‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 179 sur 633 · TRANSFORMISME ~ TRANSGRESSION · texte numérisé non relu

TRANSFORMISME ~ TRANSGRESSION

modernes de batraciens (salamandres, grenouilles) n'ont pas fourni le point de départ des reptiles, point de départ que l'on trouve dans les anciens stégocéphales qui sont ichtyoïdes. Les reptiles de l'époque permienne nous montrent des types ichtyoïdes (cotylosauriens, pélycosauriens), desquels on peut faire descendre nettement les mammifères. Ainsi donc, les types hautement développés ou spécialisés d'une période géologique n'ont pas été les parents des types des périodes ultérieures qui sont descendus, au contraire, des types les moins spécialisés de la période précédente. L'homme lui-même présente dans sa structure générale le type qui était prédominant chezles mammifères de la période éocène, c.-à-d. du début de l'époque tertiaire. Cette loi remarquable s'explique par le fait que les types spécialisés d'une période ont été généralement incapables de s'adapter aux conditions nouvelles qui caractérisaient l'avènement d'une nouvelle période. Les changements de climat et de nourriture, conséquence des perturbations de la croûte terrestre, ont rendu l'existence impossible à beaucoup d'espèces, difficile à beaucoup d'autres. De tels changements ont été souvent particulièrement sévères pour les espèces de grande taille qui avaient besoin d'une grande quantité de nourriture. Il en est résulté, pour ces espèces, la dégénération ou l'extinction. D'un autre côté, les animaux ou les plantes qui avaient des besoins moins spéciaux ont survécu. Par exemple, des animaux omnivores ont pu vivre là où mouraient ceux qui avaient besoin d'une nourriture spéciale, etc.. Il ne faut pas conclure de cette loi que chaque période a été peuplée par les formes les plus simples de la période précédente* Des progrès certains ont été effectués, et des caractères hautement différenciés se sont développés graduellement et ont résisté victorieusement aux révolutions géologiques, mais ce n'a pas été les plus spécialisés de leurs âges respectifs. Ils ont présenté une combinaison de progrès effectif et de plasticité qui leur a permis de s'adapter à des conditions nouvelles.

En résumé, la théorie universellement adoptée aujourd'hui du transformisme expose comment, sous l'influence de causes naturelles au sujet desquelles les diverses écoles ne sont pas jusqu'à présent tombées d'accord, les êtres complexes et merveilleusement coordonnés de l'époque actuelle peuvent être descendus d'êtres très simples, plus simples que les plus simples des protozoaires connus, analogues, par exemple, aux monères de îlaîckel. L'embryologie rend très vraisemblable cette descendance en montrant que les êtres les plus élevés en organisation dérivent d'un œuf qui est une simple cellule ; le transformisme tire une nouvelle force de la remarque faite d'abord par Serres, puis exposée sous une autre forme par Fritz iMiiUer, que les formes successives du développement d'un individu reproduisent les étapes successives de l'évolution de son espèce dans les époques géologiques. L'embryologie vient ainsi en aide à la paléontologie pour l'éclaircissement du mystère de l'origine des espèces.

Félix Le Dantec.

BiBL. : Lamarck, Philosophie zoologique; Paris, 1809.

— Darwin, l'Origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, 1859. — H^ckel, Generelle Morphologie, 1866. — Spencer, Principes de biologie, 1888. — Weiss- MANN, Essai sur l'hérédité et la sélection naturelle; Paris, 1892. — Fritz Mliller, Fur Darwin, 1864. — Cope, The primary factors of organic euolwtion; Chicago, 1897. — A. Gaudry, les Enchaînements du monde animal. — Ed. Perrier, la Philosophie zoologique avant Darwin.

— Delage, l'Hérédité ; Paris, 1895. — Le Dantec, Lamarckiens et Darwiniens ; Paris, 1900. — Giard, Controverses transformistes.

