‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 107 sur 633 · TOPOGRAPHIE — TOR RAY · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE — TOR RAY

longueurs inclinées, et il les fallait réduire à l'horizon, ce qui exigeait un calcul. Porro lui-même, puis Peaucellier, Wagner, Sanguet parvinrent, par le moyen de dispositifs divers, à faire effectuer ce calcul par la lunette elle-même, qui, sous les appellations de lunette sthénallatique, longimètre, longialtimètre, etc., devint ainsi autoréductrice. Reaucoup plus récents, Y auto-calculateur de Champigny et le tachéographe de Schrader visent au même résultat. Le dernier est établi, comme son nom l'indique, de façon à rapporter automatiquement le plan de projection des deux points sur une feuille de papier ou de métal.

Le dessin topographique a eu une évolution quelque peu différente. Plus précoce dans ses premiers développements, il est arrivé un peu plus tardivement à la perfection que les méthodes et que les instruments. Dès la plus haute antiquité, en effet, les arpenteurs et les architectes dressaient des plans géométraux sur lesquels l'élévation des bâtiments figurait en rabattement, afin qu'on pût juger de leur forme et de leur hauteur. Plus tard, à l'époque gréco-romaine, des vues cavalières dénotant une connaissance au mois partielle des lois de la perspective les accompagnaient parfois. Elles subsistent seules au moyen âge, et c'est exclusivement à la perspective que recourent les artistes chrétiens pour la représentation du terrain avec ses monuments et ses constructions. Puis au xv^ et au xvi^ siècle, on voit les architectes et les peintres s'aider, dans l'établissement de leurs dessins, d'appareils mécaniques, tels que le perspectographe. En même temps, on commence à revenir à la demi-perspective des anciens, aux plans géométraux avec rabattements figurant les accidents naturels ou artificiels. Au xvii^ siècle, la pratique s'introduit de séparer le plan géométral des vues perspectives. Enfin le xviii® siècle produit les plans cotés et les courbes de niveau. C'est alors que Gassini entreprend la première carte de France appuyée sur une triangulation générale. On sait qu'elle a servi de modèle à notre carte d'état-major au 80.000«, établie au début du XIX® siècle.

La topographie comprend deux séries d'opérations bien distinctes, quoique souvent effectuées simultanément : 4° la projection des divers points du terrain sur un même plan horizontal et la détermination des positions relatives des projections ainsi obtenues ; 2*^ la mesure de la distance de chaque point du terrain à sa projection. La première constitue la planimétrie, la seconde le nivellement. Nous renvoyons, pour l'exposé des méthodes employées, à ces deux mots, ainsi qu'aux articles spéciaux auxquels ils renvoient eux-mêmes et aux noms des différents instruments cités dans l'exposé historique. On trouvera, d'autre part, à l'art. Carte, t. IX, pp. 578 et suiv., tous les renseignements concernant la partie graphique du sujet, c.-à-d. la consignation sur le papier des résultats de la planimétrie et du nivellement. On y verra aussi quels liens unissent la topographie à la géodésie et comment toute opération topographique suppose des opérations géodésiques antérieures lui servant de base. Quant aux signes conventionnels, aux abréviations et aux teintes, à l'aide desquels sont notés sur les cartes et plans les objets et les renseignements présentant un intérêt, non seulement au point de vue purement géographique, mais aussi aux points de vue militaire, administratif, scientifique ou industriel, ils se trouvent naturellement laissés, en principe, à l'arbitraire du dessinateur. En fait, deux commissions nommées successivement par le gouvernement en 1802 et en 1826 ont fixé pour les cartes du dépôt de la guerre les plus usuels. Le nombre en est d'ailleurs considérable et il est inutile de les reproduire ici. La plupart des abréviations se comprennent, en effet, d'elles-mêmes. Quant aux signes proprement dits, les principaux sont reproduits en marge de chaque exemplaire des cartes, et les autres se trouvent, au nombre de 'plus de 750, dans la brochure de Sautrez, intitulée Teintes et Signes conventionnels.

Nous terminerons par une remarque. Nous avons dit, au commencement de cet article, que la topographie, à la différence de la géodésie, ne pouvait embrasser que des étendues de terrain suflisamment petites pour qu'il n'y ait pas à tenir compte, dans les opérations, de la sphéricité de la terre. Cette petitesse est toute relative : on démontre, en effet, très facilement par la trigonométrie que si on suppose un arc de la surface du globe égal à un degré et qu'à cet arc on substitue sa tangente, l'erreur relative sera de

STiSop "" 0,00002538...,

c.-à-d., la longueur de l'arc d'un degré étant \M kil., Illl...,de2"»,8199.

