‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 162 sur 633 · TRAGI-COMÉDIE — TRAIN · texte numérisé non relu

TRAGI-COMÉDIE — TRAIN

mante de Gariiier (1582). Le goût croissant du public pour les romans, et sans doute aussi une certaine survivance de la tradition de l'ancien théâtre des moralités et mystères et autres histoires découpées en scènes, assurèrent à la tragi-comédie une grande vogue dans la première moitié du xvii® siècle. On y introduisit de multiples péripéties, une grande variété d'incidents, qui, naturellement, ne pouvaient se conserver dans l'unité du temps ni dans celle de lieu. Tandis que la tragédie puisait ses sujets dans la légende et dans l'histoire, et se chargeait volontiers de politique, la tragi-comédie exploita l'histoire anecdotique, les nouvelles, les voyages, et s'emplit d'amour et d'aventure. L'une s'attacha de préférence à l'antiquité, l'autre aux sujets modernes (sans que cette distinction ait rien d'absolu). La tragi-comédie devint la forme principale du drame irrégulier. Hardy, dans les cinq volumes de son T/ieair^ qu'il imprima (1624-i 628), donne autant de place à la tragi-comédie qu'à la tragédie. Mais ce fut surtout lorsque le répertoire espagnol fut connu en France, et qu'on en fit activement l'exploitation, que la tragi-tragédie parut réellement sur le point de remplacer la tragédie (1628-1640). Mairet, Rotrou, du Ryer, Scudéry, et beaucoup d'autres parurent préférer cetle forme de drame libre, romanesque, pleine de mouvement et d'imprévu. Corneille sembla les suivre, intitula son Cid, à cause du dénouement, tragi-comédie. Après Horace (1640), grâce à Corneille, la tragédie reprit faveur. La tragicomédie était condamnée par le triomphe des unités, qui entre 1630 et 1636 s'établirent sur le théâtre français : du moment que, par les unités, la multiplicité des incidents, l'intrigue touffue et accidentée du roman étaient bannies de la scène, la tragi-comédie n'était plus rien qu'une tragédie de dénouement heureux. Elle ne se distinguait plus assez de la tragédie, qui, chez Corneille et à son exemple chez d'autres de ses contemporains, finit souvent bien. On devait conclure à Tinutililé d'une dénomination distincte : c'est ce que fera d'Aubignac dans sa Pratique du Théâtre (1. Il, ch. x). La tragi-comédie disparaîtra donc vers le milieu du xvii^ siècle, c.-à-d. qu'elle se confondra de nouveau dans la tragédie, dont elle s'était un moment séparée. Gustave Lànson.

TRAGOPAN (Ornith.). Genre de Gallinacés de la famille des Phasianidés, désigné scientifiquement sous le nom de Ceriornis et voisin du genre Coq (Gallus), mais en différant par une queue courte, droite, la tète huppée et munie, en outre, de deux protubérances calleuses en forme de corne ; les joues et la gorge sont nues et munies de caroncules formant pendeloques. On en connaît une demidouzaine d'espèces propres aux régions montagneuses de l'Asie centrale. Le Tragopan SATYRE (Ceriornis satyra), que l'on voit aujourd'hui dans la plupart de nos jardins zoologiques, est d'un roux foncé, ocellé de taches blanches cerclées de noir; les cornes et les caroncules sont bleues. Il est des monts Himalaya. Il se reproduit en captivité, et les jeunes s'élèvent comme ceux du Faisan. A l'état sauvage, ces oiseaux se tiennent dans les forêts des hautes montagnes, près de la limite des neiges, par compagnies de trois à douze individus, descendant plus bas en hiver. Ils passent la nuit sur les arbres. Leur cri est un bêlement qui ressemble à celui d'une chèvre. lisse nourrissent de bourgeons, de racines, de grains et d'insectes. E.Trolessart. TRAGOPOGON (Bot.) (V. Salsifis).

TRAGULUS (Zool.) (V. Chevrotain). TRAGUS (Anat.) (V. Oreille).

