I. v i.r. \ \M. |:iHI I Ml
homme s'est tni \'<tltti ergo <lu plus grand poêle que la Franc .ut encore produit, la foule lad sui mauvais gré de ce choix b intelligent el si honorable.
Quant à moi, je ne cherche pasà m'en défendre, j'ai une 1restrieuse el très-sincère sympathie pour les bommes comoft
M. Vacqoerie, qui ont, en si petit n bre, su résister au cou-
imiii tifs turpitudes, or. l'honneur chez l'homme tait l'honnêteté (luis 1rs écrits. Mirabeau, même pour ôvre, n'aurait pas écrit des petits romans obscènes s'il n'eût pas été capable de trahir ses opinions au profil de ceux qui payaient ses dettes, Le Fih qui est une pièce pleine de talent est en même tempe dm oeuvres pleine de loyauté. Peut-être faut-il chercher là le motil des quatre on cinq démonstrations hostiles qui, <lu reste, n'arrêteront pas pins Le Ftfa dans sa carrière qu'elles ne l'ont arrêté dans son succès.
9 novembre 1866,
Voulez-vous un conseil d'ami? Ne vous faites pas tuer d'un coup de fleuret, la nuit, sous les réverbères de la porte Maillot. Voyez ce malheureux M. Séguin, il n'y a pas d'anecdotes désobligeantes qu'on ne fasse courir sur son compte. La querelle est venue à la suite d'un dîner où le jeune Séguin avait exagéré les libations, ce qui, du reste, ajoute-t-on, lui arrivait plus souvent qu'à son tour.
D'ailleurs M. Séguin avait le caractère très-irritable, et tombait sur les gens pour un oui, pour un non. Ce qui se résume à ceci : non-seulement M. Séguin était insupportable, mais il se grisait volontiers.
Voilà pour celui qui a reçu le coup de fleuret; quant à celui qui l'a donné, personne n'en parle, sous prétexte que la justice informe. Un étranger qui ne connaîtrait cette affaire que par les journaux, pourrait parfaitement croire que c'est M. Séguin qui va passer en cour d'assises pour coups et blessures ayant occasionné la mort. Ainsi l'Opinion nationale d'hier cite les réllexions suivantes d'après le Journal de Bordeaux :
« M. Séguin était le fils d'un riche banquier de Saint-Péters-
I V CI \\lii i.din. \||
boarj on i le lemp Iramenl nerveux en Russie. L hibitude de frapper les inférieurs rend 1.1 m. un leste. Cependant, w -
h riait pas nichant, mais il . t.nl du moins Iits-mI. Il
cependant des amis. On passe bieu des défauts a ceux qui oui bon cœur, fi le pauvre n, > '-11111 avait bon cœu
Viiisi, il n'\ a pas a s j tromper. Séguin a été Ulé ^oils lin
réverbère entre minuit et minuit et quart : mais il ne tant pas trop im fii vouloir pour ce lait dans lequel son cœur n entrait pour rien. <>n noua assure que, s'il a été Inversé de part eu part, ce n'est pas par méchanceté, «-i on nous lait pressentir que, quand l'affaire viendra devant le tribunal, Séguin pourrait bien avoir quelque chance d'être acquitté a la minorité de
laveur.
Cette façon d'être tué en duel^veoàroonstance$atténuante*
est pleine d'enseignements ; elle prouve que celui qm a dil pour la première fois : « Il n6 tant pas plaindre C6UI qui |*| n
vont, mais ceux qui rest.Mit, » était un profond philosophe. On ne risque rien, en effet, a apprécier sévèrement la conduite du mort, qui ne réclamera pas. Je. Buis même tellement d'avis que
nous avuiis tout intérêt a ménager les vivants, que j'userai faire une proposition : c'est d'aller demander au conservateur du ci-
iii.diere.Montniartreiaperiiiissi.il, de laisser sortir Séguin et de forcer celui-ci, tout défunt qu'il est, a adresser des excuses
a son adversaire dont j'ai même oublié le nom. tant il eu a été peu question jusqu'ici.
