II. Physique. — Balance de torsion (V. Balance
III. Géométrie. — On appelle torsion d'une courbe gauche le quotient obtenu en divisant l'angle de deux plans osculateurs infiniment voisins par l'arc compris entre les deux
points d'osculation. Si l'on désigne par =t la torsion, par
rç; la courbure au point dont les coordonnées rectangulaires
sont Xj y, %, on a
m = ± "TT ds^ = dx^-\-dy^ + dz^, A :
A ^^ J d^x d^y dh
et en prenant l'arc pour variable indépendante
[dx dy dz d^x d^u d^z
■s+s^-i-x-Cj
Test
sur
Lorsque la torsion est nulle, la courbe est plane le rayon de torsion.
On appelle torsion géodésique d'une courbe tracée
une surface le quotient -j-, ds désignant l'arc élémentaire
et df\> l'angle que fait la normale à la surface, avec le plan normal à la surface au point infiniment voisin et tangent à la courbe, soit 0 l'angle que le plan osculateur fait avec le plan tangent à la surface T, le rayon de torsion ; on calcule d^ au moyen de la formule
ds
H. Laurent.
IV. Chirurgie. — La torsion joue un rùle important en chirurgie. Elle peut se produire toutes les fois qu'un organe mobile est maintenu par un pédicule suffisamment allongé. On l'observe au niveau d'un intestin soutenu par un long mésentère; l'anse, le plus souvent pleine de matières, tourne autour d'un axe perpendiculaire à son insertion naésentérique et crée alors une forme d'obstruction intestinale. C'est par un mécanisme analogue que le rein luxé tournant autour de l'uretère peut amener une obturation de ce conduit, et par suite une hydronéphrose se développe, invincible. Il en est de même de certains kystes de l'ovaire, kystes libres à pédicule étendu, qui peuvent subir une torsion plus ou moins serrée. Deux kystes à pédicule allongé peuvent se croiser, puis, par disparition de la cloison interkystique, former un kyste à plusieurs pédicules. Ce processus de la torsion permet, dans un certain nombre de cas, d'expliquer la production de corps pathologiques libres dans les cavités séreuses (articulation du genou, péritoine). On comprend les phénomènes consécutifs à ces torsions suivant qu'elles sont lâches ou serrées, subites ou lentement effectuées. C'est ainsi que s'expliquent par un trouble circulatoire les plaques gangreneuses de l'intestin, les infarctus de la paroi des kystes de l'ovaire et même ces déchirures vasculaires par excès de tension, qui peuvent provoquer des hémorragies plus ou moins graves dans la cavité kystique. On a utiHsé la torsion dans la technique opératoire pour obtenir l'hémostase dans les sections artérielles à la surface des plaies. Ce procédé a l'avantagé de ne pas encombrer la plaie de fils à ligature, dont l'asepsie n'est jamais absolument certaine.
V. Arboriculture. — Opération que l'on fait subir aux rameaux à marcotter et aux boutures que l'on tord autour de leur axe, entre les mains, de manière à en faire éclater l'écorce. La torsion porte sur les parties des rameaux qui doivent être enterrées, et le but que l'on poursuit en la pratiquant est de faciliter, aux points tordus, la formation et l'émission des racines qui doivent affranchir les marcottes et les boutures. G. Boyer.
