‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 18 sur 633 · THORAX — THORÉ · texte numérisé non relu

THORAX — THORÉ

sont Tappareil de Dieulafoy et celui de Potain. Le premier est composé essentiellement d'une grosse seringue en verre, parcourue par un piston que l'on peut arrêter par un cran d'arrêt. A la partie antérieure existent trois robinets qui permettent l'aspiration du liquide pleural, et aussi un lavage de la plèvre à l'aide d'un liquide antiseptique. L'appareil de Potain, composé d'un corps de pompe de petit volume permet de faire le vide dans une bouteille de verre que Ton met secondairement en communication avec la cavité pleurale. Le malade étant placé dans la position demi-couchée, incliné du côté sain, l'on nettoyé soigneusement la peau au savon et à l'éther, au niveau de la région choisie. L'espace choisi est généralement le 8® espace intercostal, sur le prolongement de l'angle inférieur de l'omoplate. La ponction se fait, soit avec une aiguille longue, tine et creuse, soit avec un trocart muni d'un mandrin. L'instrument de la ponction est mis au préalable en communication avec le réservoir où l'on a fait le vide, à l'aide d'un tuyau de caoutchouc muni d'un index en verre. Lorsque l'aiguille a péiiétré dans le liquide, on ouvre un robinet placé à l'origine du tube, et Ton voit le réservoir se remplir peu à peu. Il importe de ne laisser l'écoulement se faire que lentement. Après une certaine durée, il est nécessaire de faire de nouveau le vide dans le réservoir à l'aide d'une manœuvre un peu ditférente pour les deux instruments. L'évacuation du liquide étant terminée, et elle ne doit pas être poussée à fond, l'on doit retirer d'un seul coup l'aiguille et obturer l'orifice de ponction à l'aide d'un peu de coUodion.

Thoracotomie, empyème ou pleurotomie. La thoracentèse simple peut suffire dans certains cas de pleurésie purulente, mais la plupart du temps l'écoulement ainsi fourni au liquide n'est pas suffisant, et il y a lieu d'ouvrir la collection purulente comme un véritable abcès, à travers un des espaces intercostaux. Jl s'agit là d'une véritable petite opération chirurgicale, d'ailleurs trèssimple. Le malade est couché sur le côté, la peau est désinfectée soigneusement, puis au niveau de l'espace choisi, le plus souvent le 7® ou le 8®, un peuenavantde l'angle de l'omoplate, l'on fait sur le bord supérieur de la côte inférieure une incision de 8 ou 9 centim. que l'on conduit jusque dans l'intérieur de la plèvre. Après évacuation du pus, et lavage de la poche s'il y a lieu, on introduit de gros drains et l'on place un pansement. Les lavages peuvent être renouvelés chaque jour. Lorsque la pleurésie purulente dure depuis longtemps, il arrive que la poche qui contenait le pus ne peut revenir sur elle-même, le poumon étant retenu par des adhérences. L'on est alors obligé de réséquer une ou plusieurs côtes sur une partie de la longueur (opération d'Ëstlander). D^* M. Potel.

ni. Entomologie (V. Insectes).

THORBECKE (Jean-Rodolphe), homme d'Etat hollandais, né à Zwolle en 1796, mort à La Haye en J872. Il fut d'abord professeur d'économie politique à l'Université de Ganddès 1825 : à la suite de la révolution de 1830, il reprit le même enseignement à Leyde, et fut élu en 1840 membre des Etats généraux. Il devint le chef du parti libéral ou de la réforme constitutionnelle et rédigea la nouvelle loi fondamentale de 1848. L'année suivante, il fut appelé à reconstituer le cabinet en qualité de ministre de l'intérieur, et, durant plusieurs années, fit preuve de sérieuses qualités administratives, de beaucoup d'esprit de suite et d'une énergie soutenue. Il tomba sur la question des nouveaux évéchés en l8o3, revint au pouvoir en 1862, mais ne put s'y maintenir que durant quatre ans, à cause du désaccord qui avait surgi en matière de législation coloniale. Appelé de nouveau aux affaires en 1868, il ne réussit pas à constituer le ministère ; il eut plus de succès en 1871, et il occupait la présidence du conseil lorsqu'il mourut. La politique étrangère de Thorbecke était faite de prudence : très inquiet à la suite de l'agrandissement de la puissance prussienne en 1866, il parvint cependant en 1870, bien qu'il ne fût pas ministre

en ce moment, à détourner le roi Guillaume III d'une alliance avec Napoléon, et fit prévaloir la neutralité. A l'intérieur, il se déclarait toujours libéral, mais il craignait le progrès des idées démocratiques, et en avançant en âge, il devint de plus en plus conservateur avec une nuance réactionnaire très prononcée. Thorbecke a publié des travaux historiques et politiques d'une réelle valeur; les principaux sont : Du droit et de l'Etat (Amsterdam, 1825) ; De V Influence de la Révolution française sur la politique européenne (Gand, 1830); Esquisses historiques (Leyde, 1860); Discours parlementaires (Deventer, 1856-70, 6 vol. in-8); Lettres à Groenvan Prinsterer (Amsterdam, 1873, in-8). Tous ces livres sont écrits en hollandais. E. H.

BiBL. ; E.-J. KiEHL, le Gouvernement représentatif en Néerlande; Rotterdam, 1858. — Ï.-C.-L. Wijnmalein, Bibliographie de Thorbecke (en holl.) ; La Haye, 1875.

THÛRBURN (Robert), peintre écossais, néàDumfries (Ecosse) en 1818, mort en 1885. Admirablement doué pour la miniature, il étudia, dès l'âge de quinze ans, sous la direction du peintre W. Allan, à Edimbourg, puis à l'Académie de Londres. Les deux Portraits qu'il donna en 1837 firent sensation. En 1838, il exposa une série très admirée de miniatures de femmes ; les portraits du Prince Albert (1845), ceux de h Duchesse de Mecklembourg-Strelitx, et des Enfants du roi des Belges (1847) consacrèrent Robert Thorburn comme le plus célèbre miniaturiste de son époque. Il se fit représenter à l'Exposition universelle de 1855 par les portraits de Mistress Sydney Herbert et de ses enfants, de Lady Lindsaz et de sa sœur; à celle de 1868, i^av une Madeleine, exquise de grâce, de charme et de délicatesse. On cite encore de lui de remarquables effigies de la Reine Victoria, des ladies Vane, Gîvsvenor, etc. G. C.

