‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 140 sur 633 · TOURNAGE — TOURNAI · texte numérisé non relu

TOURNAGE — TOURNAI

rie en vue d'arrondir leur forme extérieure et de les préparer à l'alésage, au filetage, etc. On y emploie les tours ordinaires : tour à la main, à chariot, à pointes, en l'air (V. Tour).

IL Céramique (V. Céramique).

TOURNAI (flamand Doornik), Ville de Belgique, ch.-l. d'arr. judiciaire et administratif de la prov. de Hainaut, sur l'Escaut, qui coupe la ville en deux parties presque égales, à 49 kil. S.-N.-O. de Mons, siège d'un évêché sufl'ragant de l'archevêché de Malines. Le diocèse de Tournai comprend toute la prov. de Hainaut ; 30.000 hab. Stat. du chem. de fer de Bruxelles à Lille-Calais, tête de ligne vers Renaix, Courtrai, Orchies, Saint- Amand et Saint-Ghislain. Fabriques de bonneterie, de rubans, de tulles, de tissus de laine et de coton, tanneries, poteries, blanchisseries de toiles, imprimeries. Les principales industries de Tournai étaient autrefois les tapisseries et les faïenceries ; elles ont aujourd'hui presque entièrement disparu. Athénée royal. Ecole moyenne de l'Etat pour filles, école de musique, école industrielle, grand séminaire, collège des Jésuites, nombreux établissements conventuels d'enseignement et de bienfaisance. Bibliothèque publique importante ; riches archives communales. La Société historique et littéraire de Tournai a publié 53 volumes de mémoires depuis 4845.

Monuments. — La cathédrale de Notre-Dame est un des édifices les plus imposants de l'Europe. L'église primitive

Cathédrale de Tournai.

fut détruite par les Normands en 882 ; la cathédrale actuelle fut commencée vers 1030. La nef est de style roman, le transept, où apparaît l'ogive, appartient au xiii® siècle ; le chœur, consacré en 1338, est un magnitique spécimen du style ogival. Le grand portail, originairement de style roman, est précédé d'un porche à arcades gothiques, aussi du xiv« siècle. Quatre tours s'élèvent dans les angles du transept, une sur la croisée et deux petites à la façade. L'intérieur a été restauré d'une manière très heureuse, de 1852 à 1870. Il est divisé en trois nefs. La longueur de la grande nef, depuis le portail extérieur jusqu'au transept, est de 54"^, 37, et sa largeur d'un pilier à l'autre de 9"^,66. La longueur du transept est de 64™,60, et sa largeur de la nef au chœur de 33"^,40. Sa hauteur, depuis le pavé jusqu'au point le plus élevé de la lanterne, est de 48"^, 50. La longueur du chœur est de 59™, 16 ; sa largeur, non compris les basses ailes, est de 12"*, 35, et sa hauteur intérieure, du pavé à la voûte, est de 33 m. Le chœur est orné de belles verrières modernes dues à J. Capronnier. Il est précédé d'un jubé fort riche, en marbre blanc et noir, exécuté en 1566 par C. de Vriendt. La cathédrale est ornée de tableaux

de Lancelot Blondeel, de Stuerbout, de G. Matzys,.de Jordaens, de Collait, de sculptures de Duquesnoy, de Lecreux, de Rubens, de Choisez. On y voit aussi la chasse de saint Eleuthère, en argent doré, de style roman, de 1247, et celle de saint-Piat, de 1280. Le trésor contient des tapisseries remarquables, des reliquaires somptueux, notamment le reliquaire de la Sainte Croix, qui date de l'époque mérovingienne, etc. L'église romane de Saint- Piat est du xi« siècle. L'église de Saint-Quentin, de la même époque que Notre-Dame, est du style de transition. L'église de Saint-Brice, du xii® siècle, renfermajt le tom-

Le Pont des Trous, à Tournai.