TRANSFUGE (Dr. internat.). Le transfuge est un déserteur (V. ce mot) qui, à la guerre, abandonne son drapeau pour passer dans les rangs ennemis. Les transfuges nationaux, s'étant rendus coupables de porter les armes contre leur patrie, perdent, s'ils sont capturés, tout droit d'être traités en prisonniers de guerre et d'invoquer le bénéfice des lois adoptées dans tous les pays civilisés en faveur de ces derniers ; un usage universellement

consacré les exclut de tout échange, et ils sont passibles, plus encore que les simples déserteurs, des pénalités rigoureuses dont la législation de leur pays frappe un crime aussi odieux. Ce qui précède se rapporte exclusivement aux relations des transfuges avec leur pays d'origine. Pour l'ennemi, auquel ils se hvrent, ils ne sauraient être considérés à aucun degré ni comme des adversaires, ni comme des criminels ; lorsqu'ils ne lui rendent aucun autre service positif que d'affaibHr par leur départ l'armée de leur propre pays, ils ne lui font, dans tous les cas, aucun mal et doivent être traités par lui comme des étrangers, non seulement inoffensifs, mais encore pouvant prétendre à quelque protection. Le pays où ils se réfugient n'a pas le droit, par exemple, de les livrer à l'Etat qu'ils ont abandonné, et où ils seraient reçus en criminels ; c'est pour cela que les transfuges Sont exclus de tout cartel d'échange. Ernest Lehr.

TRANSFUSION. La transfusion est une opération employée dans les cas d'hémorragie considérable ou dans les cas d'intoxication, ou enfin dans les cas où le liquide sanguin a perdu de sa valeur physiologique (anémie, etc.). Nous devons étudier le mode de transfusion et le liquide employé. La transfusion peut être immédiate ou médiate. Dans la transfusion immédiate, on fait passer le sang du transfuseur choisi au transfusé directement de vaisseau à vaisseau (artère ou veine). En règle générale ce sont les veines que l'on choisit et l'on se sert de l'appareil de Roussel. Le grand écueil à éviter est l'introduction de l'air, à cause des embolies gazeuses qui peuvent amener la mort immédiate. Les vaisseaux choisis doivent être dénudés avec les précautions de l'asepsie la plus complète. Dans la transfusion médiate, le sang de l'individu qui le fournit est recueilli à l'aide d'une seringue ou d'un récipient spécial, puis injecté au patient par la voie veineuse ou plus rarement par la voie artérielle. Le sang est alors injecté soit en nature, soit après défibrination, ou même modifié par l'addition de solutions salines. Le choix du sujet qui fournit le sang est rigoureusement limité : il doit appartenir à la même espèce que l'individu qui est l'objet de la transfusion. Le sang d'une espèce différente introduit en nature dans le courant sanguin produit des effets toxiques et coagulants qui peuvent amener la mort. En réahté, le sang de l'animal transfusé se comporte vis-à-vis des hématies et du sérum du sang introduit de la môme façon qu'il se comporterait vis-à-vis de toxines et de microbes, mais avec les mêmes accidents de fièv]*e, d'hémoglobinurie, d'accidents rénaux, et, en plus, avec une production d'embohes qui peuvent amener la mort. Force est donc de choisir un individu de même espèce, ce qui ne va pas sans inconvénients graves pour l'homme. Aussi la transfusion, malgré les véritables résurrections qu'elle peut amener, a-t-elle toujours eu des applications très limitées. Actuellement, dans les cas où elle semble indiquée, on la remplace très volontiers par des injections de sérum artificiel intra- veineuses. La transfusion n'en reste pas moins indiquée dans quelques cas où elle est possible. Au point de vue purement physiologique, elle est un des phénomènes les plus curieux que l'on puisse voir. Un animal rendu presque complètement exangue par une saignée prolongée et en état de mort apparente, peut revenir à la vie normale et à la santé presque instantanément à la suite de la transfusion. Non moins curieuses sont les transfusions sur les animaux à sang froid (grenouilles) de solutions saUnes, qui remplacent complètement le sang et permettent une survie de quelques jours. D^ M. Potel.

