‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 155 sur 633 · TRACÉ — TRACHÉE · texte numérisé non relu

TRACÉ — TRACHÉE

possible, étant donnée leur épaisseur considérable, de surveiller les abords de la fortification, et l'on dut, pour obvier à V angle mort (V. Angle, t. II, p. 1.1J5), recourir aux flanquements (V. ce mot). Les moineaux ou caponnières (V. ce mot), les galeries de contrescarpe (V. Casemate), suffirent d'abord à l'assurer. Puis les ingénieurs cherchèrent à l'obtenir par le tracé même de la fortification, en disposant les crêtes de feu de façon à ce qu'elles se flanquent réciproquement. A l'art. Fortification, on trouvera un historique détaillé des transformations qu'a subies ce tracé. Au tracé en crémaillère^ dans lequel les différentes crêtes se succèdent parallèlement (V. Crémaillère), et au tracé tenaillé, dans lequel les faces sont interrompues pour donner place à un saillant de forme triangulaire qui les flanque, succéda, vers la fin du xvi® siècle, un tracé à flanquement complet, le tracé baslionné (V. Bastion), qui fut imaginé par l'Italien Paccioto d'Urbin et qui, amélioré par Vauban, constitue aujourd'hui encore, avec le tracé polygonal, dû au marquis de Montalembert, l'un des deux systèmes de tracés à peu près exclusivement employés. Le dernier est toutefois plus spécialement réservé pour la construction des ouvrages ayant, comme les forts détachés, des fronts inférieurs à 350 m.

trace-Roulis (Mar.) (V. Bateau, t. V, p. 7^5).

TRACHÉE. I. Anatomie. — La trachée est un canal membrano-cartilâgineux béant, qui s'étend du larynx aux bronches et descend du cou dans le thorax, en avant de l'œsophage. Il représente un cylindre aplati en arrière, d'une épaisseur, d'une longueur et d'un diamètre variable, selon les animaux. Ce canal aérien a 2 ou 3 millim. d'épaisseur chez l'homme, près de 2 centim. de diamètre et 42 centim. environ de longueur. Il se compose d'une série de seize à vingt anneaux cartilagineux, incomplets en arrière, qui sont superposés les uns au-dessus des autres et comme enchâssés dans une gaine fibreuse, de sorte que la trachée est un conduit constitué alternativement par des anneaux cartilagineux et des anneaux fibreux. La gaine fibreuse existe seule en arrière où elle est renforcée par une couche de fibres musculaires lisses qui s'étendent transversalement d'une extrémité à l'autre des demi-anneaux cartilagineux. Au-dessous de cette couche musculaire existent des fibres longitudinales élastiques, et le squelette fibro-cartilagineux du canal est tapissé à son intérieur d'une membrane muqueuse recouverte d'un épithélium cylindrique stratifié à cils vibra tiles. Cette muqueuse est infiltrée de follicules clos et renferme des glandes en grappes dont le canal excréteur vient s'ouvrir à la surface intérieure de la trachée. Le premier cartilage de ce canal est uni au cartilage cricoïde du larynx (membrane trachéocricoïdienne), et le dernier porte un éperon de façon à constituer les deux premiers demi-anneaux des bronches. Les artères de la trachée viennent des thyroïdiennes, des thymiqueset des bronchiques ; les veines vont aux thyroïdiennes inférieures ou aux œsophagiennes. Les lymphatiques se rendent aux ganglions péri-trachéaux, et les nerfs proviennent des récurrents et des plexus pulmonaires. La trachée a pour usage de transmettre l'air de la respiration. Chez certains animaux, ses anneaux cartilagineux sont complets (Bœuf, Eléphant, Cétacés, Oiseaux).

Ch. Debierre.

IL Physiologie. — La trachée forme le conduit supérieur des voies aériennes, depuis le larynx jusqu'aux bronches. Sa longueur varie successivement avec celle du cou, et, chez les mammifères, elle atteint son maximum chez la girafe. Placée sur un plafa relativement superficiel, elle n'est séparée de la peau, dans sa partie supérieure, que par du tissu conjonctif etl'accolementdessterno-hyoïdiens. Cette disposition facilite l'ouverture chirurgicale de la trachée (trachéotomie) , opération rendue nécessaire, quand les voies supérieures sont obstruées [par un corps étranger, par l'œdème de la glotte et surtout par les fausses membranes diphtéri tiques. Toutefois, il ne faut pas oublier que

de chaque côté de la trachée courent les artères carotides, dont la lésion est toujours grave, sinon mortelle, et que l'œsophage peut déborder légèrement à gauche, surtout par suite des mouvements imprimés à la trachée pendant la trachéotomie.

La trachée est constituée par des anneaux dont la moitié antérieure seule est cartilagineuse, la partie postérieure restant molle et dépressible pour faciliter le passage du bol alimentaire dans l'œsophage. La muqueuse trachéale possède un épithélium vibratile, dont les mouvements se font des terminaisons des bronches vers le larynx ; ce mouvement est adapté pour empêcher les poussières et avec elles les agents microbiens de pénétrer dans le poumon. Ramenés ainsi vers le larynx, ces corps étrangers viennent en contact avec la surface inférieure de la muqueuse des cordes vocales, qui possède une sensibifité exquise. C'est de cette région, en etfet que part l'excitation réflexe, provocatrice de la toux, l'expiration spasmodique qui constitue la toux ayant pour objet l'expulsion des agents dangereux introduits dans les premières voies aériennes.

m. Pathologie. — On trouvera aux art. Cou et Larynx l'étude des tumeurs du cou et des affections du larynx qui se confond en grande partie avec l'étude de celles qui peuvent atteindre la trachée. Une mention spéciale est due cependant aux rétrécissements de la trachée qui peuvent siéger en des points divers, soit dans la partie supérieure de la trachée, soit dans la partie inférieure ou moyenne, et reconnaître pour cause, soit une cicatrice, soit plus souvent une tumeur du voisinage. Le symptôme dominant est la gêne respiratoire ; en même temps il existe un bruit de cornage accentué. Il existe des rétrécissements syphilitiques de la trachée, qui, dans ce cas, cèdent au traitement systématique. Dans le cas où la compression est due à une tumeur opérable, elle doit être enlevée ; si les accidents asphyxiques sont menaçants et si le siège du rétrécissement n'est point placé trop bas, il faut recourir à la trachéotomie.

