‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 176 sur 633 · TRANCHÉE ~ TRAN-NINH · texte numérisé non relu

TRANCHÉE ~ TRAN-NINH

tuelle des projectiles et la précision du tir sont telles que 1 exécution des travaux de sape dans un siège est devenue à peu près impossible à notre époque.

Tranchée-abri. — Retranchement de campagne construit par les hommes de l'infanterie pour pouvoir tirer à couvert (V. Retranchement).

Service de tranchée. — Pendant toute la période des travaux d'approche^ il était commandé chaque jour un

général de tranchée qui avait le commandement des gardes de tranchée ; il était assisté d'un colonel ou d'un lieutenant-colonel major de tranchée. Le service de tranchée comprenait les travailleurs et la garde de tranchée ; cette garde avait pour mission de veiller à la sécurité des travailleurs et de repousser toute attaque.

Chèvre de tranchée. — Appareil de levage destiné à soulever les fardeaux ; cette chèvre est basse et est em-

Chèvra de tranchée équipée pour soulever un canon.

Chèvre de tranchée (vue de côté) équipée pour soulever un mortier sur son affût.

ployée dans les fossés et tranchées où les chèvres ordinaires ne pourraient être utilisées sans être vues, étant donnée leur hauteur. Elle se compose de deux pieds de 2«i,20 de haut, distantsde 1"^,75 ; le fardeau est accroché à un chapeau à l'aide d'un crochet ou d'une élingue ; ce chapeau repose par ses extrémités sur les cuvettes de deux crics de siège. Cet appareil pèse 406 kilogr. et peut soulever un fardeau de 3.600 kilogr.

Dépôt de tranchée (V. Dépôt).

II. Médecine et Art vétérinaire. — Douleurs abdominables très vives ou coliques (V. Colique), On donne le nom de tranchées utérines aux douleurs qui surviennent après l'accouchement et qui sont produites par les contractions de Tutérus pour expulser le placenta ou des caillots de sang (V. Accsuchement et Délivrance). D^ L. Hn.

T RANCH ET (Outil). On désigne sous le nom de tranchet une lame de fer ou d'acier à une extrémité tranchante qui sert au découpage à la main des cuirs, des caoutchoucs, des lames de plomb, etc.

TRANCHOIR. I. Archéologie. — Plaques de métal rondes, plus souvent oblongues, et quelquefois carrées, sur lesquelles l'écuyer tranchant, armé des couteaux à découper devant le roi, coupait les viandes. Il plaçait sur un second tranchoir de métal trois ou quatre tranchoirs faits de minces tranches de pain bis, fabriqué exprès à Corbeil, et sur cette sorte de coussin il disposait les morceaux de viandes bouillies ou rôties, d'abord pour le prince, ensuite pour les convives.

IL Ichtyologie. — Genre de Poissons Acanthoplérygiens, de Tordre des Squamodernes, ainsi nommés à cause de la forme circulaire et comprimée de leur corps. On en cite deux espèces communes dans les mers de l'Inde : le Tranchoir cornu et le Tranchoir à moustache épineuse. Sa chair rappelle celle^du turbot, et son poids peut atteindre 7 kilogr.

TRANCLIÈRE (La). Com. du dép. de l'Ain, arr. de Bourg, cant. de Pont-d'Ain ; 300 hab.

TRANCRAINVILLE. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. de Chartres, cant. de Janville; 323 hab. Stat. du chem. de fer de l'Etat.

TRANGÉ. Com. du dép. de la Sarthe, arr. et cant. (2«) du Mans; 502 hab.

TRANGER (Le). Com. du dép. de l'Indre, arr. de Châteauroux, cant. de Cliàtillon-sur-Indre ; 541 hab.

T R A N G L E S (Blas . ) . Fasces diminuées touj ours en nombre impair ; quand elles sont en nombre pair, on les appelle burèles.