TRANSGRESSION (GéoL). Le nom de transgression s'applique en géologie à une extension plus ou moins brusque, dans une région, du domaine occupé par la mer. Par opposition, on nomme régression une diminution du même domaine. Dans une succession de terrains, l'existence d'une transgression se manifeste par une plus grande extension horizontale d'une couche déterminée par rapport aux couches antérieurement déposées. On dit alors

tRANSGRESSION — TRANSITIF

(|ue cette couche est Iransgressive par rapport aux précédentes ou qu'elle se présente en transgressivité. Presque toujours une transgression est graduelle, et les termes successifs, dans l'ordre ascendant, ont une extension horizontale de plus en plus grande. L'inverse a lieu pour une régression graduelle. Que la transgression se produise très brusquement ou qu'elle se manifeste d'une manière graduelle, il arrivera fréquemment que la mer, en s' étendant sur une région précédemment exondée, nivellera toutes les aspérités, remaniera tous les éléments épars, de manière à former tout d'abord un conglomérat qui remplira toutes les dépressions et finira par aplanir le fond : c'est ce qu'on appelle un conglomérat de hase. C'est ainsi, par exemple, que le cambrien, transgressif dans le massif armoricain, débute le plus souvent par un congloîuérat de base, le conglomérat pourpré.

Il y a longtemps que l'on a considéré les transgressions et les régressions comme des phénomènes de même ordre que les déplacements relatifs du niveau des mers, dont l'existence a été maintes fois constatée pour les plages actuelles. Il suffit de rappeler les oscillations de la ligne de rivage observées au temple de Serapis, près Pouzzoles, la submersion, relatée par l'histoire ou la légende > de certaines villes, les mouvements successifs d'immersion et d'émersion dont les côtes de Scandinavie ont été le théâtre à une époque géologique très voisine de la nôtre (V. Quaternaire). Les déplacements récents des lignes de rivage, aussi bien que les transgressions et les régressions des mers anciennes, ont reçu deux interprétations tout à fait difiTérentes. Pour les uns, le phénomène est attribuable à des oscillations verticales de la terre ferme ou à des mouvements du sol, quels qu'ils soient. Pour les autres, le même phénomène est exphqué par des mouvements propres de la nappe océanique. Actuellement les deux interprétations se trouvent encore en présence : la première, très en faveur vers le milieu du siècle, a de nouveau été reprise, bien que sous une forme modifiée, par quelques auteurs ; la deuxième a surtout été développée par Penck et par Suess.

Les partisans des mouvements propres de la nappe océanique ont admis tour à tour, pour expliquer ces mouvements, des causes diverses. Ils ont eu recours à l'hypothèse de variations dans l'intensité de l'attraction qu'exerce sur la nappe océanique la masse variable des glaces polaires. La masse des calottes glaciaires qui recouvrent les terres polaires atteint son maximum lors des périodes glaciaires. Si le phénomène de la précession des équinoxes détermine des périodes de froid alternativement dans les deux hémisphères, les glaciations auront lieu alternativement aux deux pôles, et c'est vers chacun des deux pôles que se produira alternativement l'afflux des eaux océaniques. Cette interprétation suppose des oscillations de la surface des mers au voisinage des calottes glaciaires d'une amplitude beaucoup plus grande que celle que donne le calcul. De plus, elle est incompatible avec les faits géologiques, puisque les grandes transgressions, loin d'être localisées sur l'un ou sur l'autre hémisphère, se produisent simultanément au N. et au S. de l'équateur.

On a voulu aussi baser une hypothèse sur les variations dans la vitesse de rotation de la Terre, qui détermineraient un transport de la masse liquide, tantôt vers les deux pôles, lorsque cette vitesse atteint son minimum, tantôt vers l'équateur, lorsqu'elle atteint son maximum. Cette interprétation est également incompatible avec les faits géologiques, car, en réalité, les transgressions, au lieu d'être localisées les unes dans les régions équatoriales, les autres dans les régions polaires, se manifestent indiiïéremment sous toutes les latitudes.

