CHAPITRE n. 8i
au XT^ siècle, est dans de bonnes proportions. Ce-* pendant elle n'a rien de bien remarquable , ni dans son architecture, ni dans ses ornements, si toutefois l'on excepte la boiserie du sanctuaire, qui est la seule chose qu'on y ait laissée lorsqu'en 1807 le mattre-autel en marbre blanc et les stalles du dborar fiirent transportés à Grenoble , où on les voit encore à la cathédrale et à la chapelle du grand^sémi-naire. C'est aux libéralités de quelques personnes généreuses qu'elle doit son mattre-autel actuel avec ses accompagnements, les deux lampes ai^entées suspendues l'une dans le sanctuaire, l'autre dans le diœnr, la principale cloche du monastère, qui est du poids de 1500 livres, et enfin les nouvelles stalles, qui du reste sont loin de faire oublier les anciennes (1). Quant au groupe représentant la Vierge aux sept douleurs et qui surmonte la cloison servant de séparation entre le chœur des frères et celui des religieux, c'est un don de Sa Majesté.
En sortant de la tribune de l'église , on entre dans la galerie des cartes, placée au-dessus du grand corridor d'entrée, et qui est ainsi nommée parce qu'elle contient un grand nombre de plans ou vues géné-
(1) On s'occupe maintenant à en faire de plus convenables.
82 LA GIUIIDE-GHARTKEUSE.
raies des maisons de Tordre , dont il est assez inutile de dire que presque tous n'ont plus aujourd'hui qu'un intérêt purement historique.
On passe de là dans la salle du chapitre général, laquelle peut être regardée comme un des principaux ornements de la Maison mère» Les yeux se portent d'abord sur une statue de plâtre de S. Bruno, donnée par M. Foyatier, de Lyon, dont elle est l'ouvrage. Cette statue, qui est de sept pieds de haut, domine le siège destiné au Supérieur-Général pendant les séances des assemblées capitulaires. Les portraits des cinquante premiers Généraux de l'ordre sont rangés autour du plafond. Un médaillon, placé au-dessus de chacun, indique leur nom et l'année de. leur mort. Enfin une assez belle collection de .tableaux, copie intelligente et remarquable du clùttre peint par Le Sueur, copie retouchée, dit-on, par lui-même, forme la principale décoration de cette pièce digne d'attention. Ces tableaux, au nombre de vingt-deux, représentent les circonstances les plus mémorables de la vie de S. Bruno, non d'après l'histoire, qui, dans sa nudité, a le défaut d'être souvent prosaïque, mais d'après la légende, dont le caractère, ordinairement poétique et merveilleux, convient mieux aux