on m'objectera que si on s'abstient d'en parler dans les journaux, c'est parce que la justice informe : mais il me semble que si elle informe pour le vivant, elle informe ég dément pour le mort.
u y a heureusement dans les appréciations jaques
une façon (!-■ ne choquer personne. Elle consiste a - A rier, en
un article : Les mûris vu'it vile' Nul m- sait au juste I e
que signifie ce vers d'une ballade allemande que personne n'a lue; mais je no connais rien de précieux pour tout conciliei
comme : Les morts vont vite. Ce qui va également vite, il parait, ce sont les déconfitures financières. Il est même question d'interdire désormais l'entrée de la Bourse aux spéculateurs qui n'auront pas payé leurs différences. C'est à peu près comme si les directeurs de théâtre se réunissaient pour décider qu'à l'avenir aucune actrice ne pourrait débuter chez eux sans avoir produit au préalable un certificat d'innocenee. C'est-à-dire que la Bourse serait bien peu peuplée et que les directeurs en seraient bientôt réduits à faire jouer la comédie par les femmes de leurs machinistes.
Les différences de Bourse sont réputées dettes d'honneur, en ce sens que le créancier n'a d'autre garantie, pour être payé, que l'honorabilité du débiteur. Mais si l'honneur est une île escarpée et sans bords, où l'on a toutes les peines du monde à rentrer, l'argent est une autre île non moins escarpée et manquant également de bords, car il est à peu près aussi difficile de rentrer dans son argent une fois qu'on l'a perdu.
Tant qu'a duré le prestige de cette locution, « dette d'honneur, » je comprends qu'on l'ait maintenue, mais il faut croire qu'elle n'a plus grande influence à la Bourse, puisqu'on parle d'en interdire l'entrée à ceux qui n'ont pas payé leurs différences. Il est donc grand temps, eu égard à l'élasticité prodigieuse qu'ont acquise les consciences dans ces dernières années, de déclarer que toutes les dettes se ressemblent, et qu'on est tout aussi déshonoré pour ne pas payer son tailleur au jour convenu que pour négliger de régler une dette de jeu le lendemain avant midi.
Nous avons du reste une façon de comprendre le payement qui étonnerait fort un anthropophage de la Nouvelle-Calédonie. Je suppose que vous deviez quinze cents francs à votre chemisier pour une fourniture de faux cols et de gilets de flanelle, que cet industriel vous a livrée après un travail de trois mois. Vous ne vous faites aucun scrupule de laisser passer un ou deux ans avant de vous donner seulement la peine de songer
I v GRANDI BOHÊME m
dm votre chemisier existe. Voua roos -mi./ b d devons loeces quinze cents francs gagnés à la sueur de ses doigts, resl .m résumé son pain el celui de ses entants ei qu'en oul.iiam de I payer vous te poosseï moralemeni par les épaules uns cet anime suis fond el souvent sans concordai qu'on appelle la faillite.
,:i1 l,1,'": M"'«" jour, par an de ces hasards .m milieu desnnels la destinée humaine semble se jouer, vous vous trouviez dans une partie de baccarat en lace de votre fournisseur el que be dernier, veinard comme tousses chemisiers, vous gagne deux mille francs sur parole. Je vous connais .- après une nuil papillonnante el fiévreuse, vous vous lèvera au petit jour afin palier chercher par la ville la somme que nos usages vous obligent à rendre avant que le canon du Palais-Royal ail appelé tes fidèles à la prière.
