‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 163 sur 633 · TRAIN · texte numérisé non relu

TRAIN

voitures avec leurs attelages et leurs conducteurs civils. Organisés en énormes convois formant de véritables magasins roulants, ces équipages apportaient à l'armée les vivres et les effets de toutes sortes accumulés en arrière par l'autorité militaire dans les magasins fixes des places fortes. Malheureusement, les entreprises, même les plus puissantes, n'étaient jamais au niveau des besoins et, pendant les guerres de la République et du commencement de l'Empire, on dut, à plusieurs reprises, mettre des jeunes soldats à leur disposition. Les défectuosités du système se firent plus particulièrement sentir pendant la rude campagne d'hiver de 1807, au milieu des chemins boueux et défoncés de la Pologne. Elles décidèrent Napoléon à militariser complètement ce service, et, par décret du 26 mars 4807, il créa les bataillons du train des équipages. D'abord au nombre de 9, à 4 compagnies chaque, ils étaient, en 4 8^2, au nombre de 22, forts de 432 compagnies. En 4814, on les trouve réduits à 42, qui prennent la dénomination d'escadrons, conservée depuis. Les gouvernements qui suivirent apportèrent également, dans leur nombre et dans leur organisation, une infinité de modifications. Le décret du 29 févr. 4852, notamment, les partagea en deux services distincts : un service actif (troupes du train) et un service de construction (compagnies d'ouvriers constructeurs). Le décret du i^^ mai 4873, qui précéda l'organisation actuelle, en fit 4 régiments, ayant chacun un état-major, et 46 compagnies réparties en 3 escadrons. Jusque-là, d'ailleurs, le train faisait partie des troupes d'administration et était placé, au même titre que les infirmiers et que les ouvriers d'administration, sous l'autorité des fonctionnaires de l'intendance. La loi du 43 mars 4875 en a fait une arme à part, qui vient immédiatement après l'artillerie et qui lui est, à plusieurs égards, rattachée. Il ne relève plus en rien de l'intendance, dont il assure seulement les transports, mais bien du général commandant l'artillerie du corps d'armée.

Le train des équipages militaires comprend normalement, à l'heure actuelle : 4« 20 escadrons, tous stationnés en France et correspondant à chacun des vingt corps d'armée, dont ils portent le numéro; 2** 42 compagnies mixtes affectées en principe au service de l'Algérie et de la Tunisie, mais rattachées, pour l'administration, à des escadrons de l'intérieur. Chaque escadron forme corps de troupe. Il est commandé par un lieutenant-colonel ou un chef d'escadron et partagé, en temps de paix, en 3 compagnies, toutes montées, et numérotées 4, 3, 5. Ces compagnies sont, à l'effectif normal, de 94 hommes et 67 chevaux, avec 4 capitaine en premier, 4 capitaine en second, 4 lieutenant en premier, 4 lieutenant en second (ou 4 souslieutenant). Elles se fractionnent, lors de la mobilisation, en un grand nombre d'autres, par suite de la quantité considérable de réservistes à encadrer. Tandis, en effet, qu'en temps de paix chaque escadron a 293 hommes et 209 chevaux, il comporte, en moyenne, en temps de guerre, 2.300 hommes et 3.500 chevaux ou mulets provenant de la réquisition. Il a alors dans ses attributions : 4** la conduite des voitures et mulets de bât des ambulances et des hôpitaux de campagne ; 2*^ le transport, pendant et après le combat, des blessés et des malades recueillis aux postes de secours du champ de bataille ; 3** le service des évacuations des ambulances ; 4^ la conduite des convois administratifs des subsistances et des boulangeries de campagne des corps d'armée ; 5^ le transport des réserves d'effets d'habillement et de petit équipement des corps d'armée ; 6^ la conduite des voitures du service télégraphique ; T celle des voitures de la trésorerie et des postes; 8° la conduite des dépôts de remonte mobile des corps d'armée ; 9^ celle des parcs du génie d'armée ; 40** celle des convois auxiliaires des corps d'armée et des convois de réquisition organisés sur les lignes d'étapes. Il est appelé, en outre, à assurer éventuellement divers autres services de transport lorsqu'ils ne le sont pas par des troupes d'autres armes et il fournit à diverses catégories d'offi-

