‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 14 sur 633 · THOMISME - THOMSON · texte numérisé non relu

THOMISME - THOMSON

mot) et porta un rude coup au thomisme. Des catholiques devinrent cartésiens, gallicans et partisans de l'indépendance du pouvoir temporel; d'autres, comme l'abbé de Rancé, renoncèrent à la théologie thomiste. Jusqu'à la Révolution française, le nombre grandit sans cesse des hommes qui interrogent uniquement les sciences positives sur le monde, l'individu et la société, sur leur passé et leur avenir. Après la Révolution, les romantiques remettent le moyen âge en honneur, Lamennais veut démocratiser l'Eglise et détruire le gallicanisme, il abandonne le cartésianisme et revient au thomisme. Sous l'inspiration de Léon XIII, le mouvement s'est accentué dans le monde catholique. Saint Thomas est redevenu le maître par excellence des théologiens et des philosophes catholiques. Le néo-thomisme reprend en matière politique, religieuse et sociale, les principes formulés ou complétés au xiii^ siècle ; il s'efforce de substituer, dans le vieil édifice, les acquisitions modernes des sciences aux affirmations ruinées des péripatéticiens et de leurs successeurs.

François Picavet.

BiBL. ; V. la bibliogr. de l'art. Scolastique (où les sources générales et bon nombre de recherches particulières sont indiquées que nous ne reproduisons pas, surtout sur le néo4homisme). — Les Œuvres de saint Thomas ont été publiées : à Rome (1570); à Venise (1594); à Anvers (1612) ; à Paris (1660;; à Venise (1787); à Parme (1852-71) ; à Paris (1872). Une nouvelle édition a été entreprise sous la direction de Léon XIII. Outre les Histoires de la scolastique de Hauréau, de Wulff et surtout de Ueberweg-Heinze (1898) et les bibliographies de nos articles sur le néo-thomisme (art. Scolastique), on pourra consulter Ch. Jourdain, la Philosophie de saint Thomas d'Aquin; Paris, 1858. — Karl Werner, Der heil. Thomas vonAquino^ Regensb., 1858 et suiv.; la jReutte thomiste^ Paris et Fribourg; la Revue néo-scolastique, Louvain ; Der Katholikf Jahrbuch fur Philosophie und spéculative Théologie ; Philosophisches Jahrbuch. — Schutz, Thomas- Lexk;on^ etc., etc.

THOMOMYS (Zool.) (V. Géomys).

THOMPSON. Rivière de la Colombie britannique (V. ce mot, t. XI, p. 4031).

THOMPSON (Sir Benjamin), savant et homme d'Etat américain (V. Rumford).

THOMPSON (Sir Henry), chirurgien anglais, né à Framlingham le 6 août 4820. Il devint chirurgien de Fhopital d'University Collège en 4853, et professeur de clinique chirurgicale en 4866. C'est lui qui pratiqua la lithotritie, peut-être intempestivement, sur Napoléon III. Thompson a, en outre, fait de la peinture et exposé des tableaux à l'Académie royale de Londres et aux salons de Paris ; il a même écrit des romans sous le pseudonyme de Pen Oliver {Charley Kingstons aunt, 4885; AU But, 4886). Parmi ses ouvrages chirurgicaux, tous estimés, citons : The Pathology and treatment of stricture of the urethra (London, 4854, in-8, pi. ; ¥ édit., 4885) ; The enlarged prostata, its pathology... (Londres, 4858, in-8, pi. ; 6^ édit., Philadelphie, 4886) ; Practical lithotomy and lithotrity (Londres, 4863, in-8; 3® édit., 4880); Clinical lectures on diseases ofthe urinary organes (Londres, 4868, in-8 ; 8® édit., 4888 ; trad. fr., Paris, 4874, in-8 ; 4889, in-8) ; Or tumours of the bladder... (Londres, 4884, in-8; trad. fr., Paris, 4885, in-8) ; etc. D'' L. Hn.

THOMSEN (Asmus-Julius-Thomas), médecin danois, né à Kappeln (Schleswig) le 49 juin 4815. Médecin à Gelting, à Sieseby, à Kappeln, il est connu surtout par la maladie que, le premier, il a décrite et qui a conservé son nom (V. ci-après). Il a écrit plusieurs ouvrages et de nombreux articles.