TRANI (Tranum, Trajanopolis,Turenum), Ville maritime d'Italie, prov. de Bari, sur la grande ligne ferrée d'Ancône à Bari; 30.000 hab. Archevêché depuis le XI® siècle. Belle ville, bien bâtie, dominée par une cathédrale de l'an 1400, décorée de belles portes de bronze dues à Barisano (4475) et possédant une vaste crypte. Parmi les autres églises, citons celle de Tous-les-Saints avec sculptures romanes, celle de Sainte-Marie-Immaculée. L'enceinte rasée a été remplacée par des promenades ; le château a été converti en prison. Le commerce est alimenté par l'excellent vin muscat de Trani, les graines, les olives, les amandes et figues delà Pouille. — Ancienne ville des Peucétiens, elle n'acquit d'importance qu'après la conquête normande (4073); ce fat alors une opulente cité commerciale, qui se releva promptement lorsque Roger II la détruisit en 4434. A. -M. B.

TRANI (Geoffroi de), canoniste, cardinal en 4245, mort à Lyon en la même année. Œuvres principales : Glossœ in Décrétâtes Greyorii IX ; — Summa super rubricis decretalium ; — Quœstiones.

TRAN-NINH. Pays de l'Indo-Chine française et ancienne principauté du Laos annamite, situé à l'O. du Tonkin. Il est limité au N. par le canton laotien de Houapanh-ha-tang-hok, à l'O. par le Luang-prabang, au S. par les districts du Laos annamite bordant la rive gauche du Mékong, et à l'E. par la province de Vinh (V. ce mot). Sa superficie est d'environ 45.000 kil. q., et sa population de 55.000 hab. LeNgan-Ka ou Song-Ka et son affl. gauche le Nam-Mo arrosent toute la partie N.-E. ; le reste du pays est situé dans le bassin du Mékong. Toute la région est couverle de hauts plateaux calcaires ; le plus élevé, celui de Sam-senan, a une ait. de 4.650 m. ; les monts Louang et le pic de Pa-tiao s'élèvent également à 2.000 m. ; d'épaisses forêts où l'on récolte la cannelle et le camphre couvrent les montagnes. Les autres produits du Tran-Ninh sont le riz, le coton, la cire, l'opium, le tabac et les vers à soie. La population, indépendamment de quelques tribus Mo et des brigands Hos, comprend les Poueun, appelés aussi Thaï-phouon, qui habitent les régions basses et les sauvages Thaï-theng qui occupent les montagnes. Le pays

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TRAN-NINH — TRANSBAlfcALIE

est divisé en huit sous-préfectures f Kan, Liem, Sen, Xong, Xat, Kouang, Kam et Mo ; le chef-lieu est Xieng- Koiiang.

Depuis 1884, date de l'établissement de notre protectorat en Annam, l'ancienne principauté de Tran-Ninh relève de la province de Vinh ; c'est, néanmoins, en 1893 seulement que la France occupa effectivement le Tran- Ninh qui, jusque-là, était resté sous Tinfluence siamoise.

TRANNES. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar-sur- Aube, cant. de Vendeuvre-sur-Barse ; 346 hab.

TRANQUEBUR (hindou Taranganbâdi). Ville maritime de rinde, sur la côte de Coromandel, à l'embouchure d'un bras de laCaveri; 6.000 hab. avec le faubourg indigène de Poraiya7\ Fort Danneborgqui sert de prison. Cotonnades, raffineries de sel. Acheté en 1620 parles Danois au radjah de Tandjore, Traflquebur fut le centre des établissements danois de l'Inde vendus en 1845 à la Compagnie (anglaise) des Indes orientales.

TRANQUEVILLE-Graux. Com. du dép. des Vosges, arr. de Neufchâteau, cant. de Coussey; 308 hab.

TRANS. Com. du dép. d'IUe-et- Vilaine, arr. de Saint- Malo, cant. de Pleine-Fougères; 1.336 hab.

TRANS. Com. du dép. de la Loire-Inférieure, arr. d'Ancenis, cant. de Riaillé : 1.092 hab.

TRANS. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Mayenne, cant. de Biais; 775 hab.

TRANS. Com. du dép. du Var, arr. et cant. de Draguignan; 1.203 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.

TRANS-ALAÏ. Chaîne de montagnes asiatiques (V. Asie et Turkestan).