Suess, de son côté, attribue une grande importance aux « mouvements eustatiques ». Les oscillations négatives du niveau de la mer seraient dues en partie « aux affaissements locaux de la surface terrestre, qui chaque fois ont appelé une parti* des eaux marines dans leg fosses

ainsi constituées, en abaissant du même coup le niveau général des rivages ». Les oscillations négatives seraient imputables à l'accumulation des sédiments sur le fond des mers, qui diminuerait localement la profondeur des océans, déterminant une oscillation du niveau général. Dans l'un et l'autre cas, les variations dans la hauteur absolue des eaux devraient se faire sentir avec la même intensité sur tous les rivages océaniques ; or, aucune transgression, aucune régression n'est universelle. Cependant, si la faible intensité de la sédimentation dans les grands fonds des océans ne peut amener que des mouvements eustatiques positifs d'une amplitude tout à fait insignifiante, il est, d'autre part, incontestable que les grands effondrements (V, Tectonique) ont donné lieu à des mouvements négatifs d'une valeur appréciable.

Si l'on analyse avec soin la distribution géographique des aires affectées par les transgressions et par les régressions, on est conduit à formuler la loi suivante (Haug) : Toutes les fois qu'un terme déterminé de la série sédimentaire se présente en transgression sur les aires continentales, le même terme est en régression dans les géosynchnaux ; et, réciproquement, toutes les fois qu'un terme se présente en transgression dans les géosynclinaux, il est en régression sur les aires continentales. Ce qui revient à dire que les transgressions sur les aires continentales sont compensées par les régressions dans les géosynclinaux, et vice versa. Il est manifeste que cette conclusion est inconcihable avec toutes les hypothèses cosmiques ou telluriques qui supposent des mouvements propres de la nappe océanique. En revanche, elle s'accorde très bien avec l'hypothèse d'oscillations de la terre feriiie et elle trouve son interprétation dans les relations de cause à effet qui existent entre les mouvements « orogéniques » et les mouvements « épéirogéniques » (V. Tectonique, t. XXX, p. 1014).

L'exemple classique entre tous d'une grande transgression est la transgression cénomanienne. Elle envahit les aires continentales, mais elle ne se fait pas sentir dans les géosynchnaux, où l'on constate au contraire des indices manifestes de régression. D'ailleurs, elle n'est qu'une phase dans une longue série de mouvements positifs de la mer, qui débute au néocomien et se continue à l'aptien et à l'albien, pour atteindre son maximum au turonien. Par contre, le sénonien inférieur est transgressif dans les géosynclinaux, par suite de mouvements orogéniques qui y ont eu Heu au cours des périodes précédentes, et il se présente en régression sur les aires continentales. Un autre exemple de transgression sur les aires continentales est fourni par le cambrien supérieur (postdamien) et par le callovien. Le tithonique des régions méditerranéennes peut être également cité comme un exemple très typique de transgression dans les géosynclinaux, tandis que la régression accusée par le portlandien sur les aires continentales est un fait bien connu. Emile Haug.

BiBL. : E. Suess, Die Enstehung der Alpen ; Vienne, 1875. — Du même, la Face de la Têrre^ trad. E. de Mar- GERiE ; Paris, 1900, t. IL — Emile Haug, les Géosynclinaux et les aires continentales^ contribution à Vétude des transgressions et des régressions marines, dans Bull. Soc Géol. Fr. ; Paris, 1900, t. XXVIII, 3« série.

TRANSHUMANCE (Econ. rur.) (V. Troupeau).

TRANSIT (Coram.) (V. Entrée et Douane).

TRANSITIF. L Grammaire. — On appelle transitif, d'après leur signification, les verbes qui peuvent avoir un complément direct. Ce sont des verbes à forme active, moyenne ou déponente ; il y a même en français un verbe pronominal essentiel qui est transitif, c'est le verbe s'arroger. Transitif vient du latin transire, passer d'un lieu à un autre, et exprime cette idée que Faction du verbe est conçue comme passant du sujet sur un objet qui la subit directement. Il en résulte, comme la voix passive est la forme que prend le verbe pour signifier une action subie par le sujet, que les verbes transitifs peuvent et doivent s'employer à la voix passive, ot que