IV. Chirurgie. — La trachée, située à la partie médiane et inférieure de la région antérieure du cou, peut être atteinte dans les traumatismes si divers de cette région. Sans parler des ruptures de la trachée produites par de violents efforts respiratoires ou par des secousses énergiques de toux, on observe des sections plus ou moins complètes de la trachée dans les tentatives d'homicide ou de suicide ordinairement produites par des instruments tranchants. Le plus souvent tailladées, irrégulières, ces blessures de la trachée s'accompagnent, mais moins souvent cependant qu'on ne le croirait, de lésions des gros vaisseaux du cou, de Tœ^sophage, etc. On observe rarement des piqûres de la trachée qui, d'ailleurs, ne donnent le plus souvent lieu à aucun symptôme ; rarement aussi, on observe des plaies par armes à [feu, qui, même à la guerre, sont peu fréquentes. Les plaies de la trachée sont larges ou petites, sans relations nécessaires avec les dimensions de la plaie cutanée. Elles permettent un écartement plus ou moins grand des deux lèvres de la plaie ; maximum dans les sections totales du conduit aérien, cet écartement augmente par l'extension de la tête ou par une forte inspiration. Elles s'accompagnent fréquemment d'hémorragies de voisinage ou de la muqueuse de la trachée, d'où le danger très grand de la pénétration du sang dans les voies aériennes; dans les cas de plaie cutanée étroite, on a à redouter l'emphysème sous-cutané. La constatation de cet emphysème, la jprojection par la toux d'un liquide spumeux mêlé de sang, la sortie de l'air, permettent un diagnostic facile des plaies de la trachée. Si l'hémorragie et l'emphysème sont les causes prochaines d'aggravation des plaies de la trachée, les inflammations septiques de voisinage, les trachéo-bronchites, les pleurésies, les broncho-pneumonies par chute de produits infectieux dans les poumons ou par propagation de processus infectieux sont les graves complications de la seconde période, et les rétrécissements cicatriciels ou par prolifération de bour-

TRACHEE — TRACHEOTOMIE

geons charnus constituent les accidents de la période tardive. L'intervention est indispensable et peut seule sauver le blessé. Elle doit d'abord chercher à empêcher l'asphyxie en aspirant le sang versé dans la trachée, en tirant à la peau la plaie trachéale, en arrêtant l'hémorragie. Le passage d'une sonde par la plaie et dans le bout inférieur donne le temps pour une suture normale qui, dans une plaie régulièrement désinfectée, doit être toujours faite en prenant tous les tissus sans traverser la muqueuse. Une trachéotomie faite plus bas, si la chose est possible, assure contre les accidents menaçants d'asphyxie précoce.

La trachée peut présenter des fractures qui, dans la moitié des eus, s'accompagnent de fractures du larynx. Elles résultent de violences considérables sur la partie antérieure du cou. Elles s'observent surtout à la région cervicale de la trachée, et, le plus souvent transversales ; leurs bords sont évasés en dehors, recoque villes dans les verticales. La dyspnée, l'emphysème, l'épanchement sanguin montrent la gravité de la lésion trachéale, mais en empêchent le véritable diagnostic. La trachéotomie préventive assure contre les accidents ultérieurs. Les brûlures de la trachée ont été observées à la suite d'inhalations de flammes, de vapeurs brûlantes. Elles s'accompagnent toujours d'atteintes plus graves des voies supérieures et, aussi fréquemment, de lésions des parties profondes, de là de très graves accidents laryngo-pulmonaires contre lesquels la trachéotomie est le plus souvent impuissante.

Les corps étrangers de la trachée sont un chapitre intéressant de la pathologie. Ils viennent du dehors en suivant la voie bucco-laryngée, et alors l'inspiration, le rire favorisent la pénétration du corps étranger, ou bien ils pénètrent par une ouverture trachéale (plaie, ulcération); d'autres fois, les corps étrangers viennent de la profondeur en suivant les canaux bronchiques (vomique pleurale, kyste hydatique du foie ouvert dans les bronches, abcès froid, ganglion caséeux, etc.). Quand il s'agit de corps liquides, la position, aidée d'accès de toux, suffit le plus souvent à son expulsion ; mais s'il s'agit de corps solides, à part la toux et l'accès de suffocation produits par son passage à travers la glotte, ils peuvent être assez bien tolérés tant que le corps étranger reste dans la trachée et ne va pas, en titillant la glotte, provoquer d'accès de suffocation. Pour les corps de petit volume, leur tendance est de pénétrer peu à peu dans les voies respiratoires, de déterminer dans le poumon des accidents qui peuvent faire croire à la tuberculose et enfin d'être projetés au dehors, mélangés au pus dans un accès de toux, ou de se frayer un passage à travers les parois thoraciques en formant un abcès (épillet de graminée). Le diagnostic est difficile, et les commémoratifs sont d'un grand secours. Les accès de suffocation intermittente, le bruit de soupape, de grelot à l'auscultation de la trachée, la diminution du bruit respiratoire, surtout d'un côté, aideront au diagnostic. Le pronostic est grave. On peut temporiser lorsque le corps étranger ne provoque pas d'accès de suffocation, sinon aller le chercher par la trachéotomie. La radiographie avant l'opération, la trachéoscopie, peuvent rendre des services. Avant de se décider à l'opération, si le corps étranger est de petit volume, on peut essayer de faciliter sa sortie par les voies naturelles en maintenant la glotte ouverte par le tubage de O'Dwyer.