TRANSACTION. I. Droit romain. — C'est la conveniion ayant pour but de mettre fin à un procès déjà pendant ou de l'empêcher de naître. L'une des parties renonce à un droit prétendu par elle, moyennant un équivalent que l'autre partie donne ou s'engage- à donner, cet équivalent pouvant être aussi une renonciation à un droit. Tant qu'elle reste à l'état de simple pacte, la transaction est dépourvue de force obligatoire. Sans doute la partie en faveur de qui il y aura eu renonciation pourra opposer la transaction, si l'autre partie s'avise d'intenter contre elle une action, au mépris de la renonciation consentie. Elle repoussera cette action par l'exception de dol. Mais cela ne suffit pas. Car cela ne lui donne pas le moyen de réclamer l'équivalent qu'elle s'est fait promettre en échange de sa renonciation. Il fallait qu'elle se fût fait promettre cet équivalent par stipulation. On rendait aussi obligatoire la transaction, d'une façon indirecte, en lui adjoignant une slipulatio pœnœ (V. Peine). Enfin, mais assez tardivement, on s'avisa que la transaction rentrait dans les negotia nova, àitscontrats innomés. Chacune des parties, à la condition d'exécuter la convention, eut le droit d'agere praescriptis verbis contre l'autre pour obtenir ce que celle-ci avait promis. Les renonciations que suppose toute transaction et qui tendent à l'abandon du droit litigieux se faisaient, soit par acceptilatio (cas dans lequel était utilisée la formule créée par Aquilius Gallus, stipulatio Aquiliana, V. Aqui- Lius Gallus), soit par pactum de non petendo. G. M.

11. Droit civil actuel. — La transaction est un contrat écrit auquel la loi donne l'autorité d'une décision de justice rendue en dernier ressort, et qui met fin à une contestation née ou prévient une contestation à naître. Elle ne peut intervenir qu'entre parties ayant capacité de disposer des objets auxquels elle est relative. Cependant le tuteur, le syndic de faillite, le prodigue, peuvent transiger, à la condition : le premier, de s'y faire autoriser par le conseil de famille sur avis de trois jurisconsultes désignés par le procureur de la République, de faire homologuer la transaction par le tribunal; le second, en la soumettant au tribunal de commerce ou civil, suivant qu'elle a pour objet des droits mobiliers ou immobiliers ; le troisième, en se faisant assister de son conseil judiciaire. Le tuteur ne peut transiger avec le mineur devenu majeur qu'après la reddition de ses comptes de tutelle et la remise au pupille

des pièces justificatives de ces comptes. Enfin, les communes, les départements, les établissements publics, doivent obtenir l'autorisation expresse du président de la République pour pouvoir transiger sur leurs droits. La transaction ne peut avoir pour objet qu'un intérêt civil. Elle ne pourrait porter sur l'état des personnes. Si l'intérêt civil qui fait l'objet de la transaction est la conséquence d'un délit ou d'un crime, la transaction sera sans influence sur la poursuite du ministère public qu'elle n'arrêtera pas. A côté de la transaction réglant les intérêts civils, il ne peut intervenir entre le ministère public et l'inculpé de convention mettant fin aux poursuites dirigées contre lui. Par exception, la poursuite des délits et contraventions en matière forestière peut être arrêtée, tant qu'un jugement définitif n'est pas intervenu, par une transaction entre le délinquant et l'administration des forêts, et même, lorsque la décision judiciaire définitive a été rendue, une transaction peut encore intervenir sur les peines et réparations pécuniaires, dommages-intérêts, amendes, confiscation, mais sur celles-ci seulement.