Et, observation encore plus concluante, l'argenl que vous auiv/ ainsi emprunté pour acquitter une dette d'honneur, vous vousemiivz parfaitement en droit de prendre tout votre temps pur le rendre a ceux qui vous auront aidé a sauver votre réputation. De sorte que, pour payer une dette d'honneur, vous frites une autre dette qui, elle, n'esl pasd'honnenr. Inutile d'insister sur le eut,- ronchon de ce! engrenage social. ^ Pour en revenir;, |;, mesure interdisant aux mauvais payeurs l'entre,- de la Bourse, je doute qu'elle soi! jamais appliqu néme apphcaWe. Il est dans la nature de l'homme de courir son argent, De même que souvent un gandin ne paie un bracelet à une femme que pour l'empêcher d'aller étaler au bras d'un rival le collier qu'il Im avait donne précédemment,
et qu'une lois le bras ,„■,. dans la roue d'évolution, il arrive.
à coups d'émeraudes, de saphirs et de mobiliers m boisdesiles! à jouer, sur celle qu'il a choisie, une martingale d ws laquelle il finit, bien entendu, par sauter. Ainsi. |, monsieur a qui .1 est d.. deux cent nulle francs .. la Bourse, aime infiniraenï mieux aider celui qui les lui doit à se remettre en utile
m LA GRANDE BOHÊME
le voir disparaître tout à coup emportant avec lui tout espoir de payement.
Comme il est des gens qui vivent sur leur réputation, il en esl qui vivent sur leurs dettes. Tout leur secret consiste à obliger insensiblement leurs créanciers à risquer cent mille francs pour en rattraper cinquante mille qu'ils ne rattrapent pas. D'ailleurs l'homme le plus sceptique aime à se repaître d'illusions, et quand il ne peut pas contempler son argent, c'est encore une consolation pour lui de contempler de temps en temps son débiteur.
u non
In iininiii.' d'église américain rient de soulever l'indignation hb m. m.ics .•!) publiant à des milliers d'iiempltii
Mrmon odieui qu'il i pr moé sur lee malheureux nani
de \ t:i'<'nmij Star. On s'étonne ement qu'on ait pu,
sans casser les banquettes, lui laisser dire qne II mon
cents passagers, don! cent cinquante comédiene el comédiennes, t-tait II juste rémunération des i»';'ii<^ qui »e< ommettt-nt dans II niasse des irtistes dramatiques, el <iu-' Il P iTtil manifestement montré son doigt en purgeant de i Lree perren la surface du globe 'iui. de tempe en tempe . , u de dm
rend presbytérien, <im répond :|" nom de Sorrth, est évidemment le roi des polissons liais il faul bien reconnaître qne tout méprisable qu'il i * ma Mrmon est plein de lof ïet, étant su collège, o'ai-je pas été forcé d'a| ,nv que Sodome «-t Gomorrhe oui été engloulk soupers scandaleux et des bail arnaqués usâmes pur les us bibliques i • riture, unis.
qu'à cause des tableaux égrillards vendus par les Courbet d'alors aux Kalil-Bey du moment.
— Puisque vous admettez très-bien, pourrait nous répondre l'Américain Smyth, que Sodome et Gomorrhe ont été détruites en expiation de leurs péchés et que les Amalécites ont été ex terminés pour les mêmes motifs, pourquoi m'empêchez-vous de soutenir aujourd'hui que les passagers de YEvening Star se trouvaient dans la même situation? Si vous acceptez ce qu'on vous dit à propos des pécheurs d'autrefois, pourquoi vous révoltez-vous, quand j'applique le même raisonnement aux pécheurs d'aujourd'hui?