Maladie de Thomsen. — On donne ce nom à une maladie héréditaire et congénitale, caractérisée par des spasmes limités et transitoires qui frappent les muscles de la vie de relation, au début des mouvements volontaires. Il se produit une raideur spasmodique d'un groupe musculaire, au moment où le malade commence à déplacer la jambe, par exemple, puis, après une durée de quelques instants, le spasme cesse et le mouve-

ment peut s'accomplir. Les muscles de la vie organique échappent à ces spasmes. La rigidité temporaire qui résulte du spasme entrave, bien entendu, le mouvement, et dans certains cas la chute du patient peut en être la conséquence. Ce sont les muscles de la partie inférieure du corps qui sont le plus habituellement frappés, mais aucun muscle de la vie de relation n'est épargné. La sensibilité cutanée, les réflexes, etc., sont normaux. Cette singulière maladie, qui n'atteint en rien la santé générale, débute peu de temps après la naissance, mais, bien qu'elle semble congénitale, elle peut ne^ se manifester que vers dix ou douze ans. Elle atteint plusieurs membres d'une même famille. La cause en est encore parfaitement inconnue. Le traitement qui semble donner les meilleurs résultats, en diminuant la fréquence et l'étendue des spasmes, sans d'ailleurs les faire disparaître, consiste en mouvements de gymnastique systématique et en massage.

THOMSEN (Hans-Peter-Jôrgen-Julius), chimiste danois, né à Copenhague le 46 févr. 4826. Entré, ses études terminées, dans l'enseignement, il est devenu en 4866 professeur de chimie à l'Université de Copenhague et en 4883 directeur de l'Institut technique de celte ville. Il a été l'un des précurseurs immédiats de la thermochimie ^(V. Chimie, t. XI, p. 70 et Calorimètre, t. VIII, p. 970). Il a créé, d'autre part, Tindustrie de la cryolite et il a pris la direction, en 4865, d'une société danoise pour l'exploitation des gîtes de ce minéral. Il a publié dans les recueils et périodiques spéciaux de nombreux mémoires et articles. Il les a réunis en partie sous le titre : Thermochemische Untersuchungen (Leipzig, 4882-86, 4 vol.).

THOMSEN (Vilhelm-Ludvig-Peter), philologue danois, né en 4842, professeur à l'Université de Copenhague. Il est surtout connu par ses études comparatives sur les langues germaniques et baltiques : la Langue magyare (en danois, 4867) ; The Relations between ancient Russia and Scandinavia (4876); Relation entre les langues finnoise et baltique (en danois, 4889); Inscriptions de l'Orkhon, I, II (en français, dans Mémoires de la Société finno-ongrienne; Helsingfors, 4894-96, prix Volney), etc. On a aussi de lui une dissertation française sur 1'/ parasite (4876). Th. C.

THOMSON (James), poète anglais, né à Ednam (comté deRoxburgh) en sept. 4700, mort le 27 août 4748. Fils d'un pasteur et petit-fils d'un jardinier, il fit ses études à l'Université d'Edimbourg, s'affilia au club frondeur des « grotesques », résolut de se consacrer uniquement à la httérature et, dans ce but, vint s'établir à Londres en 4725. Fort bien accueilli par lord Minto et Duncan Forbes, il dut occuper, pour vivre, les fonctions de précepteur du jeune Thomas Hamflton (lord de Haddington). Elles lui laissaient des loisirs qu'il donnait à la lecture, à la poésie et à la fréquentation des grands hommes du temps, Gay, Pope, Arbuthnot. En 4726, il publiait un poème, Winter (Londres, in-foL), qui attira tout de suite l'attention des lettrés et qui lui valut l'admiration et l'amitié de deux femmes du mo-nde, Frances Seymour, duchesse de Somerset, et Sarah Sloane, qui firent beaucoup pour propager sa naissante réputation. Bientôt parurent Summer (Londres, 4727, in-8) ; Spring {inS);Autumn (4730). Ces poèmes réunis formèrent The Seasons (Londres, 4730, in-4), qui ont rendu fameux le nom du poète. Thomson', aussitôt devenu auteur célèbre, résolut de se faire applaudir au théâtre. Sa tragédie de Sophonisba, donnée à Drury Lane le 28 févr. 4730, pâle imitation d'Oiway, n'eut qu'un succès d'estime et disparut de la scène après dix représentations. Thomson, maintenant précepteur de Charles Richard Talbot, fils du chancelier, voyagea en France et en Italie avec son élève. Celui-ci étant mort en 1733, le poète qui n'était pas riche devint secrétaire du père, et en 4738 obtint une pension du prince de Galles. Libre de soucis pécuniaires, Thomson put donner tout son temps à la revision de sa maîtresse œuvre, les Saisons ; à la corn-

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