TOUNG-KOUAN ~~ TOUNGOUSES
tours et des remparts munis de canons en défendent-ils les approches. Le Hoa-Chan, montagne sacrée qui domine Toung-kouan au S.-O., renferme de nombreux monastères.
TOUNGOU. Ville de la Basse-Birmanie, dans la région de Ténassérim, chef-lieu de district, à 294 kil. de Moulmeïn, sur la route de Mandalay à Rangoun, dans la vallée du Sittang. Cette ville, régulière, bien bâtie, située dans un pays fertile et bien arrosé, a malheureusement été ravagée par les Anglais, lors des guerres de 1852- 53. Sa population atteint près de dS.OOO hab. : les deux tiers appartiennent à la religion bouddhique ; l'autre tiers comprend, en parties à peu près égales, des Hindous, des mahométans et des chrétiens. Toungou est le lieu de cantonnement d'une garnison de l'armée de Madras.
TOUNGOU. Fleuve de Birmanie (V. SmANc).
TOUNGOUSE (Mer) (V. Okhotsk [Mer d']).
TOUNGOUSES. Peuple de la Sibérie orientale, dont les différentes tribus, parlant la même langue (V. cidessous), occupent l'immense espace entre Tocéan Glacial arctique et le 40*^ degré de lat. d'une part, entre l'Eniseï et l'océan Pacifique de l'autre (cf. les art. Asie, Races HUMAINES et Linguistique). Les Toungouses se donnent à eux-mêmes les noms de hox^a (hommes) ou à'Euveun.
Au point de vue physique, comme au point de vue des mœurs et du genre de vie, les Toungouses se divisent en deux groupes : les Méridionaux et les Septentrionaux ; on peut joindre à ces derniers les Toungouses maritimes ou Lpmoutes. Le fleuve Amour constitue à peu près exactement la frontière entre ces deux groupes. Tous les savants qui ont étudié les Toungouses sur place, Middendorf, Schrenck, Sierochevski, Maïnov, sont d'accord pour admettre cette dualité.
Les Toungouses méridionaux se subdivisent en peuplades suivantes : les Go Ides, qui sont disséminés entre les villages russes de la basse vallée de l'Amour et dans la vallée de rOussouri ; les Orotckes, du littoral et de l'intérieur, depuis la frontière coréenne jusqu'au voisinage de l'embouchure de l'Amour; enfin, les Solones-Daoures, du bassin du Nonni ; de ces derniers il existe une colonie, dans le pays de Kouldja, à des milliers de kilomètres plus à l'O. Les rares Mandchoux restés indemnes de mélanges avec les Chinois peuvent être rattachés, d'après leur idiome, comme d'après leur type physique, à ce dernier groupe.
Les Toungouses septentrionaux se partagent aussi en plusieurs peuplades : les Oltchas ou Mangounes (avec les tribus voisines : Neghida et Sama^/izV), cantonnés entre le bas Amour et le bassin de l'Ouda ; les Oroks, apparentés aux précédents, dispersés parmi lesGhiliaks, dans le N. de Sakhalin ; les Orotchones, les Manègres, les BirareSy qui se succèdent sur la rive gauche de l'Amour en suivant le courant du fleuve, depuis Nertchinsk jusqu'au confluent de la Soungari ; enfin les Toungouses, dits nomades ou Olennyié (possédant des rennes), répandus dans le reste du territoire toungouse, sauf le littoral de la mer d'Okhotsk, le N.-O. du Kamtchatka et le bassin du haut Yana, occupés par les Lamoutes. Il faut dire que cette division n'est pas assez rigoureuse quant au type physique, car, en dehors des traits communs à tous les Toungouses qui sont ceux de la race mongole du Nord, il y a nombre d'Orotchones, de Toungouses « Olennyié », ainsi que des Lamoutes, qui ont le type toungouse méridional. Ce type est caractérisé par une taille moyenne (4™, 64 d'après Maïnov), par une constitution corporelle très robuste, par une brachycéphalie modérée (ind. céph. moy. du vivant, 82,7, d'après le même auteur) avec un front carré et le nez presque droit, peu épais et court. Les yeux, assez étroits, souvent avec le pli mongoloïde, ne sont pas placés obliquement ; les pommettes sont saillantes, les joues rentrées, les lèvres minces, la bouche large, les pieds et les mains relativement grands. La peau est basanée, avec un reflet jaunâtre aux endroits couverts et avec la rougeur aux joues. Le type septentrional est, au con-
traire, caractérisé par une taille médiocre (i'^,55, d'après Maïnov), par sa mésocéphalie (ind. céph., 81,4, sur le vivant), par un front bas et fuyant, par un nez court et large, ainsi que par la face allongée, à pommettes moins saillantes que chez les Toungouses méridionaux ; le teint est aussi plus clair, légèrement grisâtre, sans rougeur aux joues. La main et le pied sont remarquablement petits.
