TOUR
synchrone, on fait appuyer la touche sur la médaille, le burin, qu'on a amené au-dessus de la matière, trace dans celle-ci une courbe semblable à celle que le relief de la médaille fait décrire à la touche, mais réduite dans le rapport résultant de la distance ménagée entre les poupées. En déplaçant progressivement la barre de façon que la touche, partant du centre de la médaille, la traverse toute, on fait tracer à cette touche et, conséquemment, au burin une succession de courbes semblables, dont l'ensemble constitue, d'une part, la médaille, d'autre part, sa reproduction intégrale en réduction. Certains tours à portrait sont aussi disposés de façon à donner bosse pour creux et réciproquement : on peut alors d'une médaille faire un cachet.
II. Assistance publique. — Les anciens couvents étaient munis de tours, c.-à-d. d'armoires cylindriques, concaves d'un côté et convexes de l'autre, qui étaient enchâssées dans l'épaisseur du mur extérieur et qui tournaient sur pivot, de façon à pouvoir étabhr des communications avec le dehors sans que les nonnes recluses pussent voir ou être vues. De bonne heure, l'usage s'était établi de faire servir ces tours à l'abandon des enfants, et il en fut, par la suite, établi dans beaucoup d'hospices : la mère qui voulait se débarrasser de son nouveau-né agitait une sonnette placée près de l'appareil, que faisait pivoter la sœur de garde; le côté concave se présentait à la mère, qui y déposait l'enfant, et, la rotation s' achevant, celui-ci se trouvait amené à l'intérieur sans que la mère eût été vue. Les tours ne furent obligatoires en France qu'à partir de d841 ; l'art. 3 du décret du i9 janv. prescrivit qu'il y en aurait un dans chaque hospice d'enfants trouvés. Considérés par beaucoup d'économistes comme immoraux et successivement supprimés, à la suite d'abus, dans la plupart des départements, ils ne devaient pas survivre à la grande enquête de 486i (V. Enfants trouvés, t. XV, p. 4040).
III. Jeu. — Tour de cartes (V. Carte). TOUR DE France. Le compagnonnage [V, Compagnon
et Ouvrier), en établissant un lien d'amitié et de confraternité entre tous les ouvriers d'un même métier, tandis que la corporation ne s'étendait qu'à ceux d'une seule ville, eut, entre autres résultats, celui de faciliter les voyages à l'artisan qui, jusqu'au xiii^ siècle, n'avait eu d'autre horizon que les murs de la cité où il avait débuté comme apprenti. Dès lors la coutume s'établit pour lui, particuhèrement en France et en Allemagne, de se mettre en route au sortir de son apprentissage et d'aller travailler de ville en ville pour satisfaire ses goûts aventureux et compléter son instruction professionnelle. Grâce à l'affiliation du compagnonnage, il était sûr, en suivant l'itinéraire consacré, de trouver sur son chemin un accueil hospitalier et du travail. Arrivé dans une localité du parcours, il se rendait à l'auberge tenue par la mère du Devoir auquel il appartenait, s'y faisait reconnaître à l'aide de paroles et de signes de convention, était traité par elle de fils, et, qu'il eût de l'argent ou qu'il n'en eût pas, il avait droit au gîte, à la table, à des soins en cas de maladie, le tout à titre d'avance; du reste, la mère, à laquelle il devait égards et respect, était assurée de rentrer dans ses dépenses, car il ne tardait guère à trouver de l'occupation. Si l'ouvrage ne pouvait être partagé, c'était au compagnon le plus anciennement établi dans la ville de vider les lieux; puisqu'il avait appris tout ce qu'il avait à y apprendre, il était temps pour lui de compléter son pèlerinage. Le voyageur était renseigné sur les villes où il avait le plus de chances d'être embauché ; on lui signalait les bons et les mauvais maîtres. Son départ donnait lieu à une cérémonie appelée la conduite en règle, et qui s'accomplissait conformément au rite consacré pour chaque Devoir ; il y avait d'abord à obtenir le levage d'acquit, c.-à-d. que le routeur ou râleur, le compagnon dont c'était le tour d'être le factotum de l'association dans la localité, constatait qu'il avait rempli tous ses engagements et certifiait que sa conduite avait été honorable de tous points.
