‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 144 sur 633 · TOURNEUX — TOURNOI · texte numérisé non relu

TOURNEUX — TOURNOI

de la Révolution française, 4898). Il a donné enfin de nombreux articles à la Grande Encyclopédie.

TOURNEVILLE.Com. du dép. de l'Eure, arr. et cant. (N.) d'Evreux;166 hab.

TOURNEVIRE (Mar.). Câble sans fin, constitué par un cordage très fort, garni, dans sa longueur, de pommes et terminé à chacune de ses extrémités par un œil destiné à les réunir. La tourne vire s'enroule au cabestan pour virer, par son intermédiaire, les câbles trop gros pour pouvoir y être directement garnis, ce qui est le cas des câbles d'ancres. Elle fait le tour du navire en dedans, sur l'avant, et, au moj^en de garcettes, que les pommes empêchent de glisser, on l'amarre sur le câble. On s'en sert, du reste, de moins en moins.

TOURNEVIS (Tech.). On désigne sous le nom de tournevis un outil, sorte de ciseau en fer ou en acier servant, comme son nom l'indique, à serrer et desserrer les vis.

TOURNIAC. Com. du dép. du Cantal, arr. de Mauriac, cant. de Pleaux ; 639 hab.

TOURNIER (Victor-Fernand- Albert), littérateur et historien français, né à Pamiers ( Ariège) le 24 mai 48o5. Avocat à la cour d'appel de Paris, et depuis 1894 bibliothécaire du ministère de l'instruction pubhque et des beaux-arts, Albert Tournier a collaboré à la République française, sous la direction de Gambetta, puis successivement à V Evénement, à Germinal, au Figaro, au Matin, etc. Il a fait paraître dans ces journaux et dans diverses revues : Pievue bleue. Revue internationale. Revue des Revues, Pievue occidentale, d'importantes études sur la Révolution. Vice-président du Félibrige de Paris et de la Cigale, dont il fut, dans de mémorables circonstances, l'éloquent porte-parole, Tournier a pris une très large part au mouvement de décentralisation artistique et littéraire qui aboutit aux représentations nationales du Théâtre antique d'Orange, qu'il présida en 1900 comme délégué du gouvernement. Albert Tournier a été candidat de concentration républicaine aux élections législatives de 1898, dans son pays d'origine oU il obtint 8.360 suffrages contre le député sortant. « C'est un artiste et un historien », a dit Jules Claretie dans la préface de Vadier, magistrale étude que Tournier a consacrée au grand conventionnel de l' Ariège. Ses œuvres répondent à ce double titre : le Chansonnier provençal (1888) ; Des Alpes aux Pyrénées, en collaboration avec Paul Arène (1890); En terre d'oc (1897); Gambetta, souvenirs anecdotiques (1892); l'Epopée garibaldienne, Avec illustrations du général Bordone, ancien chef d'étatmajor de l'armée des Vosges (1893) ; Vadier, président du comité de Sûreté générale sous la Terreur (1896); la Fin des Conventionnels (1901). P. Maryllis.

TOURNIÈRES. Com. du dép. du Calvados, arr. de Bayeux, cant. de Balleroy ; 230 hab.

TOURNIOLE (Pathol.) (V. Panaius).

TOURNIQUET. I. Technologie. — On désigne sous le nom de tourniquet un appareil destiné à forcer les piétons à ne passer qu'un à un. Il se compose d'une croix de bois ou de métal pouvant pivoter autour d'un axe vertical. Les tourniquets sont parfois munis d'un compteur qui dénombre les personnes qui s'en servent. On nomme également ainsi un jeu de hasard formé d'une roue mobile autour de son axe et portant des pointes entre lesquelles sont inscrits des numéros et d'un index fixe qui sert à indiquer le numéro gagnant : celui devant lequel il se trouve placé quand la roue ayant fini sa rotation s'arrête. Tout dispositif formé d'une pièce de bois ou de métal pouvant tourner autour d'un axe fixe et servant, suivant sa position, à fixer ou laisser libres certains objets est également appelé tourniquet. E. Laye.