La tuberculose, la syphilis peuvent porter leur action sur la trachée, qui peut aussi être le siège de tumeurs bénignes (fibromes, papillomes) ou malignes (sarcomes, carcinomes ordinairement secondaires par propagation).

Si les fistules trachéales congénitales ne doivent pas être admises au point de vue embryologique, on peut observer des fistules acquises après la trachéotomie ou les blessures de la trachée. Elles doivent être traitées par le procédé à deux plans de suture, avec renversement de l'épiderme cutané du côté de la trachée. L'absence congénitale de la trachée a été notée; mais plus intéressants sont les rétrécissements congénitaux ou acquis, dans les-

quels la syphilis paraît jouer un rôle prépondérant. Sous l'influence des lésions du voisinage (goitre, anévrysme de l'aorte, tumeurs ganglionnaires du médiastin), la"^ trachée subit une inflammation chronique qui amène son ramollissement, son affaissement, d'où une gêne considérable pour la respiration. D^ S. Morer.

V. Botanique. — On donne le nom de trachée à des vaisseaux formés de cellules très allongées et placées bout à bout ; le tube ainsi constitué a une paroi très mince, qui est consohdée au moyen d'un fil enroulé en spirale. Aussi les trachées se nomment-elles aussi tubes spiraux ou déroulables. C'est surtout autour de la moelle, dans les dicotylédones, qu'on rencontre les trachées ; chez les moriocotylédones, elles se trouvent au centre des faisceaux ligneux. Elles sont très petites dans les plantes aquatiques et y manquent même souvent, de même que chez les cryptogames. Les trachées servent à l'ascension de la sève ; mais comme ce liquide y circule assez rapidement, il arrive souvent qu'elles se vident et qu'on les trouve remplies d'air. De là ce nom de trachées qui rappelle l'analogie qu'on avait cru observer entre elles et les tubes aérifères des arthropodes et des vertébrés. D^ L. Laloy.

TRACHÉITE (PathoL). Inflammation de la trachée qui peut être aiguë ou chronique. La trachéite aiguë n'est, en somme, qu'un épisode de l'inflammation, de l'infection légère des voies aériennes. Après une période plus ou moins longue de coryza, le malade éprouve une sensation de brûlure le long du cou et derrière la poignée du sternum. Il est atteint d'une toux sèche et déchirante, souvent plus marquée le soir. Une expectoration muqueuse s'établit bientôt, pour faire place à une expectoration mucopurulente, période durant laquelle la toux devient moins pénible. L'état général, légèrement fiévreux du début, s'atténue peu à peu, et tout rentre dans l'ordre, à moins que la trachéite n'ait été que le début d'une bronchite (V. ce mot) qui va se développer avec ses signes spéciaux. Les infusions chaudes, les révulsifs au-devant du cou, les médicaments calmants, tels que l'opium, la belladone etl'ac onitine à dose très modérée, seront employés utilement ; s'il y a un très léger train de fièvre, l'antipyrine, le salol ou même le salicylate de soude peuvent amener un soulagement. La trachéite chronique est habituellement consécutive aux affections du nez, du larynx ou du pharynx ; très voisine des bronchites chroniques, elle s'en distmgue par les troubles de la phonation, parle timbre de la toux (en chaudron fêlé) et quelquefois par une expectoration verdàtre, fétide. D^' M. Potel.

TRACHELIUIV! (Trachelium L.) (Bot.). Genre de la famille des Gampanulacées composé de plantes herbacées vivaces et de sous-arbrisseaux. Les tiges dressées, glabres ou velues, portent des feuilles alternes. Les fleurs, généralement de petite taille, ont une coloration bleue ou blanche ; elles sont disposées en grappes corymbiformes très ramifiées ou en fausses ombelles terminales. Le calice a un tube court surmonté de 5 longues dents dressées. La corolle, en forme de coupe, a son limbe divisé en 5 petits lobes. L'androcée comprend 5 étamines, à filet libre très grêle. Le pistil, infère, se compose de 3 carpelles fermés, concrescents jusqu'à l'extrémité des styles ; le style, unique, se termine par 3 stigmates peu développés. Le fruit est une capsule sphéroïdale qui s'ouvre par des trous situés à la base des loges. Les Trachelium, au nombre d'environ 7 espèces, vivent dans la région méditerranéenne.

On cultive assez fréquemment le T. cœruleum L., originaire de l'Europe méridionale. Cette plante convient surtout pour l'ornementation des murailles et des rochers voisins des pièces d'eau. On la propage par graines; le semis doit être effectué à la fin de juillet pour obtenir la floraison dans l'année suivante. W. R.

TRACHÉOPHONE (Zool.) (V. Passereaux).

TRACHÉOTOMIE. La trachéotomie est une opération qui a pour but de remédier à la suffocation, causée par un

TRACHÉOTOMIE — TRACHYS

obstacle siégeant à la partie supérieure des voies aériennes, à condition que cet obstacle soit placé dans une région supérieure à celle que peut atteindre l'incision. Elle consiste essentiellement en une ouverture longitudinale de la trachée, permettant ainsi Tentrée de l'air par une plaie située au-devant du cou et au-dessous du larynx ; elle se complète secondairement par l'introduction dans le calibre de la trachée d'une canule recourbée, destinée à assurer la permanence du passage de l'air, en empêchant les lèvres de la plaie de se rapprocher. Les causes qui peuvent obliger à employer la trachéotomie sont nombreuses, mais de fréquence très variable. On peut les diviser en causes siégeant dans les voies respiratoires, ce sont : les corps étrangers des voies aériennes, les fractures, les plaies, les brûlures du larynx, les atï'ections organiques du larynx et de la trachée, tels que les inflammations et ulcérations, les polypes, les rétrécissements, l'œdème et même le spasme de la glotte ; la plus fréquente de ces causes, et de beaucoup, est la localisation laryngée de la diphtérie ou croup. A côté de ces causes intrinsèques de suffocation, il en est d'autres extrinsèques ou de voisinage, les glossites, les amygdalites, les divers phlegmons du cou, le goitre, les corps étrangers du pharynx et de l'œsophage. La trachéotomie se trouve actuellement en concurrence pour ainsi dire avec une opération un peu plus bénigne, ne nécessitant pas la production d'une plaie avec toutes ses conséquences, et rétablissant le courant d'air par les voies normales, c'est le tubage (V, ce mot). Cette opération, abandonnée, puis reprise, a des avantages bien spéciaux qui doivent la faire préférer pour remédier aux obstacles dus à une cause inflammatoire, et particulièrement la faire choisir dans le croup.

