‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 135 sur 633 · ANNÉES · texte numérisé non relu

ANNÉES

Kilogr. Kilogr.

Les tourbes hollandaises sont grevées de frais de transport très élevés : 44 fr. 02 environ par tonne au départ d'Amsterdam pour Paris. Par wagon et, surtout par train complet, le prix peut être réduit presque de moitié ; le prix au départ sur wagon varie entre 45 et 25 fr. suivant les qualités et les années. Les tourbes sont indemnes de droits de douane.

Législation. L'exploitation des tourbières est régie en France par la loi du 40 avr. 4840 (art. 83 et 85) ; elle ne peut être entreprise que par le propriétaire du terrain ou avec son consentement, et seulement après autorisation de l'administration préfectorale (déclaration à la souspréfecture) . L'exploitant paie une patente spéciale et doit se conformer tant aux règlements sur la matière, qui ne diffèrent que fort peu de ceux édictés pour les carrières (V. ce mot), qu'aux prescriptions qui lui sont tracées, après enquête de l'ingénieur des mines de la circonscription, pour la conduite générale des travaux d'assèchement, d'extraction et d'écoulement des eaux. Souvent l'extraction n'est autorisée que pendant une période de l'année. Pour les tourbières communales, les conseils municipaux des communes intéressées sont naturellement consultés. Leur exploitation est dirigée, de fait, par les ingénieurs des mines. J. Troude.

BiBL. : BiÉLAwsKi, les Tourbières, la, Tourbe, 1892. — Bosc, Traité complet de la tourbe ; Paris, 1870. — Chal- LETON DE Brughat, la Tourbs. — Collet, Tourbières de Newbury ; Paris, 1857. — Commines de Marsilly, Etude des principales variétés de houilles et de tourbes, 1857. — Del VAUX, les Alluvions de VEscaut et les Tourbières ; Paris, 1835. — Fliche, Sur les tufs et les tourbes de Lasnée, 1889. — HiTiER, Journal de l'agriculture pratique, 1891 et suiv. — A. de Lappaeent, Traité de géologie ; Paris, 1900. — Larbalétrier, la Tourbe et les Tourbières ; Paris, 1901. — Lencauchez, Traité sommaire concernant la tourbe. -- Journal officiel, 1893 et 1894. — Risler, Géologie agricole ; Paris, 1897. -— Bull, de la Soc. d'Encour. pour l'industrie nationale ; Paris. 1881. — Bull, de la station d'expériences sur les tourbières ; Brème, 1878 et suiv. — VoELCKER, Travaux et Expériences ; Paris, 188ë.

TOURBE (La). Rivière du dép. de la Marne (V. ce mot, t. XXm, p. 249).

TOURBES. Com. du dép. de l'Hérault, arr. de Béziers, cant. de Pézenas; 892 hab.

TOURBILLON. I. Mécanique. — Les propriétés des mouvements tourbillonnaires d'un fluide ont été découvertes en 4858 par Helmholtz ; mais elles résultent implicitement des équations obtenues, dès 4845, par Cauchy, dans son Mémoire sur la théorie des ondes. Dans un fluide en mouvement, il existe à chaque instant et en chaque point trois directions rectangulaires qui demeurent rectangulaires au bout du temps dt. Mais le trièdre ainsi défini ne conserve pas une orientation invariable ; il est animé d'un mouvement de rotation autour d'un certain axe instantané. Helmholtz appelle ligne tourbillonnaire une ligne tangente en chacun de ces points à l'axe de rotation passant en ce point. Un tube tourbillonnaire est l'ensemble des lignes tourbillonnaires traversant une aire fermée infiniment petite. Si les forces agissantes admettent un potentiel, chaque tube tourbillonnaire renferme indéfiniment les mêmes molécules ; de plus, le produit de la section droite du tube par la vitesse de rotation est constant dans toute l'étendue du tube et constant dans la suite du temps. Une ligne tourbillonnaire ne se termine jamais à l'intérieur du fluide :

