‹ La grande bohêmeChapitre 24 sur 38 · LA GRANDI 1E · texte numérisé non relu

LA GRANDI 1E

ooi Ii6 tibias éetaUient comme des noix. ! lu diner,

,n dtf isail de la mine du patient, comme dous parlons du jeu le Mélingue ou de la dernière ascension de M. Delamarne.

lurd'hui nous ûrisaonnons d'horreur quand an journal tous apprend qu'une mère dénaturée corrige son enfant à l'aide l,. peiv s an feu. 81 cette mère qui, la plupart du temps

•si blanchisseuse ou regrattière, avait été élevée à Sainte-Barbe, H.* pourrait présenter cette défeni

jr h, pourquoi on s'offusque de ce que je me

suis cru permis d'appliquer à un enfant coupable les procédés mu uns pères employaient sans le moindre remords envers tant d'individus qui étaient presque toujours Innocents.

On n'a pas assex remarqué en outre que la peine de mort, telle qu'eue est appliquée par les nations chrétiennes el catholiques, est la négation lapins complète de l'immortalité de l'âme. Les sociétés européennes font profession de croire à la v'n • éternelle, et elles agissent absolument comme si elles n'y croyaient pas. Kn eftet, eUes prennent la tête, mais elles tien- Dent essentiellement à sauver l'âme, puisqu'elles entretiennent ,i,. p, ialement chai iconcilier au dernier mo-

iiirut le condamné avec Dieu. Quand l'abbé qui accompagne un homme jusqu'au pied de l'échaûuid lui demandi

— Étes-vous prêt à paraître devant le souverain juge? Le condamne n'aurait qu'à répondre :

— Non je ne suis pas prêt.

Ht puisque la société n'a aucun droit sur l'âme de ce monsieur, lYxeïution devrait ètiv suspendue jusqu'à ce que le i "iipabie ... g|i| iseei repentant pour ne pas être, ap

mort, envoyé en enfer par le premier train. Vous me direz que certains criminels, et même tous, passeraient leur temps à proférer les jurons les plus exécrables alin de s'entretenir dans une continuité de péché mortel qui leur permit d'arriver à la plus extrême vieilles» . le partage vos craintes à cet égard. U

faui cependant être logique. Or, ce qui prouve que la peine de \\ mort est contre nature, c'est qu elle ne peut même pas avoir la logique pour elle.

M Vis, continuerez-vous, quand on envoie mourir sur les champs de bataille cent mille hommes en quinze jours, on ne s'occupe guere.de savoir s'ils sont en état de paraître devant Dieu. Cette observation est assez juste, aussi, est-il probable qu'il y a entre l'Être suprême et les gouvernements des traités particuliers à ce sujet-là. Les gouvernements lui écrivent le matin :

« Nous vous enverrons dans la journée vingt-cinq ou trente mille hommes, que nous nous disposons à faire massacrer entre dix heures et midi, et qui monteront au ciel par file à droite. Tâchez de les y recevoir le mieux possible. Ils ne sont pas tous absolument en état de grâce, mais, dans leur situation, il serait cruel d'y regarder de trop près. »

Ce qui s'explique moins, c'est cette législation que les Français toujours ironiques ont intitulée le duoit de la guerre, lequel droit consiste à massacrer les gens en bataille rangée et à leur demander ensuite l'argent nécessaire pour payer la poudre et les aiguilles qui ont servi à les tuer. Autrefois, ceux qui vous prenaient la bourse vous laissaient ordinairement la vie. C'était l'un ou l'autre; avec le droit de la guerre, l'un n'empêche pas l'autre. Je suis surpris que dans un pays comme le nôtre, oii l'élude du droit romain, du droit administratif et même du droit commercial est poussée aussi loin, on n'ait pas songé à instituer un cours du droit de la guerre. Ce serait une joie bien douce pour une mère, de savoir que son fils a été reçu avec trois boules blanches, pour avoir répondu à des questions comme celles-ci :

Demande. — Quand une ville occupée par des troupes ennemies refuse de payer les contributions qu'on lui impose, à quoi Fonl autorisés ceux qui l'occupent ?

Réponse. — Us sonl autorisés à monter dans les maisons

I a (,i; \ MU. BOHÊME

articulières, a forcer les caisses, les sei iréuires, les armoin - ,,!.„ lentement tous les meubles pouvant coolenirle

oi du particulier.

Il — l'.n cas de refus dudil particulier d'ouvrir sa porte ou de laisser fouiller dans sa paillasse, nue peuvent (aire les visiteur-?

[{ Us peuvent incarcérer le propriétaire, emmener avec

eux ses tilles quand elles sunt jolies, et les lusilkr amplement

>i elles ne le sont pas.

D, si. malgré la modération de cette conduite, les habitants s'obstinenl à refuser la contribution exigée! K. Le mieux est alors de passer au fil de l'épée, hommes,

femmes, entants et vieillards, a moins qu'on ne préfère mettre le feu à la ville; mais ce moyen est rarement employé parée qu'il a l'inconvénient d'empêcher le pillage.

J'aime à croire que mon appel sera entendu, et que prochainement toutes les grandes capitales auront des chaires de droit de la guerre, comme elles ont des chaires d'éloquence. Outre .pie dans ces temps troublés ce droit-la est peut-être plus utile a étudier que les autres, il y va de l'honneur ne tous les peuples civilisés de ne pas laisser cette lacune dans l'éducation de la jeunesse.

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