‹ La grande bohêmeChapitre 34 sur 38 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Personne n'est chargé de l'exécution du présent décret.

15 octobre 181

En France, ou le pédantisme, Le mensonge et la bosse dignité font partie intégrante do cérémonial de la rie, bous avons été extrêmement surpris qu'an milieu do procès Risk-Allah, l'accusé ;iit tranquillement demandé une prise au procureur do roi, qui lui a tendu immédiatement sa tabatière. Onne eroil [>a>. ;i Bruxelles, qu'un magistrat, pour être impartial, ail besoin de s'envelopper d'un nuage, et l'année dernière, le ministre de la guerre de Belgique s'étant battu au pistolet condamné à trois mois de prison, comme le premier journaliste venu. En revanche, M. Chaix-d'Est-Ange Bis s'étant battu chez nous à l'épée, n'a jamais été poursuivi, quoiqu'il eùl bl ss adversaire. Il est vrai que M. Chaix-d'Est-Ange fils n'était pas journaliste et je doute que l'exemple des gracieusetés dont nous sommes l'objet lui donne l'envie de le devenir.

Pour en revenir à l'aibire Risk-Allah, ce n'est certes pas la prise que je reprocherai an tribunal, c'est plutôt le monceau d'experts qu'un a pris l'habitude d'accumuler dans tous \* iminets. Si vous ne l'avi smarqué, je l'ai rem

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pour vous : quand un expert esl toui seul, loul va bien; il prouve par les démonstrations géométriques les plus claires que l'accusé ;i commis le crime qu'on lui impute. L'accusé a beau établir qu'à l'heure ou ledii crime se commettaitau village Levallois, près les Ternes, il était à Philadelphie, l'expert interpellé répond par une autre démonstration, qui se résume à ceci :

. — Je viens d'expliquer à MM. les jurés comment vous avez commis le crime. Si vous n'aviez pas commis le crime, c'est que je me serais trompé dans mes conclusions. Or, si j'étais capable de me tromper, la cour ne m'aurait pas choisi pour expertiser. Donc, vous avez commis le crime.

Lorsque l'affaire est assez importante pour nécessiter deux experts, la scène change. Si le premier affirme que l'accusé est coupable, le second ne manque, jamais de soutenir que l'accusé est innocent, et quand le nombre des experts est porté à cinq, il s'en trouve invariablement trois pour l'innocence et deux contre, ou vice versa. La tête de l'accusé se trouve ainsi mise à la loterie, attendu que rien ne prouve que l'expert qui dit oui, en sait plus que l'expert qui dit non, et que l'expert qui dit non, n'est pas juste aussi ignorant que celui qui dit oui. L'idée qu'aurait dû faire naître depuis longtemps le spectacle de ces contradictions, c'est que l'expert, près les tribunaux, de même que près les objets d'art, était tout bonnement un monsieur qui parlait au hasard sur des choses dont il ignorait les premières bases. Mais s'il n'y a pas précisément un danger social à vendre à un bon imbécile un morceau de jus de réglisse pour un tableau de Rembrandt, il est infiniment plus grave de suspendre la vie d'un homme aux paroles d'un monsieur qui, cinq minutes plus tard, peut être contredit par son confrère.

On nVn persistera pas moins à interroger avec la plus vive curiosité des expertsqui, comme dansle procès deBruxelles, viendront sérieusement raconter des histoires à dormir couché, sur la manière dont un individu place ses mains après qu'il s'est

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mpre ptr ces simples mots > i lie i onsultation non gratuit* . \|. ssi< m it toujoui

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• ■ m vous ava ou si voua n'ava pta de m menu ooovulsifB, mm Ii - jurée le verront bien.

I accusé n a i iv cette proposition qui eût

obablemenl maJ accueillie, el r expertise continuera pour les masses, iétn une religion. Hâtons-nous d'ajout*

us mit beaucoup perdu * t* - leur import moe prirail i en |uger par l'extrême facilité avec laquelle la jeune prin ,i- a abandonné i«- culte de - - pères pour se j- ter dans .(lue des que le fils (!•• l'empereur de Russie lui a : main, n l'un de nous, pour avoir cinq ad--- n sentes au ('.\ui' mdition di

tan, il j aurait de hauts cris dans tous i les boulevards.

On pourri m'objecter que la jeune Dagmar n'avoir qu'une Bile et fappi ' i' - de la cruauté) avait été illuminée d'une

(tarif subite, et qu'elle aval compris qu'elle ne pourrait jamais n salul que dans la relij me, mais on me permet-

tra df faire pie s'apercevoii qu'on s'est trompé de reli-

gion au moment prédsoa l'on a besoin d'en prendre une autre, e est la nue coïncidence a laquelle une i lonté

n'est i S i>- n'avait pu du épouser le ti •

rempereur de Russie, M Dagmai elle aperçue qu*ell<

était née pour mourir dans l'église grecque! Je me If demande.

venl se dire mmiL-nant au

moment

— il parait que la religion -if notre pays ne raul pas grand puisque la Bile <!<• notre monarque l'a lâchée p un beau :

Les mœurs de notre pays sont heureusement plus libérales, et Auguste Vacquerie n'a eu besoin d'aucune abjuration, même artistique, pour faire recevoir et jouer au Théâtre-Français la grande comédie en quatre actes qu'il a intitulée : le Fils. Les salles de spectacle, comme me le faisait observer à la première mon spirituel confrère Auguste Villemot, sont devenues de véritables ménageries. Au moment où le dompteur, c'est-àdire où l'auteur s'y attend le moins, la lionne vous saute à la gorge, la panthère bondit, le chacal hurle, et si le belluaire ne trouve pas moyen de faire tout rentrer dans l'ordre à coups de baguettes rougies au feu, il est étranglé en un tour de griffe. Il y a eu certainement succès pour la pièce d'Auguste Vacquerie, dont les trois premiers actes notamment, contiennent des beautés de premier ordre, mais il y a eu lutte. Il m'a même paru évident qu'un noyau de cabale, composé au plus de cinq ou six malintentionnés, s'était réuni pour faire payer cher à l'auteur sa victoire. J'ai été très-surpris, je l'avoue, en voyant ces projets d'hostilité essayer de se traduire par des manifestations qui toutes ont d'ailleurs avorté. S'il est un écrivain dont le travail et le talent soient respectables, c'est certainement M. Vacquerie, qui est arrivé au succès sans concession et sans faiblesse.

A moins qu'il n'y eût encore dans la salle des Français quelques-uns des arriérés de 1834, je cherche vainement de quelle classe ou même de quelle coterie, si minime qu'elle puisse être, de la population parisienne M. Vacquerie a pu démériter.

Est-ce parce qu'il appartient à un monde anti-officiel ?

Est-ce que parce que n'ayant pas été décoré le 15 août dernier, il ne le sera pas non plus le 1er janvier prochain ?

Est-ce parce qu'il ne fait pas de pièces à femmes, et qu'il met dans ses ouvrages autre chose que des faux mollets?

Est-ce parce qu'il est l'ami et l'admirateur passionné de Victor Hugo? Franchement je connais des gens qui placent leurs passions plus mal. Il serait assez singulier que, parce qu'un

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