beau de Childéric (f 480), roi des Francs ; on le découvrit en 1653, et on y trouva un grand nombre d'objets curieux, aujourd'hui déposés pour la plupart à la Bibliothèque nationale de Paris. Le Beffroi, restauré en 1852, a été construit au xii« siècle; c'est une tour carrée de style ogival primaire, flanquée de quatre contreforts, terminés par des clochetons surmontés de statues modernes représentant les types des anciens serments de la commune : archers, arbalétriers, porte-glaives et canonniers. La Halle aux draps, édifice de la Renaissance, sert actuellement de musée ; on y voit des tableaux remarquables de Roger Van der Weyden, Mabuse, Van Oost, Lebrun, et la fameuse toile de Gallait, connue sous le nom de les Têtes coupées y représentant l'exposition des cadavres des comtes d'Egmont et de Hornes. Le musée archéologique contient des ivoires, des faïences, des médailles, des manuscrits à miniatures, entre autres le livre d'heures du roi Henri VHI d^'Angleterre. Le pont des Trous, vieux pont aux arches en ogive, avec une tour à chaque bout, date de la fin du XIII® siècle. L'hôtel de ville est l'ancienne abbaye de Saint- Martin ; il est entouré d'un magnifique parc public. Le Palais épiscopal, du xv® siècle, restauré au xvii® et au xviii®. La gare du chemin de fer, œuvre de Beyaert, dans le style de la Renaissance flamande, est la plus belle de tout le réseau belge. On voit à Tournai les statues de : Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy, par Dutrieux ; de B. Dumortier, botaniste et homme d'Etat, f 1878, par Fraikin ; du peintre L. Gallait, par G. Charlier. La ville a conservé un grand nombre de maisons anciennes parmi lesquelles il en est de fort curieuses.

Hommes célèbiœs. — Saint Eleuthère (f 532) ; Heriman, chroniqueur (xu« siècle) ; Gilles Le Muisit, chroniqueur (t 1352) ; Isaac Lemaire, navigateur (f 1617) ; L. Gallait, peintre (f 1887).

Histoire. — Tournai était déjà une cité importante à l'époque romaine. Les premiers rois mérovingiens y établirent leur capitale. Charles le Chauve donna Tournai et le Tournaisis à son gendre Baudouin Bras de fer, comte de Flandre. En 881, la ville fut détruite par les Normands. Elle fut reconstruite au commencement du x^ siècle par un personnage dont on ne connaît pas le nom, qui s'empara des terres vacantes, construisit un château sur la r. dr. de l'Escaut, prit le titre de châtelain de Tournai, et exerça de fait l'autorité suprême, tout en se reconnaissant l'homme lige de l'évêque. Les luttes d'influence entre le châtelain d'une part, Tévêque et la commune de l'autre, se prolongèrent jusqu'au xiv« siècle. A cette époque (1313), Baudouin de Mortagne, le dernier châtelain, vendit ses

droits à Philippe le Bel. Charles-Quint s'en empara en 1524, et, depuis lors. Tournai suivit la fortune des Pays- Bas. La ville avait une grande importance stratégique. Entourée de murs par Philippe le Bel en 1295, elle subit de nombreux sièges en 1340, 1513, 1521, 1581, où elle fut défendue contre le duc de Parme par Christine de Lalaing, princesse d'Epinoy, qui se mit à la tête de la garnison, en remplacement de son mari absent, fut blessée, en repoussant un violent assaut, et ne capitula qu'après avoir perdu les trois quarts de ses troupes. Louis XIV s'empara de Tournai en 1667, mais dut restituer la place à la paix d'Utrecht; Louis XV la prit après la bataille de Fontenoy en 1745 ; elle tomba au pouvoir des Français en 1792 et en 1794. La forteresse avait été considérablement développée sous le régime hollandais ; elle a été démantelée en 1869. Tournai avait été ravagée par la peste en 1426, et souffrit cruellement de la famine pendant les années 1437-1438.