L'opérateur qui pratique la trachéotomie doit avoir près de lui : deux bibtouris, dont l'un boutonné ; un dilatateur, c.-à-d. une sorte de pince à anneaux dont les trois branches en trépied s'écartent lorsque l'on appuie sur les anneaux; une canule en argent, courbe, et de caUbre variable, suivant l'âge, pourvue d'anneaux pour la fixer et munie d'un tube intérieur mobile. Tous ces instruments doivent être soigneusement stérilisés. Le malade est couché sur une table garnie d'un matelas, la tête renversée un peu en arrière et le cou tendu. Il est habituellement impossible et dangereux de recourir à Tanesthésie chlorotbrmique ; l'opération est d'ailleurs de très peu de durée. On peut fort bien chez l'adulte, s'il n'y a pas urgence, avoir recours à l'anesthésie locale à l'aide de la cocaïne en injections. La surface opératoire est lavée soigneusement. Le chirurgien, placé à droite du malade, avec le pouce et le médius de la main gauche, saisit le larynx à sa partie inférieure et le tire en avant. Avec la pulpe de l'index gauche, il va reconnaître le bord inférieur du cartilage cricoïde et fixe l'index en ce point. Puis, avec le bistouri, il incise, sur une ligne longitudinale et sur une longueur variable suivant l'âge, la peau, le tissu cellulaire (qui doivent être coupés d'un coup), puis, après hémostase, s'il y a lieu, ce qui est rare, il ouvre la trachée en sectionnant les anneaux et le tissu fibreux qui les unit. La limite supérieure de la section Obt marquée par le bord inférieur du cartilage cricoïde: la limite inférieure ne doit pas descendre trop bas, crainte d'hémorragie. D'ailleurs, la trachée descendant obliquement en bas et en arrière est d'autant plus superficielle qu'on la prend à un point plus élevé: Chez l'enfant, la trachée peut sans inconvénient, mais aussi sans grand avantage, être ouverte du premier coup de bistouri. Dans tous les cas, il faut s'attacher, surtout chez l'enfant où la trachée est molle et fuyante, à la bien fixer avec la main gauche, afin d'éviter de l'inciser latéralement, ce qui, dans les cas extrêmes, pourrait aller jusqu'à l'ouverture de la carotide. La trachée étant ouverte, l'index de la main gauche, toujours en place, y pénètre et en écarte les bords. On entend un sifflement caractéristique. La main droite abandonne alors le bistouri, prend l'écarteur par un anneau pour l'introduire fermé à l'in-

térieur de la trachée, avec l'index gauche pour guide. Une fois introduit, l'écarteur est écarté à l'aide de deux doigts de la main droite, et dans l'écartement de ses branches, qui ouvrent, béante, la trachée, l'opérateur introduit la canule qu'il fait pour ainsi dire plonger, en s'assurant bien qu'elle a pénétré dans la trachée, ce que vient confirmer d'ailleurs le timbre métallique que prend la respiration. La canule est fixée à l'aide de deux cordons passant dans des anneaux latéraux et qui vont se rejoindre derrière le cou. La plaie est recouverte d'un pansement aseptique, à travers lequel passe la canule et cette dernière recouverte d'un tissu lâche et humecté d'eau stérilisée. Les suites opératoires en elles-mêmes sont très simples. La canule peut être maintenue à demeure si la cause d'obstruction est permanente. Chaque jour cependant on doit autant que possible l'enlever pour la remplacer par une canule nouvelle aseptisée. Plusieurs fois par jour le tube intérieur doit être enlevé et lavé. D^ M. Potel.

TRACHINUS. Genre de Poissons osseux (Téléostéens), de l'ordre des Acanthoptérygiens Cotto-Scombriformes, de la famille des Trachinidœ. Connus généralement sous le nom de Vives, les Trachinus ont le corps allongé, fortement comprimé, couvert de petites écailles minces; la tête est comprimée latéralement, le museau court, la bouche fendue très obliquement, les dents eu velours sont disposées sur les maxillaires, le vomer et les palatins, le préoculaire et le préopercule sont armés de fortes épines; il existe 2 dorsales distinctes, la première courte, composée de 6 à 7 rayons épineux, acérés, la deuxième dorsale et l'anale sont très longues. Le Trachinus draco, ou grande Vive, Vive commune, de nos côtes de France, d'Angleterre, de la Suède, de la Norvège, est d'un gris roussâtre à reflets bleus avec des bandes rousses, le ventre est rayé de jaunâtre, la tète d'un gris foncé avec des points et des lignes bleuâtres, la première dorsale porte une grande tache noire, la deuxième est blanche avec une bande longitudinale jaune, la caudale est grise avec des taches jaunes à extrémité bordée de noir. RocHBR.

BirjL. : GuNTiiER, Studij ofFishes. — Sauvage, dans Brehm, ôd. franc,

TRAC H! S. Ancienne ville grecque située au S. de la Thessalie, à l'O. du fleuve Asopos, sur un contrefort de rOEta ; elle donnait son nom à un canton limitrophe de celui des Malliens. Les Spartiates y fondèrent en4!25 av. J.-C. la colonie d'Héraclée en Trachinie, gardant le N. des Thermopyles, dont la vieille cité fut la citadelle. Les Béotiens et les Argiens la prirent en 396 av. J.-C. et chassèrent les Lacédémoniens ; les Romains la détruisirent en i91 av. J.-C.