TORSTENSSON (Lennart) ou Linnardt Torstenson, comte d'ORTALA, général suédois, né à Forstena (Vestrogothie) le 17 août 1603, mort à Stockholm le 7 avr. 1651. Fils deTorsten Lennartsson, gouverneur du château d'Elfsborg, il fut d'abord page de Gustave- Adolphe à l'âge de quinze ans, fit ses premières armes dans les campagnes de Prusse de 1626 à 1629, et, nommé colonel de l'artillerie (1629), fit subir à cette arme une complète réorganisation, grâce à laquelle elle contribua puissamment aux victoires de Breitenfeld (1631) et du Lech (1632). Promu « général de l'artillerie », mais bientôt fait prisonnier, il resta captif à Ingolstadt jusqu'en 1633. l\ se distingua ensuite, sous le haut commandement de J. Banér, à la bataille de Wittstock (1636), dans l'énergique défense de la Poméranie (1637-38), à la victoire de Chemnitz et dans l'invasion de la Bohème (1639). Nommé sénateur (1641), il rentrait en Suède soigner les maladies contractées durant sa captivité, quand la mort de Banér le fit rappeler, dans l'année même, sur le théâtre de la guerre, en qualité de feld-maréchal et de gouverneur général de la Poméranie. Les quatre années de son commandement (1641-45), pendant lesquelles ses continuelles souffrances l'obligeaient sans cesse à solliciter son rappel, furent cependant parmi les plus glorieuses dans les fastes militaires de l'histoire de Suède. En 1642, s'avançant par le Brandebourg et la Silésie, il envahit la Moravie, en occupa les places fortes, puis opéra sa retraite sur la Saxe et, à la bataille de Breitenfeld (23 oct. 1642), défit et anéantit presque entière- .ment l'armée ennemie. Il re)»renait, en 1643, 1 invasion de la Moravie, quand brusquement il dut, sur l'ordre de son gouvernement, faire volte-face pour se porter vers le Danemark : la rapidité de son évolution décida, de ce côté, de l'issue de la guerre. En 1644, il refit campagne en Allemagne , détruisit la cavalerie impériale à Juterbogk, et entra en Bohême. Malgré la brillante victoire de Jan-
TORSTENSSON — TOKTOSE
kow (1645) qui lui ouvrait la route de Vienne, et la prise d'une clé du pont du Danube, il dut, contrarié par la peste et par d'autres embarras, rebrousser chemin, et bientôt après il déposait son commandement (déc. ^1645) et rentrait en Suède. Créé baron et comte en 4647, il fut, de 4648 à 4654, gouverneur général des provinces frontières de Yestrogothie, Dalécarlie, Vaermland et Halland. Mort à Stockholm, il fut enterré en cette ville dans l'église de Riddarholm. G. Lévy-Ullmann.
TORTEBESSE.Com. du dép. du Puy-de-Dôme, arr. de Clermont-Ferrand, cant. d'Herment; 223 hab.
TORTEFONTAINE. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. de Montreuil, cant. de Hesdin; 383 hab. Ruines de l'abbaye de Dommartin ou Saint-Josse-aux-Bois, fondée en 4464.
TORTELLE (Bot.) (V. Sisymbrium).
TORTEQUESNE.Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. de Vitry-en- Artois ; 537 hab.
TORTERAT (Athanase-Louis), écrivain d'art et littérateur français (V. Clément de Ris).
TORTERON. Com. du dép. du Cher, arr. de Saint- Amand-Mont-Rond, cant. de la Guerche-sur-l'Aubois ; 4.457 hab.
TORTEVAL. Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Caumont; 508 hab.
TORTEZAIS. Com. du dép. de l'Allier, arr. de Montluçon, cant. d'Hérisson; 548 hab.
TORT! (Giovanni), poète italien, né à Milan le 28 juin 4774, mort à Gênes le 45 févr. 4852. Entré dans les ordres, il déposa l'habit ecclésiastique lors de l'arrivée des Français en Lombardie (4796) ; bientôt il fut nommé secrétaire du comité d'instruction publique, et il conserva ces fonctions, sauf durant l'occupation austro-russe (4798- 4802), jusqu'en 4843. En 4848, il chanta les« cinq journées » et, quand les Autrichiens rentrèrent à Milan, il jugea prudent de passer en Piémont; nommé recteur de l'Université de Gênes, il occupa ces fonctions jusqu'à sa mort. — Disciple deParini, il fut converti au romantisme par Manzoni, dont il partagea complètement les théories. Son œuvre la plus remarquable est une nouvelle en octaves (la Torre di Capua, 4829), qui lui assigne une place honorable parmi les promoteurs de ce genre nouveau (V. Grossi et Sestini). Il a écrit, en outre, une Epistola sui Sepolcri delFoscoloe del Pindemonte (4809), qui fut revue par Foscolo lui même, quatre Sermoni suUa poesia (4848), un poème, SuUa Passione(iSi6),eic. Ses œuvres ont été réunies à Gênes en 4853 par Grondona, qui les a fait précéder d'une biographie.
TORTICOLIS. Toute déviation de la tête en position vicieuse porte le nom de torticolis. Cette position vicieuse peut être provoquée par des affections portant sur les différents tissus du cou ; aussi distingue-t-on : le torticolis cutané (cicatrices vicieuses) ; le torticolis osseux ou articulaire (arthrites rhumatismales, ostéo-arthrites tuberculeuses); enfin torticolis musculaire. Ce dernier seul est le véritable torticolis. Les muscles du cou étant les agents du maintien de la position normale de la tête, on comprend que toute lésion musculaire puisse provoquer une déviation de la tête, un torticolis variable d'aspect, non seulement suivant le groupe musculaire atteint, mais encore suivant l'altération subie par le muscle. On distingue le torticolis aigu ou passager ou par contracture, le torticolis permanent ou chronique ou par rétraction et le torticolis intermittent ou par convulsions musculaires. Bien que tous les muscles du cou qui meuvent la tête puissent être atteints, on observe surtout des torticolis par affections portant sur le sterno-mastoïdien. Le torticolis aigu et passager est cette inclinaison de la tête qui le plus souvent succède à un coup de froid avec douleurs et tension le long du sterno-mastoïdien. La tête est abaissée du côté du muscle malade et tournée du côté sain. Cette affection, bien qu'elle puisse passer à l'état
chronique, guérit habituellement par la chaleur, le repos, le massage.