Le partant, enrubanné aux couleurs de son Devoir, portant la longue canne, ayant la boucle d'oreille symbolique du métier, son paquet sur l'épaule, prenait la tête de la colonne à côté du rouleur, et, derrière eux, les camarades, parés de même, marchaient deux à deux, entonnant leur chant de départ ; arrivés à une certaine distance de la ville, ils s'arrêtaient, vidaient quelques bouteilles, et l'on se séparait après avoir échangé les accolades d'adieu. Ainsi s'accomplissait le tour de France, dont les principales étapes étaient, en passant de Paris pour y revenir : Auxerre, Dijon, Chalon, Lyon, Clermont, Avignon, Marseille, Nîmes, Béziers, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, La Rochelle, Nantes, Angers, Saumur, Tours, Orléans ; l'on ne sait pourquoi le Nord et le Centre ne figuraient pas dans ce tracé.
Le tour de France est aujourd'hui à peu près tout ce qui a survécu des anciennes corporations ; mais il tend de plus en plus à tomber en désuétude. G. Sand, dans son Compagnon du Tour de France (4844), en a fait ressortir le caractère poétique ; elle y voit pour l'artisan une sorte de chevalerie errante, un pèlerinage qui le ramène au pays, instruit, assagi, le cœur élargi, l'imagination peuplée de précieux souvenirs. Il n'est point à supprimer, mais à corriger, à améliorer, comme le voulait Agricol Perdiguier, ancien compagnon menuisier sous le nom d'Avignonnais la Vertu. Peut-être lui est-il donné de renaître sous une nouvelle forme. Le principe en vertu duquel il avait été établi garde, en effet, toute sa valeur, et un certain nombre d'associations ouvrières songent à le faire revivre par l'organisation de l'assistance mutuelle en faveur de ceux de leurs adhérents que les chômages condamnent à chercher du travail de ville en ville. Déjà plusieurs syndicats ont pourvu à ce besoin par l'institution du viaticum ou secours de route, dont le service fonctionne régulièrement en Allemagne, en Autriche-Hongrie, en Belgique et en Italie, dans certaines corporations et principalement dans celle du livre.
En France, la fédération du livre et la fédération lithographique ont, dès l'année 1 884 , pris l'initiative d'un mouvement analogue. Le viaticum n'est pas un secours précaire et facultatif; il est délivré de plein droit au travailleur qui a versé un certain nombre de cotisations à une caisse commune : dans chacune des villes où il passe en quête de travail, il se rend chez le camarade préposé au viaticum, et son carnet de fédéré est pour lui une sorte de lettre de change. De sages règlements limitent le chiffre de l'allocation due à chacun et, comme il ne s'agit pas de favoriser le vagabondage et l'inconduite, les caisses sont rigoureusement fermées au voyageur qui a volontairement quitté la localité où il trouvait à s'occuper, ou qui, de passage dans une ville, a poursuivi sa route sans s'assurer s'il pouvait y être employé ; son livret doit absolument porter cette mention : parti sans travail. Le viaticum établi d'après ces principes est sans doute appelé à se généraliser tôt ou tard ; il sera un rajeunissement du tour de France dégagé de ses rites gothiques et de ses initiations enfantines. Marcel Charlot.
BiuL. : Lkvasseur, Histoire des classes ouvrières. — Nouveau dictionnaire d'économie politique. — Agricol Perdiguier, Livre du compagnonnage^ 1839.
TOUR (La). Com. du dép. des Alpes-Maritimes, arr. de Puget-Théniers, cant. de Villars ; 744 hab,
TOUR. Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Trévières ; 604 hab.
TOUR (La). Com. du dép. de la Haute-Savoie, arr. de Bonneville, cant. de Saint-Jeoire; 489 hab.
TOUR-Bl\nche (La). Com. du dép. de la Dordogne, arr. de Ribérac, cant. de Verteillac ; 574 hab. Stat. du cliem. de fer d'Orléans.
TOUR-d'Aigues (La). Com. du dép. de Vaucluse, cant. dePertuis,arr. d'Apt; 2.076 hab. Ruines du château (mon. hist.) des barons de Cental. Ce château, qui date de la fin du xvi^ siècle, forme un vaste parallélogramme de 80 m.
TOlitl
sui' 60 ; on y remarque surtout la porte d'entrée (belles sculptures) semblable à un arc de triomphe, les deux tours des angles et surtout la tour des Romains, au centre, laquelle ne date d'ailleurs gue du xi^ ou du xii'^ siècle. — — Eglise des xi*' et xii® siècles ornée de sculptures remarquables. Dans les environs, étang de la Bonde, dont les eaux viennent couler dans les fossés du château. J. M.
