IV. Boucherie. — Tbain de côtes (V. Côte, t. XII, p. i47o
V. Mécanique. — Train épicycloidal. — Un train d'engrenage est dit épicycloidal quand une ou plusieurs des roues qui le constituent ont leurs centres attachés à un châssis mobile autour d'un point fixe. La théorie d'un pareil système a été établie par Willis. Si Ton appelle a la vitesse angulaire du châssis, m la vitesse angulaire de la première roue du train et n celle de la dernière roue, les vitesses relatives de ces deux roues par rapport au châssis sont m — aetn — a. En désignant, d'autre part, par e la raison du train, c.-à-d. le produit des nombres de dents des pignons divisé par le produit des nombres de dents des roues, produit affecté du signe -h ou du signe — suivant que les roues extrêmes tournent dans le même sens ou en sens
contraire, on a la formule =:r s, qui résume toute
la théorie de Willis. On a vu au mot Paradoxe de Fer-
GussoN une application de cette formule. Un autre exemple
de train épicycloidal est fourni par le différentiel des
automobiles. t- Lecornu.
BiBL. : Aet militaire, — P. Stefani, Guide du capitaine du train des équipages ; Paris, 1880. — Jouffret, Traité de la conduite en guides et de l'entretien des voitures; Paris, 1889. — E. GiRARDOîi^ Organisation et service du train ; Paris, 1895. — Ministère de la guerre, Règlement sur le service du train des équiipages (1891) et Instruction pratique sur le service du train des équipages en campagne (1897). — Les Transports aux armées^ dans Journal des sciences militaireSy ann. ^88/ et 1888.
TRAÎNASSE, TRAÎNE (Bot. et Agric.) (V. Agrostide et Polygonum),
TRAÎNEAU. L Technologie. — Voiture portée par des patins au lieu de roues et qu'on fait glisser sur la neige ou sur la glace. A peu près exclusivement employé, l'hiver, pour les transports de toute sorte, dans les pays froids, comme la Russie, le traîneau est, au contraire, dans nos régions, d'un usage rare. Il est de mode, toutefois, à Paris, d'en exhiber aux Champs-Elysées et au Bois-de- Boulogne dès que les allées se sont tapissées de neige. Pour les traîneaux de bois ou schlittes y V. ce dernier mot.
n. Génie rural. — Les traîneaux à patins, ou, mieux, les traîneaux à châssis montés sur trois ou quatre petites roues sont, d'un usage courant, en agriculture, pour le transport des produits agricoles et des fumiers dans l'intérieur des exploitations, et, surtout, de certains instruments sur les chemins d'exploitation ; leur emploi ne saurait être trop recommandé, en particulier pour le transport des herses souples et des herses articulées et des charrues. La figure ci-jointe représente un type de traîneau perfectionné, aujourd'hui très répandu en France,
et s adaptant aux charrues Brabant double ; il se compose d'une barre d'attelage tournant, dans le sens horizontal, sur une plate-forme montée sur un essieu coudé ; la barre porte à l'avant un crochet d'attelage, et, à l'arrière, elle
Traîneau pour charrue brabant double.
se termine par un crochet dans lequel s'engage l'essieu de l'avant-train de la charrue ; l'arrière-train de la charrue se renverse sur une fourche surmontant la plate-forme et l'un des seps est arrêté, au moyen d'une goupille, dans un retour de la fourche. J. T.
III. Chasse. — Le traîneau est constitué par une nappe de filet, dont les mailles, faites en petite ficelle, ont des dimensions variables avec la grosseur du gibier : 3 centim. pour les alouettes, 4 à 5 centim. pour la perdrix. Sa longueur est de 15 à 20 m., sa hauteur de 4 à 5 m. A chaque extrémité est attachée une perche légère, de longueur égale à la hauteur du filet, et il ressemble dès lors beaucoup à la senne des pêcheurs. Il s'emploie, du reste, de manière assez analogue. Le traîneau, qui. est dans certaines régions très destructeur, rentre dans la catégorie des engins prohibés.