II. Physique. — Tourniquet électrique. — Petit instrument destiné à montrer le pouvoir des pointes : il se compose d'un petit équipage mobile formé par une tige de cuivre terminée en pointes et recourbée en sens inverse à ses deux extrémités ; au milieu de la tige se trouve

une chape que l'on peut poser sur une pointe servant de pivot. En électrisant l'appareil, le fluide électrique s'échappe par les pointes, et la répulsion de l'air ainsi électrisé fait tourner l'appareil.

Tourniquet hydraulique. — Cet appareil se compose d'un vase plein d'eau, mobile autour d'un axe vertical et de deux tuyaux disposés horizontalement et recourbés de façon à former à eux deux une S ; tant que les deux ouvertures de ces tuyaux restent fermées, le vase est immobile parce que les diverses pressions de l'eau sur les parois s'équilibrent ; mais si l'on vient à déboucher ces tuyaux, la pression qui était exercée sur le bouchon et qui neutralisait une pression égale et directement opposée n'existe plus, et cette dernière seule agit en communiquant au vase un mouvement en sens inverse de celui de l'eau qui s'écoule. On peut voir dans cet appareil le principe des turbines que l'on utilise en grand dans l'industrie. A. JOANNIS.

III. Chirurgie. — Le tourniquet est un compresseur formé de deux pelotes, l'une immobile, l'autre mobile à l'aide d'une vis dont Fécrou est fixé à la pelote fixe. On connaît le tourniquet de G.-L. Petit, de Larrey, etc. Cet appareil sert à arrêter par compression le cours du sang dans les vaisseaux un peu volumineux ; il est employé dans la cure lente des anévrismes. D** S. Morer.

TOURNIS (Méd. vét.). Maladie déterminée par la présence dans le cerveau d'un tœnia (V. ce mot, p. 866), et caractérisée par une tendance au vertige, par l'inclinaison de la tête d'un côté ou de l'autre, par le tournoiement, etc., suivis bientôt d'amaigrissement, de diarrhée et enfin de mort au bout de trois à six semaines. Le tournis est plus fréquent chez les jeunes animaux. Les individus malades doivent être éloignés de la reproduction.

TOURNISSAN. Com. du dép, de l'Aude, arr. de Carcassonne, cant. de Lagrasse; 356 hab.

TOURNOL Combat simulé, usité au moyen âge. En remontant aux origines, on en retrouve des traces en France au ix® siècle, époque à laquelle Nithard fait mention de manœuvres équestres pratiquées dans les armées de Charles le Chauve et de Louis le Germanique. Les tournois proprement dits étaient déjà constitués, dans leurs traits essentiels, au xi^ siècle. Un chevalier tourangeau, Geoffroi de Preuilly, en codifia les règles vers le milieu du xi® siècle. Ils se répandirent dans tous les pays de l'Europe et même jusque dans l'empire byzantin. Leur origine française était rappelée, au commencement du xm^ siècle, par le chroniqueur Mathieu de Paris, qui les appelle « la petite guerre française » {conflictus gallici). Les tournois deviennent très nombreux, depuis 1 160 environ, principalement dans le N. de la France et dans la Flandre. Le xiv® siècle, époque de grand perfectionnement dans les armures défensives, vit l'apogée des tournois et des joutes. Les tournois cessèrent au commencement du xvi^ siècle, et les joutes tombèrent en discrédit en France depuis l'accident et la mort de Henri JI (1559), mais elles restèrent encore en usage, principalement en Allemagne, jusqu'au milieu du xvii« siècle. Les papes et les rois interdirent souvent les tournois, toujours prohibés en temps de croisade. Saint Bernard fit entendre également ses protestations. Les papes et les conciles réitérèrent leurs défenses en 1130, 1148, 1179, 1201, 1245, 4279, 1311, etc. Les rois de France promulgué rent des prohibitions, généralement temporaires, depuis saint Louis jusqu'à Philippe le Bel, qui rendit à ce sujet une ordonnance spéciale (1312), depuis renouvelée plusieurs fois (1361, 1405, etc.). A partir du xii® siècle, le tournoi fut complètement remplacé par le carrousel (V. ce mot), qui ne consista plus qu'en jeux d'adresse inoffensifs, notamment la bague, la canne, le faquin (V. ces mots).

Le tournoi proprement dit était un combat par masses ou à la foule, comme dans une bataille véritable. Le cérémonial des tournois ne fut pas d'abord compliqué. A

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