BiBL. : L'abbé Picard, Traité du nivellement ; Paris, 1684. — Du ToRAR, Leçons de géométrie pratique ; ParivS, 1688. — M. BouLENGER, (a Géométrie pratique ; Paris, 1690. — J. OzANAM, Traité de V arpentage et du toisé; Paris, 1747. — L. Puissant, Traité de géodésie; Paris, 1805. — Du môme, Traité de topographie; Paris, 1807-27. — S. -F. Lacroix, Manuel d'arpentage ; Paris, 1834. — L.-B. Franca:uR, Traité de géodésie ; Paris, 1835 ; 6" édit., 1879. — Biot, Note relative aux instruments et aux procédés des Gromaticiveteres; Paris, 1849. — J.-F. Salneuve, Traité théorique et pratique de topographie et de géodésie ; i' éd., Paris, 1857. — P.-M.-N. Benoit, Cours complet de topographie et de géodésie ; Paris, 1860. — A. Laussedat, Leçons sur Vart de lever les plans ; Paris, 1861. — A. Le- HAGRE, Cours de topographie ; Paris, 1876-79, 2 vol. — A.-F. Parandier, Topographie ; Paris, 1882. — L. Durand-Claye, a. Pelletan et C. Lallemand, Lever de plans et nivellement ; Paris, 1889. — D"* O. Bœrsch, A.8sociation géodésique internationale. Bibliographie géodé^ sique élaborée par le bureau central ; Berlin, 1889. — Mœssat, Topographie ; Paris, 1892. — A. Laussedat, Recherches sur les instruments, les méthodes et le dessin topographiques ; Paris, 1899-1901, 2 vol.

TÔPOLIAS. Lac de Grèce (V. Copaïs).

TOPOZERO. Lac de Russie, au N.-O. du gouv. d'Arkhangelsk; 1.065 kil. q. Très poissonneux. La Pongoma le déverse dans le golfe d'Onega.

TOPSHAM. Ville maritime d'Angleterre (2.800 hab.), à 6 kil. d'Exeter, dont ce fut le port jusqu'à l'ouverture du canal navigable (1544) ; son commerce avec Terre- Neuve demeura important jusqu'au xviii® siècle.

TOPSOE (Wilhelm-Kristian-Sigurd), écrivain danois, né le 5 oct. 1840, mort le 11 juil. 1881. Après avoir fait ses études de droit, et voyagé en France, en Suisse et en Amérique, il se consacra au journalisme et fut, depuis 1742 à sa mort, rédacteur au journal Dagbladet de Copenhague. Il a publié de spirituelles nouvelles : Jason à la toison d'or (1875) ; Portraits modernes (1878), etc., une comédie et des brochures politiques. Ses OEuvres complètes ont été réunies en 1891.

TOQUE. I. Coiffure (V. Coiffure).

IL Art uÉRALOiauE. — Aux couronnes tombées en désuétude, l'empereur Napoléon I®** avait substitué des toques de velours noir qui étaient portées dans les cérémonies. Celle des princes grands dignitaires était retroussée de vair, avec un porte-aigrette en or, surmonté de sept plumes blanches, celle des ducs était semblable à celle des princes, mais retroussée d'hermine au lieu de vair; celle des comtes, retroussée de contre-hermine, avait un porte-aigrette d'or et d'argent surmonté de cinq plumes blanches ; celle des barons était retroussée de contrevair, au porte-aigrette d'argent surmonté de trois plumes blanches; enfin celle des chevaliers de l'Empire était retroussée de sinople, au porte-aigrette d'argent et à une seule plume. Ces toques ne sont plus en usage aujourd'hui. Les familles qui pourraient en timbrer leur écu leur ont substitué les couronnes ou casques anciens.

TO R (El-) . Village d'Arabie, sur le golfe d'Akabah, choisi par la commission internationale comme station de quarantaine pour les navires de pèlerins revenant de Djeddah.

TORBANITE (Chim. industr.) (V. Bitume).

TOR BAY. Baie d'Angleterre, comté de Devon, havre de refuge au bord duquel sont, au N., Torquay, et au S., Brixham où débarqua le 5 nov. 1688 Guillaume d'Orange.