Le torticolis permanent est dû à une rétraction musculaire. Congénital ou dû à des manœuvres obstétricales, on peut l'observer à la naissance ou dans le jeune âge ; plus tard, les violences portant sur le muscle peuvent provoquer une myosite avec rétraction, il en est de même des inflammations de voisinage se propageant à la gaine ou au corps du muscle, ou retentissant sur le muscle par réflexe afin d'assurer l'immobilisation de la tête. Ce torticolis par rétraction peut même succéder à des attitudes volontaires ou involontaires. Malgré la durée du torticolis, à moins qu'il ne soit la conséquence de lésions osseuses, on n'observe pas d'altérations des vertèbres quelles que soient les courbures diverses que présente et que garde pendant un temps plus ou moins long la colonne cervicale, de là le succès de la ténotomie du muscle. Par contre, on observe souvent une atrophie notable de la face et du crâne corrélatives des lésions périvasculaires du côté malade qui diminuent l'apport sanguin et par suite la nutrition. La ténotomie et même la résection partielle ou totale du muscle rétracté et en particulier du sterno-mastoïdien, les appareils prothétiques pour maintenir le résultat obtenu, sont le véritable traitement de cette affection.
Le torticolis spasmodique ou intermittent est dû à de véritables convulsions épileptiformes toniques ou cloniques revenant par accès plus ou moins longs ; quelquefois il consiste en un trouble dans la synergie musculaire (torticolis fonctionnel ou dynamique). C'est une affection nerveuse contre laquelle on doit employer tous les antinerveux, l'électricité, le massage. Après leur insuccès, on peut s'attaquer par l'élongation ou la résection au nerf spinal qui innerve les muscles latéraux du cou ou bien aux nerfs cervicaux postérieurs qui vont aux muscles de la nuque. Enfin Jules Guérin et plus récemment Kocher ont fait de larges myotomies sur les différents muscles atteints. D^' S. Morer.
TORTIL (Blas.). On nomme tortil le bandeau en torsade qui ceint la tête de More ; quand la couleur doit en être spécifiée, cette tête est dite tortillée. — La couronne de baron est aussi appelée tortil : c'est un cercle d'or entouré d'un chapelet de perles qui, dans la gravure, apparaît trois fois à distances égales.
TORTISAMBERT. Com. du dép. du Calvados, arr. de Lisieux, cant. de Livarot; 262 hab.
TORTO LA. Ile des Antilles anglaises (V. Vierges [Iles]).
TORTONA (lat. Dertona). Ville d'Italie,' ch.-l. de district de la prov. d'Alexandrie, sur la r. dr. de la Scrivia ; 40.000 hab. Evêché. Cathédrale de 4584; ruines d'un château de Barberousse qui détruisit la ville en 4455, Elle passa ensuite au Montferrat, puis, au xv« siècle, au duché de Milan; les Français la démantelèrent en 4799.
TORTONIEN (Géol.) (V. Néogène).
TORTOSE. Ville d'Espagne, prov., et à 67 kil. S.-O. de Tarragone (Catalogne), ch.-I. de district, dominant la rive gauche de l'Ebre, à 40 kil. de son embouchure, à 45 kil. à vol d'oiseau de la mer; 25.000 hab. Torlose est une ville très pittoresque, les rues étroites et tortueuses sont bordées de maisons dont le premier étage est en marbre ; la cathédrale, une des plus anciennes d'Espagne, est bâtie sur les ruines d'une mosquée et contient une ceinture de la Vierge, miraculeuse. Les fortifications modernes — quatre forts réunis par des murailles crénelées, et rattachées au château San Juan, — ont un aspect formidable; elles ont remplacé les fortifications romaines, gothiques et mauresques. C'est la Dertosa des Romains ; elle fut prise par Tarik en 743, et devint la capitale d'un des royaumes formés de la dissolution du khalifat de Cordoue. L'industrie y est assez active (savon, porcelaine, papier, tanneries, distillerie), et le commerce des denrées agricoles serait des plus importants si l'Ebre était navigable. Les rades voisines sont mauvaises, les navires ne peuvent approcher du rivage ; le port artificiel même de San Carlos