EvÊQUEs : saint Piat, -j- 487 ; saint Eleuthère, f 532 ; saint Médard, f 556. Sous l'épiscopat de saint Médard, les diocèses de Tournai et de Noyon furent réunis, sans être confondus, sous la direction du même titulaire, et cet état de choses se prolongea jusqu'en 1146 (V. Noyon, t. XXV, p. 123); Anselme, f 1149 ; Gérard, f 1166 ; Gautier, f iiTl ; Everard, f 1191 ; Etienne, f 1203 ; Goswin. 1218 ; Walter de Marvis, f 1251 ; Walter Crucius, f 1261 ; Jean Buchianus, f 1266 ; Jean d'Enghien, transf. à Liège en 1294; Philippe de Meuse, f 1282; Michel deWarenghien, f 1291 ; JeanWasonius, f 1300 ; Guido de Boulogne, transf. à Cambrai en 1324 ; Guillaume Ventadour, f 1333 ; André Ghini, résigne Tévéché en 1342 ; Jean des Prés, f 1349 ; Pierre deForest, transf. à Paris en 1350; Philippe d'Arbois, f 1377; Pierre d'Auxy, 1389 ; Louis de la Trémouille, f 1410 ; Jean de Thoisy, f 1433 ; Jean de Harcourt, transf. à Narbonne, 1436 ; Jean Chevrot, f 1460 ; Guillaume Filastre, f 1473 ; Ferry de Clugny, 1483 ; Jean Monisart, f 1484 ; Charles du Hautbois, f 1513 ; Louis Guillard, transf. à Chartres en 1524 ; Charles de Croy, f 1564 ; Guibert d'Ongnies, f 1574 ; Pierre Pintaflour, f 1580 ; Max Morillon, f 1586; Jean Venduille, f 1592; Michel d'Esne, f 1614; Max Villain, f 1644 ; François Villain, 1 1660 ; Gilbert de Choiseul, f 1689 ; François de Caillebot de la Salle, abdique en 1705 ; Louis de Coëtlogon, f 1707; Bené de Beauveau, transf. à Toulouse en 1713; Jean-Ernest de Lôwenstein-V^ertheim, f 1731 ; François- Ernest de Salm-Reifferscheid, f 1770; vacance du siège de 1770 à 1776; Guillaume-Florent de Salm-Salm, transf. à Prague en 1793 ; François-Joseph Hirn, f 1819 ; vacance du siège de 1819 à 1829; Jean-Joseph Delplanque, f 1834 ; Gaspart-Joseph Labis, f 1877 ; Edmond Dumont^ déposé en 1 88 1 ; Victor Duroussaux, f 1 897 ; Charles-Gustave VValravens.

Les armoiries de Tournai sont : De gueules chargées d'un fort d'argent donjonné de trois tours de même; au chef cousu d*azur, chargé de trois fleurs de lis d'or. Vécu timbré d'une couronne d'or, E. H.

Concile de Tournai (Tornacense concilium), tenu vers 527. Saint Eleuthère y prononça un sermon sur la Trinité ^ qui est reproduit dans les Actes de ce concile.

BiuL. : CouRiN, Histoire de Toinmny ; Douai, 1619, 2 vol. iii-4. -— PouTRAiN, Histoire de la ville et cité de Tonrnmj ; La Haye, 1750, 2 vol. in-4. ~ Hoverland de Bauvelaere, Essai chronologique pour servir à Vhistoire de Tournai; Tournai, 1805-34, 1)7 vol. in-12. — A. Chotin, Histoire de Tournai et du Tournaisis ; Tournai, 1840, 2 vol. in-8. — J. Leîmaistre d'anstatng, Recherches sur l'histoire et l'architecture de Véglise cathédrale de Notre-Dame de Tournai ; Tournai, 1842, 2 vol. — F. Hennebert, Archives tournaisiennes ; Tournai, 1842, in-8. — A. Soil, Tournai archéologique en 1895 ; Tournai, 1895, in-8. — A. d'Her- BOMEZ, Histoire des châtelains de Tournai de la maison de Mortagne; Tournai, 1895, 2 vol. in-8. — G. Kurth, Clovis ; Paris, 1900, 2 vol. in-8. — D^" F. Desmons, Table méthodique des matières contenues dans les bulletins et mémoires de la Société historique et littéraire de Tournai; Tournai, 1900, in-8.

GRANDE ENCYCLOPÉDIE. — XXXL

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