THOMSON — THON
Mais il est surtout connu par la célèbre expédition du Challenger qm dura trois ans et demi, de 1872 à 1876. Il dut renoncer à son enseignement en 1879 pour cause de maladie. Parmi les nombreux ouvrages de Thomson, citons seulement : TheDepths ofthe Sea (Londres, 1873, 2« éd. ; trad. en franc, par Lortet, Paris, 1874); The Voyage ofthe Challenger. The Atlantic (Londres, 1877, 2 vol.) ; Challenger Reports, dont 3 vol. publiés par Thompson, ouvrage continué par J. Murray. D^'L.Hn.
THOWISON (Gaston-Arnold-Marie), homme politique français, né à Oranle 29janv. 1848. Collaborateur delà République française, à partir de 1873, il devint député de Constantine le 26 avr. J877, et fut constamment réélu par cette circonscription. L'un des 363, il appuya toujours la politique de Topportunisme, combattit le boulangisme et s'occupa des affaires les plus importantes, notamment de celles relatives à la guerre et à la marine, et fit partie à plusieurs reprises de la commission du budget. On peut citer aussi son rapport sur le rétablissement du scrutin d'arrondissement. Sa réélection le 8 mai 1898 a suscité d'ardentes polémiques et a donné lieu à une enquête approfondie d'une commission de la Chambre dont le résultat a été sa validation le 3 mars 1899.
THOMSON (Joseph), explorateur anglais, né à Penpont (comté de Dumfries) le 14 févr. 1858, mort à Londres le 2 août 1894. Fils d'un tailleur de pierre, il témoigna de bonne heure un goût prononcé pour la géologie et l'histoire naturelle et publia quelques travaux dans des recueils provinciaux. Il fut remarqué par Geikie qui le fit entrer à l'Université d'Edimbourg. En 1878, Thomson fut attaché à l'expédition de Johnston, au centre de l'Afrique, qu'il dirigea après la mort de son chef (28 juin 1879). Il parvint au Tanganyka, confirma les découvertes de Stanley, visita le lac Léopold et, de retour en 1880, publia To ihe african Lakes and Bach (Londres, 1881, 2 vol.). Après de nouveaux voyages dans l'Afrique orientale, vers le lac Baringo et le Masaï (1881-84), il fut chargé de négocier des traités au Soudan (1885) et visita le Maroc ; en 1890, sous la direction de Cecil Rhodes, il poussa jusqu'au lac de Bangouelo et à Blantyre ; on connaît mal les résultats de cette mission que la Compagnie de l'Afrique du Sud a gardés secrets. Citons de lui : Ihrough Masai Land (1885) ; To lake Bangweolo and the unexplored région of british Central Africa (1892); Travels in the Allas and Southern Morocco (1889) ; Mungo Park and The Niger (1890), un petit roman Ulu (1881), et une collaboration active aux recueils géographiques et aux grandes revues anglaises. R. S.
BiBL. : J.-B. Thomson, Life of Joseph Thomson; Londres, 1896.
TH 0 N . I. Ichtyologie. — Nom vulgaire du genre Thynnus, Poisson osseux (Téléostéens), de l'ordre des Acanthoptérygiens Cotto-Scombri formes, et de la famille des Scombridiœ. Les Thons se différencient du Maquereau Scomber (V. ce mot) par leur taille beaucoup plus considérable, par leurs dorsales rapprochées et parce que les écailles du thorax, plus grandes que les autres, forment une sorte de corselet, partagé en arrière en plusieurs pointes. Les pinnules sont en nombre plus considérable; de chaque côté de la base de la queue existe une carène plus ou moins saillante, les dents sont petites, fines, et se trouvent situées sur les maxillaires, les palatins et le vomer. On connaît cinq formes de Thons sur nos côtes, plusieurs ont une large distribution géographique. La forme la plus connue est le Thynnus viilgaris, le Thon des mers d'Europe, que l'on retrouve cependant jusqu'en Tasmanie ; il a le corps fusiforme très renfié à la poitrine; le corselet, grand, prolonge sa pointe supérieure jusqu'à la terminaison de la seconde dorsale, tandis que la pointe inférieure entoure la base des ventrales, la nageoire caudale est profondément échancrée, les pectorales sont coupées en faux, et les ventrales peuvent se loger dans une fossette. Sa coloration est d'un bleu plus ou
moins foncé sur la région dorsale, grisâtre sur les flancs et le ventre avec des taches nombreuses d'un blanc argenté, la dorsale antérieure, les pectorales, les ventrales sont d'un brun foncé, la caudale d'un brun plus clair, la
Thon commun.