eur complément direct y devient le sujet. Cette règle est vraie pour les verbes actifs et moyens; elle cesse de l'être en latin pour les verbes déponents, qui n'ont pas de forme personnelle à sens passif. Aux verbes transitifs on oppose les verbes intransitifs (V. ce mot), qui ne peuvent avoir de complément direct ni en général de voix passive. Mais il faut se garder de croire qu'il y ait entre ces deux sortes de verbes une différence de nature. Les verbes transitifs peuvent s'employer absolument, comme des verbes intransitifs, lorsque l'action qu'ils signifient est considérée indépendamment des objets sur lesquels elle peut s'exercer : Donnez, riches ; V aumône est sœur de la prière. L'histoire du langage nous montre que beaucoup de verbes sont passés de l'une à l'autre de ces significations ; qu'en français, notamment, un grand nombre de verbes intransitifs sont devenus transitifs, soit par suppression de la préposition avec laquelle se construisait leur complément, soit par l'intermédiaire d'un verbe pronominal oà le pronom régime explétif a fini par être considéré comme un complément direct {s'arrêter), soit en prenant le sens de produire l'action {cesser, approcher) ; et qu'au contraire, des verbes autrefois transitifs sont maintenant intransitifs {jouir, partir). Tantôt la signification primitive a disparu complètement, comme pour jouir, ou |ne subsiste que dans des locutions archaïques, comme pour partir {avoir maille à partir) ; tantôt elle s'est conservée à côté de la nouvelle, et c'est ainsi qu'il y a un si grand nombre de verbes qui s'emploient, suivant le cas, comme transitifs ou comme intransitifs {arrêter, promener, aider, changer, servir, etc.). Enfin le rapport entre l'action du verbe et son objet peut être conçu de façon différente suivant les langues, et telle idée, exprimée dans l'une au moyen d'un verbe transitif, peut l'être dans une autre par un verbe intransitif. Nous disons en français nuire à, être utile à; les verbes grecs correspondants , pXaTCTEiv , wîpAéiv , sont transitifs ; nous disons enseigner quelque chose à quelqu'un, les Latins disaient docere aliquid aliquem, en donnant au verbe docere, un double complément direct et la double signification d'enseigner et àHnstruire. En français même nous disons dérober quelque chose à quelqu'un; on disait autrefois dérober quelqu'un de quelque chose : l'ancien complément direct est devenu indirect et réciproquement. P. GlQUEAUX.

IL Mathématiques. — Un groupe de substitutions de lettres est p fois transitif quand ses substitutions permettent de faire prendre à p lettres données la place de p autres lettres prises arbitrairement. Un groupe à r paramètres est p fois transitif, s'il contient p substitutions capables de transformer un système de variables en p autres systèmes de variables données. Un groupe p fois transitif contient au moins p paramètres. Les groupes transitifs n'ont pas d'invariants. H. L.

TRANSKÉIENS (Districts) (V. Gap et Câfrerie).

TRANSLATION. I. Mathématiques. — On dit qu'une figure éprouve un déplacement ou un mouvement de translation quand dans ce déplacement les positions correspondantes d'une même droite liée à la figure restent parallèles. Cette notion, qui peut s'étendre aux corps eux-mêmes, est d'une grande importance en géométrie et en mécanique. On peut même partir de cette idée simple du déplacement de translation, ainsi que l'a fait Ch. Méray, pour édifier une nouvelle théorie des parallèles et rénover par là tout l'enseignement de la géométrie, sans avoir recours expressément au célèbre postulatum d'Euclide. Nous estimons que cette méthode, plus simple, plus claire que la vieille ordonnance classique, est tout aussi rigoureuse au fond, et qu'elle a le grand mérite de ne pas déguiser les axiomes, beaucoup plus nombreux qu'on ne le croit d'ordinaire. D'ailleurs, nous savons que les expériences pédagogiques faites ont montré l'excellence des résultats obtenus. C'est en grande partie aux propriétés simples des translations qu'est due la possibilité de cette transformation de Fen-

— 30â — TRANSITIF ~ TRANSPIBmON

seignement. Si cette transformation se généralisait, comme il faut l'espérer, ce serait un bienfait incontestable.