THORÉ. Rivière du dép. du Tarn (V. ce mot, t. XXX, p. 941).,

THORE. Com. du dép. de Loir-et-Cher, arr. et cant. de Vendôme; 908 hab. Stat. du chem. de fer de l'Etat. Clocher gothique. Château de Piochambeau, berceau de la famille de ce nom.

THORE (Jean-Joseph- Antoine Pilot de), historien français (V. Pilot de ïhore).

THORÉ (Théophile), écrivain français, plus connu sous le pseudonyme de W. BUrger, né à La Flèche en 1807, mort à Paris en 1869. Reçu avocat, il prit une part active à la révolution de 1830. Il abandonna bientôt les fonctions de substitut à La Flèche, qu'il devait au gouvernement nouveau, pour se jeter, de tout son cœur, dans le mouvement démocratique. Il fut le collaborateur assidu et enthousiaste de toutes les publications populaires ; il aidaRaspail, Louis Blanc, Flocon, Pierre Leroux, George Sand et Lamennais dans leurs entreprises d'émancipation sociale; puis il fonda lui-même un organe nouveau, la DémocratiCy et publia une piquante brochure : la Vérité sur le parti démocratique (1840). Lié avec Lamennais, il fut un des plus actifs promoteurs de la révolution de 1848. Au lendemain de la victoire, il refusa la direction des beaux-arts et préféra se consacrer à la rédaction du journal k Vraie République; compromis dans l'affaire du 15 mai pour laquelle la haute cour de Bourges le condamna par contumace à la peine de mort, il dut prendre le chemin de l'exil. L'amnistie de 1859 le rendit h la France, mais il s'abstint dès lors de se mêler aux luttes politiques.

Théophile Thoré fut un critique d'art de premier ordre. Dès 1832, il avait commencé de rendre compte des expositions ; on a pu dire de lui qu'il retrouva, dans ses Salons, la plume de Diderot, sa verve, sa sève, son exquise délicatesse de goût. Les articles qu'il écrivit sur l'art avant 1848 parurent dans le Siècle, dans le Réformateur, dans le Journal du Peuple, dans la Revue de Paris, dans \q Constitutionnel. Il publia en brochures les Salons de 1844 à 1818. Vers la fin de son exil, il avait

THORE — THORITE

adopté le pseudonyme de W. Burger, et depuis 4857 jusqu'à sa mort c'est sous ce nom qu'il donna au public, tant sur l'art ancien que sur l'art contemporain, de nombreux et remarquables écrits. Parmi ces études, les plus intéressantes furent les articles qu'il envoya au journal le Siècle sur les Trésors d'art de la Grande-Bretagne exposés à Manchester en 1857, ses monographies de l'Histoire des peintres, dirigée par Charles Blanc; ses travaux dans V Indépendance belge, la Gazette des beaux-arts; ses ouvrages, extrêmement originaux, sur Van der Mier, Rembrandt, Vélasquez ; ses feuilletons sur les musées d'Amsterdam, de Rotterdam, de La Haye et d'Anvers, et sur mainte galerie particulière. Thoré avait fait, durant son exil dans les Pays-Bas, une étude toute particulière des maîtres flamands et hollandais ; ses jugements en matière artistique font autorité.

Gaston Cougny.

THOREAU (Henry), écrivain américain, né à Concord, près Boston, en 1817, mort en 1862. Elève d'Harvard Collège, il fut professeur, commerçant, peintre, dessinateur, etc., et trouva sa voie dans la littérature. Il est un des principaux représentants de l'école idéaliste américaine. Ses meilleurs ouvrages sont : A week on the Concord and Merrimac rivers (Boston, 1849) ; Walden or life in the ivoods (1855) ; Excursions in field and forest (1863); The main ivoods (1864); Cape Cod (1865); Early spring in Massachusetts (1866); AYankee in Canada {\^Qi^).

BiBL. : Page, Life of'H. Thoreau; Boston, 18G9. — San- BORN, Life of Thoreau ; Boston, 1882.

THOBEE. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de La Flèche, cant. du Lude; 881 hab. Stat. de chem. de fer.

THOREL (Jules-Ernest), homme politique français, né à Louviers le 9 sept. 1842 ; manufacturier, il fut élu maire de Louviers (1887), puis député (1889) et enfin sénateur de TEure (1899); républicain progressiste.

THORENS-Sales. Ch.-l. de cant. du dép. de la Haute-Savoie, arr. d'Annecy, à 670 m. d'alt., au pied du mont Parmelan ; 2.282 hab. (376 aggl.). Chapelle de Sales, bâtie à la place du château oii naquit saint François de Sales ; le vieux château de Thorens renferme plusieurs souvenirs du saint et des objets d'art.

THOREY. Com. du dép. de Meurthe-et-Moselle, arr. de Nancy, cant. de Vézehse ; 197 hab.

THOREY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Tonnerre, cant. de Cruzy-le-Châtel ; 127 hab.

THOREY-en-Plaine. Com. du dép. de la Cûte-d'Or, arr. de Dijon^ cant. de Genlis ; 177 hab.

THOREY-sous-Charny. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur, cant. de Vitteaux ; 470 hab.

THOREY-sur-Ourche. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Beaune, cant. de Bligny-sur-Ouche ; 375 hab.

TH CRI 6 NÉ. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Melle, cant. de Celles-sur-Belle ; 995 hab.

TH0RI6NÉ. Com. du dép. d'Hle-et- Vilaine, arr. et cant. (N.-E.) de Rennes ; 483 hab.

TH0RI6NÉ. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Segré, cant. de Châteauneuf-sur-Sarthe ; 529 hab.