TRACHONITIS, Région ancienne de Syrie, l'un des six cantons de l'E. du Jourdain, entre le Haurân (Auranitis) au S. , le pays de Damas au N. ; c'est une région couverte par des basaltes et des laves, appelée aujourd'hui El Ledja. On y voit quantité de ruines, sculptures et inscriptions grecques, notamment au N. celles de la ville épiscopale de Phœna, aujourd'hui Missema. La population, mélangée de Juifs, d'Arabes et de Syriens, s'adonnait au brigandage ; Auguste chargea Hérode de les mettre à la raison et lui donna la Trachonitis avec l'Auranitis et la Batanée. Hérode les transmit avec Panéas à son fils Philippe ; puis régnèrent sur cette tétrarchie Hérodote, Agrippa P'^etlL Après la mort du dernier, vers 100 ap. J.-C, son royaume fut réuni à la province romaine de Syrie.

TRACHYS (Fab.) (Entom.). Genre de Coléoptères Pentamères, delà famille des Buprestides, caractérisé par la tête fortement creusée au milieu, enfoncée dans le corselet qui est court, rétréci en avant, les élytres courts, triangulaires, les hanches postérieures dilatées en dehors, les tarses très courts avec les crochets fortement dentés. Les larves des Trachys vivent en mineuses dans les feuilles des végétaux. Type : Tr. minuta L., d'un noir brillant un peu bronzé; sa larve mine les feuilles de chêne, d'orme, etc.

Wi —

TRACTARIENS — TRACTION

TRACTARIENS. Nom donné à Piisey (V. ce nom) et aux écrivains qui s'associèrent à lui, pour composer des traités destinés à propager leur sentiment sur la nécessité d'imprimer à l'Eglise angiicane une tendance qui devait la rapprocher du catholicisme.

TRACTION (Mécan.). I. Résistance des matériaux (V. Essai, t. XVI, p. 382, et Résistance, t. XXVIÏf , p. 467).

n. Industrie des transports. — Tout véhicule oppose à la traction, du fait des frottements et de la pesanteur, un certain nombre de résistances, dont le dynamomètre (V. ce mot) permet, dans la plupart des cas, de déterminer numériquement l'intensité et que l'agent moteur : animal, vapeur ou électricité, n'arrive à vaincre qu'en exerçant un effort équivalent, qu*en dépensant une somme de forces correspondante. L'industrie des transports se trouve conséquemment, et sans cesse, en face d'un double problème : diminuer le plus possible, par une appropriation judicieuse du matériel, les résistances en question et faire du moteur, pour un effort de traction donné, l'emploi qui réalise cette traction dans les conditions les plus économiques. Eléments et solution du problème varient, du reste, avec le mode de locomotion : roulage, navigation fluviale, navigation maritime, chemin de fer.

Roulage. Le frottement des essieux est, dans les voitures, négligeable. La résistance qu'elles opposent à la traction se trouve ainsi égale, du moins en palier, au seul frottement de roulement des roues sur la chaussée, et ce frottement est lui-même proportionnel, non seulement à la pression des roues, c.-à-d. au poids brut de la voiture, chargement compris, mais à l'état de la chaussée et au diamètre des roues. Du temps de Navier, au commencement du xix* siècle, il était évalué à 0,08 du poids brut précité. Avec Tétat actuel des chaussées et le matériel de roulage en usage, il s'éloigne peu de 0,03 du même poids sur les empierrements, de 0,02 sur les pavages, plus favorables, en général, aux lourds charrois. Le tirage varie, d'autre part, en sens inverse du diamètre des roues : plus celles-ci sont grandes, moins le tirage est considérable. Il semblerait dès lors y avoir intérêt à augmenter le premier le plus possible ; mais en l'augmentant, on augmente aussi le poids des roues et, par suite, le tirage, qui est proportionnel, nous l'avons dit, à la charge portant sur la chaussée. Il faut, d'autre part, que les chevaux, attelés au poitrail, tirent à peu près horizontalement ; autrement une partie de leur force serait employée à s'opposer à un effort vertical et perdu pour la traction. L'essieu doit donc être à peu près au niveau de ce poitrail : seconde raison pour que le diamètre des roues soit maintenu dans certaines limites, qui varient, selon diverses circonstances, entre 0'^,50 et 2 m. Le chargement ne doit pas, lui non plus, excéder un certain maximum. On est tenté d'admettre, il est vrai, qu'il y a avantage à le faire le plus lourd possible : le poids à traîner ou poids brut comprend, en effet, d'abord le poids du véhicule ou poids mort, puis le poids du chargement proprement dit ou poids utile, et le poids utile est proportionnellement plus grand, on le conçoit, à mesure que le poids total augmente, la voiture susceptible de transporter 4.000 kilogr. ne pesant pas, comme poids mort, le double de celle susceptible de transporter 2.000 kilogr. Mais plus la charge est lourde, plus le nombre des chevaux attelés doit être élevé. Or, tandis que le poids brut moyen traîné par chaque cheval à une vitesse moyenne de i"\20 par seconde a été trouvé, pour les attelages de 1 ou 2 chevaux, de d.d40 kilogr., il n'est plus, pour les attelages de 3 chevaux, toutes autres choses égales, que de d.3lO kilogr. par cheval, pour ceux de 4 chevaux, que de 4.275 kilogr., pour ceux de 5 chevaux, que de 1.085. kilogr., et cette perte, due partie à la raideur des traits, partie à la difficulté, avec les longues files, d'obtenir dans le tirage l'unité de direction, partie à l'impossibibilité où est le conducteur d'exciter simultanément et de façon efficace un grand nombre de chevaux, finit par