Principe de translation (V. P'orme, t. XVII, p. 842).

II. Astronomie. — Les planètes sont animées, on le sait, d'un double mouvement, l'un de translation, qui les transporte à travers l'espace, autour du soleil et qu'on appelle aussi révolution sidérale, l'autre de rotation sur elles-mêmes (V. Planète). Jusqu'à la fin du xviii® siècle, on était convaincu qu'à leur encontre, le soleil et les étoiles étaient absolument fixes. Mais l'étude de leurs mouvements propres a conduit à reconnaître que tous les corps qui peuplent l'univers céleste sont indistinctement entraînés dans un mouvement général de translation à travers l'espace, qui a pour but supposé un point du ciel situé un peu au N. de l'étoile \t d'Hercule, VApex (V. Soleil).

TRANSLAY (Le). Com. du dép. de la Somme, arr. d'Abbeville, cant. de Gamaches; 269 hab.

TRANSLEITHANIE (V. Autriche).

TRANSLOY (Le). Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. de Bapaume; 4.320 hab.

TRANSMETTEUR (Phys.) (V. Télégraphie).

TRANSMISSION (Méc). Une transmission de mouvement est un appareil ou un ensemble d'appareils destinés à transporter d'un moteur quelconque à un ou plusieurs outils le travail fourni par les forces naturelles. Pour les transmissions à petites distances on emploie, soit les mécanismes agissant par contact immédiat, comme les engrenages, soit les intermédiaires rigides, tels que les bielles, soit les intermédiaires flexibles, comme les courroies et les câbles. Pour les transmissions à plus grande distance, on peut avoir recours aux câbles télédynamiques (ou télodynamiques), que Hirn appliqua le premier vers 1850 : ce sont des câbles métalliques marchant à grande vitesse, de façon à transporter, avec une tension modérée, des quantités de travail considérables. Il faut citer également les transmissions hydrauliques et pneumatiques. Actuellement, les transports de travail à grande distance se font surtout par l'électricité (V. Transport, § Electricité).

TRANSMUTATION (V. Alchimie et Teinture).

TRANSOXIANE (V. Bactriane et Turkestan).

TRANSPARENCE (Phys.). Propriété que possèdent les corps de laisser passer plus ou moins la lumière ; aucun corps n'a une transparence parfaite ; sous une épaisseur suffisante, l'absorption de la lumière devient sensible ; quand cette absorption a lieu également pour toutes les radiadiations, le corps est dit incolore, tandis qu'il paraît coloré lorsqu'il laisse passer certains rayons et en absorbe d'autres : ainsi le verre rouge est transparent pour ces radiations et opaque absolument pour les rayons bleus qu'il arrête complètement. La transparence d'une lame n'est pas inversement proportionnelle à son épaisseur ; si l'on appelle e cette épaisseur et a une certaine constante dépendant de la nature de la matière et de la radiation lumineuse considérée, la quantité de lumière absorbée est égale à a^. Pour les substances très transparentes, la réflexion de la lumière sur la surface des corps, même pour l'incidence normale, cause une perte de lumière beaucoup plus sensible que celle qui est due à l'absorption. La diathermanéité est une propriété analogue à la transparence, mais relative aux rayons calorifiques et non plus aux rayons lumineux. A. Joannis.

TRANSPIRATION. I. Physiologie. — La transpiration, physiologiquement, est synonyme de sudation, et nous devons renvoyer au mot Sueur pour tout ce qui concerne le mécanisme même de cette fonction. Mais comme ce terme a surtout été utilisé en clinique, il peut être intéressant de signaler ici le rôle attribué aux transpirations et les raisons qui peuvent actuellement encore justifier l'emploi des sudorifiques. Les anciens accordaient aux sueurs profuses et chaudes une influence bienfaisante, elles étaient le signe d'une crise favorable et indiquaient le déclin des maladies infectieuses. Même dans les affections aiguës,

Page 1