TORCE - TORDA

TORCÉ. Com. du dép. d'Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré, cant. d' Argentré-du-Plessis ; 708 hab.

TORCÉl Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Laval, cant. de Sainte-Suzanne; 4.010 hab.

TORCÉ. Com. du dép. de la Sarthe, arr. du Mans, cant. de Montfort-le-Rotrou; 4.233 hab.

TORCE LLO. Ile de la lagune de Venise, dép. de la com. de Burano; 428 hab. Evêché. Ce fut, surtout au x® et au XI® siècle une place commerciale importante. Belle cathédrale Santa Maria du vii^ siècle, remaniée en 864 et en 4008; c'est une basilique à colonnes, à trois nefs du vieil art chrétien, avec crypte très ancienne, mosaïques du XII® siècle, baptistère octogone de 4008, curieux clocher. Eglise Santa Fosca de style byzantin, refaite au XI® siècle.

TORCENAY. Com. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Langres, cant. de Fays-Billot; 414 hab.

TORCHAMIP. Com. du dép. de l'Orne, arr. de Domfront, cant. de Passais ; 852 hab. Stat. de chem. de fer. TORCHE. I. Archéologie. — Sorte de tison artificiel ou de grosse chandelle de résine dont on s'éclaire en plein air. Depuis une époque ancienne du moyen âge jusqu'au xvtii® siècle, les seigneurs qui circulaient la nuit se faisaient accompagner de serviteurs portant des torches, et l'on voit encore à la porte de certains hôtels de Gand un éteignoir de fer fixé au mur de la façade pour éteindre les torches avant d'entrer. On employait à l'intérieur des très grandes salles des torches de chambre, faites de la réunion d'un faisceau de cierges. On disait aussi tortis; torsui.

IL Technologie (V. Artifices, t. IV, p. 45). TOBCHE-Pertuis (Ornith.) (V. Sittelle).

torche-Pot (Omith.) (V. Sittelle).

TORCHEFELON. Com. du dép. de l'Isère, arr. et cant. de La Tour-du-Pin ; 534 hab.

TORCHERE (Ameubl.). Support destiné à porter une torche. Des torchères de métal apparaissent souvent dans les inventaires depuis le xiii® siècle; elles affectaient la forme soit d'un grand chandelier, soit d'un bras porteflambeau. Au xvin® siècle, on fit des torchères imitant la forme d'un grand chandelier et terminées par une plateforme sur laquelle se posait un flambeau. On peut citer les très remarquables torchères en bois doré qui appartenaient à l'ancienne Académie de peinture et font aujourd'hui partie du mobilier de l'Ecole des beaux-arts. TORCHES (Pic des) (V. Isère, t. XX, p. 988). TORCHET de Boismêlé (Jean-Baptiste) (V. Boismélé). TORCHIS (Constr.). Un des plus anciens et des plus économiques modes de construction de murs et de hourdis de pan de bois ou de plancher, consistant en un mélange de terre grasse détrempée et de paille coupée ou hachée, mélange off'rant une réelle résistance et même une certaine durée, à condition de n'être pas soumis à l'influence de l'humidité : c'est pour cela que, pour le torchis comme pour la bauye (V. ce mot), qui est analogue au torchis, il faut donner à ce mode de construction un soubassement en maçonnerie l'isolant du sol, et le couvrir d'un toit dont la saillie empêche l'eau de pluie de couler le long des murs. Ch. L.

TORCHOM (Pèche). Le torchon est une sorte de petite fascine cylindrique, de 30 à 40 centim. de longueur environ, qu'on confectionne avec des joncs séchés et bien roulés. L'une des bases est attachée solidement, tandis que l'autre reste libre. A la première est fixée une mince cordelette, longue d'une vingtaine de brasses qu'on enroule aux trois quarts à l'entour, et qui, à son autre extrémité, terminée par une empile, porte un fort hameçon auquel on embroche un petit poisson. Monté dans une barque, le pêcheur jette à l'eau l'appareil avec une longueur de corde convenable. Le torchon flotte en long à la surface de l'eau. Mais qu'un poisson vienne à mordre, il fait la quille, se redresse et, les joncs, liés seulement par la base qui plonge, s'étalent en éventail. Le pêcheur

s'approche alors doucement, ajoute un second torchon au premier, puis, si la taille et la force du poisson qui a mordu le rendent nécessaire, un troisième. Le poisson, bientôt las de traîner à la remorque de pareils poids, finit par les laisser remonter à la surface. Le pêcheur les amène lentement k lui et cueille finalement le poisson avec une épuisette. On prend, dans les lacs de Suisse, par la pêche au torchon, les poissons carnassiers les plus gros : brochets, perches, etc.