Ce qui tout en étant plus humain est infiniment moins logique, c'est ce qu'a fait M. Dupanloup en France après les inondations. Il a bien déclaré que tous les maux qui ont fait cette année de la surface terrestre un vaste hôpital, étaient le résultat de notre impiété, de notre inconduite et des biftecks que nous mangions le vendredi ; mais en même temps il a recueilli dans son palais épiscopal les plus éprouvés parmi les inondés de son diocèse. Il les a nourris, logés et séchés avec le plus grand dévouement, jusqu'à ce que ces malheureux aient pu regagner à pied leurs domiciles qu'ils avaient quittés en bateau. Je me reprocherais de chercher à M. Dupanloup pour cette belle conduite, que j'apprécie autant que personne, une querelle dans laquelle j'aurais évidemment le dessous. Mais enfin, tout homme, fût-il évêque, est tenu d'être conséquent avec luimême. Au lieu de contrarier Dieu dans ses desseins en hébergeant ainsi les inondés, le devoir de M. Dupanloup était de leur vider sa fontaine sur la tête, de les submerger sous l'eau de tous ses lavabos et de toutes ses carafes, en leur disant :
— Je remplis mon mandat, en aidant, dans la mesure de mes forces, la Providence à vous punir, et si j'éprouve un regret, c'est que le porteur d'eau ne soit pas venu ce matin m 'apporter de quoi rendre mon concours plus efficace.
Il n'y a de bonnes théories que celles qu'on peut mettre en
I \ i.lt \ \hi BONI ME
pratique. Le i tnatique améi i< un i essayé d'appliquer !;i sienne •mi anathématisani h's infortunée de I Evening Star, et il i levé il réprobation universelle, M. Dopanîoup qui, dans ii Question des inondés, s'est montré bien autremenl charitable, I été aossj beaucoup moins concluant. Que diriez-vous d'un hère qui, tout en conseillant .1 son fils de ne pas se coucher tard, lui donnerait de l'argent pour aller au bal de rOpéral
discussions, d'ailleurs si inutiles, prouvent simplemeni ne chacun ;i ici bas sa laçon de comprendre la Providence. Aiiim le rédacteur de la Gasette de Moscou n*a certainement pas fin offenser Dieu en imprimant cette phrase qui est l'épilepsie de la platitude.
« Le car 1 daigné consentir à s'agenouiller. »
ournaliste convaincu, qui .1 comme style enthousiaste uin- supériorité marquée sur les plus forts des nôtres, aurait m se hure à part lui cette réflexion : que si le car da guelquefois consentir s s'agenouiller, il daignait également Consentir tous les soirs a se mettre à table, et que sll lui prenait fantaisie de ne plus daigner consentir à prendre
1 obligé dédaigner consentir 1 mourir de faim. Cette simple observation eût sans doute beaucoup refroidi l'écrivain moscovite; mais le raisonnement est une faculté qui n'appartient malheureusement pas ,1 tous les cerveaux, et le mieux pour le public est encore de prendre s-là s,, us leur
ii. en déclarant que l'homme de New-York et oehu de M on sont tout simplement deux imbéciles.
Aujourd'hui que les têtes de -MM. les décapités font quvii.-s resteront chei eUes le lundi, afin de Cure an boni de conversation avec leurs visiteurs, peut-être nous diront-elles un jour ce qu'il va de \ i ai dans les façons d'interpréter les inondations et les naufrages; mais jusqu'ici le résultat le plus clan- lie ces phénomènes de la fiunille des Davenport, qu'une tête de cheval, rendue a b boucherie hippophagique, ayant déclaré par la bouche de la cuisinière qu'elle appartenait
h un coursier mort de maladie, le marchand a été condamné à l'amende et à la prison pour débit de viande corrompue. Il a été décidé, en outre, que la tête de cheval ne serait plus vendue dans aucun kiosque, et même qu'elle cesserait de paraître.
Ainsi les boucheries destinées à propager les bouillons de cheval sont à peine installées et ceux qui les tiennent songent déjà à blouser le public. Je ne veux pas récriminer contre l'ostracisme moral dont les journalistes sont généralement l'objet; mais il faut bien reconnaître que la plupart des petits commerçants sont encore moins scrupuleux que nous. Les objets de consommation, notamment, ont subi des falsifications chimiques et alchimiques telles sous les doigts des Nicolas Flamel qui essaient défaire de l'or avec du fromage d'Italie, qu'un laitier pour rassurer le public sur ses manipulations s'engage dans un prospectus que j'ai lu, à envoyer tous les matins des boîtes cachetées et scellées du sceau même du maire de son village, lesquelles boîtes contiennent une denrée absolument inconnue à Paris, c'est-à-dire du lait pur et n'ayant jamais été victime de la moindre inondation.