seconde dorsale et l'anale teintées de jaune rougeâtre, enfin les pinnules sont jaunes bordées de noir. Les Thons paraissent être des Poissons migrateurs, ils se réunissent en bandes considérables, nageant à la surface de l'eau avec une très grande rapidité. Ces bandes sont généralement précédées par des bandes de Sardines, dont il fait sa nourriture. Ils pondent en juillet au milieu des algues.
II. Péche. — La pêche du Thon a lieu dans la Méditerranée depuis les temps les plus reculés ; c'est à elle que Byzance a dû, en partie, sa prospérité, aussi les médailles de la capitale du Bas-Empire portent-elles la représentation du poisson qui enrichissait toute la contrée. Le géographe Strabon marque avec soin les endroits ofi se tenaient des guetteurs devant avertir de l'arrivée du poisson, tel que cela se pratique encore aujourd'hui ; ces stations, que l'on nommait Thymnoscopes, étaient surtout Populonium et Porto Ercole sur les côtes d'Etrurie, le cap Ammon sur les côtes d'Afrique.
Aujourd'hui la pêche du Thon se pratique sur les côtes de Catalogne, de Provence, de Ligurie, de Sicile et de Sardaigne ; dans l'Adriatique, elle a principalement lieu dans les parages de Fiume. Le nombre d'hommes employés à la pêche peut être évalué à 1.000 environ sur les côtes de Sardaigne, à 1.400 sur les côtes de Sicile. La pêche a lieu au moyen d'immenses engins, dits madragues (V. ce mot) ; d'autres fois, le poisson poursuivi par des bateaux à grande voilure, dits feluche, est harponné du haut d'autres bateaux, loutri.
La pêche à la madrague était pratiquée par les anciens. « Les filets, dit le poète grec Oppien, pareils à une ville flottante, s'avancent en pleine mer ; ils ont leurs vestibules, leurs portes, leurs chambres intérieures ; les poissons s'y jettent en foule et la prise en est considérable. » Sur les côtes de Provence, on se sert surtout de la thonaire. Cet engin, dont il est fait mention dans une charte du roi René datée de 1447, consiste en trois pièces de filets d'environ 80 brasses de longueur chacune sur 6 brasses de chut^que Ton peut doubler en mettant deux pièces au-dessus l'une de l'autre. Le Thon, à l'époque de la pêche, se tenant à la surface de la mer, l'on fait flotter Tengin au moyen de bouées ; l'une des extrémités du filet est fixée au rivage, l'autre se porte en mer, d'abord en ligne droite, puis en revenant sur lui-même. Le poisson, suivant le rivage, rencontre le filet qui l'arrête ; le plus grand nombre s'emmaille, le reste est capturé en ramenant le filet vers la côte. Cette pêche est dite à la tho~ narie ou courantille de poste. La courantille est une thonarie que l'on laisse dériver ; l'engin se compose de trois ou quatre pièces de filets dont une extrémité est fixée à un batelet qui dérive avec le courant. Les nuits obscures sont les plus favorables pour cette pêche.
