‹ La grande duchesse. Comédie-vaudeville en un acteChapitre 7 sur 19 · SCÈNE \II · texte numérisé non relu

SCÈNE \II

LES MÊMES, PRESTOLETTO, GUILHERY.

PRESTOLETTO.

Gare que je passe. . . Le jeune Guilhery.

Tiens , c^est mon frère de lait.

GUILHERY.

Dieu! c'est y joli, c'est y beau ces Messieurs et ces Dames toutes dorées.

PRESTOLETTO.

Saluez Son Altesse , la grande duchesse de Toscane.

GUILHERY.

Eh ben ! ousqu'elle est, Son Altesse?

MATHÉUS

Approchez , jeune homme , c'est à moi de vous présenter. . . la voici, inclinez-vous.

' GUILHERY.

Quien! la grande Duchesse. . . c'est la petite Léopoldine. Bonjour , Madame 3 ma sœur , comment que çà va , à c' matin , voulez-vous permettre que je vous embrasse?

MATHÉUS

Silence, petit imprudent. , . parler ainsi à Son Altesse.

LÉOPOLDINE

De grâce, laissez-le dire. . . il ne peut encore avoir l'usage des Cours , et d'ailleurs sa naïveté m'amuse.

GUILHERT.

Ahl çà comment voulez-yous qu'on dise bonjour, vous autres ?

AIR : // était un petit homme.

GUILHERY.

Auprès d'un' grande dame , Il n'est donc plus permis D'être amis.

LÉOPOLDINE

L'usage le réclame , Et le respect aussi.

GUILHERY.

Quel ennui Le pouvoir ici Entraîne après liif.

LÉOPOLDINE

Mon petit Guilhery.

Ils sont enfui î, Les jours chéris Où nous étions petits.

Même air.

Le poids de ma couronne Me semble bien lesanl ,

Mon enfanl.

Jadis , à chaque automne , Quand tu me couronnais De bleuets , C'était moins joli, Mais moins lourd aussi.

Mon petit Guilhery.

Ils sont enfuis,

Les jours chéris

Où nous étion.s petits.

Allons, Guilhery, parle sans crainte... dis-nous comment se porte ma bonne mère nonrisse ?

GUILHERY.

Bien, Son Altesse. . . et vous ?. . . Elle m'a charge' de vous apporter c'te galette et ce joli pot de heure de Ficzole.

Hélas

LÉOPOLDINE

Oh! il n'en manque pas ici, mais n'importe donne,

Guilhery , j'accepte ton présent avec plaisir. . . M. de Gastelli , prévenez Messieurs les ofllciers de ma bouche , que je veux manger de ce heure à tous mes seconds déjeuners. il me rappellera les souvenirs de mon enfance... Ah! çà , mon cher précepteur , c'est donc là le moyen dont vous me parliez.

MATHÉUS

Nous allons causer de tout cela, si Votre Altesse veut bien que nous restions seuls. . . car je ne suis point chargé de l'instruction de tout le monde. . . je ne fais pas de cours publics. ( Elle fait signe de sortir. )

PRESTOLETTO.

Moi, je vais à San Marco, porter les secours de Son Altesse.

MATHÉUS ,[à Guilhery qui va pour s'éloigner.

Non , restez , jeune homme.

CHfiUR de sortie.

Chiintonstous notre Souveraine, Et rendons-hii , tic.

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