TH0RI6NÉ. Com. du dép. de la Sarthe, arr. de Saint- Calais, cant. de Bouloire ; 1.479 hab. Stat. du chem. de fer de l'Etat. ,

THORIGNÉ-en-Charnie. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Laval, cant. de Sainte-Suzanne ; 511 hab. Vastes grottes le long du val de l'Erne ; on y a trouvé beaucoup d'objets préhistoriques.

BiBL. : Maillard, les Troglodytes de la vallée de l'Erne; Le Mans, 1879, brochure,

TH0RI6NY. Com. du dép. des Deux-Sèvres, arr. de Niort, cant. de Beauvoir-sur-Niort; 121 hab.

THORIGNY. Com. du dép. de Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lagnv; 1.404 hab. Stat. du chem. de fer de l'E.

THORIGNY. Com. du dép. de la Vendée, arr. et cant. de La Roche-sur- Yon ; 1.540 hab.

THORIGNY-su«-Orkuse. Com. du dép. de l'Yonne, arr. de Sens, cant. de Villeneuve-F Archevêque ; 723 hab.

THORIGNY (Comtes de) (V. Matignon).

THORIGNY (Beaufort de), général français (V. Beaufort).

THORILD (Thomas Thorén), poète et philosophe suédois, né à Svarteborg le 18 avr. 1759, mort àGreifsvvald le i^^ oct.l808. Orphelin, il fit ses études à Goteborg, puis à Lund où il rencontra Lidner. En 1781, il se rendit à Stockholm et fonda une revue, le Nouveau Censeur oii, à la suite d'une récompense académique insuffisante de son poème les Passions, il attaquait vivement les préjugés littéraires et politiques de la « bonne société » et de l'Académie. Il passa à Upsal une thèse brillante : la Critique de Montesquieu, et se rendit en Angleterre (1788), où il publia en anglais The Sermon of Sermons (1789). En 1790, revenu à Stockholm, il reprit sa polémique contre Kellgren dans Critique des critiques et projet d'une législation du monde du génie, le meilleur de ses ouvrages : ses grandes vues, son enthousiasme y éclatent à côté de son naïf orgueil et de son éloquence inégale. Ses ouvrages suivants, dont : Sur la liberté du bon sens, permirent à ses ennemis de le faire condamner à quatre ans d'exil. Thorild se rendit alors à Copenhague et à Lubeck où il publia son livre sur le Droit (1795). Nommé professeur et bibhothécaire de l'Université suédoise de Greifswald, il y composa : Maximum seu archimetria (1799), puis Die Gelehrten-Welt (suite du précédent), des lettres à l'Académie française, au pape Pie VIT, au tsar Alexandre, réunies sous le titre : Orpheus sive PanharmMnion, ouvrages capitaux, dans lesquels on peut mesurer sa haute valeur philosophique, qui est trop peu connue, malgré d'éloquents défenseurs et commentateurs, tels queGeijer, Atterborn, Beskow, Ljunggren, Zenstrôm, Fâhrœus, etc.

BiBL. : Geijer, Thôrilds Samlade Shriftei\ 1819-35. ■— Atterborn, Svenska Siare och Skalder V. — E. Meyer, Soenska Parnassen IV; Stockholm, 1891. — Nordisk Familjerok, Thorild.— W RiBVLh, Thôrilds img'dom, 1896.

THORILLI RE (La). Famille d'acteurs français du xvn^ et du xviii^ siècle. — François Le Noir, sieur de La Thorillière, né en 1626, mort en 1680, était capitaine au régiment de Lorraine quand son mariage avec Marie Petit- Jean, fille d'un acteur de la troupe des Marais, le conduisit au théâtre. Il joua avec succès des rôles de roi, grâce à son physique avantageux, dans la troupe de Molière, puis à l'hôtel de Bourgogne ; — sa fille Tliérèse, filleule de Molière, fut enlevée par Dancourt, qui l'épousa. Il fit représenter en 1667, au Palais-Royal, une tragédie, Antoine et Cléopâtre, mais son insuccès le dégoûta de la littérature. — Pierre Le Noir, sieur de La Thorillière, fils du précédent, né en 1659, mort en 1731, qui reçut, dit-on, dans sa première jeunesse, des leçons de Molière, joua d'abord les amoureux, puis, avec beaucoup de succès et jusqu'à la fin de sa vie, les rôles de valet de comédie ; sans avoir le physique de son père, il montra un bien plus grand talent. — Son fils Anne-Maurice, né en 1696, mort en 1759, joua les rôles « à manteaux », mais fut très longtemps sifflé. Il se soutint par la mémoire de ses parents.

THORION. Rivière de France (V. Taurion).

THORITE (Miner.). Silicate de thorium (ThO^, SiO^) cristallisant dans le système quadratique et isomorphe avec le zircon. Les cristaux ont rarement des formes nettes et sont sans action sur la lumière polarisée, et il est probable que la substance qui les compose actuellement n'a pas la composition de la substance primitive qui s'est décomposée et s'est hydratée. Lathorite est noirâtre, opaque et à éclat vitreux. Vorangite^ variété de thorite, est jaune rougeâtre, et à éclat gras. La première aune densité de 4,4 à 4,7 et la seconde de 5,19 à 5,40. La thorite se trouve dans l'île de Lôvô, près de Brevig, et à Lindesnâs (Norvège) dans despegmatites, à Champlain, New York, etc. L'orangite se trouve à Langesundfiord , près de Brevig. Veucrasite et la frey alite sont des produits de décomposition

THORIÏE — ÏHORVALDSEN

de la thorite. La thorite a pris une grande importance industrielle depuis qu'elle est employée comme minerai de la thorine, qui sert pour la fabrication des becs Auer.

