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onze jours après son retour, et comme si , sa tâche se trouvant entièrement remplie , il ne lui restait plus rien à faire ici-bas , Dieu avait donné à dom Moissonnier un asile à l'abri de tous les orages en l'appelant à lui.
Une nouvelle communauté se forma donc des débris des anciennes. Quant à la restauration des bâtiments, elle ne put être que longue et dispendieuse. Les chartreux, après une absence de près de vingtquatre ans , retrouvaient partout dans le monastère les traces de la dévastation et de la profanation. Les portes et les fenêtres brisées et sans ferrures , les cellules et les toits délabrés , l'église et les chapelles dépouillées , la bibliothèque enlevée , que de désastres à réparer ! L'attention des religieux se porta d'abord sur ce qui concernait le culte divin ; ils remédièrent ensuite peu à peu aux besoins les plus urgents de leur existence monastique , et le couvent a été insensiblement rétabli dans l'état où nous le voyons aujourd'hui, et que nous allons faire connaître en gardant le même ordre que l'on suit ordinairement en faisant voir la maison aux étrangers.
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§ II. — Description du Monastère.
Le monastère^ rebâti en grande partie, conune nous l'avons dit, à la fin du dix-septième siècle, est dans un style d'architecture simple et sévère. Les combles sont couverts partie en ardoises, partie en tuiles, et partie en bardeaux; et leur réunion, entremêlée de plusieurs clochers, donne l'idée d'un lieu peuplé de nombreux habitants. Or cette vaste étendue de bâtiments est nécessitée par l'espace qu'occupent tous ces petits ermitages séparés, dont chacun forme une cellule. D'un belvédère , ou petit pavillon , placé en face du couvent sur le penchant de la montagne opposée, au bout d'une promenade très-£^éable pratiquée sous l'ombrage des sapins et des hêtres, on peut assez bien juger de l'ensemble de la maison. De cet endroit on aperçoit la cour d'entrée, les grands avant-corps de logis qui sont destinés à loger les étrangers , les ailes séparées qui renferment les cellules des officiers (1) de la Maison, et
(1) On appelle ainsi les religieux chargés d'emplois, ou^ pour se servir du terme propre , d'obédiences particulières , tels que le pro-
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enfin Thabitation du Révérend Père. Quant au grand clottre des religieux, construit au pied de la montagne qui est vis-à-vis, on n'en aperçoit qu'une partie.
Sur la même ligne que l'entrée principale se trouvent deux pavillons, dont l'un est destiné à loger les guides des voyageurs, et l'autre contient la pharmacie, où se confectionnent cet élixir qui jouit d'une réputation non moins ancienne que bien méritée, et cette autre liqueur qui est aujourd'hui si connue sous le nom de Liqueur de Chartreuse,
Dans la cour sont deux bassins circulaires, d'une forme assez élégante , dont la destination principale est de fournir de l'eau en cas d'incentBe. U en est de même des autres bassins et petits réservoirs qui se trouvent dans l'intérieur de la maison.
Au moment de franchir le seuil de la porte par laquelle on pénètre dans l'intérieur des corridors du monastère , il faut jeter un regard derrière soi , et on verra au-dessus des murs d'enceinte la portion la
eureur, on économe, son coadjuteur (c^est Phôtelier), le confesseur des étrangers, et le scribe^ ou secrétaire du Révérend Père. Le titre de Révérend Père est celui qu'on donne au supérieur général. On ne le désigne même pas autrement dans Tintérieur de la Maison. Voir ci-après, cbap. iv.
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plus élevée de Famphithéâtre des montagnes d'alentour , avec leur magnifique revêtement de forêts , comme dit M. de Chateaubriand dans son Itinéraire de Paris à Jérusalem. On se croirait au plus épais de ces grands bois^ dont on ne voit pas les limites.
En poursuivant votre marche, vous entrez dans un corridor large et spacieux, de 581 pieds de long. Là viennent aboutir les voies de communication avec les autres parties du monastère. Ce sont d'abord, à droite et à gauche, les avenues des quatre grands corps-de-bâtiments où logeaient autrefois les prieurs qui venaient au chapitre général, et qui sont réservés aujourd'hui pour les étrangers. Un peu plus loin, d'un côté se trouvent les cellules des officiers de la maison , et de l'autre , la chapelle dite de famille , l'église , le réfectoire , la cuisine et la dépense.
La chapelle de famille est ainsi nommée dans le sens latin ou italien attaché au mot familia, parce que c'est là que se réunissent les frères , les ouvriers et autres personnes employées pour le service du monastère , afin d'y remplir les devoirs de la religion. Quant aux instructions chrétiennes que des religieux sont chargés de leur adresser les dimanches et les fêtes , ils les reçoivent dans une autre chapelle.
L'église, dont la première construction remonte