TRAÎN É£. L Pèche. — La pêche à la traînée est la pêche aux cordes dormantes pratiquée en mer; la traînée se place le soir et se relève le lendemain matin. A l'une des extrémités d'une maîtresse corde, on attache une grosse pierre ou une ancre pour la faire couler à pic ; cette corde est levée et peut avoir 1.000 à 1.500 m. de long; les hameçons amorcés sont empilés à la ligne de corde de place en place ; à mesure que le bateau avance doucement l'extrémité de la corde est coulée à pic et repérée par une bouée. On prend ainsi des congres par fonds rocheux, des merlans et des poissons plats par fonds sablonneux .
IL Art héraldique. — Sorte de filet onde représentant le semis de poudre qui doit porter le feu à une mine. Ce meuble est rare en blason.
T^^\HEl (Triangulum). Corn, du dép. de l'Aube, arr. etcant. de Nogent-sur-Seine, surl'Orvin; 1.315 hab. Château ruiné.
TRAINOU. Com. du dép. du Loiret, arr. d'Orléans, cant. de Neuville-aux-Bois ; 1.002 hab.
TRAIRE. Rivière de France (V. Marne [Haute-], t. XXÏÏI, p. 233).
TRAIT. I. Qrammaire. ~ Trait d'union. — Le trait d'union (-) est un signe orthographique dont on se sert pour réunir dans l'écriture deux ou plusieurs mots étroitement unis par le sens. Le trait d'union s'emploie ainsi : i^ pour réunir les différentes parties de certains mots composés, noms (arc-en-ciel), adjectifs (nouveau-né), verbes (cntre-croiser), adverbes (peut-être) ou de locutions prépositives (au-devant de) ou autres (c'est-à-dire, nu-pieds, nu-tête) ; 2*^ pour réunir les adverbes ci et là à des mots qui les précèdent ou les suivent et dont ils ne peuvent être séparés, qu'ils forment avec eux un mot composé (celui-ci, celui-là, ci-joint, là-haut) ou non (ce cheval-ci, ces animaux-là) ; 3^ pour unir au verbe le t euphonique et les pronoms personnels sujets placés immédiatement après le verbe ou après le t euphonique (vient-il, dira-t-on) ; 4** pour unir au verbe les pronoms personnels compléments placés immédiatement après (dis-moi.
TRAIT — TRAITV:
dis-le-moi) ; 5" pour unir les noms de dizaines et les noms d'unités quand il n'y a pas la conjonction et (dixsept, quarante-cinq) ; 6° pour unir l'adjectif même au pronom personnel qualifié qui précède immédiatement (moi-même) ; 7° pour unir l'adjectif demi au substantif qualifié qui le suit immédiatement. Le trait d'union s'emploie encore pour indiquer à la fin d'une ligne qu'un mot n'est pas terminé et doit se continuer à la ligne suivante. Le trait d'union date du xvi^ siècle et fut employé, parait-il, pour la première fois dans le Dictionnaire de Nicot. En 1877, l'Académie française Ta supprimé dans les superlatifs formés avec très, excepté dans Très-haut = Dieu, et dans certains mots composés comme havresac qu'on écrivait autrefois havre-sac. Enfin un arrêté du ministre de l'instruction publique en date du 3i juil. 1900 a prescrit aux professeurs de l'Université de n'exiger jamais l'emploi du trait d'union dans les substantifs et les verbes composés, après les adjectifs nu et demi, entre les adverbes ci et là et le pronom antécédent, entre le verbe et le pronom sujet, entre les noms de nombre de dizaines et d'unités, entre même et le pronom qui précède.
II. Créométrie. — On a donné la dénomination à' art du irait à l'ensemble des méthodes graphiques, notamment à celles qui sont en usage dans les constructions de la fiféométrie descriptive, de la perspective, de la stéréotomie, de la charpente, etc. L'art du trait est fort ancien, et a précédé de beaucoup la grande invention de Monge. Non seulement les constructions sont utiles pour la représentation rigoureuse des objets, mais on a imaginé aussi depuis longtemps de les employer pour suppléer au calcul, et c'est dans le « calcul par le trait » qu'il faut voir les véritables origines de la statique graphique. C.-A. L.