compenser, et au delà, le bénéfice résultant de l'augmentation relative du poids utile. Le rendement du cheval, c.-à-d. le travail utile qu'il peut fournir, est limité, lui aussi, par un maximum qui correspond à la meilleure utilisation qu'on sait faire de l'animal. Lorsque, en effet, l'effort devient excessif, ou bien lorsqu'on exagère la durée du travail, ou encore lorsqu'on accélère trop la vitesse de marche, les autres facteurs du produit baissent de telle sorte que le rendement final, au lieu d'augmenter, diminue. Et d'abord, l'allure qui convient le mieux pour le transport des lourdes marchandises sur les routes est le pas. Pour un effort de traction nul, c.-à-d. en hberté, un cheval est considéré, d'après les résultats de l'expérience, comme pouvant fournir journellement, au pas et en palier, un parcours moyen maximum de 70 kil. en iO heures, soit 1*^\94 environ à la seconde, sans qu'il en résulte pour lui aucun surmenage. Si maintenant ce cheval traîne un fardeau, s'il est soumis à un effort de traction, il faudra naturellement, pour qu'il puisse travailler le même temps et sans surmenage, diminuer la vitesse. Il y aura lieu de tenir compte, d'autre part, de son poids, la puissance de travail dont il est susceptible, son rendement étant approximativement proportionnels à ce poids. Soit, pour fixer les idées, un cheval du poids moyen de 362 kilogr. Les expériences de Gasparin ont établi qu'il était capable de traîner pendant dix heures par jour, à la vitesse de i"\i9 par seconde, une charge de i.440 kilogr., correspondant à un effort de traction moyen de 45 kilogr., soit, pendant la même unité de temps, un travail réalisé de 45 X ^^'l^ = 53 kilogrammètres, et par 'lOO kilogr. de son poids, ou, comme on dit, par « quintal vif » de

cheval, un effort de .»-^ == 12,5 kilogr. et un travail

de 7—^ = 14,8 kilogrammètres. En appelant E l'effort

par quintal vif exprimé en kilogrammes, v la vitesse par seconde exprimée en mètres, Ev le travail par seconde exprimé en kilogrammètres, T le temps employé pour parcourir 100 m. exprimé en secondes, on arrive, comme concordance entre ces éléments et pour une route en palier, aux résultats ci-après, déduits d'un grand nombre d'expériences :

E î; Kv T

Kilogrammes

Mètres

Kilogrammètres

Seconde

iO

Lorsque la route, au lieu de rester en palier, monte, l'effort de traction se trouve augmenté, pour un même chargement, de la composante, parallèle à la route, des poids de la voiture, du chargement et du clieval : la vitesse, à égalité de fatigue, doit donc être ralentie d'autant. Elle croît, par contre, aux descentes, où l'effort de traction se trouve diminué de la même composante agissant en sens inverse. Cet effort devient même nul lorsque la déclivité approche de 0,03. Mais pour une pente supérieure, il devient négatif, poussant le cheval, et il faut ou que celui-ci retienne, ou serrer le frein. Les descentes ne compensent plus alors les montées et on a calculé qu'en supposant une route de 2 kil. de longueur, mi-partie en rampe de 0,05, mi-partie en descente de 0,05, on double

TRACTION — TRADESCANTIA

le rendement utile en y substituant une route horizontale de 2 kil. De même les courbes sont, pour la traction, la source de résistances supplémentaires, qui varient en sens inverse du rayon des courbes. L'attelage est, en effet, obligé de faire à chaque instant un effort transversal pour maintenir la voiture sur la chaussée. Déplus, les chevaux, s'ils sont plusieurs en file, ne tirent pas dans la même direction. Enfin les jantes des roues, quand elles sont larges, subissent, en appuyant successivement leurs différents points sur la chaussée, des gfissements plus ou moins prononcés qui s'ajoutent aux frottements habituels.

Navigation fluviale. La résistance qu'éprouve un bateau naviguant sur une rivière ou sur un canal est fonction, d'abord d'éléments qui lui sont propres, comme ses dimensions, ses formes, sa vitesse relativement à l'eau, puis d'éléments qui dépendent de la voie particulière dans laquelle il se trouve. Soit R la résistance totale, r la part de résistance inhérente à l'embarcation seule, C le coefficient de résistance de la voie, on aura R = Cr. Tous les efforts de la batellerie doivent tendre à rendre r le plus petit possible. Or la résistance propre du bateau se décompose, ainsi que l'expérience l'a établi, en deux autres résistances : une résistance de forme, due à la pression de l'eau refoulée par le bateau et dépendant tant de la section immergée au maître couple que des formes du bateau ; une résistance de surface, due au frottement de l'eau sur les parois de la coque et dépendant tant de la surface mouillée totale que de la nature de cette surface. Avec un bateau en excellent état de propreté et à la vitesse modérée de 1^\50 à la seconde, la résistance de surface peut être considérée comme équivalant en moyenne à la moitié de la résistance de forme. Sa part d'influence est donc considérable. Pourtant r ne se modifie pas lorsque, toutes autres choses restant égales, on augmente la longueur d'un bateau. Cela tient à ce que l'augmentation dans la résistance de surface est alors compensée par une diminution égale de la résistance de forme. Au contraire, des changements, en apparence peu importants, dans les formes de la proue et de la poupe font varier la même valeur dans des proportions considérables. On a trouvé, par exemple, qu'à égalité de déplacement et de vitesse, les trois types de bateaux, péniche, flûte et toue, donnaient respectivement, pour r, 694, 355 et 266 kilogr. Les autres facteurs de la résistance sont la vitesse relative du bateau et de l'eau et l'enfoncement du bateau dans l'eau. En représentant par V la vitesse en question, exprimée en kilomètres et à l'heure, par t l'enfoncement, par a ^Xb deux constantes caractéristiques du type de bateau, on peut écrire, avec une exactitude suffisante, du moins pour des vitesses de 1 m. et au-dessus, r = (a -h ht) V^-^^. Les valeurs des coefficients a %i b peuvent, d'autre part, être faites respectivement égales, pour la péniche à 24,3 et 423,6, pour la flûte à 24,5 et 78,4, pour la toue à 44,2 et 52,4.

Navigation maritime (V. Râteau, t. V, pp. 744 et suiv.).