ciers et assimilés (comme aussi, du reste, en temps de paix) des soldats ordonnances. Il se trouve, par suite, fractionné en un grand nombre de détachements, commandés chacun par un officier ou un sous-oflîcier et comprenant, outre des conducteurs montés conduisant en selle et des conducteurs non montés conduisant en guides, un nombre proportionnel d'ouvriers en bois et en fer pour réparer les voitures, ainsi que des maréchaux ferrants et des bourreliers. Pour les voitures à un ou deux chevaux, régulières ou de réquisition, un seul conducteur conduisant en guides sufiît d'ordinaire. La plupart des voitures à quatre chevaux ont deux conducteurs en selle. Les types de voitures régulières sont, du reste, très nombreux. On n'en|comptè pas moins d'une quarantaine, réparties en huit groupes, suivant les services desservis : de santé, vétérinaire, des subsistances, de la télégraphie, etc.

L'armée territoriale a aussi des escadrons du train des équipages, à raison d'un par région de corps d'armée. Le nombre des compagnies en est variable, suivant les ressources de la région. L'organisation est la même que celle des escadrons de l'armée active.

Les escadrons du train se recrutent, en principe, par le contingent. Les engagements volontaires n'y sont plus reçus et, s'il y a, en cours d'année, manque d'hommes ou de cadres, on fait appel à la cavalerie. L'instruction est donnée dans chaque escadron. Elle comprend, outre le maniement du sabre et de la carabine, qui constituent l'armement des soldats du train (des « tringlots », comme on les appelle vulgairement), l'équitation, les soins à donner aux chevaux, la conduite des voitures en selle et en guides, diverses manœuvres de force, le chargement des voitures, la conduite et le chargement des mulets de bât. Les officiers proviennent de l'école de Versailles (V. Ecole, t. XV, p. 424). Les chevaux de troupe sont des chevaux de cavalerie et d'artillerie devenus inaptes au service de ces armes. L'effectif total du temps de paix est, d'après le projet de budget de 4902, de 40.282 hommes (2.842 en Algérie et Tunisie), dont 24 officiers supérieurs, 388 officiers subalternes, 815 sous-officiers, 9.055 brigadiers et soldats, 3.263 de ces derniers sont soldats-ordonnances d'oflîciers sans troupe. Ils sont rattachés administrativement à l'escadron de leur corps d'armée, mais ne comptent pas dans l'effectif normal des compagnies. Ils proviennent, du reste, îe plus souvent d'autres armes. L'effectif en chevaux est, d'après le même document, de 6.882 (2.629 en Algérie et Tunisie), dont 2.445 de selle et 4.767 de trait.

De même que les chasseurs à pied, les troupes du train n'ont qu'un unique étendard, confié à l'un des escadrons stationnés à Paris ou à Versailles.

En Allemagne, la plus récente organisation du train des équipages date du 3 août 4893. Il y a, sur le pied de paix, 24 bataillons, de composition non uniforme, à raison d'un, en principe, par corps d'armée. Le total des compagnies est de 65, comprenant 300 officiers, 4.700 sous-officiers, 6.000 hommes de troupe et un peu plus de 4.000 chevaux. Les officiers se recrutent, tant parmi les officiers des autres armes, par passage, que parmi les officiers de réserve. Les hommes de troupe se distinguent en deux éléments : l'un permanent et d'élite, les Gemeine, qui font trois ans ; l'autre renouvelable, les Trainsoldaten, qui ne font que six mois. A chaque bataillon est juxtaposé un dépôt du train, chargé de la gestion du matériel, et une section de boulangerie.

Train régimentaire. — Pour chaque régiment de 42 compagnies, le train régimentaire ou équipages régimentaires comprend : 12 voitures de compagnie, portant chacune 46.384 cartouches et 40 outils ; 4 fourgons à bagages, pour les cantines des officiers et des adjudants ; i voiture d'effets (brodequins, chemises, ceintures de flanelle, pantalons); 43 voitures à vivres, emportant, en principe, 2 jours de vivres ; 3 voitures médicales; 3 voitures de cantinières, — en tout 36 voitures, qui, pour les opérations en montagne, sont rem-

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