CHAPITRE TI
fit entourer Tantique chapelle de saint Bruno , bâtie en ce lieu, d'une autre chapelle plus grande, ea 1640. L'autel de cette chapelle ruinée depuis peu de temps , lequel autel on croit avoir existé dès le commencement de l'Ordre , a été revêtu de bois peint et orné, en 1820, parla libéralité des princes, qui voulurent rétablir à leurs frais cette chapelle et celle de la Notre-Dame de Casalibus. > M. Dupré Deloire, auteur d'un voyage à la Grande- Chartreuse que nous avons consulté souvent et avec beaucoup de fruit, critique avec une juste sévérité la décoration intérieure de cette chapelle. « Quelques » ouvriers sans goût, dit-il, se sont chargés d'en
> barbouiller les murailles intérieures. Dans le fond
> ils ont peint à leur manière quelques arbres , mi* 1 sérable parodie du Désert qui vous entoure , dont
> ils n'ont pas vu les beautés : ils ont épuisé leur 9 triste palette jusque sur la statue du Saint, qui ne
> méritait pas cet outrage , etc. >
Des deux côtés latéraux de la chapelle , on a repré* sente les six compagnons de saint Bruno. Les connaisseurs y relèvent de grandes fautes de dessin; on admire néanmoins dans ces peintures à fresque l'illusion produite par la magie du clair-obscur , qui est telle qu'on est tenté de prendre ces portraits en
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pied pour des statues placée^ dans leurs niches. Enfin la voûte a été construite à plein dntre d'après le procédé de Philibert Delorme, et le lambris, q[in est de fort bon goût, attire surtout l'attention.
Les chartreux vont trois fois dans le cours de Tété chanter une messe à Notre-^Dame de CasalibuSj et une fois à la chapelle de saint Bruno dans Toctaye dé la fête de leur saint patriarche. Nous les ayons yus un jour, à travers les bois, monter en silence dans le sentie tournant qui conduit à la porte de ieette dernière chapelle. Cette longue file d'habits blancs pro* duisait un effet remarquable dans le paysage.
Derrière la chapelle de saint Bruno sont d'énormes quartiers de roc, détachés sans doute des sommités voisines. Presque tous sont surmontés de sapins, qui ont enfoncé leurs racines dans les couchés calcaires dont ils se composent. Des lichens, des fougères de diverses espèces tapissent leurs flancs. Tout semble annoncer dans ce lieu un de ces grands désastres tels que celui qui engloutit en Suisse le village de Goldaw, aux pieds du Rigghi : mais ce désastre remonterait à une époque bien plus reculée. C'est comme une espèce de chaos sur lequel la nature a jeté un manteau de verdure et de fleurs.
Maintenant que vouis avez visité le monastère et