découvrent alors que la censure n'est pas assez sévère et quelle laisse passer des mots et des situations capables de démoraliser la France et une partie de l'Angleterre.
Les autres prétendent, au contraire, que la censure est trop minutieuse, et que les bâtons qu'elle jette dans les manuscrits, empêchent l'essor des talents naissants.
La question ainsi tenue en équilibre comme le tombeau de Mahomet entre deux raisonnements contraires, reste dans un état d'immobilité remarquable jusqu'à ce que les hommes spéciaux se remettent la tête dans les mains et se demandent de nouveau :
— Pourquoi diable le théâtre moderne est-il en décadence? Il me semble que rien n est cependant plus simple : le théâ-
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1 10. aurait dît l'aoteurdn Dépit amoureux est en décad aoe, parce que nous sommes en décadence. Si nous n'étions pas en Décadence, le théâtre ne serait pas en décadence. Les vaudevillistes dont C'est l'étal de sonder le goût du publie l'ont les pièces immorales, tout simplement parce qu'ils veulent plaire à des spectateurs qui n'ont aucune moralité. Ils ont commencé par écrire dès comédies où la délicatesse des expressions s'alliait à la droiture des sentiments. Ils se sont aperçu bientôt que les théâtres qui jouaient les œuvres recommandables tais lient en hiver des recettes de trente-trois francs et qu'au lieu de se frotter les mains les directeurs se brossaient le ventre.
Ils se sont alors attelés à des ouvrages un peu plus poivrés, et les recettes ont monté immédiatement. Ils ont finalement poussé, jusqu'à la cantharide, et les recettes ont atteint le maximum.
De même qu'un pied de chardons ne peut pas produire des ananas, une société, ravagée par les plus mauvais instincts ne peut développer un théâtre honnête. Quand un monsieur a passé sa journée à répandre à la Bourse des nouvelles qu'il savait fausses, allez donc lui montrer Polyeucte mourant pour ce qu'il croit être la vérité. Le susdit s'écriera instinctivement à la lin du quatrième acte :
— En voilà un imbéeile,fbriser des statues et de jolis vases d'or qui se seraient si bien vendus à l'hôtel Drouot!
Quand des jeunes gens sont restés jusqu'à neuf heures du soir attablés au Café' Anglais avec de belles filles qui ont écrit sur leur drapeau : Montjoie et Saint-Lazare! essayez de les mener tous voir un drame-vaudeville dans lequel une jeune demoiselle, ruinée par la Révolution, fait de la couture pour soutenir le marquis son père, devenu aveugle à force d'avoir pleure. Vous vous figurez aisément les sucres d'orge à l'absinthe qui voltigeraient dans l'air.
Il faut être de son temps: le nôtre est désastreux, mais i| faut que nous en soyons et nous en sommes.
lis LA GRANDE BOHEME
Il est vrai que j'ai beau examiner nos comédies actuelles, avec tous les microscopes de la critique, je ne les vois pas beaucoup plus dangereuses que celles de Molière dont il a été fort question ces jours-ci entra gens qui ne paraissaient pas le connaître beaucoup, et qui est à coup sûr un grand démoralisateur.
Quand on a épuisé envers les auteurs toutes les formules d'accusation on leur dit :
— Pourquoi ne prenez-vous pas exemple sur Molière?
Si les auteurs avaient la faculté de répondre, leur défense serait bien facile :
Nous ne prenons pas exemple sur Molière, objecteraient-ils parce que Molière a passé sa vie à outrager la paternité, le mariage, la famille, la vieillesse, et en général ce qu'il y a de plus sacré ici-bas, parce que de Scapin voleur, menteur et paillard , il fait le personnage sympathique de sa pièce; parce que dans le Médecin malgré lui, il a placé entre la nourrice et le faux médecin une scène d'une telle crudité, que la censure donnerait aujourd'hui sa démission en masse plutôt que de la laisser passer. Voilà pourquoi nous ne prenons pas exemple sur Moière.
Chaque fois que les hommes gourmés feindront de vouloir ramener le théâtre dans la voie légale, ils n'en citeront pas moins Molière, dont pas un probablement ne pourrait dire couramment deux hémistiches. Mais il y a en France deux leviers irrésistibles : l'inintelligence et la mauvaise foi.
WVI
- i1 juillet 18GG.
Bellone.
Une blonde Qui s'habille toujours pour aller dans le moml.> A\«: le casque d'un pompier.
a dit le poète, Bellone est décidément bien encombrante. Il est devenu impossible d'ouvrir un journal cautionné, sans le voir littéralement moucheté de proclamations. Tout homme qui commande un corps d'armée se croit forcé au début d'une campagne d'adresser à ses soldats, dont les deux tiers ne savent pas lire, une proclamation destinée à prendre place un jour dans lés reeneils de littérature. Ces proclamations, dont le nombre croit nécessairement en raison de la quantité des corps d'armée mis en présence, sont signées de noms différents, mais au tond elles disent toutes la même chose :
« L'ennemi relève la tête, mais son audace s'humiliera bientôt devant nos armes victorieuses. »
L'ennemi relève la tête est une image très-saisissante, je ne le eonteste pas-. On voit cet ennemi qui, ayant depuis loi^temni
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h tête dans une position horizontale, la remet tOUl à coup verticalement. Mais quand tous les commandants do tous les corps de tontes les armées se seront écriés que l'ennemi relève la tète, c'est absolument comme si aucun n'avait ouvert la bouche.
Il en est des proclamations comme des navires cuirassés, la nation qui, la première, a pu se servir de ces formidables engins de destruction a écrasé ses adversaires en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, mais aujourd'hui que tout, le monde en a, un navire cuirassé annihile le navire cuirassé correspondant et les choses restent dans l'état où elles étaient avant l'invention de la cuirasse.
Outre l'inconvénient d'être à la t'ois inutiles et prétentieux, ces factums guerriers présentent celui-ci : que sur deux proclamations parties de deux camps opposés, une au moins ne dit pas un mot de vrai, puisque toutes deux annoncent la victoire, et qu'une armée est obligatoirement battue par l'autre ; à moins cependant qu'elles ne soient victorieuses toutes les deux, ce qui s'est vu nombre de fois. Je ne sais plus à quelle bataille du premier empire, quatre puissances se trouvaient engagées, et, tout compte fait, le lendemain matin on reconnut qu'on avait chanté cinq Te Deum.
Les plus forts mathématiciens se réunirent afin de chercher d'où pouvait bien provenir ce cinquième Te Deum, puisqu'on mettant les choses au mieux, il était impossible de constater plus de quatre victoires. Enfin, après les calculs algébriques les plus ardus, il fut établi que c'était un vieux Te Deum de l'année précédente qui, après être resté longtemps eu arrière. était venu inopinément rejoindre ses camarades.
.l'estime donc que les proclamations ont fini leur temps : d'autant plus que les généraux qui les rédigent ont assez de se creuser la tête pour asseoir un plan de campagne, sans être encore obligés de se livrer entre eux à une lutte littéraire dont les résultats sont nuls. Quand on est prêt à monter à cheval,