‹ La grande bohêmeChapitre 31 sur 38 · IV · texte numérisé non relu

IV

Ce département de Seine-et-Oise est insupportable : on ne penl pas if laisser seul u nt* minute sans qu'il se mette a faire ses Bures, Qa'apprends-je on arrivant de voyage? que Saint

llloild venait de s'offrir son petit tremblement de terre Quel

peut bien être le volcan de troisième classe «pu s'amuse ainsi à s'agiter souterrainemenl tu environs de Paris ? Ce ne peut pas être le volcan des révolutions, puisque le Constitutionnel nous répète continuellement qu'il est éteint. Quoi qu'il en soit, il me semble que si le tremblement de terre se décidait a entrer dans nos BMBUfS, il pourrait devenir un engin inliinineiil

supérieur au fusil Chassepot. Que cherchons-nous, messieurs et ■mis ! a nous entre massacrer, n'estai] pas vrai, jusqu'à ce que l'univers ne toit plus habité que par des morts OU des bli or. bien que le bail Chassepot lue ses douze hommes! Is minute, il faudra un certain temps pour exterminer les oeuf cents

millions d imbéciles qui maculent la surface du globe, a munis

toutefois qu'on n'invente un fusil encore plus Chassepot que les autres.

En utilisant lestrembleinents de terre, au contraire, vous

obtiendra des résultats a la ibis bien plus rapides et bien

plus complets. Vous manœuvrez de façon à ce que l'armée ennemie se trouve placée sur un terrain sujet aux crevasses et, à la moindre oscillation, généraux et soldats sont engloutis avec toutes leurs décorations.

Malheureusement, nous n'en sommes pas encore là, et, à parler sans détours j'en rends grâces aux dieux, car, à force d'oraisons funèbres, les vivants ont fini par rendre les morts ridicules. Les gens remarquables, ou simplement remarqués, qui disparaissent, sont aujourd'hui soumis à une telle averse de discours et de nécrologies, que le défunt le plus sympathique! arrive à tourner a la scie. Lorsque pendant huit jours il est devenu impossible d'ouvrir un journal sans y lire l'article Beautreillis ou l'article Cabirol, lequel commence invariablement par ces mots :

« Né en 1808, Cabirol se jeta avec passion dans le grand mouvement littéraire de 1830... »

Le lecteur agacé ne tarde pas, quelque respect qu'il ait toujours professé pour cemortembarassant, à en avoir par-dessus les oreilles. Je, prends un écrivain justement célèbre; qu'il cesse un beau matin de faire partie de notre spirituelle humanité, et qu'un mois après ses obsèques, le bruit se répande tout à coup que le décédé était simplement en catalepsie, et qu'il a été rencontré se promenant dans les rues de Paris en rupture de caveau de famille. L'infortuné essayerait vainement de reprendre, le cours de ses travaux. Quand il se présenterait à un éditeur, il est évident que celui-ci, en le voyant entrer, lui dirait, avec rctte brusque franchise particulière aux éditeurs :

— Oh ! mon cher, en voilà assez ! Il n'est question que de vous depuis un mois. On a prononcé huit dàscaufcs sur votre tombe : on a publié sur vous quatre cent, soixante-douze articles; si ir. publiera bout de forces, vous voyait reparaître à l'horizon, il sérail capable de défoncer ma devanture. Voulezvous accepter un conseil d'ami '/Allez vile vous recoucher dans votre petit monument dont vous n'auriez jamais dû sortir.

i \ GRANDI BOHf Ml

ird'bui I < ours rar un

. atafalque, la foule

\!i ' oui, •• la connais, c est t< ila ennuyeux •«• Si personne . la foule se dil :

— Il parait que celui-là n était i> i> bien tameux, il n .1 pas ini ut 1 u quatre mol tombe.

qu'il laui pour vivre longtemps. Ji ipules «| u«- ic^ auti lia, comme iuui le monde, - urs, el .1 mes supérieurs d'une platitude inaltérable. J>' mh> eu outre

idé .1 ra'incliner res{>ectueusement devant les êtres les plus immondes pourvu que le su une leurs e forts. I

mi nombre de gens qne < s qu ilités réunies conduisaient aux extrêmes (rontièresd'une \ ieillesse d'autant plus bonorée qu'elle était munis honorable. J'ai donc lieu «1- supposer <i1"' l'avenir

a moi. Cependant si après 1

•tais un jour prén il enlevé à II

tendres» leilleur moyen de

nager mon amour-propre et les nerfs du publie, ce seuil d'apostei cinq ou six amis qui viendraient tour à tour

gtte déclaration :

— ranrais bien des choses à dir bu i ab il subite* ment ouverte, m is l'émotion qui me su foque m Ole 1 usage de !,i |» irole.