TOUR-d' Auvergne (Puy-de-Dôme) (V. La Tour-d'Auvergne).
TOUR DE France. Rivière du dép. des Pyrénées- Orientales (V. ce mot, t. XXVII, p. 1055).
TOUR-DE-SALVÂGNY(La). Com. du dép. du Rhône, arr. de Lyon, cant. de L'Arbresle ; 610 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
TOUR-DE-SçAY (La). Com. du dép. du Doubs, arr. de Besançon, cant. de Marchaux ; 2Ç8 hab.
TOUR-du-Meix (La). Com. du dép. du Jura, arr, de Lons-le-Saunier, cant. d'Orgelet; 308 hab. Les ruines d'un château brûlé en 1637, et succédant à une forteresse romaine, dominent les pittoresques gorges de l'Ain. Au hameau de Samt-Christophe est une vieille église (sculptures du xvi® s.).
TOUR-bu-Parc (Le). Com. du dép. du Morbihan, arr. de Vannes, cant. de Sarzeau ; 646 hab.
TOUR-du-Pin (La). Ch.-l. d'arr. du dép. de l'Isère, sur la r. g. de la Bourbre; 3.704 hab. (3.273 aggl.). Stal. du chem. de fer de Lyon à Grenoble. Papeterie, passementerie, ganterie, soierie. Anciennes fortifications ; maisons des xv^ et xvi« siècles. — Ce fut le centre d*une importante baronnie dont le chef Humbert P^ devint, en 1281, dauphin du Viennois (V. Dauphiné).
TOUR-en-Jarret (La). Com. du dép. de la Loire, arr. de Saint-Etienne, cant. de Saint-Héand ; 510 hab.
TOUR-en-Sologne. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. de Blois, cant. de Bracieux ; 732 hab.
TOUR-Saint-Gelin (La). Com.^du dép. d'Indre-et- Loire, arr. de Chinon, cant. de Richelieu ; 905 hab.
TOUR-sur-Orb (La). Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Bédarieux ; 1 .057 hab.
TOUR (Maurice-Quentin de La) (V. La Tour).
TOUR d'Auvergne (Famille de La). Famille noble française, qui, à la fin du xvi® siècle, recueillit par mariage la succession du duché de Bouillon (V. ce mot, t. VII, pp. 650-651).
TOUR d'Auvergne (Théophile-Malo Corret de La), soldat et savant français, né à Carhaix le 23 nov. 1743, mort à la bataille d'Oberhausen le 27 juin 1800. Descendant d'une branche bâtarde de la famille de Bouillon, élevé à Quimper et à l'Ecole militaire, il fit campagne dans l'armée espagnole, alliée de-la France contre l'Angleterre (1780-81). Devenu capitaine au régiment Angoumois-infanterie, il n'émigra pas et servit la Révolution sans accepter d'autre grade, dans la campagne de Savoie (1792), et, sous le général Servan, à Tarmée des Pyrénées occidentales. Placé, comme le plus ancien capitaine, à la tête de toutes les compagnies de grenadiers de cette armée (8.000 hommes), il se rendit célèbre par des prodiges de rapidité et de valeur. Il enleva, de nuit, la forteresse de Saint-Sébastien avec une seule compagnie et une pièce de î:5. Sa popularité le préserva d'une tentative de destitution comme noble. Après la paix de Bâle, il fut fait prisonnier par les Anglais dans la traversée de Bordeaux à Brest. Rentré en France en 1797, par échange, il fut réformé avec 800 fr. de pension et refusa, quoiqu'il n'eût que 1.600 fr. de revenu patrimonial, toute espèce de faveur. Il n'avait besoin que de laitage et de hvres. 11 s'était adonné, avec Le Brigant, à Tétude des origines celtiques et bretonnes, et avait publié, en 1792, Recherches sur la langue, Vorigine et les antiquités des Bretons^ pour servir à Vétude de ce peuple, dont la deuxième édition parut, très remaniée, en 1795, et la troisième (posthume) en 1802, sous le titre : Origines gauloises, celles des plus anciens peuples de l'Europe^
GRANDE encyclopédie. — XXXÏ.