Par dérogation au principe que la transaction, dans toutes les matières où elle est autorisée entre parties maîtresses de leurs droits, est définitive dès qu'elle est arrêtée entre les intéressés, les transactions survenant pour arrêter une poursuite de faux incident ne peuvent être exécutées qu'après avoir été communiquées au ministère public et homologuées par le tribunal. Si elle prévoit ou interdit l'accomplissement de certains faits la transaction peut stipuler une clause pénale à la charge de celle des parties qui y contreviendrait. Restreinte expressément à l'objet qui y est énoncé, aux personnes qui y ont été parties et en tant qu'elles agissent en la quafité qu'elles ont prise dans l'acte, la transaction ne saurait, en aucun cas, être étendue à aucun autre objet similaire ou connexe, ni être opposée à des tiers ou même à l'un des signataires s'il se présentait avec une autre qualité. Régulièrement constatée par acte écrit, elle a l'autorité d'une décision de justice définitive, elle ne peut donc être attaquée pour cause d'erreur de droit ou de lésion. Sa rescision ne peut être demandée qu'au cas d'erreur de fait sur la personne avec laquelle l'on a traité ou sur l'objet de la transaction. De même au cas de dol ou de violence, spécialement lorsqu'elle a pour objet de mettre fin à l'indivision entre cohéritiers. De même encore, si elle a été faite sur des titres nuls. Mais il ne sera même pas besoin de faire prononcer la nullité de la transaction qui tombera et sera caduque par la seule constatation de l'un des faits prévus : si elle a été consentie sur des pièces qui auront ensuite été reconnues fausses ; si le litige auquel elle devait mettre fin avait déjà été terminé par une décision en dernier ressort que les parties ou l'une d'elles ignoraient, ou enfin si des titres retrouvés postérieurement à l'acte établissaient de façon formelle que l'une des parties n'avait aucun des droits sur lesquels elle a transigé.

Aucune formule sacramentelle n'est imposée pour la transaction, soumise seulement à l'obligation d'un acte écrit authentique ou sous seing privé ; il suffit que les parties y expriment de façon nette leur formelle intention de régler leurs droits à l'amiable et de façon définitive.

BiBL. : Droit romain. — Dig., De transact.^ II, 16. — Ac- CARIAS, Précis de droit romain ; Paris, 1886-91, t. II, n"^ 708, 711, 590, note 2, 2 vol., 4« éd., in-8. — G. May, Eléments de droit romain; Paris, 1900, n° 162, 6« éd., in-8.

TRANSATLANTIQUE (Navig.)(V.BATEAu,t.V,p.736).

TRANSBAÏKALIE (Zabaïlskaya Oblast). Province du S.-E. de la Sibérie, s' étendant à l'E. du lac Baïkal jusqu'à la frontière chinoise ou Mandchourie, au S. jusqu'à la Mongolie ; elle a 613.475 kil. q. et 664.000 hab. en 1897. Le cîi.-l. est Tchita. Nous renvoyons les lecteurs, pour les données générales sur cette contrée, aux mots Asie et Sibérie. Rappelons seulement que la Transbaikalie est particulièrement caractérisée par les monts lablonoï ou Stanovoï qui traversent la région du N. au S., et de puissantes ramifications de cette chaîne principale couvrent le terri-

TRANSBAÏKALIE ~ TRANSCASPIENNE

toire à TE. et à l'O., et en font un immense plateau parsemé de cimes de 800 à 2.000 m. d'alt. ; un seul massif, le Tchokondo, dans le bassin de la Chilka, dépasse cette altitude; son élévation atteindrait 2.450 m. Le S.-O. de la province est moins élevé, on l'appelait autrefois Daourie, du nom d'un peuple toungouse qui l'habite ; ses terrasses s'abaissent sur les steppes du désert de Gobi. Bien que traversée par deux grandes voies qui conduisent, l'une en Chine, l'autre vers le N., la Transbaïkalie n'a encore été jusqu'à présent que très sommairement explorée, d'abord par divers déportés politiques, notamment par le prince Kropotkine, vers 1875. Une mission scientifique officielle a fait une reconnaissance du pays, sous la conduite du géologue V. Obroutchev, durant les années 4895- 98. Diverses études ont été faites, en outre, par les ingénieurs occupés aux travaux des mines de Nertchinsk (V. ce mot), dans la partie orientale de la contrée. Ces diverses explorations ont confirmé l'existence de minerais importants. La plupart des chaînes de montagnes contiennent des affleurements de roches cristaUines, de granités, de gneiss et de micaschites. On y a aussi trouvé du sable aurifère, des minerais d'argent plorabifcre, du cuivre, du zinc, du mercure, du soufre, de la houille. Un tiers environ de la contrée, dans la partie S. notamment, peut être considéré camme cultivable, principalement dans les vallées des grands cours d'eau : en premier lieu, au S.-O., la Selenga, tributaire du lac Baïkal, et ses affluents de droite, Tchikoi, Chilok, Ouda; puis, au S.-E., les rivières du bassin de l'Amour : Orkhon (Argoun), qui forme la frontière russo-chinoise durant 950 kil. ; Chilka, constituée par l'union de l'Onon et de l'Ingoda; enfin, auN., le Vitim, tributaire de la Lena, et ses nombreux affluents. Le climat, malgré son extrême rigueur, n'est pas défavorable à la culture. La moyenne de la température de l'année est de — 2*^, 6; moyenne de l'hiver — 27°; mois de janvier — 30°; moyenne de l'été, 17°; mois de juillet -f- 19°. Durant la période de la végétation des plantes, la température est d'environ 13°, légèrement inférieure à celle de la région agricole du centre de la Sibérie. Les céréales mûrissent toutefois d'une manière très satisfaisante et malgré que îe sol y soit presque continuellement gelé. Cette circonstance est attribuée à l'intensité de l'action des rayons solaires ainsi qu'à l'extrême pureté de l'air ambiant.