THORiuM(Chi™.).iS;i-:::: IzSi

En 4888, Berzélius, en analysant des minéraux rares provenant de Fahlun (Suède), y trouva un corps ; il crut d'abord que ce corps contenait l'oxyde d'un métal inconnu auquel il donna le nom de thorium; mais peu après il constata que cette matière était du phosphate d'yttrium. Le thorium fut, à deux reprises, pris pour un nouvel élément (par Bergemann en 1851, et par Bahr en 1862). Le thorium et ses combinaisons ont été décrites par Berzélius, Chydenius et Cleve. De nouvelles recherches sur le thorium métallique, son poids atomique, sa chaleur spécifique ont été publiées en 1884, par Nilson. Il existe à l'état de silicate dans la thorite et l'orangite, qui renferment de 57 à 74 «/« d'oxyde de thorium ; la monagite en renferme 18 ^/o, le pyrochlore 47o, etc. Les oxydes sont des poudres blanches qu'on obtient en précipitant par l'ammoniaque les minerais attaqués par le bisulfate de potassium ; ces oxydes entrent dans la composition du mélange qui imprègne les toiles des becs Auer. THORN (polonais Torun). Ville de Prusse, district de Marienburg, sur la r. dr. de la Vistule ; 30.314 hab. en 1895. Place forte de premier rang. Pont de fer d'un kilomètre sur le fleuve, ici divisé en deux bras. Thorn est au nœud de voies ferrées importantes vers Insterburg, Poznan, Alexandrovo, Marienburg, etc. ; la gare principale est sur la r. g. de la Vistule. La ville intérieure comprend la vieille ville fondée en 1231 et la ville neuve fondée en 1264, réunies en 1454; l'extension de l'enceinte a fait place à un nouveau quartier (Wilhelmstadt). La ville est entourée, du côté du fleuve, d'un mur crénelé flanqué de tours ; du côté de la terre, de fortifications refaites depuis 1878 et d'une ceinture de forts, distants en moyenne de 8 kil. ; sept forts et une citadelle sur la r. dr., cinq forts sur la r. g. Champ de tir pour l'artillerie de campagne. Les principaux monuments sont llhôtel de ville avec tour, les ruines du château de l'ordre Teutonique, abattu en 1454, une tour penchée de 15 m. de haut, etc. L'industrie est secondaire : machines, savon, tabac, chocolat, pain d'épices renommé. Commerce actif par voie fluviale avec Varsovie, Dantzig, Berlin, Stettin. Thorn a été fondée en 1231 par les chevaliers Teu toniques, lesquels accordèrent aux immigrants allemands qui le peuplaient, la charte de Cuira (28 déc. 1232). Thorn prospéra et entra dans la ligue hanséatique. En 1411 y fut signé le premier traité de Thorn, cédant à la Pologne la Samogitie ; en 1454, la ville se détacha de l'ordre Teutonique, dont les bourgeois démolirent le château, et se mit sous la protection du roi de Pologne. Il s'ensuivit la guerre, terminée par le second traité de Thorn (1466) et la victoire complète de la Pologne (V. Pkusse). En 1557, la bourgeoisie de Thorn adopta la confession luthérienne. Wladislaw IV y convoqua une conférence (colloquium charitativum), du 28 août au 21 nov. 1645, afin de réconcilier catholiques, luthériens et réformés : elle ne fit que souligner les dissentiments. L'installation d'un collège de jésuites provoqua des rixes avec les élèves du gymnase protestant, à l'occasion des processions (16 juil. 1724), et le peuple prit d'assaut le collège ; le gouvernement polonais réprima cruellement ces troubles et fit décapiter le bourgmestre et neuf bourgeois ; ces persécutions lui aliénèrent la ville. Au second partage delà Pologne, elle fut attribuée à la Prusse (1793) et lui revint en 1815, après avoir appartenu au grand-duché de Varsovie (1807). Son importance stratégique, reconnue dès le xvii® siècle, lui valut d'être fortifiée par Napoléon, plus complètement de 1818 à 1824 et surtout après 1878. BiBL. : Wernicke, Gesch. Thorns^ 1842, 2 vol.

THORONET (Le). Com. du dép. du Var, arr. de Draguignan, cant. deLorgues; 668 hab. Située sur F Argens,

dans une vallée très pittoresque. — Ancienne abbaye de l'ordre de Cîteaux (xii^ siècle). Les bâtiments claustraux et surtout la salle capitulaire et le cloître proprement dit ont un grand caractère ; on y trouve aussi une grange dîmière bien conservée. J. M.

THORPE (Benjamin), érudit anglais, né en 1782, mort à Chiswick le 19 juil. 1870. Elève du grand philologue danois Rask, il donna, en 1832 : Cœdmon's metrical paraphrase of the parts ofthe holy Scriptures (Londres, in-8), un des meilleurs textes anglo-saxons qui aient été encore publiés, puis Anglo-Saxon version ofthe Story of Apollonius of Tyre (4834); Analecta anglo-saxonica (Oxford, 1834, in-8); Codex Exoniensis (1842, in-8) et une quantité d'anciens textes relatifs à l'histoire anglaise, qui valurent à Thorpe une grande réputation dans le monde des érudits, notamment son Diolomatarium anglicum Mvi Saxonici (Londres, 1865, in-8). On peut citer encore parmi ses meilleures productions : Northern Mythology (Londres, 1851, 3 vol. in-12) et les traductions de V Histoire d'Angleterre sous les rois anglosaxons de Loppenberg (1845) et de la Vie d'Alfred le Grand, de Pauh (1854), R. S.

THORRENC. Com. du dép. de l'Ardèche, arr. de Tournon, cant. de Serrieres; 181 hab.

TH0R8. Com. du dép. de l'Aube, arr. de Bar-sur- Aube, cant. de Soulaines ; 121 hab.