Chemins de fer (V. Chemin de fer, t. X, p. 1044, et Locomotive, t. XXII, p. 398).

BiBL. : Marx et Durand-Claye, Routes et chemins vicinaux; Paris, 1885. — F.-B. de Mas, Recherches expérimentales sur le matériel de la batellerie ; Paris, 1891-97. — Du même, Rivières à courant libre ; Paris, 1899.

TRACTORIA (Ane. dr.) (V. Gîte).

TRACTRICE (Géom.). Cette courbe, autrefois appelée aussi tractoire, a pour définition caractéristique la propriété que toutes ses tangentes, terminées à une droite fixe, sont de longueurs égales. Si la droite fixe est prise pour axe des x, et la position de la tangente mobile, perpendiculaire à Ox, pour axe des y, elle a pour équation

en géométrie et en mécanique ; en particulier, c'est la développante d'une chaînette ordinaire. A l'histoire de la tractrice se rattachent les noms de de Sluse (4662), de Leibniz, de l'architecte Perrault, de Huygens, qui lui a donné sa dénomination. Les travaux publiés depuis sur la tractrice sont innombrables. — D'autres courbes, comme la tractrice circulaire, la tractrice polaire ou spirale tractrice, par exemple, ont reçu le même nom, par des considérations d'analogie. C.-A. L.

TRACY-BocAGE. Com. du dép. du Calvados, arr. de Caen, cant. de Villers-Bocage ; 326 hab.

TRACY-LE-MoNT. Com. du dép. de l'Oise, arr. de Gompiègne, cant. d'Attichy ; 4.782 hab.

TRACY-le-Val (Trapicus en 844). Com. du dép. de l'Oise, arr. de Compiègne, cant. de Ribécourt ; 552 hab. L'église (mon. histor.) est romane pour la plus grande partie ; les latéraux ont été ajoutés vers le xv® siècle, i-^a portion la plus remarquable est le clocher, formé d'une tour placée au N. du chœur: ce clocher, carré à la base, se termine par une lanterne octogonale ; il est orné de modillons sculptés et paraît appartenir à la fin du xii*^ siècle. Baptistère formé d'une grande cuvette romane, et quelques pierres sépulcrales. Filature de coton, fabrique de sucre. C. St-A.

TRACY-sur-Loire. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Cosne, cant. de Pouilly ; 4.246 hab. Stat, de chem. de fer.

TRACY-sur-Mer. Com. du dép. du Calvados, arr. de Baveux, cant. de Ryes; 322 hab.

TRAC Y (Destutt de) (V. Destutt de Trac y).

TRADES. Com. du dép. du Rhône, arr. de Villefranche, cant. de Monsols ; 282 hab.

TRADESCANT (Jan), botaniste hollandais, né en 4608, mort à Chelsea en 4662. Il était le fils d'un naturaliste mort en 4638. Jan fit un voyage en Virginie, puis succéda à son père comme conservateur du jardin botanique de Chelsea et continua la riche collection, 1' « Arche de Tradescant », commencée par lui. Il a publié : Muséum Tradescaiitionum, or a collection of rariiies preserved at South-Lambeth near London, avec un catalogue de son jardin (Londres, 4656, in-8).

TRADESCANTIA {Tradescantia L.). I. Botanique. — Genre de la famille des Commélinacées, tribu des Trades-

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générale est facile à déterminer, et elle possède de nombreuses propriétés qui lui donnent une grande importance

Rameau florifère de Tradescantia.

cantiées, composé de plantes herbacées vivaces, à tiges rampantes. Les feuilles, engainantes, sessiles, ont une disposition spiralée. Les fleurs, régulières et hermaphrodites, peuvent être solitaires ou bien groupées en cymes unipares hélicoïdes, parfois en fausses ombelles. Le calice et

TRADESCANTIA — TRADITION

la corolle, souvent de même coloration, se composent chacun de trois pièces. Les étamines, au nombre de 6, sont toutes fertiles ; les anthères possèdent un large connectif. L'ovaire est divisé en 3 loges biovulées. Le fruit est une capsule à déhiscence loculicide. Les graines, ornées d'un réseau, renferment un petit embryon plongé dans un albumen amylacé très abondant. On connaît 3*2 espèces de Tradescantia disséminées dans l'Amérique tropicale et l'Amérique boréale. Les Tradescantia sont assez appréciés comme plantes ornementales ; quelques-uns possèdent des propriétés officinales qui les font utiliser dans leur pays d'origine. W R.

II. Horticulture. — On en cultive plusieurs espèces qui sont d'agréables plantes d'ornement. Le T, virginica L., appelé vulgairement Ephémère, à cause du peu de durée de ses fleurs qui ne durent qu'un jour, se recommande par sa rusticité et par ses nombreuses fleurs bleues, violettes, roses ou blanches, qui s'épanouissent successivement de mai en septembre. Cette plante est peu exigeante sur la qualité du sol ; elle réussit fort bien en terre légère et fraîche et s'accommode de toute exposition. On l'utilise en bordure. Sa reproduction se fait par division des souches en octobre ou au printemps. On en a des variétés à fleurs doubles. Le T. zebrina Hort. offre surtout de l'intérêt par son feuillage d'une jolie verdure ou teinté de rose, de violet, de blanc, en zébrures ou stries ordinairement bien tranchées. Cette espèce, dont les rameaux grêles retombent gracieusement, est souvent cultivée en vases suspendus dans les appartements oh elle se développe bien, sans demander de soins spéciaux. D'autres espèces sont plus délicates : T. à fleurs roses, qu'il faut couvrir ou rentrer en orangerie pendant l'hiver ; multiplication de graines ou de boutures; T. bicolore, qui demande la serre chaude oîi on le cultive pour son feuillage vert et pourpre; on le multiplie d'œilletons en automne.