Le as funèbres c'est d'être toujours pronon-

s sur les cera ilèbres. Il est clair que^elui

([in me raconte que Léon Golxan est 1 .1 iteur do Lion emptàlU et •! Aristide t'nn.^art m- m'apprend rien denouveau. ivui-i-n-r lonnerait-on un peu d< vogu< a l'ai; ologiquesi.aulieu

il le monde sait, on l'appliquait a x existent iraenl im usm appi [uelqoe chose si vous consentiez li dire devant la foule assemblée :

« La jeune personne que nous conduisons à sa dernière demeure avait quitté sa famille dès l'âge le plus tendre pour aller courir les bals champêtres. Elle a eu pendant sa courte carrière plusieurs amants qu'elle a tous trompés successivement ou même à la fois. Dès qu'elle avait cent francs devant elle, elle allait les jouer à Hombourg. »

Il y aurait alors une série de révélations piquantes, ne fût-ce que pour les amants dont chacun se croyait seul et unique. Il est vrai du reste que nous avons rencontré à Hombourg tout un inonde de femmes qui avaient planté là leurs Àlfreds adorés pour aller risquer quelques doubles frédéricks sur le trentecinq. La cocotte du bois de Boulogne ne vaut généralement pas grand'-chose. Eh bien, c'est un ange de candeur et de dévouement auprès de la cocotte des villes de jeu. Tant que la noire déveine tord son porte-monnaie, elleest charmante et familière au possible. Elle donnerait son adresse aux employés du vestiaire.

En revanche, dès que le hasard lui accorde la faveur d'une, série de quatre, elle est prise d'incroyables accès de grandeur. Il faut qu'on la respecte et qu'on lui parle à la troisième personne. Nous avons longtemps admiré à Bade, Siraudin et moi, une ancienne écuyère qui a vieilli sous le harnais. Cette maturité désespérante est appuyée en outre d un nez applati, comm ) si tous les chevaux qu'elle a montés lui avaient caracolé sur la figure. Chaque fois qu'elle perdait un coup, elle s'écriait en s'adressant à Mme Batazzi, placée à côté d'elle :

— Hein? croyez-vous qu'elle est mauvaise, celle-là? Voyons soyez franche, avouez qu'elle est rudement mauvaise?

Eh bien, cette doyenne de la galanterie ayant eu une contestation pour une masse qu'elle avait prise par mégarde à un monsieur du meilleur ton, officier de la Légion d'honneur, ne fit aucune difficulté de lui dire; avec une hauteur olympienne :

— Tenez, voilà votre argent, je ne veux pas avoir de discussion avec un homme de votre espèce.

Nous nous sommes demandé quel grade il fallait occuper

i \ i.it wiu BOHÊME

us h Légion d'honneur pour être adana a discuter i

. tenue creveuse de ronds de ptpier. M. us il ressort de » lie

perde que les malhonnêtes femmes d'aujourd'hui n me plus r excuse de celles d'autrefois, qui avaient au moins itelljgence d'êtrj bomnet fUlet, i d jour, la duchesse • promeoanl en voiture au QÎampsÊlvsées avec aon

.in. alors héritier d'un tr< , si bien occupé depuis, MM « \'< -

[uipage d'une covonse célèbre.

— Quelle fsi donc cette jonc dune! demanda im ocemmeni m duc d*Oriéans l'honnête princes-,'.

— Cette jolie dame, répondu en se levant toute droite la hante ik'iu- qui avah* entendu : cette jolie dame, c'est une rien du

bot. Si VOUS voulez. VOIT une rien du tout. re^arde/-nim : via somme c'est fait.

actuellement, c'est autre du. s,', les moindres trotteuses exilent que l'on rende hommage a leur vertu et qu'on prenne leur lisiiiietii.n au sérieux. Qu'elles me permettent de le leur due :

•Iles liniruni par rendre leur métier unpralic;il.le. nu'un homme

Soit a se/ extravagant pour leur donner toute sa fortune, c'est tossible, maison diable en trouveront-elles (Tassea bêtes pour leur offrir leur retpi

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