‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 159 sur 633 · TRADITION — TRAFALGAR · texte numérisé non relu

TRADITION — TRAFALGAR

lui-même {Sunima, p. J, qu. î, art. 8) distinguait entre la certitude donnée par l'Ecriture sainte et la simple probabilité fournie par les témoignages des Pères. En son Examen concilii Tridentini (1565-73), le théologien luthérien Chemnitz prétend démontrer que la tradition romaine est un véritable code d'erreurs. E.-H.Vollet.

BiBL. : Droit romain. — V., outre tous les traités de droit romain, les art. de Fitting, Archiv fur cwilistische Praxis, 1869, LU. pp. 406-420, et de Strohal, Jahrbûcher fur Dogmalik des Privatrechts, 1888, XXVII, pp. 352-462 et le livre de Biermann, Traditio ficta, 1891.

Ancien droit. — Bea.v^e, Dr. coût., les Contrats. — Brumser, Ziir Rechts Geschichte der 7'ômischen und germanischen Urkunde, t. Ps pp. 115, 260 et suiv. — Champeaux, Essai sur la vestitùra ou saisine, pp. 165 et suiv.— Denizart, Collect, v« Tradition. — Esmein, tltudes sur les contrats dans le très ancien droit français. — Ferrière, Dictionnaire^ v" T7^adition. — Glasson, Hist. du droit et des inst. de la France, t. VII, pp. 616 et suiv.

— Merlin, Répert. y° Tradition. — Viollet, Hist. du dr. civil fr., p. 609.

Droit civil actuel. — Aubry et Rau, Cours de dr. civ. franc.; Paris, 1897, t. II, 5° éd. — Baudry-Lacantinerie, Précis de dr. civ.; Paris, 1900, t. II, 7* éd. — Du même et Barde, Traité des oblig.; Paris, 1897, t. I. ~ Bufnoir, Propriété et Contrat ; Paris, 1900. — Demolombe, Traité des conlr. et oblig. convent., t. I. — Hue, Commentaire théor. etprat. du C. civ.; Paris, 1894, t. VII. — Larombière. Théorie et prat. des oblig.; Paris, 1885, t. I, 2« éd.

— Laurent, Principes de dr. civ.; Paris et Bruxelles, 1869-93 r t. XVI, 5" éd.— Planiol, Traité élément, de dr. ciu.; Paris, 1901, t. II. — Saleilles. Essai sur la théorie générale de l'oblig. d'après le premier projet de C. civ. allem.; Paris, 1901, 2« éd.

Histoire religieuse. — P. Du Moulin, Du juge des controverses; Genève, 1636.— J. Mestrezat, Traité de l'Ecriture Sainte; Genève, 1638.— Galura, De traditione, altéra revelationis fonte; Fribourg, 1790. — Friedlieb, Schrift, Tradition und Schriftauslesung ; Breslau, 1854.

— L. de Sanctis, la Tradition ; Paris, 1862. — A. Tanner, Das kath. Tradition und das^ prot. Schriftprinzip ; Lucerne, 1802. — Choisy, la Tradition apostolique ; Genève, 1873. — HoLTMANN,Kanon und Tradition; Ludwigsburg,

TRÂDITOR (Hist. relig.) (V. Donatisme).

TRADUCIANISIVIE. Tertullien pensait que les âmes se perpétuent par voie de génération, per traducem; et que de ce fait résulte la ressemblance frappante qu'on remarque souvent entre le caractère des enfants et celui de leurs parents. Il en concluait que la corruption que le premier péché a produit chez Adam s'était transmise héréditairement, par la génération, à ses descendants ; en sorte qu'il y a dans les âmes, par le fait de leur origine, ex originis vitio, un mal en quelque sorte naturel, malum^ quodummodo naturale. C'est le premier germe de la doctrine du péché originel (V. Péché), quoique Tertullien soit encore loin de supposer que ce péché rende l'homme incapable de tout espèce de bien. Il insiste, au contraire, avec autant de force que les autres docteurs de son temps, sur la continuité de la liberté humaine. Il songe encore bien moins à une imputation du péché d'Adam, puisqu'il déclare formellement que Tenfant, dès le premier âge, est encore innocent. Cette doctrine fut adoptée par Cyprien. — Au iv® siècle, la croyance que les âmes se perpétuent par voie de génération prédominait en Occident ; elle avait pour adhérents, en Orient, Apollinaire et Grégoire de Nysse. La question fut reprise et vivement débattue, à l'occasion de la controverse pelagienne. Pelage enseignait la création directe de chaque âme, non sa formation par voie de génération. De ce qu'elle était sortie de la main créatrice de Dieu, il inférait son innocence native. Augustin inclinait vers le traducianisme, parce qu'il lui paraissait explicjuer naturellement la propagation du péché originel ; mais il ne se prononçait pas positivement en sa faveur, parce qu'il menaçait, en même temps, et l'incorpor alité et l'immortalité de l'âme. Aussi déclara-t-il, à plusieurs reprises, ne rien savoir de certain sur l'origine de l'âme humaine. Jérôme professait la même incertitude ; pareillement, dans le temps suivant, Grégoire le Grand. E.-H. Yollet.

