TOUNGOUSES ~ TOUPIE
chez les Manègres et même chez la plupart des Orotchones et des Toungouses nomades où elle s'amalgame, souvent de la façon la plus étrange, avec les idées de la religion chrétienne orthodoxe qu'avait embrassée ofriciellement ces peuplades. Les pratiques des « chamanes » (dont le nom est toungouse) sont très variées et souvent compliquées. Les Toungouses ont une grande peur de la mort et des morts. Ceux-ci sont mis le plus souvent dans des troncs d'arbres vides ou dans une sorte de caisse appelée soïua oii l'on dépose également les objets ayant appartenu au défunt. On place ces boites ou ces troncs au haut des arbres pour mettre les cadavres à l'abri des bêtes ; quelquefois on met ces cercueils par terre en les recouvrant de pierres, mais on ne les enterre jamais, car la terre est la demeure des esprits malfaisants, disent les Toungouses, comme d'ailleurs beaucoup d'autres peuples sibériens. Le nombre total des Toungouses est inconnu, mais ne doit guère dépasser 50.000 individus (sans compter les Mandchoux),
Langue toungouse. ~ La langue toungouse est vive et saccadée, de sorte que, quand on entend parler un Toungouse, on croirait qu'il a tendance à bégayer. C'est une langue agglutinative de la famille ouralo-altaïque où elle se place immédiatement à côté du mongol. Elle ne le cède pas d'ailleurs à cet idiome pour la richesse des formes verbales et le dépasse par l'abondance des formes nominales. Le mandchou, n'est que le toungouse développé et fixé par une écriture d'origine syriaque, comme l'écriture mongole qui s'en distingue fort peu ; mais l'adoption même de l'écriture fit perdre en Mandchourie pas mal de formes primitives de la langue toungouse commune. Parmi les dialectes, le golde se rapproche le plus du mandchou. J. Denikkr.
BiBL. : L. Adam, Grammaire de la langue toungouse; Paris, 1874 ; tir. à part de la Revue de linguistique, t. VI, fasc. 2 et 3. — C. Hickisch, Die Tungusen; Saint-Pétersbourg, 1879. — L. ScHRENCK, Reisen und Forschungen in Amur-Lande, t. IIJ, fasc. 1 et 2, Saint-Pétersbourg, 1881- 91 , in-4 avec carte et pi. — Maïnov, Niehotoryadannyia, etc. {Quelques données sur les Toungouses de laprov. de Yakoutsk); Irkoutsk, 1898.
T0UN60USKA. Nom de trois grandes rivières de Sibérie, affl. dr. de l'ienisei ou Eniseï; la plus considérable est la Toungouska supérieure ou Angara (V. ce mot) ; la Toungouska moyenne {Srednaia on PodkamennataT .) issue du gouvernement d'Irkoutsk, coule de TE. à TO. et a 1.306 kil., dont 790 navigables dans un bassin de 180.000 kil. q. ; la Toungouska inférieure (Niznaia T. des Russes, Chatanga des lakoutes, Kotou des Toungouses, Bognal des Ostiaks) a 2.700 kil., dont 750 navigables ; elle commence aux monts Toungouses qui la séparent de la Lena, descend vers le N. à travers les gouvernements d'Irkoustk, puis d'Iakoutsk, puis tourne à l'O. et finitàTouroukhansk. Gelée d'octobre à avril, elle draine un bassin de 447.000 kil. q., presque sans habitants. A.-M. B.
TOUNG-TCHANG-Fou. Ville du N.-E. de la Chine, dans la prov. de Chan-toung, chef-lieu de dép., sur le Grand Canal, à 85 kil. de Tsi-nan-fou. C'est Tune des plus anciennes, des plus actives et des plus populeuses cités de l'empire. On y remarque une tour octogone à huit étages, surmontée d'une statue de divinité et revêtue extérieurement de carreaux de porcelaine. La population ainsi que le commerce considérable qui se fait à Toungtchang sont principalement concentrés dans les faubourgs.
TOUNG-TCHE (c.-à~d. union dans l'ordre), empereur de Chine, le huitième de la dynastie actuellement régnante des Tsing, né en 18o6, mort en 1875. Il n'avait que cinq ans et portait le nom de Tsaï-tchoun, lorsqu'il fut appelé, le 21 août 1861, à la succession de son père, Hien-foung, qui venait de mourir. Par suite de son jeune âge, ce fut son oncle, le prince Kong (V. ce nom, t. XXI, p. 600) qui, conjointement avec les impératrices douairières Tse-an et Tse-hi, fut nommé régent et qui administra avec autant d'intelligence que de sagesse. Le 16 oct. 1872, Toung-Tche épousa la princesse Ha-lou-t'o et fut déclaré majeur le 23 lévr. 1873; il prit alors en main le gouvernement de son empire. Les événements de son règne
ont été rapportés aux Relations étrangères de la Chine (V. ce mot, t. Xï, pp. 103, 109, 111). Il mourut moins de deux ans après, le 12 janv. 1875, et sa jeune femme quelques jours plus tard. Les impératrices Tse-an et Tsehi redevinrent régentes et leur neveu, le prince Tsaï-tien, âgé de quatre ans, fut désigné pour occuper le trône impérial de Chine sous le nom de Kouang-Su.