Cette idée de donner à une tasse de lait un certificat de bonne vie et mœurs légalisé par le maire, me paraît appelée à un grand avenir. Les marchands, en effet, ont abusé à un tel point des flibusteries de toutes sortes, que le plus fin de tous serait aujourd'hui celui qui se résignerait à rester honnête. Que ceux à qui je donne ce conseil essaient de le suivre, non par principe, mais par calcul, je leur jure qu'ils regretteront de ne pas y avoir pensé plus tôt.
Remarquez que jamais les ventes à faux poids n'ont empêché les faillites, mais quand un homme ne réussit pas dans la vie, il pense à tout pour se tirer d'affaire, excepté à la seule chose qui l'en tirerait, c'est-à-dire à faire honnêtement son métier. Je prends l'individu doué des plus affreux instincts, s'il entend intelligemment ses intérêts, il se conduira comme un prix Montyon. Nous avons assisté, dans ces dernières années, au
LA GRANDI BOHÊMI
spectacle affligeant de lanl de jongleries, de mensonges, de sauts de carpe et de tours de bâton que la réaction s'est laite eu laveur de ceux qui dédaignent, par caractère ou par raisonnem.'iii. ces moyens autrefois faciles de parvenir, n \ a actuelfemenl trop de concurrence dans le camp de la malhonnêteté, celui qui veut percer ou (aire fortune a tout avantage a rester dans l'autre.
Ceux que leurs goûts naturels entraînent vers les vilaines ketions, pourront certainement me répondre que si tout le
monde se conduisail honorable ut, l'encombremenl serait
Egalement funeste, eu ce sens qu'il deviendrait extrêmement difficile île m- distinguer. t'.esi parfaitement juste; mais comme il est probable que fit'' conversion générale n'aura pas lieu de si lui, profitez tlu moment. Un honnête homme au milieu d'une surine vicieuse est encore plus fort qu'un coquin au milieu des honnêtes gens.
Mil
23 novembre 1866.
Bien que l'impératrice de Russie soit attendue à Nice, ne croyez pas que mon départ pour cette ville fraîchement annexée ait un but politique. D'ailleurs, à en juger par les noces de là princesse Dagmar et du grand-duc héritier où cinq mille personnes ont été admises au baise main — les Russes, n'y vont pas de main morte — j'aurais peur, si la cérémonie recommençait ici, d'avoir le numéro 4,527 et je ne me sens pas d'une courtisaneiïe assez carabinée pour attendre mon tour.
La vérité est que, quoique l'intérêt que je porte à mon pays soit mêlé d'un mépris qui augmente tous les jours, j'ai rougi de ne connaître du Midi que ce que m'en ont appris les aiguilles de ma pendule et d'être obligé de. demander aux Anglais, (/mime pour la dernière pluie d'étoiles filantes, des détails sur la topographie de ma patrie.
Mon ami Siraudin, le plus gai et le plus précieux des compagnons de voyage, ne demandait qu'à partir. Je lui jetai un de ces regards qui veulent dire :
- Filons !
Et le soir même les locomotives de la gare de Lyon nous
i x ..h \ s l'i. bon i k . ii.iii.ntiii pur des sifflets qui, du reste, n'avaient rien
(I lllislllc.