TRADE-UNION. M. et Mrs Webb, les historiens connus du trade-unionisme, définissent la trade-union « une association permanente de salariés qui se proposent de défendre ou d'améliorer les conditions de leur contrat de travail ». La trade-union correspond à ce que nous appelons en France syndicat ouvrier. L'existence d'associations de ce genre se manifeste en Angleterre depuis deux siècles environ, depuis que le régime moderne de la libre concurrence et le développement de la grande industrie ont constitué la condition salariée telle qu'elle se caractérise dans l'économie contemporaine. Mais c'est surtout au cours du xix® siècle que la vie de ces associations devient importante. Elles eurent d'abord à lutter pour avoir simplement la possibilité d'exister. Les acts sévères de 4799 et 1800 prohibaient, sous des peines sévères, même les coalitions ou ententes temporaires entre ouvriers pour la cessation du travail ou pour une revendication collective. C'est seulement en i8!2o que la coalition cesse d'être un délit par elle-même. Les unions, dans la période agitée et économiquement difficile que traverse à ce moment l'Angleterre, se mêlent aux mouvements avancés, tels que le chartisme ; elles continuent de prendre des formes secrètes ; elles visent, dans leurs conceptions et dans leurs actes, à une transformation révolutionnaire delà société. Mais vers le milieu du siècle, avec la sortie de la crise et la prospérité industrielle qui suivit les réformes économiques et qui résulta de la supériorité de situation et de méthode dont bénéficia l'industrie anglaise à ce moment, les idées nouvelles se firent jour et bientôt l'emportèrent dans le monde trade-unioniste. Prenant pour base l'ordre social existant, ce trade-unionisme unissait les ouvriers pour leur donner, dans le débat, pour le contrat de travail, par le groupement même, une puissance qui manquait aux ouvriers isolés ; par un système d'assurance mutuelle contre la maladie, les accidents et surtout contre le chômage, il attirait, avec les avantages de la mutualité ordinaire, les membres d'une même profession, et, d'autre part, il les empêchait de se faire entre eux une concurrence fâcheuse ; par la régula-

rité des cotisations et leur taux relativement élevé, il se constituait un fonds de réserve, puissant instrument de négociation ou de lutte ; il visait à établir, d'entente avec les patrons, ou, au besoin, à leur imposer un tarif de salaires, règle d'application générale (plus ou moins complexe d'ailleurs selon les travaux et les professions), substituée aux accords individuels, ou encore une durée normale de la journée de travail, ou des règles sur l'admission dans le métier, sur l'apprentissage, etc. ; il procédait par revendications positives et améliorations progressives et méthodiques. Il cherchait à organiser tout un métier ou toute une industrie à travers tout le pays, en mesurant sagement la part d'autonomie et la part de dépendance qui devaient être attribuées aux sections locales et régionales. Il constituait pour cette fonction complexe un organisme de gouvernement, démocratique de principe, mais assez savamment compliqué, et formait un personnel administratif remarquable de secrétaires de branches et secrétaires généraux, véritables fonctionnaires payés, pour le bien commun, parle budget de l'union. Il se souciait de l'opinion publique et tâchait d'en gagner l'appui par la sagesse d'une action réfléchie et la justification raisonnée de ses revendications. Malgré d'assez grosses difficultés et à travers des vicissitudes diverses, le trade-unionisme parvint enfin à être légalement établi dans les acts de 187f à 1875 qui, avec certaines réserves, reconnaissaient l'existence et la personnalité de ces associations professionnelles. Une nouvelle et considérable évolution s'est produite depuis cette époque; jusque-là l'unionisme était, par son esprit et les formes de son organisation et de son action, restreint aux ouvriers qualifiés (s/cz'/W) ou ouvriers de métier ; il avait un caractère aristocratique dans le monde ouvrier. Une adaptation s'est faite, depuis 1880 surtout, à la condition et aux besoins des ouvriers non qualifiés, des manœuvres, et le « nouvel unionisme » a réussi à organiser de façon souvent puissante ces catégories inférieures de salariés (par exemple les dockers du port de Londres, etc.). Le mouvement démocratique s'est accentué même dans les anciennes unions ; et, sous l'influence peut-être de nouvelles conditions économiques, les idées directrices se sont modifiées ; les aspirations à une transformation profonde du s>stème économique actuel ont pris une nouvelle et, semble-t-il, croissante importance.

BiBL. : L'xuvre capitale pour la connaissance du tradeunionisme est celle de Sidmey et Béatrice Wh:bb : 1» Histoire du trade-unionisme, trad. franc, par Métin ; Paris, 1897 ; 2» Industrial democracy ; Londres, 1897, 2 voL — V. aussi les travaux de Brentano, Rgusiers, et les statistiques officielles publiées par le Department of Labour du Board of trade, depuis 1890.

TRADITEURS (traditores). Suivant saint Augustin {De Bapt. contra Donat,, VII, 2), on commença à donner ce nom, pendant la persécution de Dioclétien, quarante années après la mort de Cyprien, à ceux qui avaient livré aux persécuteurs les livres, les vases et les objets servant au culte. Le premier concile d'Arles (314) décréta que tout clerc qui aurait livré les saintes Écritures, les vases ou les noms des frères, serait déposé (V. Donatisme).

TRADITION. ï. DRorr romain. — Mode d'aliéner consistant en une remise de la possession de la chose faite dans une intention réciproque d'aliéner et d'acquérir. La tradition transféra sous Justinien la propriété de toutes les choses possibles. A l'époque classique, elle transfère la propriété quiritaire des choses mancipi, et seulement la propriété prétorienne des choses nec mancipi. Il est à croire qu'à l'époque la plus ancienne elle ne transférait jamais la propriété quiritaire, soit que la mancipation ou Vin jure cessio fût alors requise pour les choses n^c mancipi elles-mêmes, soit que ces choses ne fussent pas alors considérées comme susceptibles de propriété quiritaire. En tout cas, pour produire un effet, la tradition exige, à toutes les époques, les deux mêmes éléments, qui, à la diff'érence des conditions de forme requises pour la mancipation et Vin jure cessio, sont exclusivement des conditions de fait :

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