BiBL. : G. Dbvéria, Un Mariage impérial chinois ; Paris, 1887, in-16.
TOUNG-TCHÉOU. Ville du N.-E. de la Chine, dans la prov. de Tchi-li, à 17 kil. de Péking, sur le Pei-ho ; 100.000 hab. Cette antique cité, dont les hautes murailles sont aujourd'hui en ruines, est considérée comme le port de Péking : une route spéciale et un canal navigable relient ces deuxvilles. Ordinairement, Toung-tchéou est rempli de barques sur lesquelles on peut, de bordage à bordage, traverser la rivière. Son commerce est considérable : il consiste en fourrures, soieries, thé, riz, opium, porcelaines et frai de poisson. La population est cependant pauvre, par suite des inondations trop fréquentes des campagnes.
TO U N G -Il N G-Hou. Lac de la Chine centrale, à l'extrémité N.-E. delà prov. de Hou-nan. Il a environ 55 lieues de tour et s'étend à peu près, avec sa forme irrégulière, entre les 28« 45' — 29^30' de lat.N. et les 109° 30' — 110-^50' de long. E. ; son étendue varie, d'ailleurs, avec les saisons, suivant l'abondance des rivières qui s'y jettent, le Youen, le Sou et le Siang, et suivant la hauteur des eaux dans le Yang-tsé, auquel il est réuni par le canal de Toung-tingho ; en général, il n'est qu'une vaste dépression de terrains dont la profondeur ne dépasse pas 2 à 3 m. et de laquelle surgissent de nombreuses collines couvertes de pins et de tours bouddhiques. C'est ce lac qui donne son nom aux deux provinces centrales de Hou-pé (Nord du lac) et de Hou-nan (5 wc^dw te). A. Th.
TOUPAIE (Zool.) (V. Cladobate).
TOUPET (Coiff.)(V. Coiffure).
TOUPET DES Vignes (Edmond- Edouard-Ernest-Victor), homme politique français, né à Givet le 5 sept, 1816, mort à Givet le 21 juin 1882. De bonne heure il se lança dans la politique, fît de l'opposition sous le gouvernement de Juillet, et devint représentant des Ardennes à l'Assemblée constituante le 23 avr. 1848, et à l'Assemblée législative le 13 mai 1849. Il combattit la politique du prince président, et, dès le coup d'Etat du 2 déc, revint dans son département où il se contenta longtemps de ses fondions de conseiller général. Candidat malheureux au Corps législatif, en 1863, il fut élu député à l'Assemblée nationale le 8 févr. 187 1 . Membre du centre gauche, questeur de l'Assemblée (1874), il appuya la politique de Thiers et combattit celle du cabinet de Broglie. Sénateur des Ardennes le 30janv. 1876, et également questeur du Sénat, il fut un des opposants aux entreprises du gouvernement du 16 Mai.
TOUPIE. I. Jouet. — La toupie la plus ordinaire est en bois et en forme de poire. On enroule tout autour, un grand nombre de fois, une mince cordelette solidement tressée, le fouet. On en maintient l'extrémité dans la main en même temps qu'on lance vivement la toupie, la pointe vers le sol, et, en se déroulant, elle imprime à celle-ci son mouvement de rotation autour de son axe. Il arrive que cette rotation est si rapide que la toupid paraît immobile, et on dit alors qu'elle « dort ». Les enfants jouent à la toupie de diverses façons. Ils tracent, par exemple, sur le sol un cercle de 2 à 3 m. de diamètre, dans lequel chaque joueur lance sa toupie et où il la doit laisser jusqu'à ce qu'un autre joueur Tait « délivrée » avec la sienne, si elle n'en est sortie d'elle-même : c'est le jeu du rond. Ou encore un joueur désigné par le sort jette à terre sa toupie et chacun des autres la vise avec la sienne ; si l'un d'eux manque le but, il prend sa toupie dans la paume de sa main tandis qu'elle continue de tourner et la lance à nouveau, toujours tournant, sur ledit but ; s'il le manque encore, sa toupie prend la place de la première : c'est le ■jeu du moine. La toupie d'Allemagne est une toupie