C'est surtout le Germon ou Thon à grandes ailes qui est péché sur les côtes océaniques S. de France. Le poisson arrive dans la baie de Biscaye en juin et y séjourne jusque vers fin septembre. On le pêche à la ligne amorcée avec du poisson ou avec un leurre, principalement par temps couvert, vent modérément fort, mer doucement agitée. Le Germon est assez fréquemment expédié sur le marché de Paris comme poisson frais. E. Sâlvage,
THON — THONÔN
m. Art GULINA.ÏRE. — La chair du thon est blanche et savoureuse, qu'elle soit fraîche, salée ou conservée dans l'huile, et rappelle assez celle du veau. Les moyens employés pour le saler sont à peu près les mêmes que ceux en usage pour la Morue (V. ce mot). Pour conserver le thon dans l'huile, on le coupe par tranches d'environ 3 centim. d'épaisseur auxquelles on fait subir deux bouillons dans de l'huile d'olives, sans chauffer trop fortement, puis Ton sale. Après refroidissement, les morceaux sont placés avec de l'huile d'olives dans de petits tonneaux ou dans des vases de verre bouchés avec un liège recouvert de parchemin. Un autre mode de conservation consiste à cuire des tranches de thon dans un court bouillon aromatisé, à laisser sécher trois ou quatre ^ours, et, après avoir enlevé les arêtes et la peau, à placer la chair bien égalisée dans des boîtes soudées et portées à l'ébullition comme pour la sardine. Le séchage lent à l'air est souvent remplacé par un séchage à grands courants d'air. Frais, le thon subit les mêmes préparations culinaires que le saumon (V. ce mot) et on l'apprête aussi comme da veau pour le servir avec diverses sauces grasses. On en fait aussi un pâté que l'on mange froid.
En Italie, en Espagne, en Turquie, on vend surtout le thon salé ; en France, il n'est guère fait usage que du thon frais ou mariné.
BiBL. : Ichtyologie.— Sauvage, dans Brehm, éd. franc.
THONAC. Corn, dudép. de la Dordogne, arr. de Sarlat, cant. de Montignac ; 415 hab.
THONAIRE (Pêche) (V. Thon).
THON Al SE. Rivière du dép. de V Indre (V. ce mot, t. XX, p. 730).
THONELAGEE. Mont d'Irlande (V. ce mot, t. XX, p. 948).
THÔNES. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Savoie, arr. d'Annecy, au confluent du Fier et du Nom ; 2.914 hab. (1.398 aggl.). Cotonnades, articles d'horlogerie; fromages dits reblochons; mine de fer. Curieuse place entourée d'arcades ; église des xvi® etxvii® siècles ; bel hospice ; manoir de la Tour (xvi® siècle). Un embranchement de chemin de fer relie Thônes à Annecy.
THON ET (Michael), industriel autrichien, né à Boppard le 2 juil. 1796, mort à Vienne le 3 mars 1871. Il est l'inventeur des meubles en bois recourbé. Il prit son premier brevet en 1840, se rendit en 1842 à Vienne pour l'exploiter et, ayant pleinement réussi dans ses essais, monta, par la suite, avec ses fils, plusieurs grandes fabriques : à Koritschau, en Moravie (1856), à Bistritz (1861) et à Gross-Ugrocz (1865), en Hongrie, à Saybusch, en Galicie (1867). Il a aussi construit, en 1860, la roue qui porte son nom et dont le moyeu, en métal, rend possible le remplacement, sans démontage, des rayons brisés. Elle a été mise en service dans les artilleries de campagne autrichienne et allemande.
BiBL. : X..., Michael Thonet; Vienne, 1896.
TH. ON I SS EN (Jean- Joseph), homme d'Etat et économiste belge, né à Hasselt en 1816, mort à Louvain en 1891. Il devint d'abord magistrat, puis commissaire de Tarr. de Hasselt, et fut destitué, avec dix de ses collègues, à l'avènement du ministère libéral de 1847. Il se voua alors spécialement à l'étude du droit criminel, et enseigna le droit pénal à l'Université de Louvain dès 1848. En 1863, il se fit élire membre de la Chambre des représentants par l'arr. de Hasselt. Dans sa profession de foi, il se déclarait catholique, tout en voulant la pratique franche et loyale des libertés constitutionnelles. Il prit aux travaux législatifs une part active et distinguée, combattant les libéraux avec droiture et courtoisie, n hésitant pas d'ailleurs à appuyer le cabinet dans les questions où les intérêts vitaux du pays étaient en jeu. Il soutint de ses discours et de ses votes le ministère Rogier-Frère-Orban, lorsqu'il proposa la réorganisation et le renforcement de l'armée; de même dans les discussions concernant l'aboHtion de la peine capitale
et de la contrainte par corps ; à l'occasion, il ne craignait pas de dire à ses amis de dures vérités sur leur manque de sens politique. Aprèslarévocation du ministère d'Anethan en 1871 (V, Decker [Pierre de], t. XKI, p. 1069), Thonissen fut chargé par Léopold II de reconstituer le cabinet, mais il ne put y réussir, la droite le trouvant trop militariste et trop indépendant. En 1884, lorsque J. Malou (V. ce nom, t. XXII, p. 1070) quitta le pouvoir, Thonissen reçut dans le cabinet Beernaert le portefeuille de l'intérieur et de l'instruction publique. Il essaya de gouverner avec la modération qui faisait le fond de son caractère, mais les circonstances étaient particulièrement difficiles, la guerre scolaire avait atteint un extraordinaire degré d'eÔ'ervescence, les discussions parlementaires étaient marquées par de violents orages. Affaibli par l'âge et par un travail excessif, affligé de voir ses intentions méconnues, entraîné quelquefois, par la force des choses et les difficultés du moment, à suivre une politique qui n'était pas la sienne, Thonissen ne put soutenir la lutte, et se retira du ministère en 1887, malade et découragé. Il prit encore part aux travaux législatifs comme rapporteur de la loi sur la condamnation conditionnelle, puis il vécut dans la retraite.