TORCIEU. Com. du dép. de l'Ain, arr. deBelley, cant. de Saint-Rambert ; 604 hab. Stat. de chem. de fer.

TORCOL (Ornith.). Genre de la famille des Picidés (V. Pic), caractérisé par un bec droit, conique, pointu, une langue vermiforme extrêmement longue, des ailes médiocres, les pennes de la queue molles et flexibles (et non raides comme chez les Pics) ; deux doigts devant soudés à leur base, deux derrière, libres. Le Torcol {Yunx torquilla) est un Oiseau de la taille du Moineau, à plumage rappelant celui des Rapaces nocturnes, varié de gris, de roux, de brun et de blanc sur chaque plume, la gorge roussâtre. Son nom lui vient de la facilité avec laquelle il dirige sa tête en arrière. Il habite l'Europe centrale et méridionale et ne se montre en France qu'en été ; il arrive en avril et nous quittte en octobre ; il fréquente la lisière des bois, les vergers, les bouquets de chênes et de noyers, vivant d'insectes, surtout de fourmis, nichant en mai dans un trou de chêne ou d'arbre fruitier. Il est peu sauvage. Son œuf est d'un blanc pur. Des espèces peu différentes habitent le Japon, l'Asie centrale et l'Afrique jusqu'au Natal. E. Trt.

TORCU LUS (Mus.) (V. Plain-Chant, t. XXVI, p. 4048). TORCY. Com. du dép. de l'Aisne, arr. de Château- Thierry, cant. de Neuilly- Saint-Front ; 128 hab.

TORCY. Com. du dép. duPas-de-Calais,arr. dcMontreuil, cant. de Fruges ; 266 hab.

TORCY. Com. du dép. de Saône-et-Loire, arr. d'Autun, cant. de Montcenis; 4.144 hab.

TORCY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lagny; 4.405 hab. Seigneurie du xi® siècle, érigée en marquisat, en 4676, pour J.-B. Colbert (V. ce nom).

TORCY~et-Pouligny. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. et cant. de Semur-en-Auxois ; 344 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

TORCY'LE-Grand. Com. du dép. de l'Aube, arr. et cant. d'Arcis-sur-Aube ; 228 hab.

TORCY-le-Grand. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Longueville ; 665 hab.

TORCY-le-Petit. Com. du dép. de l'Aube, arr. et cant. d'Arcis-sur-Aube; 453 hab.

TORCY-le-Petit. Com. du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Longueville; 555 hab.

TORCY (Jean-Baptiste Colbert, marquis de), diplomate français (V. Colbert Jean-Baptiste, t. Xf, p. 893). TORD A. Ville de Hongrie, chef-lieu du comitat Torda- Aranyos, sur la rive gauche de l'Aranyos; 44.079 hab. La ville se compose de trois parties : 0 — et Uj-ïorda, Egyhâzfalva. Hôtel de ville, églises catholique et protestante du XV® siècle. L'ancienne forteresse fut construite en 4453 avec les pierres du castrum romain. La colonie Patavissa, fondée par Septime Sévère se trouvait sur l'emplacement de Torda; c'était le quartier général de la Legio y Macedonica, reliée par une route militaire avec Ulpia Trajana. On a trouvé à Torda et dans les environs de nombreuses antiquités romaines. A la place des anciennes mines des Romains, se trouvent actuellement des lacs salés et des sources thermales.

TORDA-Aranyos. Comitat de Hongrie, limité par les comitats Kolozs, Maros-Torda, Kis-Kiikiillo, Also-Fehér, Hunyad et Bihar. Superf., 3.370 kil q., 459.766 hab., aux trois quarts Roumains. Pays montagneux et très pittoresque. Mines de fer. Le comitat a 440 communes et 2 villes ; il se divise en 6 districts.