THORS. Com. du dép. de la Charente-Jnférieure, arr. de Saint- Jean-d'Angély, cant. de Matha ; 356 hab. THORSA. Rivière dislande {Y. ce mot, t. XX, p. 1010). THORSENG (Ile) (V. Taasinge). THORSHAVN. Ville principale des îles Fœrôer, située sur la côte E. de l'île Strœmœ, sur un isthme compris entre les deux petites baies dites OEstervaag et Vestervaag. Population en 1890 : 1.303 hab. (574 hommes, 729 femmes) soit 1/10 de la population totale de l'archipel. La ville, qui constitue une commune, est le siège du gouverneur, du juge au tribunal, du baiUi, du chirurgien cantonal. La diète locale ou lagthing des Fairôer s'y réunit. Les maisons sont en bois, généralement pourvues d'un toit de gazon ; les rues, étroites, n'ont ni pavés ni rigoles. Thorshavn (c.-à-d. le Havre de Thor) est mentionnée, dès 975, comme port et comme lieu d'assemblée, mais ne devint place de commerce fixe qu'au xvi® siècle. THORVALDSEN (Bertel ou Albert), célèbre sculpteur danois, né à Copenhague le 19 nov. 1770, mort à Copenhague le 24 mars 1844. Son père était un pauvre artisan, sculpteur d'origine islandaise, vivant à Copenhague ; l'enfant ne naquit donc pas, comme le veut une tradition très répandue et inexacte, pendant la traversée de Rejkjavik à Copenhague. Tout jeune, il aidait son père dans ses travaux, qui consistaient principalement à tailler des figures en bois pour la proue des navires marchands. A l'âge de onze ans, il fut envoyé à l'école gratuite de l'Académie des beaux-arts, où il oe tarda pas à se distinguer. En 1793, il obtint, avec la grande médaille d'or de l'Académie, une bourse de voyage en Italie ; mais il ne put quitter le Danemark qu'en 1796. La contemplation des antiques fit sur lui une impression extraordinaire. « Je suis né, dit-il, le 8 mars 1797 — date de son arrivée à Rome — jusque-là je n'existais pas ». Tout d'abord, guidé par son compatriote, le savant archéologue Zoëga, il copie les œuvres les plus remarquables de l'antiquité : Pollnx, le Jupiter Capitolin, l'Apollon du Vatican, la Vénus de Médicis, r Ariane, des bustes, etc. Ce n'est guère qu'après six ans de séjour, et au moment où sa pension prenait fin, qu'il modela une œuvre vraiment originale et forte, le Jason (1803), dont Canova dit que c'était une œuvre « de style nouveau et de grande ma- " nière » et que l'Anglais Thomas Hopelui commanda aussitôt en marbre, en lui fournissant les ressources néces*saires à l'exécution du travail et à la prolongation de son séjour à Rome. Cette œuvre, exempte de tout maniérisme d'école, marquait un retour à l'étude de l'antiquité et à

THORVALDSEN — THOU

celle de la nature. Les années qui suivirent (4803-19) furent extrêmement fécondes. Toujours sur le point de partir pour le Danemark, il ne quitte pas l'Italie : ses relations sont nombreuses dans la haute société romaine et cosmopolite, où il jouit de l'admiration et de l'affection générales. Il exécute pendant ces seize années, entre autres : l'Amour et Psyché (groupe, 4804) ; la Danse des Muses au Parnasse (bas-relief, 4804) ; F Enlèvement de Briséis (bas-relief, 1805); Bacchus (statue, id.), Apollon kd.), Ganymède (id.) ; Adonis (1808, achevé en 1832) ; les bas-reliefs : V Amour vainqueur du lion, la Naissance de Vénus ^ V Amour piqué par une abeille, Mercure remettant à Ino Bacchus enfant (1809) ; V Amour ranimant Psyché, l'Amour présentant la coupe à Bacchus, l'Eté, l' Automne {iSiO Ai) ; puis, pour le Quirinal, l'Entrée d'Alexandre le Grand àBa~ bylone (1812), une de ses œuvres capitales, qui rappelle heureusement les frises les plus admirables de l'antiquité, V Amour enfant (statuette, 1814); l'Atelier de Vulcain, Achille et Priam (bas -reliefs, 184 5); l'Aurore et la Nuit (médaillons, 1815) ; Eébé (statue, 1816) ; Vénus triomphante ou à lapomme (statue commencée en 1805, terminée en 1846) ; la danseuse, le buste de Byron, Jeune berger avec son chien, Ganymède et l'Aigle, l'Espérance, la Princesse Baryatinska, Mercure tuant Argus, Jésus et saint Pierre, les Trois Grâces (statues et groupes, 4817 et 4848) ; le Lion de Lucerne (iSid), En 4849 eut lieu enfin le voyage à Copenhague, si souvent remis. L'artiste fut reçu avec enthousiasme par ses compatriotes ; mais ne prolongea que jusqu'en août 4820 son séjour au milieu d'eux. C'est là, à Copenhague, qu'il conçut le projet des décorations sculpturales, qui ornent l'église de Notre-Dame de cette ville : le Sermon de saint Jean-Baptiste ; au fronton, l'Entrée de Jésus à Jérusalem; au portail, le Christ colossal et les statues des Douze Apôtres à l'intérieur, ainsi que les grandes frises de derrière l'autel et des côtés : Jésus allant au Calvaire, le Baptême du Christ et l'Institution de la Cène, Thorvaldsen revint à Rome en passant par Dresde, Berlin, Varsovie et Vienne, où il fut partout chaleureusement fêté. Dès son retour, il se remit au travail. Sans néghger l'antiquité, il exécuta, pendant cette seconde période de sa vie, qui va jusqu'en 4838, surtout des œuvres religieuses ou monumentales : et tout d'abord quelquesunes des grandes compositions projetées en Danemark pour l'église de Notre-Dame, puis les monuments de Copernic, de Poniatovski, à Varsovie, du pape Pie Vil, à l'église de Saint-Pierre à Rome, du duc de Leuchtenberg et de Maximilien de Bavière, à Munich ; de Gutenberg, à Mayence ; de Schiller, à Stuttgart, etc. En 4838, — huit ans auparavant, il avait fait un court séjour à Munich — il quitta Rome comblé d'honneurs par les Romains pour s'établir définitivement dans sa patrie danoise ; cependant, invinciblement attiré par le ciel du Midi, il revint encore passer avant sa mort plusieurs mois en Italie, de mai 1844 à oct. 4842. A Copenhague età Nysô, où il avait un second atelier, il s'occupe avec une activité que l'âge n'avait pas ralentie à Tachèvement de la décoration de Notre-Dame, à des œuvres nouvelles : sa propre statue, Amour et Hygie, les Pèlerins d'Emmaûs, le Génie du jour de /'a7^ (bas-reliefs, 4839 à 4844), et à l'installation de son Musée, etc. La mort vint le surprendre brusquement, pendant une représentation théâtrale. La nation lui fit le 30 mars de pompeuses funérailles. Thorvaldsen

L'Aurore et la iYiâ^,]d.e1Thor\valdsen.

a mis admirablement en pratique les théories de Winckelmann et il en est, pour la sculpture, l'expression la plus complète et la plus vraie. Il a laissé une école en Allemagne et en Italie, mais c'est un vrai Scandinave fier et chaste, empruntant à l'antiquité, dont il est imbu, la grande tournure et la noblesse du style ; il a vu la nature, dit Théophile Gautier, avec les yeux d'un élève de Phidias, la simplifiant, la dégageant du détail inutile, la ramenant au beau idéal. Th. C.