I que j '.h !<• plus remarqué connue mil de mœurs «iai^ nui.' ei imusante ville <im porte le nom de Marseille, et donl voua avei peut-être entendu parier, c'est la prétention qu'affichent les habitants <!•■ , une contrée exception-
nellement aimée des dieux. Ainsi, nous .i\<>ns débarqué dans i ancienne Phoi ée, an milieu il un froid de loup, et le premiei cocher à qui noua noua sommes plaints d'avoir fait seize heures de chemin de 1er pour grelotter comme à Paria, noua i répondu :
— (Hi ! « e n'eal paa «lu froid, c est un peu de mistral !
D'un autre côté, le garçon de notre hôtel voulait absolument laiaser toute grande ouverte la fenêtre de ma chambi comme je me suis hâté de lui demander du feu, il s'est écrié avec conviction :
— Ah I je devine, monsieur revient du Liban I
.l'ai vu que je n'arriverais jamais ;i me réchauffer si je ne Battais paa sa manie. le l'ai laissé dans cette idée et j'ai eu, comme maronite, un feu que je n'aurais jamais obtenu comme Parisien.
Cette obstination à refuser d'admettre qu'il puisse faire froid chei eux, m'a da reste paru spéciale, aux peuples <lu Midi. A Nice, par exemple, un <-st mal vu quand on met un paletot. Les aabergistes prennent, en trous voyant passer, des attitudes ([m donnent a supposer qu'ils regardent 1 1 - précautions hypet nues comme des inanités personnelles. .1-- ne demandais qu'à être agréable aux Niçois, je n'ai cependant paa cra devoir, uniquement pour leur plaire, me promener <'ii manct chemise par la ville.
En côtoyant la mer pai cette roule appelée la Corniche et chantée par tous les touristes qui ont de la voix, noua avoua remarqué plusieurs petites Iles donl la plus peuplée était luinenl déserte. J'ai eu un instant l'idée de m'en offrir une.
A. un sou Je mètre, j'avais, pour une cinquantaine de francs, une ile très-présentable. Je recommande ce genre de distraction aux jeunes gens blasés qui ont usé de tout. Au lieu de se ruiner en bracelets que leurs maîtresses revendent a soixantequinze pour cent de perte, ils auraient tout intérêt à écrire à ces femmes folles de leur cœur :
« Ma biche bien-aimée,
« Je ne t'ai pas acheté le cachemire quatre doubles que tu « m'as demandé. J'ai mieux aimé le remplacer par une petite « île dans les environs du golfe Juan. J'ai cru prudent pour le « jour où tu seras sur la paille de réserver ce petit Sainte- « Hélène a ta grandeur déchue.
« Ton Alfred. »
Quant à moi, je n'aurais pas été fâché de goûter dans mon ile de quinze cents mètres carrés les douceurs de la souveraineté absolue. J'avais rêvé d'y prendre le titre de roi héréditaire, et je me serais amusé à y parodier tout ce qui se fait en Europe.
Je me serais livré en outre à toutes les fantaisies des satrapes des temps anciens, afin de dégoûter de moi mes sujets qui, après m' avoir mis à la porte, auraient vécu heureux jusqu'à un âge très-avancé. Mais toutes ces combinaisons auraient bien dérangé ma vie. Quand on habite une ile de la Méditerranée, rien n'est difficile comme d'aller aux premières représentations du Gymnase, surtout si l'on tient absolument à rentrer le même soir chez soi.
Toutes les descriptions qu'on m'avait faites du ciel et de la situation géographique de Monaco est au-dessous de la réalité, comme le café des Aveugles est au-dessous du théâtre des Italiens, le jour où la Patti chante. Ce pays enchanteur est la Normandie des oranges. On les ramasse sur les routes comme
LA GRANDI BOHÊMl
I- - pommes a cidre sur le chemin de Cabourg. La ville i sur un promontoire ligure de loin mie de ces Iles Douantes qM
- avons tous mes dans les illustrations d< Gnll rîUesoni leur tempérament comme les individu*
Londres est ta ville de l'activité, et Mon i elle de II
i Méditerranée, qui rienl caresser les pieds de II maison oo j'écris bourgeoisement mon article, i Pair de dm dire ;
— Ah ça ! espèce d'idiot, est-ce que ta t'im ireid
pour travailler? Pais-moi le plaisir de laisser là ta plume, ei e pas donner aux habitants le détestable exemple d'un homme qui gagne son pain a la sueur de son Iront.