TORDERA ~- TORELLI

dT4 -^

TORDERA. Petit fleuve çôtiep d'Espagne, dans les prov. ^ de Barcelone et de Gérone (Catalogne). Long de 60 kiL, il prend sa source sur le versant méridional de la sierra de Monsény; sa direction générale est vers l'E.-S.-E., d'abord dans un pays montagneux et pittoresque, puis dans la plaine, par San Esteban, Santa Maria de Palantordera, San Celoni, Gualba, Hostalrich, Tordera; il se jette dans la Méditerranée à FE. de Malgrat, à la frontière des deux provinces de Barcelone et de Gérone. Dans son cours supérieur, il sert à des irrigations, puis, dans la plaine perméable, il perd ses eaux ; elles actionnent quelques moulins et quelques usines, mais ne peuvent rendre aucun service à la navigation.

TORDÈRES. Com. du dép, des Pyrénées -Orientales, arr. de Perpignan, cant. de Thuir; 403 hab.

TORD ES IL LAS. Ville d^spagne, prov. et à 28 kil. S.-O. de Valladolid (Léon), distr. de la Mota del Marques, sur une hauteur dominant la rive droite du Duero, à une ait. de 700 m. ; 8.760 hab. Tanneries. Ses murailles d'enceinte ont été détruites, mais les quatre portes subsistent ; on y admire un superbe pont de dix arches. Son importance a été assez grande ; les rois d'Espagne y ont souvent résidé, et le traité fixant la « ligne de démarcation » entre les possessions coloniales de l'Espagne et du Portugal y a été signé en 1495.

TORDEUSE (Tortrixh.) (Entom.). Genre de Microlépidoptères, de la famille des Tortrices, caractérisé par les antennes sétiformes, les palpes porrigés, à dernier article court, filiforme, la tête non hérissée, avec des ocelles, palpes maxillaires nuls, la spiritrompe courte, les ailes antérieures larges et presque trapézoïdales, avec 42 nervures, la nervure 1 fourchue à la base, la nervure 2 naissant au tiers de la médiane, les ailes inférieures larges avec 42 nervures, les épines intérieures des pattes postérieures sensiblement plus longues que les épines extérieures. Les chenilles des Tordeuses vivent sur les arbres ou les plantes basses dont elles roulent les feuilles ou les attachent en paquets. Elles sont ordinairement vertes ou brunes, le corps assez allongé, un peu atténué aux extrémités, la tête petite. Leur chrysalide est brune ou noirâtre avec des rangées de petites pointes ou dents sur le dos des segments abdominaux. Les Tordeuses sont abondantes et répandues partout, et quelques-unes sont parfois de véritables fléaux. Il suffit de citer le type du genre, r. niridana L., qui dépouille certaines années, au mois de mai, les chênes de toutes leurs feuilles, et la T. pil-^ lenana Schif . , bien connue pour ses méfaits anciens sous le nom de Pyrale de la vigne,

TQRDOUET. Com. du dép. du Calvados, arr. de Lisieux, cant. d'Orbec ; 424 hab.

TORDYLIUW (Tordi/lium T.)(Bot.).GenrerOmbellifères, formé d'herbes à feuilles pinnatiséquées; àambelles compactes avec involucre et involucelles ; calice à cinq dents ; cinq pétales émarginés, inégaux ; fruit ovale ou suborbieulaire, entouré d'une bordure épaisse ; méricarpes à côtes très ténues ; bandelettes filiformes dans les valléeules ; columelle bipartite. Le T. afficinalis L. (Seseli creticum Dod.), du Midi et du Levant, a des graines aromatiques, jadis employée comme incisives, diurétiques et emménagogues. Les Turcs mangent les feuilles et les pousses en salade (Belon,). Le T. apulum Rio. ou Pimpinelle romaine sert de condiment en Italie.

TORE. I. Géométrie. — Un tore est la surface engendrée par la révolution d'un cercle tournant autour » une droite située dans son plan et ne passant pas par le centre. On cansidère surtout le cas où la droite, axe de la surface, est extérieure au cercle, et alors la surface a la forme d'un anneau. L'équation du tore est facile à trouver en prenant pour l'un des axes coordonnés l'axe même de la surface. De nombreuses recherches ont été faites sur le tore ; parmi les propriétés qu'il présente, l'une des plus classiques et des plus intéressantes est due à Yvon Villarceau ; elle consiste en ce que la section faite par un plan bitangent se

compose de deux cercles ; on le démontre simplement du reste, soit par le calcul, soit par des considérations purement géométriques. Par extension, on donne quelquefois le nom de tore à la surface de révolution qu'engendre une conique, en tournant autour d'une droite quelconque de son plan. C.-A, Laisant.