BiBL. : E. Plon, Thorvaldsen^ savie et son œuvre; Paris, 1874, 2« éd. — J.-M. Tîiiele, Den danske BilledhugerB. Thorvaldsen; Copenhague, 1830-50, 4 vol. — • L. Muller, Description des œuvres de Thorvaldsen au musée Thorvaldsen; (Copenhague, 1848-51, 5 vol. — Andersen, Bertel Thorvaldsen; Copenhague, 1845, — Jul. Lange, Sergel og Thorvaldsen ; Copenhague, 1886. — S. Muller, Thorvaldsen, hans lifog hans vxrker (photo typies) ; Copenhague, 1890.-- Plusieurs des ouvrages ci-dessus ont été traduits en plusieurs langues. Il existe aussi des volumes de planches, représentant les œuvres principales des maîtres : Thorvaldsens arheider ; Copenhague, 18(57-71, etc.

THORY. Corn, du dép. de la Somme, arr. de Montdidier, cant. d'Ailly-sur-Noye ; 293 hab.

THORY. Com. du dép. de l'Yonne, arr. et cant. d'Avallon ; 300 hab.

THOSTE. Com. du dép. de la Côte-d'Or, arr. de Semur-en-Auxois, cant. de Précy-sous-Thil ; 286 hab.

THOT. I. Chronologie. — Premier mois de l'année égyptienne, commençant le 29 août du calendrier Julien.

IL Religion égyptienne. — Dieu égyptien que les Grecs ont identifié avec Hermès ; il est figuré couramment avec une tête d'ibis ; ses animaux sacrés étaient l'ibis et le cynocéphale. On admet que ce fut d'abord une divinité lunaire présidant à la division du temps, ce qui conduisit à en faire le dieu des mesures, du calendrier et généralement de la science. On lui attribuait l'invention de l'écriture, on le regardait comme le plus savant des dieux, patron des bibliothèques.

Dans la mythologie, Thôt est le défenseur, l'avocat d'Osiris. La ville d'Achmounein (Chmounon en Moyenne-Egypte) le vénérait spécialement ; les Grecs l'appelaient Hermopolis magna (il y avait en Basse-Egypte une Hermopolis par va). Souvent qualifié de « deux fois grand » dans les hiéroglyphes, Thôt fut à une époque tardive qualifié « trois fois grand », épithète que les mystiques grecs de l'époque romaine employèrent couramment, regardant l'Hermès Trismégiste comme le révélateur primitif de toute science et sagesse.

THOU (Le). Com. du dép. de la Charente-Inférieure, arr. de Rochefort, cant. d'Aigrefeuille-d'Aunis ; 953 hab. THOU. Com. du dép. du Cher, arr. de Sancerre, cant. de Vailly-sur-Sauldre ; 327 hab.

THOÙ. Com. du dép. du Loiret, arr. de Gien, cant. de Briare ; 446 hab.

THOU (Christophe de), né à Paris en oct. 4508, mort à Paris le 44 nov. 4582. Il était le petit-fils de Jacques de Thou, avocat général à la cour des aides, mort le 4^^ oct. 4504, et le fils d'Augustin, seigneur de Bonneuil et du Bignon près Orléans, conseiller, puis président au parlement de Paris, mort le 6 mars 4544. Il devint conseiller au Parlement, avocat du roi, chancelier des ducs d'Anjou et d'Alençon, prévôt des marchands de Paris, enfin premier président. Il était célèbre par son luxe, il fut le premier bourgeois de Paris qui eut un carrosse. Henri III, qui l'estimait fort, lui fît faire de magnifiques obsèques. Il avait, dit-on, commencé une histoire de son temps. Il publia en 4564 les Coutumes de Tour aine. Il combattit les édits de tolérance et approuva la Saint-Barthélémy.

THOU — THOUAR

Son frère Nicolas, conseiller-clerc au Parlement, archidiacre de Notre-Dame, abbé de Saint-Symphorien de Beau vais, évèque de Chartres, essaya de défendre dans cette ville le parti du roi. Mais il fut forcé d'y recevoir Mayenne et de lancer des mandements en faveur de Charles X. Secrètement, il soutint Henri IV pendant le siège de la ville. Il prit part à l'assemblée du clergé, tenue à Chartres, qui cassa les bulles de Sixte-Quint, et c'est lui qui, dans sa cathédrale, sacra Henri IV en 1594. Il mourut en 1598. On a de lui des instructions, des statuts et les Cérémonies observées au sacre et couronnement de Henri IV (V AVIS 1594, in- 4, et 4610, in-8).