elle forme donc une courbe fermée ou bien elle se prolonge jusqu'à Tune des surfaces limitant la masse fluide. Une partie du fluide peut être dépourvue de tourbillons : s'il en est ainsi à un instant quelconque, la même partie reste toujours sans tourbillons. Ce dernier résultat a été énoncé, sous une autre forme, par Lagrange ; en pareil cas, les composantes de la vitesse sont les dérivées partielles d'une même fonction. Chaque tourbillon exerce une part d'influence sur les mouvements de toute la masse : Helmholtz a montré que, si le fluide occupe un volume illimité, chaque élément tourbillonnaire produit à distance finie une vitesse représentée par un vecteur identique à celui qui figure l'action exercée par un élément de courant sur un pôle magnétique. Les actions mutuelles de deux tourbillons isolés produisent des effets remarquables. On trouve, par exemple, que deux tourbillons circulaires de même sens et de même axe se meuvent dans le même sens, perpendiculairement à la direction de leurs plans, avec des rayons variables et se dépassent alternativement en passant l'un dans l'autre, sans se toucher. L. Lecornu.

H. Philosophie (V. Descartes).

liï. Météorologie. — Si la terre était couverte d'eau, la circulation atmosphérique s'y ferait, sous l'action solaire, par zones de courants, ascendants à l'équateur et vers 50*^-60° de latitude, descendants aux tropiques et aux pôles ; et il n'y aurait de tourbillonnement qu'aux pôles. Mais à cause des différences de température, cet ensemble subit des perturbations importantes : mouvements d'air convergents, près de la surface terrestre, autour de toute région plus chaude que celles qui l'entourent; divergents, autour des régions froides ; et l'action de la rotation du globe imprime à ces mouvements la forme tourbillonnaire.

Il y a trois sortes de tourbillons atmosphériques : 4*^ Les tourbillons fixes permanents : a. descendants, centrifuges, tournant de gauche à droite dans rhémisjjhère N., de droite à gauche, dans l'hémisphère S., établis sur les Océans, à la latitude des tropiques, près de la côte 0. des cinq continents (anticyclones permanents) ; b. ascendants, centripètes, tournant de droite à gauche dans l'hémisphère N, de gauche à droite dans l'hémisphère S. (minima d'Islande, de l'extrême N. et de l'extrême S. du Pacifique). — 2^ Les tourbillons fixes temporaires :

a. descendants, centrifuges, couvrant tous les continents de l'hémisphère N. pendant notre hiver, ceux de l'hémisphère S. pendant leur hiver (maxima continentaux d'hiver) ; b. ascendants et centripètes, couvrant nos continents pendant notre été, ceux de l'hémisphère S. pendant leur été (minima continentaux d'été). — 3^ Les tourbillons voyageurs : a. descendants et centrifuges, tout le long des deux tropiques, se soudant au côté 0. de l'anticyclone permanent qu'ils rencontrent, et en sortant par scission du côté E.;

b. ascendants et centripètes, se déplaçant vers l'O. entre les tropiques (cyclones, ouragans, typhons), vers l'E. dans les régions tempérées (bourrasques, dépressions barométriques); c. ascendants et centripètes, comme ceux-ci, mais de très petit diamètre, — de 4 m. à quelques centaines de mètres, — se déplaçant avec la dépression dont ils sont une infime perturbation (tourbillons de chaleur, trombes, tornades).

Deux théories principales ont été présentées pour expliquer la formation des grands tourbillons : l'une thermique, l'autre mécanique, celle-ci cherchant la cause dans la rencontre ou la superposition des courants atmosphériques, qui d'ailleurs naissent aussi de l'action solaire. Malgré le grand talent déployé par leurs auteurs, l'une et l'autre semblent être encore, en partie, prématurées. On pourra mieux discerner la part de vérité qu'elles renferment, quand les observatoires de montagne, les ballons-sondes et cerfs-volants munis d'enregistreurs nous auront mieux renseignés sur ce qui se passe, à toutes les hauteurs, dans l'intérieur et autour des mouvements tourbillonnaires. E. Durand-Gréville.

Page 1