Une autre anomalie météorologique est la différence des précipitations durant les saisons d'été et d'hiver. Alors que la quantité de pluies, de mars à septembre, est de près de 400 millim., la quantité de neige tombée en hiver n'est que 7 millim. environ.

Au point de vue administratif, la Transbaïkalie, dont le ch.-l. est Tchita, a été détachée du gouv. d'Irkoutsk et organisée en 1851, subdivisée en trois cercles (okrougs), dont le nombre a été porté à sept : Bargousin, Nertchinsk, Nertchinskii Zavod, Selcginsk, Troitzkozavsk, Tchita et Verkhné-Oudinsk. Pour larehgion orthodoxe, la province forme l'éparchie de Selenga du diocèse d'Irkoutsk. La population est évaluée à environ 664.000 individus. Un tiers environ de ce chiffre est représenté par les Bouriates (bouddhistes) au S. et les Toungouses (chamanistes) au N. La colonisation russe, commencée dès les premières années du xviii^ siècle, s'est surtout développée à mesure que furent découverts les divers gisements miniers. Une active propagande est faite actuellement pour amener des colons dans ce pays; l'établissementdu chemin de fer transsibérien est destiné à donner une forte impulsion à ce mouvement. En 1897, on évaluait le nombre des Russes à 409.000 dont 13.000 déportés (dans le cercle de Nertchinskii Zavod), 166.870 paysans et 177.380 Cosaques; ces derniers sont établis le long de la frontière de la Chine; ceux de la vallée de l'Orkhon ont adopté les mœurs et souvent la langue des Mongols. Les colons de la région minière de Nertchinsk sont métissés de sang bouriate et toungouse, tandis que le type slave s'est conservé chez I

les paysans raskolniks qui forment la population agricole des vallées du Tchikoï, du Chilok, de l'Ouda et de la basse Selenga. — On récolte annuellement 3 millions d'hectolitres de céréales d'été (les semences gelant en hiver); on cultive aussi le lin (sur le Tchikoi), le chanvre, le tabac, les melons (dans le val de l'Onon) ; on élève 500.000 chevaux, 2.700.000 bœufs, des chameaux, des moutons. L'élevage est surtout pratiqué par les Bouriates. Les forêts ont été réduites au dixième de la superficie par des abatages imprévoyants et des incendies. La chasse a décliné et, avec elle, le commerce des pelleteries; les fameuses zibelines de Nertchinsk sont devenues rares. Cependant on tue encore des ours, des renards, des loups, des putois, des écureuils dans le cercle de Bargousin. La pêche est une ressource appréciable, notamment dans le lac Baïkal et ses affluents; on capture 5 à 6 millions de saumons, des omouls {Coregonus), etc.— La production industrielle est d'environ 5 millions de roubles par an ; l'épuisement des mines en retarde les progrès (cf. l'art. Sibérie). — Le commerce est assez actif; les échanges se font avec la Chine à Kiakhta (12 millions de roubles) et vers le bas Amour à Srietensk (2 mill. de roubles). Le chem. de fer transsibérien (V. Sibérie) traverse la Transbaïkalie du S.-O. au N.-E., entre le Baikal et l'Amour, sur une longueur de 1.400 kil. P. Lemosof.