THOU (Jacques-Auguste de), né à Paris le 8 oct. 1553, mort à Paris le 7 mai 1617. Troisième fils de (Christophe, il naquit faible, et se destina d'abord à être d'Eglise. Il étudia à Paris, puis sous Cujas à Valence (en 4571), oii il se lia avec Joseph Scaliger. Témoin de la Saint-Barthélémy, il se retira chez son oncle Nicolas (V. ci-dessus), puis accompagna Paul de Foix en Italie, oii il entra en relations avec de nombreux savants, et en 1574 en Dalmatie au-devant de Henri III. Conseiller-clerc en 1576, il fut envoyé en Guyenne en 1584 pour négocier avec Navarre et Condé ; il fit alors la connaissance de Montaigne. Après la mort de ses deux aînés, il se fit relever de ses vœux (1584) et résigna ses bénéfices, devint maître des requêtes en 1586, obtint en 1587 la survivance d'un de ses oncles, Auguste, président à mortier, et se maria. Commissaire de Henri III en Normandie, puis en Picardie, conseiller d'Etat (1588), il assista aux États de Blois. A son retour à Paris, il faiUit être arrêté pendant la journée des Barricades. Il réussit à rejoindre Henri III auquel il conseilla de se rapprocher du roi de Navarre, et présida le Parlement de Tours. Envoyé avec Schomberg en Allemagne et en Italie, il apprit à Venise la mort de Henri III, vint trouver Henri IV à Cbâteaudun, et le suivit dans ses campagnes pendant cinq ans. Chargé par le roi de missions nombreuses (nommé président à mortier en 1595), il n'alla pas à Venise, ambassade pour laquelle il avait été désigné, et refusa d'aller à l'assemblée de Loudun en 1596. Il essaya vainement de négocier la réconciliation du duc de xMercœur, collabora à la rédaction de l'Edit de Nantes, et fut l'un des commissaires catholiques à la conférence de Fontainebleau (1600). Très gallican, il s'opposa à la publication du concile de Trente. Il fut l'un des trois personnages que la régente appela aux finances pour remplacer Sully, et représenta la cour anx conférences de Loudun (1616). Il avait éprouvé en 1611 un gros crève-cœur : on lui avait refusé la succession du premier président Achille de Harlay, son beau- frère. On le trouvait, surtout depuis la publication de son Histoire, trop peu catholique. Il travaillait à cet ouvrage depuis 1591 ; il entretenait, pour se procurer des documents, une active correspondance avec les savants de tout pays ; ajoutez qu'il s'était fait nommer, dès 1593, grand maître de la bibliothèque du roi, charge dans laquelle il succédait à Amyot^; il acquit pour le roi la bibliothèque de Catherine de Médicis ; lui-même s'était constitué une fort belle bibliothèque (passée depuis aux Rohan-Soubise et vendue 260.000 fr. en 1789). Les 18 premiers livres (1543-60) de la /.-A. Thuanl historia sui temporis parurent en 1604. La deuxième partie (1560-72) est de 4606, la troisième (4572-74) de 4607, la quatrième (4574-84) de 4608. 11 préparait une nouvelle édition allant jusqu'en 1607, lorsqu'il mourut, léguant à Pierre Dupuy et à Nicolas Rigault le soin d'en surveiller l'impression (éd. de 4620) ; Kigault compléta même le livre. De Thou aurait voulu poursuivre le récit des événements jusqu'à la mort de Henri IV. En Hollande parut, sous le titre de Thuanus restitutuSy un recueil des morceaux retranchés aux cours des éditions successives. La J.-A. Thuani historiarum continuatio {i601-^H) parut à Francfort (4628, in-foL). La première édition complète de toutes les œuvres de de Thou (l'histoire a 438 livres) est celle de Londres (4733,

7 vol. în-fol.). Une traduction (par Georgeon, Desfontaines, Lcbeau,"etc.) parut à Londres (Paris) en 4734 (46 vol. in-4). Déjà du Ryer, en 4659, avait donné une traduction des 50 premiers livres (3 vol. in-foL). L'abbé Prévost s'y était également essayé. Un abrégé en fut donné par Raymond de Sainte-Albine en 4759 (40 vol. m-42). Cette histoire est le plus important monument de ce genre qu'ait laissé le xvt*^ siècle ; elle tiendrait dans notre littérature historique une place éminente si l'auteur n'avait eu la malheureuse idée de l'écrire en latin ; la transcription des noms propres et des titres de fonctions la rend parfois obscure. De Thou, grâce à ses correspondants, était bien renseigné et pourvu de nombreux documents, qu'il a souvent insérés tels quels ; les parties de son livre relatives à l'étranger, et où il ne pouvait contrôler ses renseignements, contiennent des erreurs. Ses jugements sont empreints d'une haute impartialité et d'une grande modération. Ces qualités le rendirent suspect aux catholiques zélés, qui l'accusèrent même, à tort, d'être protestant (il était père temporel de l'ordre de Saint- Fi'ançois en France). Son Histoire fut mise à l'index dès le 44 nov. 4609, et c'est à cause de ses opinions qu'on lui refusa la charge de premier président. C'est surtout pour se justifier qu'il écrivit vers 4644 ses Mémoires (aussi en latin), très utile complément de V Histoire : on les trouvera dans les éditions complètes et aussi dans les collections Petitot (XXXVII) , Michaut (4, XI), Buchon (XH) ; on en a contesté, sinon l'authenticité, du moins le caractère absolument original. Il a écrit aussi des poésies latines. Sa seconde femme, Gasparde de La Chastre, lui laissa trois fils et trois filles. 11 était connu par son intégrité et son désintéressement. H. Hauser.

BiDL. : Christ. Dupuy, Tfiuana; Genève, 1659. — David Durand, Histoire du xvi" siècle. — Lemontey, Galerie française. — Nicéron, Mémoires. — J. Collinson, Vie cVAug.de Thou, 1807. — Chasles, Patin, Guérard, Discours présentes au concours de l'Académie française, 1824. — Ballainvillters, Eloge de de Thou, 1824. — Egger, Eloge, 1821.