( in a beaucoup épilogue forces de terre «-t de mer d»-
la principauté de Monaco, flous avons •>pas a le dire, avec ane légèreté qui rendrait des notais ;i cette du bouchon. Quand nous voyons cenl mille soldats s'évettrei mutuellement a coups de baïonnettes puni- des motifs à eux inconnus, nous frissonnons d'horreur. Quand, au contraire, nous issistons au spectacle do bonheur suis mélange d'un petit peuple qui if;i m soldats, m canons à percussion, pj fusils a
oie, au lieu d'aller présenter à son souverain l*honun de notre admiration, nous rions comme de petites folles à l'idée qu'une nation peut vivre sans cavalcades el sans revues, nous lançons naïvement contre les Monagasques, qui sont les jdiis heureux des Européens, les dards de nos plaisanta
Les quatre hommes et le caporal de l'excellent prince ù\ M qui ont été si souvent pris ;i partie par les rieurs :
iiïvni un exemple que personne ne penserait à étudier, •■I les loustics seront probablement bien surpris le jour oii '
onnaitra q sentent véritablemenl
ii \.r.i • et la civilisation.
Tel est le charme étrange du ciel et de la pbaj aaco
que la maison de jeu, toute puissante en Allemagne, n'a pins
ici qu'un attrait secondaire. Combiner un coup de trente et quarante est déjà une fatigue qui jure avec la douceur pénétrante du climat. Si un garçon de la banque prenait la peine d'apporter la roulette chez mo. peut-être lui dirais-je deux mots, mais quoique le Kursaal sok aux portes de la ville, il est encore trop loin pour que je me dérange à son intention. D'ailleurs, ma principale occupation consiste ici à manger et à dormir. Les poètes prétendent que le pain de l'étranger est amer. Je suis à l'étranger et j'y trouve le pain excellent. Il y a aussi un petit blanc d'Asti qui a bien sa valeur personnelle. Seulement, celui qui a commencé à en boire à son repas, doit éviter de passer à un autre, s'il ne veut pas que son cerveau se livre à d'étranges culbutes. En général, du reste, il ne faut jamais changer de vin, parce qu'on y attrape des maux de tête; mais on peut changer d'opinion, parce que ça rapporte de l'argent.
Monaco, -2<< DOTeml
\ssjs sous un palmier, cet arbre étrange qui commence par un ananas el qui finit par un artichaut, ]•• plains sans les blâmer les gens qui allument du feu, sous prétexte que mais irisons le l"r décembre. Vu moment où je prends la plume, une guêpe que je ne connais pas "t dont je n'ai dit de mal dans aucun journal me pique violemment au poignet. J'essaye de faire comprendre a cet u secte .nie. comme la plupart des insectes, «pie la saison des piqûres est passée, et qu'eu venant, le 26 novembre, risquer ces mauvaises plaisanteries, elle donne
l*idée d'un monsieur qui attendrait le mois de janvier pour étrenner un pantalon blanc.
Je crois remarquer que la juièpe hausse u-s épaules avec un
dédain qui, .pour tout homme qui comprend h- langagi guêpes, signifie ceci :
— Est-ce que tu te .rois encore ;i Paris .' Son^c dune, être ignorant et septentrional, que ta es à Monaco, c'est-à-dire dans un pays «>ii 1rs oranges poussent sur des orangers au heu de pousser, comme chez toi, dans !«• passage Ghoiseul.
Il est certain que si Alexandre humas a découvert la Méditerranée, l'adorable ville de Monaco attend encore son véritable Christophe Colomb. Les chen^urc d'affaires qui spéculent sur