IL Architecture. -«* Moulure à profil convexe le plus souvent formé d'une demi-circonférence ; le tore est surtout employé dans les bases des colonnes appartenant aux ordres antiques ou imités de l'antique. C'est ainsi que, aux figures de l'art. Ordre (t. XXV, pp. 508 et suiv,, § Architecture), on voit : fig. 4, un tore dans la base attique de l'ordre ionique romain du temple de la Fortune virile, à Rome; fig. 5, deux tores séparés par une scotie dans la base de l'ordre corinthien romain des trois colonnes subsistant du temple dit de Jupiter Stator, à Rome ; fig. 6, deux tores séparés par deux seoties et un annelet avec deux filets dans l'ordre composite romain du baptistère de Constantin, à Rome. Le tore reçut le même emploi dans les ordres imités de l'antiquité par Palladio, Yignole et les architectes de la Renaissance et des temps modernes, et Jean Goujon a placé un tore dans la base servant de piédestal aux caryatides de la tribune de la salle dite des Antiques, au Louvre. — On appelle toron la grosse moulure en forme de tore ou de boudin qui décore la partie supérieure des temples de l'ancienne Egypte, immédiatement au-dessous de la gorge qui, avec ce toron et un large filet au-dessus de la gorge, constitue toute la corniche de ces temples. Charles Lucas.

TORÉADOR (V. Taureaux [Course de]).

TORELLL Famille italienne (V. Ferrare).

TORELLI (Giuseppe), violoniste italien, né à Vérone, en 4660, mort à Anspach en 4708. Il est considéré avec Corelli comme un des plus importants représentants de la musique instrumental du xvii® siècle; il passe pour le créateur du « Concerto grosso » qui dura jusqu^au temps de Haendel, et représente la forme d'où est sortie la symphonie d'orchestre moderne. Il était chef d'orchestre à Anspach.

TORELLI (Stefano), peintre italien, né à Bologne en 4742, mort à Saint-Pétersbourg en 4784. Elève de son père Felice Torelli et de Franeeseo Solimena, il a peint dans le genre de Caraeei. Le roi de Pologne Auguste III l'emmena à Dresde en 4748 oti il peignit de nombreux tableaux d'autel, dont un grand nombre disparurent pendant la guerre de Cent ans. Il décora aussi 29 vues de Dresde, de Canaletto, en 4744. En 4762, il fut appelé à Saint-Pétersbourg et peignit dans le palais impérial des portraits (celui de l'impératrice Elisabeth) et ém fresques de plafond. On lui doit encore des gravures et des caricatures.

TORELLI (Achille), auteur de comédies italien^ né à Naples le 5 mai 4844. Dès l'âge de seize ans, il écrivit sa première comédie : Dopo morte (qui se joue encore sous le titre de : CM muore giace e chi vive si ââ pace); cette comédie lui valut un prix national à Turin. Les essais suivants furent moins bien accueillis; cependant il retrouva le succès avec la comédie: Il precettore dêlre (appelée plus tard : Vna corte nel secolo XVII). Les pièces intitulées la Missione delta donna et la Verita (4875) bénéficièrent encore de prix. En 4866, il s'engagea comme volontaire dans Farmée italienne et fut blessé dans une chute de cheval à la bataille de Custoz^a ; Panïrèe suivante, il remporta un triomphe avec la comédie 1 mariti. Il paraissait alors destiné à un grand avenir comme auteur dramatique, mais les pièces suivantes ne répondirent pas à ces espérances, malgré le succès de Triste realta en 4874 et de tt colore del tempo en 487S. Ces alternatives heureuses et malheureuses assombrirent le caractère de Torelli et laissèrent des traces profondes, sensibles, dans son volume de vers intitulé Sehegge {iBlS}.

Mmh. : Fanfulla éella. Dpmemca, !%%■, n*^ 13-

TORELLI (Louise) (V. Angéliques).