puisées dans leurs vraies sources^ ou Recherches, etc. Retiré à Passy, il y travaillait à un Dictionnaire polyglotte comparé (demeuré manuscrit) lorsqu'il apprit que la conscription enlevait à son ami et collaborateur Le Brigant le dernier de ses vingt-deux enfants. Il obtint de le remplacer, et fit campagne en Suisse sous Masséna, comme simple soldat. Nommé « premier grenadier de la République » par Bonaparte, sur le rapport de Carnot, il refusa cette distinction, mais repartit pour l'armée du Rhin, sous Moreau, comme « le plus ancien ». Six jours après son arrivée, près de Neubourg, il était percé au cœur, d'un coup de lance, par un uhlan autrichien. Moreau fit élever un mausolée, restauré en 1837, au lieu même où il était mort, et l'armée entière porta son deuil pendant trois jours. Son nom resta inscrit en tête des registres de la 46^ demi-brigade, à laquelle il appartenait : et tous les jours, à l'appel de La Tour d'Auvergne, le plus ancien sergent répondait : Mort au champ d'honneur. — Une statue lui a été élevée à Carhaix. H. Monin.
BiBL. : Notice, par Mangourit, en tête de la 3« édition des Origines gauloises. — Quérard, France littéraire, t. IV, p. 603. — F. Kœnig, La Tour d'Auvergne; Tours, 1870, in-8. — Eugène Garcin, les Soldats-citoyens, La Tour d'Auvergne; Paris, 1880, in-16. —A. du Chatelier, La Tour d'Auvergne, sa statue et sa correspondance, dans la Revue des provinces de l'Ouest ; Nantes, 1856, in-8. — - A. BuHOT DE Kersers, Ic Premier Grenadier de France; Paris, 1895, in-8. — Capitaine Paimblant du Rouil, le Capitaine La Tour d'Auvergne- Corret... (préta.ce de J. Cla- RETiE) ; Paris, 1897, in-12.
TOU R DU Pin (La). Famille ancienne du Dauphiné, issue de la maison de La Tour d'Auvergne; le premier de ses membres mentionné paraît être, au x^ siècle, Géraud, seigneur de La Tour du Pin, marié à Gausberge, fille de Rerléon, vicomte de Vienne. Plusieurs branches de cette famille ont produit des hommes de guerre d'une certaine réputation. On peut citer : 1« La Tour du Pin Gouver- NET, dont le membre le plus connu fut René, chef protestant, né en 1543, mort en 1619; il combattit sans relâche pour la cause de la Réforme ; il rentra en grâce sous Henri IV ; Louis XIII érigea en marquisat sa terre de La Charce. Un autre membre de cette famille, Jean- Frédéric, général et député à l'Assemblée nationale, né en 1727, mort guillotiné en 1794, prit part aux guerres de la succession d'Autriche et de Sept ans ; ministre de la guerre de Louis XVI en août 1789, il se retira en nov. 1790, après avoir vainement tenté des réformes. Son fils, Frédéric-Séraphin, né en 1758, mort en 1837, passa aux Etats-Unis après la mort de son père, fut préfet d'Amiens et de Bruxelles sous l'Empire, ministre plénipotentiaire aux Pays-Bas sous la Restauration et ambassadeur à Turin en 1820; emprisonné comme partisan de la duchesse de Berry en 1832, il alla finir sa vie en Suisse, à Lausanne. — 2° La Tour du Pin de La Charge, dont un membre, Pierre, fut un chef protestant du temps de Louis XIII ; il se signala dans les guerres de religion du Dauphiné sous le nom de baron des Plantiers; un autre membre de la famille, Aynard- Louis-Gabriel, officier français, né en 1806, mort en 1855, fit la campagne d* Alger et prit part à toutes les expéditions à l'extérieur jusqu'à la guerre de Crimée. — 3» La Tour du Pin Monïauban, Hector, fils de René de La Tour du Pin-Gouvernet, chef des protestants du Dauphiné, fit sa soumission en 1626 et reçut le gouvernement de Montélimart. Son fils, Piené, né en 1620, mort en 1687, abjura le protestantisme, fut appelé au commandement de l'armée de la Catalogne en 1650, prit part aux guerres de son temps en Espagne, Italie, Allemagne, Hollande; en 1677, il était lieutenant général ; il reçut peu après le gouvernement de la Franche-Comté.
TOUR Dupin de La Charge (Philis de La), héroïne française, née à Nyons en 1645, morte à Nyons en 1703. Lors de l'invasion dans le Dauphiné du duc de Savoie Victor-Amédée II (1692), allié aux impériaux, M^^^ de La Tour se mit à la tête de ses vassaux et arrêta l'ennemi. Louis XIV, mis au fait de ses exploits, la fit venir à la