TRADUCTEUR (Législ.) (V. Interprète).

TRAÈGER (Albrecht), poète et homme politique alle-

mand, né à Augsbourg le 1 2 juin 4 830 . Il fit son droit à Halle et à Leipzig, et, reçu avocat, s*établit à Nordhausen. Entré dans la vie politique en 4874, il fut depuis lors, presque sans interruption, député au Reichstag, où il appartient au parti progressiste; depuis 4879, il fait partie également de la Chambre prussienne. Il a publié ses ^vqmières Poésies en 4858 (46® éd., 4884) ; puis Ubergànge (4860), Tannenreiser (i860), Zeitgedichte (iSlO) ; des pièces de théâtre et des monologues ; une traduction de poésies de Burns (en collaboration avec GeorgPertz (4859). Il a rédigé (4859-63) le Leipziger Sonntagsblatt, et dirigé (4865-83) l'importante publication artistique : Deutsche Runst in Bild und Lied. Il habite Berlin depuis 4894. H. L.

TRAETTO. Ville d'Italie (V. Minturno).

TRAEZ (Agric). Sables marins se rapprochant des tangues, mais formés d'éléments plus grossiers, et existant en dépôts dans quelques baies (Brest, Roscoff, etc.) des côtes de Bretagne ; les dépôts sont moins réguliers et présentent une composition moins uniforme que ceux de la tangue. ï. Pierre indique, à leur sujet, quelques chiffres d'analyse, compris dans les limites suivantes :

Matières organiques azotées Maximum Minimum

Débris végétaux 6,86% traces

Sable 88,88 29,00 ^L

Argile 3,73 »

Carbonate de chaux 70,00 2,40

Phosphate de chaux 0,95 »

Oxyde de fer 0,05 »

Comme les tangues, et, pour les mêmes raisons, le traez ne s'emploie jamais aussitôt après son extraction ; mais il perd rapidement une partie de son énergie au contact de l'air et des pluies (fermentation et entraînement des principes azotés, entraînement d'une partie du calcaire très divisé) ; au bout de quelques mois, il mérite le nom de traex> mort qui lui est alors donné par opposition au terme de traez vif appliqué aux sables possédant encore toutes leurs propriétés. J. T.

TRAFALGAR. Cap d'Espagne, à mi-chemin entre Cadix et Tarifa, marquant, avec le cap Spartel sur la côte d'Afrique, l'entrée du détroit de Gibraltar, large, en cet endroit, de 43 Idl. Il est peu élevé, presque sépai é de la terre ferme par la grande lagune de la Janda et le Barbate. Les raz de marée y sont extrêmement fréquents et d'autant plus dangereux qu'ils s'y forment instantanément et sans aucun signe précurseur. C'est l'ancien Jiinonis Promontorium. Le M oct. 4805 s'y livra la célèbre bataille navale où Nelson, qui y fut tué, détruisit les flottes française et espagnole de Villeneuve et de Gravina.

Bataille de Traîalgar. — La bataille navale de Trafalgar fut la conclusion d'une des plus remarquables campagnes de l'histoire militaire ; elle eut pour conséquence d'assurer aux Anglais la possession incontestée de la mer durant la fin du règne de Napoléon P^ et indirectement de pousser celui-ci aux exagérations du blocus continental et aux violences qui préparèrent sa ruine par les guerres d'Espagne et de Russie. On trouvera dans l'art. Napoléon, t. XXIV, p. 774, l'indication de la combinaison stratégique par laquelle l'empereur essaya de réunir ses escadres et de dégager la Manche. Villeneuve réussit à sortir de Toulon (M mars) et à tromper Nelson qui l'attendait au S. de la Sardaigne; mais ce dernier, au lieu de s'immobiHser dans la Méditerranée, comprit que son objectif était l'escadre ennemie, facteur principal de cette guerre, et se lança à sa poursuite avec une telle vigueur qu'il était de retour à Cadix, revenant des Antilles, le 48 juil., une semaine avant que Villeneuve, retardé par les 6 vaisseaux espagnols de Gravina, n'entrât à Vigo ; i avait, dans l'intervalle, perdue navires espagnols dans un combat livré à l'amiral Calder au large du cap Finistère (22 juil.). Mais, quoiqu'il eût opéré sa jonction avec l'escadre du Ferrol, le blocus de Brest fut maintenu par

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