Comme savant et comme publiciste, Thonissen eut une carrière brillante et féconde. Indépendamment de nombreux articles parus dans des revues scientifiques et littéraires, il publia sous le titre de Constitution belge annotée (Hasselt, 1846, in-8) un commentaire juridique remarquable, dans lequel il accordait à l'œuvre du congrès national une adhésion sans réserve. Trente ans plus tard, il donna unenouvelle édition (BruxeHes, 1876 ; 3® éd. , ibid., 1879), dans laquelle il avait quelque peu modifie ses appréciations doctrinales sur les articles relatifs aux cultes et qui suscita de vives polémiques. Il a encore publié : le Socialisme depuis r antiquité jusqu'à la constitution française du i4janv, i852 (Louvain, 1852, 2 vol. in-8) ; des œuvres historiques importantes comme la Belgique sous le règne de Léopold P"" (Liège, 1855, 4 vol. in-12; 2« éd., Louvain, 1861, 3 vol. in-8), et la Vie du comte Félix de il/^'rac?^ (Louvain, 1861, in-8). Mais c'est surtout comme criminaliste que Thonissen jouit d'une grande réputation. Nous citerons parmi ses travaux : De la prétendue nécessité de la peine de mort (Louvain, 1862; 3® éd., ibid., 1864); V Organisation judiciaire, les lois pénales, et la procédure criminelle de V Egypte ancienne {^yxdlqWq^, 1865, in-8); Etudes sur V histoire du droit criminel des peuples anciens {Bruxelles, 1869, 2 vol. in-8) ; le Droit pénal de la république athénienne {ibid., 1875); V Organisation judiciaire, le Droit pénal et la Procédure pénale de la loi salique (ibid., 1885, in-8). Tous ces ouvrages sont le résultat d'immenses recherches et témoignent d'une profonde science juridique, ils sont écrits d'une plume élégante, et inspirés des idées les plus libérales. E. H.
BiBL. : T. Lamy, Biographie de J.~J. Thonissen, dans Annuaire de l'Académie i^oyale de Belgique, 1892, pp. 877- 478. On y trouve une bibliographie très "complète.
THONNANCE-LÈs-JoiNviLLE. Gom. du dép. de la Haute-Marne, arr. de Wassy, cant. de Joinville ; 1.120 hab.
THONNÂNCE-LES-MouLiNs. Corn, dudép. delà Haute- Marne, arr. de Wassy, cant. de Poissons; 246 hab. Stat. du chem. de fer de l'Est.
THONNE-LÂ-LoNG. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Montmédy; 425 hab.
THONNE-LEs-PfiÉs. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Montmédy ; 325 hab.
THONNE-le-Thil. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Montmédy; 623 hab.
THONNELLE. Com. du dép. de la Meuse, arr. et cant. de Montmédy; 216 hab.
THONON. Ch.-l. d'arr. du dép. de la Haute-Savoie, sur la rive dr. du lac de Genève; 5.666 hab. (3.638