TRANSBORDEUR. Les transbordeurs om ponts transbordeurs ont été imaginés, il y a quelques années seulement, pour remédier aux inconvénients du passage des fleuves maritimes, en aval des grands ports, au moyen de bacs. Quatre, tous dus au constructeur Arnodin, de Paris, et à peu près semblables comme dispositions générales, fonctionnent actuellement à Bilbao, à Bizerte, à Rouen et, près de Rochefort, à Martrou. Nous ne décrirons que ce dernier, le plus récent (1899-1900) et aussi le plus grand. Il a remplacé un ancien bac à vapeur. Il se compose de deux pylônes métalliques d'une hauteur de 68 m., qui reposent, de part et d'autre de la Charente, sur des substructions en maçonnerie et qui supportent, à 50 m. audessus du niveau du fleuve, un tablier de pont suspendu, de 160 m. de portée, réduit à son ossature. Un chariot, qui peut rouler, sur ce tabher, d'une extrémité à l'autre, soutient, à hauteur des rives, avec de longs câbles de suspension, d'une solidité à toute épreuve, une plateforme de 16 m. de longueur et de 14 m. de largeur, présentant, dans le sens longitudinal, une chaussée pour les voitures et deux trottoirs pour les piétons. Le déplacement du chariot, procuré par une machine électrique de la force de 20 chevaux installée dans un petit bâtiment au pied d'un des pylônes, entraîne celui de la plate-forme, et celle-ci passe, par un va-et-vient continuel, voitures et piétons, d'une rive à l'autre, sans gêner la navigation, même à voiles. La traversée, très rapide, s'etiectue, d'ailleurs, sans qu'on ressente ni balancement, ni trépidation.

Le nom de transbordeur est quelquefois aussi donné aux ferrif-boats américains (V. Bateau, t. V, p. 733).

TRANSCASPIENNE (Prov.) (Zakaspijskaia Ob'ast). Pjpov. de l'Asie centrale russe, située à l'Ë. delà mer Caspienne, au N. de la Perse ; elle est bornée au S.-E. par l'Afghanistan, au N.-E. par les khanats vassaux de Boukhara et Khiva, au N. entre les mers d'Aral et Caspienne par la prov. d'Ouralsk. Sa superficie est de 554.860 kil. q., sa population en 1897 de 372.193 hab. Elle comprend la partie occidentale de la plaine du Turkestan ; au N. est le steppe d'Oust-Ourt, plateau miocène de 130 m. d'alt. moyenne, semé de lacs salés et dénué d'eaux courantes; au centre, une dépression occupée par le désert de Karakoum ; le sol en est partagé entre les sables foncés à peu près fixés et de petites dunes ; celles-ci plus nombreuses au N.-E. On y remarque les anciens lits desséchés de l'Oxus (Amoudaiia) et plusieurs dépressions, dont la plus profonde {Aria Palus des anciens?) est à 44 m. au-dessous du niveau de la mer Caspienne. Au S. de la plaine désertique, on trouve une région fertilisée par les eaux qui découlent des mon-

TRANSCASPIENNE — TRANSCENDANT

tagnes Mourgliab, formant les oasis de Pendjeh et de Merv ; Heri-Roud formant celle de Tedjen ; au pied des mon tagnes méridionales s'étend une zone cultivée de dO à 30 kil. de large, s'élevant peu à peu à 100 et 200 m. audessus du désert, zone de terres alluviales et de loess que parcourt le chemin de fer transcaspien. La lisière montagneuse du S. commence au bord delà mer Caspienne, vers kraznovodsk, par les collines de Kouba et Kourianyn (480 m.), contrefort du massif crétacé du Grand Balkan (1.635 m.), à l'E. de la baie de ce nom; le Petit Balkan (800 m.) le relie aux hauteurs de Kiourian-dagh (1.000 m.), du Kopet-dagh (2.522 m.), le massif septentrional du Khoraçan formant au N. le bassin de l'Atrek. A TE. de Géok-Tépé, près d'Askabad, FAk-dagh atteint 2 .980 m. Ces chaînes, formées par des plis anticlinaux de couches plus anciennes à mesure qu*on avance vers le S., sont profondément disloquées ; les vallées synclinales sont remplies par des dépôts crétacés et nummulitiques. Ces massifs se continuent sur territoire persan et afghan par ceux de TElbourz et du Paropamise ; au pied de ce dernier, la Transcaspie occupe leplateaude Badghiz, à PO. du Mourghab, et celui de Karabel, à TE.