II I. Musique. — Le mot de trait désigne communément tous les passages de virtuosité vifs et rapides. C'est un terme commun qui a remplacé les noms multiples : tirade, fusée, ]passages, etc., que [l'on employait autrefois suivant la forme, la rapidité ou l'étendue du trait. Le même mot, en termes de plain-chant, s'applique à un genre particulier de pièce de chant grégorien faite sur quelques versets d'un psaume, laquelle est substituée, dans certains cas, à la psalmodie et qui tient alors la place d'une prose ou d'un alléluia.
IV. Liturgie. — Nom des versets de psaumes qu'on chante après le graduel (V. ce mot). Parmi les liturgistes, les uns font venir ce nom de trahendo, parce que, disent-ils, le chant de ces versets se traîne en une sorte d'uniformité de ton; les autres, de ce qu'on les chante de suite, tractius ; d'autres, en moins grand nombre mais peut-être avec plus de raison, font dériver tractus de extractus, avec suppression des deux premières lettres, parce que le trait est un extrait d'un psaume. — Il est de règle qu'il n'y ait point de trait lorsqu'il y a une prose (V. Hymne). On fait exception pour la messe des défunts.
V. Sellerie. — Partie du harnais du cheval d'attelage qui réunit le collier à la voiture et qui sert d'intermédiaire à la traction. Les traits sont au nombre de deux, l'un à droite, l'autre à gauche, et, dans l'attelage à un cheval, suivent les brancards. Ils consistent en une longe de cuir très forte ou en une grosse corde, ou encore en une chaîne.
VI. Art héraldique. — Ligne qui sert à marquer les répartitions de l'écu. Exemple : Parti d'un trait, coupé de deux, — ce qui divise l'écu en six parties.
TRAIT. Rivière du dép. de la J:^iè\)re (V. ce mot, t. XXIV, p. d095).
TRAIT (Le). Com. du dép. delà Seine-Inférieure, arr. de Rouen, cant. de Duclair; 460 hab. Stat. duchem. de fer de l'Ouest.
TRAITE. I. Ancien droit fiscal.—- On appelait traite s des droits qui se levaient sur toutes les marchandises qui entraient dans le royaume ou en sortaient. La ferme des traites était l'une des cinq grosses fermes, et l'on sait que leurs tenants étaient nommés traitants. L'origine des traites doit être recherchée dans les différentes
mesures fiscales que prirent les rois à la fin du xiii^ siècle et au début du xiv® pour remplir leur coffre épuisé. C'est ainsi que Philippe le Bel, par une ordonnance du l^^'févr. 1305 (Recueil du Louvre, I, p. 422), interdit d'une façon générale l'exportation hors du royaume. Il se réservait d'accorder des dispenses moyennant finances. L'exportation devenait ainsi, comme le prêt à intérêt, un monopole. Il créa même un maître des ports et passages chargé d'organiser l'administration et de délivrer des permis d'exportation. Deux surintendants généraux, qui lui furent adjoints, furent plus tard rattachés avec lui à la cour des comptes. L'ordonnance du 46 sept. 4358 assujettit toutes les marchandises exportées à un droit général de quatre deniers par livre. En 4360, on créa quatre maîtres des ports et passages, chargés d'inspecter les ports, de recevoir les droits et enfin de juger de tous les procès qui naissaient des droits de traite. Ce fut l'origine de la juridiction des Traites. Elle fut spécialement réglementée par l'ordonnance de 4687, art. 42. Cette juridiction tranchait en première instance tous les différends civils et criminels naissant à l'occasion des traites. Les appels furent portés désormais à la cour des aides. Les traites avaient cessé, du reste, de faire partie depuis longtemps du domaine et d'être placées sous l'autorité des trésoriers de France. Elles étaient devenues de véritables impositions. L'ancienne législation des traites fut remplacée par la nouvelle législation des douanes pendant l'époque intermédiaire. La loi fondamentale de la nouvelle organisation fut celle du 22 août 4794 (V. Douane). E. Champeaux.