Il est fort probable que le type méridional est le vrai type toungouse, tandis que le septentrional est dû aux mélanges de celui-ci avec les types des populations primitives du pays, c.-à-d. les Tchouktchi, les Koriaks, les Youkaghirs, etc. D'ailleurs, les données historiques sont d'accord avec l'ethnographie pour attester l'arrivée récente des Toungouses en Sibérie. Les Niu-tchi, ancêtres des Mandchoux, habitaient primitivement les montagnes de la frontière N.-O. de la Corée ; de là, ils se portèrent vers le N. , et les Solons-Daours ne sont qu'une des branches des Niu-tchi, au même titre que les Mandchoux ; seulement ils se sont plus avancés vers le N. ; d'autres tribus toungouses ne pénétrèrent dans le N.-E. de la Sibérie qu'au XIII® ou au xiv® siècle, poussés d'abord par les Bouriates, puis par les Yakoutes. Il y a eu cependant des mouvements secondaires dans le sens contraire : ainsi les Daoures sont venus de la Transbaikalie dans la vallée du Nonni, au xvii® siècle, fuyant devant les Cosaques ; leur place a été prise par les Manègres, venus du Nord, etc.
Le Toungouse est nomade par sa nature et lorsqu'il ne vit plus exclusivement de chasse ou de pêche (comme les Goldes par exemple), il ne continue pas moins son genre d'existence faite de déplacements continuels. Il suffit que les conditions de récoltes changent une année pour que le Golde change son habitat. L'hiver, il vit dans une tente circulaire à parois verticales, surmontées d'un toit conique, dont la carcasse en poutres est recouverte avec des peaux de renne fumées ou, plus rarement, avec des peaux de poissons ; à l'intérieur, cette tente comprend plusieurs compartiments, très chauds, en peaux de renne. En été, une tente conique légère en écorce de bouleau suffit. La nourriture est presque exclusivement animale : la viande de renne bien grasse, le poisson bien huileux, le tout sans sel ni pain. La moelle des os du renne est le plat le plus convoité des gourmets. Les Toungouses, hommes et femmes, se tatouent sur les joues. Le costume, presque entièrement en peaux de renne, chez certaines tribus en peaux de saumon, est bien ajusté et très élégamment orné de découpures en cuir, de broderies en laine, de perles de toutes les couleurs, avec une foule de pendeloques en métal chez les femmes, qui portent aussi un bonnet caractéristique. Ce costume léger et commode répond bien à la nature remuante du Toungouse, grand amateur de longues courses suivies de causeries animées et de danses effrénées.
La femme, encore qu'accablée de tous les travaux de ménage et des soins à donner aux troupeaux, est cependant traitée en amie, presque en égale. Les filles sont libres dans le choix de leurs futurs. Le mariage est exogamique jusqu'à un certain point et comporte un paiement aux parents de la femme. Le régime de la propriété découle tout naturellement du mode principal de l'existence, qui est la chasse. Chaque clan ou gens a son territoire de chasse bien délimité et si, en poursuivant sa proie, le chasseur s'engage dans le domaine réservé de son voisin, il doit se contenter de la chair de l'animal abattu, laissant sa peau au propriétaire du terrain de chasse. Pour se guider à la chasse, il existe toute une écriture spéciale à l'aide des objets : une branche posée à travers le chemin indique qu'on ne peut avancer au delà ; une flèche enfoncée dans l'écorce d'un arbre dont on a abattu les branches indique différentes choses, suivant que sa pointe est dirigée en haut (je suis parti plus loin), ou en bas (je pose des pièges à proximité), etc.
La religion primitive des Toungouses est le chamanisme (V. ce mot) ; elle persiste encore dans sa pureté