Le climat est continental, la température moyenne de -f- 19<* ; elle atteint + 55^^ à l'ombre en été et descend à — 32° en hiver. La chute d'eau annuelle décroît de la Caspienne (872 millim. à Kraznovodsk) vers l'intérieur (19 millim. à Kizil-Arvat). La flore et la faune sont celles du Turkestan (V. Asie). On exploite le sel (17.000 t. en 1893), le gypse, le naphte, l'ozokérite. La population qui se partage en nomades et sédentaires est groupée autour des points d'eau. On y compte 206.109 hommes et 166.084 femmes. La majorité est formée de Turcomans (300.000) au S. du 40° lat. N. ; les principales tribus sont les Tekké (de l'oasis d'Akhal-Tekké à celle de Merv), les Yomoudes (entre PAtrek et l'Oust-Ourt), les Solors, les Saryks (entre le Héri-Roud et le Mourghab), les Ersari (à l'E. de Merv), Au N. vivent 50.000 Kirghis dans l'Oust-Ourt et la péninsule de Manghichlak; à côté d'eux, des Karakalpaks; dans les oasis et les villes, 10.000 Persans, 10.000 Russes, des Arméniens, des Tatars, des Juifs, etc. Cette population vit en premier lieu de ses troupeaux : 2 millions de moutons ou chèvres, 120.000 chameaux, 70.000 chevaux, 13.000 ânes, 40.000 bœufs. L'agriculture se développe à l'abri de la paix russe, et les Turcomans tendent à se fixer; on récolte de 4 à 10 millions d'hectolitres de céréales, Tîé, orge, un peu de riz, de sésame, de luzerne, beaucoup de melons, du raisin qu'on fait sécher, du coton. L'industrie domestique est à peu près bornée aux besoins de la famille ; toutefois, on exporte des tapis, un peu de feutre et quelques tissus. Le commerce passe parle chemin de fer transcaspien, lequel, d'Ouzoum-Ada à Tchardjoui (sur l'Amou-daria), parcourt 1.050 kil. dans la province. H part environ une caravane par jour pour Khiva et la Perse, il en arrive autant, et environ 150 deBoukhara et d'Afghanistan. On exporte des céréales, de la laine, des poissons, des peaux.

La province transcaspienne a été constituée en 1890; auparavant elle dépendait du gouvernement général du Caucase. Son ch.-l. est Askabad, elle se divise en cinq cercles : Askabad, Kraznovodsk, Manghichlak (ch.-l. Alexandrovsk), Merv, Tedjen (ch.-l. Sarakhs). Les villes principales sont Askabad, Kraznovodsk et le Nouveau Merv.

Histoire. — Le territoire transcaspien, en grande partie désertique, fut de date immémoriale parcouru par les hordes nomades turques (touraniennes) qui venaient battre le pied des fertiles plateaux de l'Iran. Aux époques de puissance, la Perse les subordonnait . L'oasis de Merv (Margiane) fut un 'centre important de civilisation. L'Oxus (Amou-daria) se déversait autrefois dans la mer Caspienne par l'intermédiaire du lac Sary-Kamich (ancien golfe desséché de cette mer); vers le iv® siècle av. J.-C, l'Aral se sépara de ce lac, et, peu après, l'Oxus se détourna vers le N., accentuant le caractère désertique de ces ré-

