CHAPITRE V
Exact à bbéir au premier son de la cloche , il quitte tout pour se rendre de suite où elle Tappelle.
Un homtne de ce caractère s'acquitte de tout ce qui r^arde le service de Dieu, avec une vigilance» un zèle et une ferveur dignes du maître quMl sert. U ne paraît jamais devant lui , dans le temps de l'office divin, sans rappeler sa foi et sa religion. Unissant dans la psalmodie sa faible voix à celle des Séraphins et de ces vingt-quatre vieillards prosternés deyant le trône de l'Agneau, il chante les cantiques sacrés avec Une attention et une piété qui répondent à la sainteté de cet exercice.
Pénétré de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'auguste sacrement de nos autels, il assiste à la célébration des redoutables mystères avec une foi vive et vm profond anéantissement de lui-même ; et comme il sait qu'on ne peut jamais se présenter avec des dispositions trop parfaites pour les ofTrir ou pour y participer, il a soin de purifier souvent sa conscience par une confession humble, exacte et sincère.
Non content de prier avec ardeur pour les besoins
de l'Eglise , il étend encore sa charité sur tous
' les hommes , pour que Dieu les fesse parvenir à sa
connaissance , et les sanctifie selon Tordre de sa Pro-
134 LA GRANDE-CHARTHEDSE.
vidence et selon la mesure des grâces qui leur sont destinées...
Ayant renoncé à toutes les sciences profanes et qui ne servent qu'à orner l'esprit sans régler le cœur» il n'étudie point pour devenir plus savant, mais uniquement pour s'instruire plus à fond de sa religion et se mettre en état d'en mieux remplir les devoirs. Il s'applique principalement à l'étude de la science des Saints, qu'il puise dans les Ecritures et dans les livres ascétiques; en un mot il ne lit que ce qui traite des devoirs de son état, et ce qui est capable de l'édifier et de le porter à Dieu , et ne cherche d'autres avantages des lumières qu^l acquiert que ceux de connaître la vérité et d'apprendre à la suivre en tout...
Uniquement jaloux de la pureté de l'âme par laquelle seule il peut plaire à Dieu, il n'affecte point une propreté trop curieuse et trop recherchée , sans néanmoins négliger la bienséance extérieure autant que la simplicité de son état peut le permettre...
Ne mangeant que par nécessité, et jamais avec sensualité, il est toujours content de }a nourriture qu'on lui donne , ne se plaint point quand elle n'est pas à son goût, et n'en fait jamais la matière de ses entretiens...