Wmm - TÔRHAOE

R^vu, comte de), îioïpme politiqiie ^t Wsloneft espagnol» né à Oviedo en 1786, mprt en 1843, trè^ jeune encore, il se signala comme patriote à rppcasipn du soulèvement des Astuces coqtre Napoléon (1808). Il prit une part considérable aux fameuses Cortès de Cacjix, du côté des libéraux qui obtinrent l'abolition des droits seigneuriaux, de rinquisition, etc. Au retour de Ferdinand VII, Toreno dut émigrer comme bien d'autres députés et dameura en Angleterre jusqu'en 1820. Pendant la période libérale de 1820-23, il rentra en Espagne et siégea aux Cortès, où il continua avec plus de modération ses campagnes politiques. Il occupa pendant quelque temps le département des finances, De nouveau émigré en 1823, U se fixa à Paris et ne rentra en Espagne qu'en 1833, Nommé de nouveau ministre en 1834, il passa en 1835 à la présidence du cabinet. Ni réactionnaire ni radipal, il prit des mesures contre les jésuites et aussi contre les révolutionnaires. Mais bientôt il abandonna la politique et se fixa à Paris où il s'adonna aijx études historiques. Bon livre le plus renommé est la Hisloria del levantamiento, guerm y revoluciôn de E$pam (1835-38, 3 vol,)» réimprimé en 1848 (4 vol.) et traduit en français par Viardot. Ses Discours parlementaires ont été publiés par son fils. Toreno reçut son titre de comte de la reine Marie-Christine. Ht A,

TQREUTIQUE. Art de ciseler le bois, Tivoire, les mé' taux précieux, le bronze, et d'en constituer des œuvres d'art souvent formées de parties rapportées, soit d'une seule matière, soit de matières variées, Antérieure chez les &recs, oomipe chez tous les peuples, à la sculpture du iliaybji'e, et à la fonte en moule, la toreudque a survécu d*aijl^uî*s à ge progrès, et dans les colosses, et dans les vasep, et ^aPi les statues, polychromes ou chryséléphan^ tines (or sui» ivoire) (V. Gbèce, § Sculpture, t. XIX, p.34i).

Bim,. : QuATREMÈRE DE QuiNCY, le JupUev Olympien... essai sm le goût de la sculpture polychrome, Paris, 1814, i%-tç,l (31 planches).

TORFOU. Com. du dép. de Maine-etr-Loire, arr. de Cholet, §ant. de Montfaucon ; 2.189 hab. (720 aggl. ). Le 19 ifipt. 1793, l'avant-garde du général Cancla^x y fut battïii par les Vendéens.

TORFOU. Com. du dép. de Seine-et-Oise, arr, d'Etampes, cant. de La Ferté-Alais ; 199 habi,

TORGAU. Ville de Prusse, prov. de Saxe, ch.-^l. de cercle, sur la r. g. de l'Elbe; 11.780 hab, en 1895. Château de Hartenfels (xvi® s.), où résidèrent les électeurs de Sa^e ; viçil Jiôtel de ville. Les articles de Tprgau (1530) (V. Confession de foi des églises protest ai^tes, t. XII, p. 382) et le livre de Torgau (1576) y furent rédigés. Dans la guerre de Sept ans, le dir^ctoii^ pili^ taire prussien s y installa, Frédéric II y déftt Daun le 3 nov. 1760, Napoléon I®"" en fit une grande place forte, que les Prussiens conquirent le 14 janv. 1814 et qu'ils déclassèrent en 1891 .

BîeL. : Knabe, Gesch. cler S(adt Torgau bis zur Zeit der Reformations 1880.

T0RG0TES,T0R60UTS (Etlinogr.) (V. Kalmouks et Mongolie) .

TORIGNI-suR-ViRE. Cb 4. de cant, du #p. de la Manche, arr, de Saint-Lô: 1.992 hab.

TO RINÇ (Les), Peintres allemands (V. Ring),

TORJOK. Ville de Russie» ch,-l. de district, gouv. et à 73 kil. N,-0. de Tve|«, sur le Tverez ; 13.000 hab.; 29 églises. Important copmerce de céréales. P^rt fluvial d'<>ù l'on transborde sur la voie ferrée vers Saint-Pétersbourg ; broderies de soie et d'or, articles de cuir. Une des plus ancienne^ villes de Russie, citée dès 1134, ayant appartenu aïitrifois à la république de Novgorod, Saccagée par les Mongols en 1^38 et 1327, par les Moscovites en 1334, ai^nexée psar les Moscovites en 1477, elle fut brûlée par les Polonais en 1609. P. Lem.