gions. Leur histoire fut celle de la Transoxiane ou Turkestan occidental; après les Perses et Alexandre vinrent les Parthes, les Sassanides et leurs rivaux turcs, les Arabes, les Turcs Seldjoukides, les Kharezmiens, les Mongols de Djengis, de Timour, les Euzbegs. Parmi les Turcomans, les deux tribus prépondérantes étaient, au xix^siècle, les Saryk à TE. et les Tekké à l'O., qui reprirent aux gens de Khiva l'oasis de Merv, occupée par ces derniers de 1830 à 1855 ; leur khan Kaouchik battit les Persans et tint en échec les Russes. Ceux-ci avaient pris pied sur la côte en 1716, et Pierre le Grand rêvait de faire d'Astrakhan un Saint- Pétersbourg asiatique ; mais son armée fut détruite par les Kharezmiens, et ses conquêtes méridionales reprises par les Persans (1732). Le traité de Tourkmantchai donna aux Russes la station navale de l'île d'Achour-ade pour tenir en respect les pirates turcomans. En 1834 fut créé le fort de Novo-Alexandrovsk, au fond de la baie de Kaïdak, au N. de la péninsule de Manghichlak; en 1846, on le remplaça par Novo-Petrovsk, aujourd'hui Alexandrovsk, à l'O. de la péninsule. En 1869 fut fondé Kraznovodsk; on en fit un ch.-l. de district, auquel on réunit celui de Manghichlak, détaché du gouv. d'Orenbourg, et on le plaça sous les ordres du gouverneur général du Caucase. La conquête de Khiva (1873) entraîna l'exploration du pays et la soumission des Turcomans Yomoudes. Le général Lomakine soumit le reste de l'Oust-Ourt (1874-76) et pénétra à Kizil-Arvat, mais il dut se replier (1877), et une nouvelle expédition échoua (1878); une troisième essuya une sanglante défaite à Géok-Tépé (1879). Dès lors, on comprit que l'on ne pouvait se passer de communications, et la construction du chemin de fer transcaspien fut poussée de front avec la conquête militaire. Skobelev dirigea les opérations ; en oct. 1880, on posa les premiers rails à partir du fort Mikhaïlovsk; en décembre, on circulait sur 125 kil.; l'occupation de Géok-Tépé et l'écrasement des Turcomans de Denghil-Tépé en janv. 1881 entraînèrent la soumission de l'oasis d'Akkal-Tekké (mai); la frontière persane fut délimitée ( 1 88 1 ) ; le chemin de fer fut poussé jusqu'à Kizil-Arvat (231 kil.) et ouvert en jiiil. 1883 ; les gens de Merv et de Tedjen vinrent offrir leur soumission à Alikhanov en déc. 1883; les nomades Solors et Saryks suivirent. Les Afghans réclamèrent, à l'instigation des Anglais, et des pourparlers furent engagés pour la délimitation ; les Afghans ayant voulu s'installer sur la r. g. du Kouchk en furent chassés par le général Komarov qui les battit à Tach-Kepri (mars 1885). La déhmitation signée en 1887 laissa Pendjeh aux Russes. Le chemin de fer transcapien avait été, du côté de la mer, allongé de 27 kil., afin de reporter la tête de ligne au port que l'on créait à Ouzonn-Ada (1886), vers l'E., il fut poussé jusqu'à Merv oîi la locomotive entra le 7 juil. 1886, à 820 kil. de la mer; le 13 déc, elle arrivait .à Tchardjoui sur l'Amoudaria. Depuis, le chemin de fer a été non seulement continué à l'E. vers Samarcande, Tachkend, etc., mais complété à rO. par un embranchement de 135 kil. qui le relie au port de Kraznovodsk (cf. l'art. Turkestan).

BiBL. : Obroutchev, la Dépression transcaspienne, en russe, dans Mémoires de la Société de géographie^lSdO . — Carte au 210.000" en 9 feuilles de l'état-major russe (1885- 88). et réduction au 840.000«, 1885.

TRANSCAUCASIE (V. Caucase).

TRANSCENDANT, TRANSCENDANTAL. L Philosophie. — Dans le langage usuel, transcendant se dit de toute connaissance élevée au-dessus des notions courantes ; on parle, par exemple, de mathématiques transcendantes. Dans la philosophie scolastique, sont transcendantes les notions qui dépassent tout genre et toute catégorie : l'être, l'unité, la vérité. Dans la Critique de Kant, le transcendant est ce qui dépasse toute expérience possible, ce qui ne peut être l'objet d'aucune intuition phénoménale, le noumène, qui peut être simplement pensé en vertu des lois nécessaires de la pensée. Transcendant s'oppose ainsi à immanent. Dieu est transcendant en ce sens que son existence ne saurait être connue au sein ni par le moyen du monde

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