TRAGUS, botaniste allemand (V. Bock [Hieronymus]),

Tè^ de Tragopan satyre.

TRAHISON (Dr. pén.). Ce sont les codes de justice militaire et de justice maritime qui ont donné le nom de trahison, sous lequel le langage courant d'ailleurs les désignait, aux crimes que le code pénal avait déjà prévus et punis sous le nom de crimes contre la sûreté extérieure de l'Etat, et auxquels on donne souvent le nom de crimes de haute trahison. La loi considère comme traîtres : tout Français qui porte les armes contre la France, qui entretient des intelligences avec les puissances étrangères pour les engager à commettre des hostilités envers la France ou pour leur en procurer le moyen, gui facilite l'entrée du territoire français, qui livre une ville, une forteresse, une place forte, des magasins, arsenaux, vaisseaux appartenant à la France, qui livre des troupes ou des navires qu'il commande ; les fonctionnaires ou militaires qui livrent les plans des places de guerre, arsenaux, ports ou rades, les secrets d'une opération ou d'une négociation, qui entretiennent des intelligences avec l'ennemi pour faciliter ses entreprises militaires ou maritimes, qui participent à un complot pour forcer le commandant d'une place assiégée à capituler ou le commandant d'un navire à amener son pavillon ; tout individu qui prête son concours pour piloter un navire ennemi. Les codes de justice militaire et maritime prononcent toujours contre le crime de trahison la peine de mort avec ou sans dégradation suivant les cas, avec faculté bien entendu d'atténuer cette peine par l'octroi des circonstances atténuantes. C'est la même peine que le code pénal prononce en principe. Il fait cependant exception dans le cas de livraison de plans à une puissance étrangère, quand cette puissance est un allié ou quand celui qui a fait la livraison n'avait pas ces plans entre les mains en sa qualité de fonctionnaire et les avait obtenus sans violence et sans fraude : dans la première hypothèse, c'est la détention qui est encourue, la déportation dans la seconde. L. L.

TRAILLE (Navig.) (V. Bac).

TRAIN. I. Chemin de fer (V. Chemin de fer).

Train américain (V. Bogie).

II. Navigation. — Les trains de bois sont de deux sortes : les trains de bois à brider et les trains de bois de charpente. Le flottage en trains de bois à brûler, qui a été pendant longtemps très pratiqué sur la haute Seine et ses affluents, paraît avoir été imaginé en 1549 par Jean Rouvet. Il a aujourd'hui à peu près complètement disparu. L'élément prinîitif du train était la mise, paquet de bois de 0'^,65 de largeur sur autant de hauteur, et de 1«»,I4 de longueur (celle d'une bûche). Six mises juxtaposées et rattachées par des perches transversales ou chantiers formaient une branche, quatre branches réunies un coupon, neuf coupons une pai^t, et deux parts un train, de 40 m. de longueur et d'un peu plus de 20 décastères de contenance. Dès que la largeur de la rivière le permettait, on formait, avec deux trains accolés, un couplage, représentant une masse de 200 tonnes. Les bois les plus légers étaient placés à l'avant, les plus lourds à l'arrière, et tous les assemblages étaient suffisamment élastiques pour que le train prît, dans les parties sinueuses de la rivière, les mêmes inflexions qu'elle. Le flottage en train de bois de charpente présente encore une certaine activité, principalement sur le Rhin, où il s'en rencontre de 1.200 à 1.400 tonnes. Les procédés de construction sont à peu près les mêmes que pour les trains de bois à brûler. Dans les trains de charpentes de chêne, d'un poids spécifique parfois très voisin de celui de l'eau, on intercale, afin d'équilibrer la masse, un certain nombre de barriques vides hermétiquement fermées.

III. Art militaire. — Train des équipages militaires. — Jusqu'à la fin du xvii® siècle, le service des transports de l'armée était exécuté au moyen de réquisitions violentes d'hommes, de chevaux et de charriots (V. Charroi). Puis on commença à recourir au système des marchés réguliers passés avec des compagnies d'entrepreneurs qui fournissaient à un prix déterminé des

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