TORLQNIA. Famille de banquiers et de princes romains qui tire son origine de Giovanni, né à Sienne en 17 54, mort à Rome le 25 févr. 1829, où il avait commencé par être cicérone. Protégé par Basseville dont il était l'agent, il sut faire une petite fortune qu'il augmenta par des spéculations sur les assignats et les propriétés des grandes familles ruinées, ses eniprunts au général MiolUs, sa ferme des AUumiere de Tolfa. Il acheta alors le duché de Bracciano qui lui fut reconnu par le pape ; il devint le banquier de^ Bonaparte, de Godoï, et sut se servir si bien de leurs dépôts qu'il accrut énormément sa fortune. De ses deux fils, le duc Marino, né à Rome la 6 sept. 1796, mort le 30 sept, 1865, aima les lettres et appartint en 1^8 au parti d'action. -^ Alexandre le cadet, prince de Civitella-Çesi, né le 1«^ janv. 1800, mort à Rome le 7 fév. 1886, continua à diriger la banque de son père, accrut sa fortune par la ferme du sel et du tabac à Rome et à Naples et de grandes entreprises industrielles ; il eut une part très remarquable dans l'histoire italienne de son temps et fit dessécher par l'ingénieur français Brousse le lac Fucin, H acquit la villa Albane (1866) à Rome et forma une collection d'antiquités très remarquables. Sa seule enfant fut Anne-Marie^ née le 8 mars 1855, qui épousa le prince Giulio Borghese (né le 19 déç. 1847), lequel prit, en 1875, le nom de Torlonia. Mais le représentant authentique de la famille est le duc Léopold, petit-fils de Marine, né le 25 juil. 1853, maire de Rome, révoqué en 1888 pour avoir félicité le pape Léon XIII lors de son jubilé.

TORMENTILLE (Bot. et thérap.) (V. Potentille). TORMES. Rivière d'ïlspagne, prov. de Avila, Salamanque et ne Zamora ; affl. gauche du Duero. Son cours, de 283 kil., commence dans la prov. d'Avila, à la fontaine Tormella, sur le versant septentrional de la Loma de la Canada alta, dans la sierra de Gredos, à très peu de distance des sources de l'Alberche, affl. de droite du Tage. L'ait, est de 1.488 m. Ses sources sont abondantes, et il se grossit vite, dans la montagne même, des torrents descendus des sierras de Gredos et de la Canada alta. Il se dirige d'abord vers l'O., dans une profonde vallée qui Hmite au N, la sierra de Gredos, puis, à Barco de Avila, tourne au N. et entre dans la prov. de Salamanque. U a alors atteint son maximum de débit, et, dans la suite, ne s'enrichit plus, quand "^même il ne diminue pas par Févaporation et Finfiltration. Son cours se continue au N, par Fuente del Congosto, Salvatierra de Termes, il serpente dans la Vega de la Maya, passe à Alba de Tormes, Encinas de Abajo, Huerta, ou il tourne à l'O., puis au N.tO. Cette direction, quil gardera dans la suite, le fait passer sous le beau pont de Salamanque. Il se creuse ensuite un profond défilé, véritable canon bordé de roches à pic ou même surplombantes, appelées Arribes ; il passe à Ledesma, marque pendant longtemps la limite entre les prov. de Salamanque et de Zamora, et vient tomber dans le Dueroi,en face du Portugal, par 329 m. d'alt. Les affluents sont de peu d'importance. Son débit moyen est de 7 m, c. par seconde ; il n'est pas navigable. J.-G. K.

TORNAC. Com. du dép. du Gard, arr. d'Alais, cant. d'Anduze ; 724 hab.

TORNADE (Météor ,) . Premier nom àmné aux cyclones de l'Atlantique par les navigateurs. Au Sénégal, ce mot signifie souvent un simple orage très violent. Aujourd'hui, le mot tornade (en anglais tornado) est réservé à un petit tourbillon à peu près vertical de 10 à 200 m. de diamètre ayant l'aspect d'une colonne grise, plus étroite dans sa partie moyenne, qui unit les nuages à la terre. Son tourbillonnement, le plus souvent de droite à gauche, enlève ou renverse les arbres, les lourds chariots, les maisons. Les tornades se déplacent avec la même vitesse et dans le même sens que les orages et les dépressions. Ellles se produisent aux mêmes heures que les orages et dans les mêmes conditions locales : haute température, air très humide. Mais Finley a noté qu'il existe des tornades sans

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