THOU (François-Auguste de), né à Paris vers 4607, mort à Lyon le 42 sept. 4642. Fils aîné de l'historien, il fut instruit sous la direction de Rigault et des frères Dupuy. Il succéda comme bibliothécaire à son père ; mais, trop jeune, il fut suppléé par Pierre Dupuy. Conseiller au Parlement à dix-neuf ans, maître des requêtes, il voyagea en Italie et en Orient (ses lettres de voyage ont été publiées dans le t. VIII de la Revue rétrospective). Conseiller d'Etat, il servit d'intermédiaire entre la duchesse de Chevreuse et la reine. Sa correspondance fut interceptée. Il réussit cependant à apaiser Richelieu, mais il commit l'imprudence de se lier avec Cinq-Mars. Quoiqu'il désapprouvât le traité conclu par son ami avec l'Espagne, il ne révéla pas le complot. Conduit au château de Tarascon, interrogé par Richelieu lui-même, traîné dans une barque attachée au bateau du cardinal, il fut enfermé à Pierre-Encise. Cinq-Mars eut la lâcheté de le charger. Condamné comme lui, de Thou lui pardonna au pied de l'échafaud et demanda à se bander les yeux pour ne pas voir son cadavre. On raconte qu'il remit à son confesseur deux lettres : Tune pour P. Dupuy, l'autre pour une dame ; le P. Mambré supprima la seconde. — On ne put obtenir, même après la mort de Richelieu, la réhabilitation de François -Auguste.

Son frère Jacques- Auguste (4609-77), président aux enquêtes, fut ambassadeur en Hollande en 4657.

BiBL. : P. Dupuy, Mémoires pour servir à la justification de Fr.-Aug. de Thou. — V. Richelieu, Chevreuse, Cinq- Mars.

THOUANNE. Rivière du dép. de VOrne (V. ce mot, t. XXV, p. 593).

THOUAR (Emile-Arthur), explorateur français, né à Saint-Martin (île de Ré) le 44 juil. 4853. Il exécuta des voyages dans l'Amérique du Sud (Venezuela, Mexique, Colombie), et, en 4882, partit à la recherche de la mission Crevaux, massacrée par les Indiens Tobas. Il débarqua à

THOUAR -~ THOUARS

Tacna (Pérou) , en mai 1883, traversa la Cordillère, atteignit le Grand Chaco et recueillit les débris de la mission (11 sept.). En mai 1885, il repartit et explora le delta du Pilcomayo, avec l'aide du gouvernement argentin. En 1886, il tenta vainement d'explorer le N. du Chaco. Il a publié : Explorations clans F Amérique (1891).

THOUARCÉ. Ch.-l. de cant. dudép. de Maine-et-Loire, arr. d'Angers ; 1.527 hab. Stat. du chem. de fer de l'Etat. Eaux minérales ferrugineuses. Bons vins blancs.

THOUARÉ. Gom. du dép. de la Loire-Inférieure, arr. de Nantes, cant. de Carquefoii ; 1.040 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans.

THOUARET. Rivière du dép. des Deux-Sèvres (V. Si>- VRES [Deux-], t. XXIX, p. 1124).

THOUARS. Com. du dép. de l'Ariège, arr. de Paraiers, cant. du Mas-d'Azil ; 114 hab.

THOUARS. Com. du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Nérac, cant. de Lavardac; 401 hab.

T H 0 U ARS ( î uedœ arœ) , Duracium,Toartmmy Toarce (sur une monnaie du vu® siècle). Ch.-l. de cant. du dép. des Deux-Sèvres, arr. deRressuire; 5.033 hab. (3.992 aggl.). Stat. du chem. de fer de l'Etat, croisement des lignes de Paris à Rordeaux et de Tours aux Sables-d'Olonne. Sur une colline de 90 m. d'alt., dominant la rive droite du Thouet.— Hospice; haras : maison centrale de force et de correction ; fabriques de chaux et de plâtre ; de couleurs, d'engrais chimiques, d'huiles, de vélocipèdes, de sabots, de droguets, toiles, chapeaux; coutellerie, tanneries. Com- Château merce de

grains, vins de Saumur, eaux-de-vie, bestiaux, chevaux, mulets. Sources minérales.

La ville de Thouars est bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'une colline, dont le pied est baigné par le Thouet, sur lequel sont jetés trois ponts très hardis. Il y a un pont gothique du xin® ou du xiv® siècle, à arches ogivales; un pont suspendu, reliant la ville à son faubourg Saint-Jacques par une seule travée, de 80 m. de long. Le viaduc du chemin de fer est remarquable, il a 261 m. de longueur et son tablier est à 38 m. au-dessus du niveau du Thouet. Cette rivière entoure la ville dans plus de la moitié de son étendue et lui sert ainsi de fortification naturelle. Le reste est entouré de murs encore bien conservés, quoique datant du xiii*^ siècle ; ils furent bâtis par les Anglais ; ils sont flanqués de grosses tours, parmi lesquelles on remarque celles du Prince-de-Galles ou de la Grénetière (mon. hist.), aujourd'hui prison, et de la Porte- au -Prévôt, beau donjon, accompagné de deux autres tours. Les rues de Thouars sont étroites et tortueuses. On remarque deux belles maisons du xv® siècle, dont l'une appelée Vhôtel du Président. Des nombreux édifices que possédait cette ville il ne reste plus que le château et deux églises, tous trois monuments historiques. Sur le cap rocheux qui termine la colline, le château s'élève, plongeant ses fondations dans la rivière. Râti sous Louis XIÏI, il est long de 120 m. et offre une belle façade; Tescalier magnifique ressemble à celui des Tuileries, aujourd'hui disparues, les

rampes sont en marbre jaspé ; les vastes cuisines sont taillées dans le roc ; il est de nombreuses salles immenses ; des escaliers gigantesques font communiquer entre elles des terrasses superposées. Cette remarquable construction, actuellement propriété de la ville, a été transformée en maison de correction. La Sainte-Chapelle (mon. hist.), attenante au château, fut construite de 1503 à 1509, sur l'ordre de Gabrielle de Rourbon, femme de Louis II de La Trémoille, d'abord dans le style gothique, et plus tard ravalée et sculptée dans celui de la Renaissance ; les verrières sont de 1509. Cette chapelle repose sur une autre, qui est souterraine, et au-dessous de laquelle un caveau contient les restes de Louis de la Trémoille. L*église Saint-Laon a été bâtie au xii^ siècle, puis remaniée au xv® et à l'époque moderne ; belle tour carrée (mon. hist.) avec deux étages de fenêtres romanes ornées de colonnettes. Cette église, qui se rattachait à une abbaye fondée au xv« siècle, a renfermé jusqu'à la Révolution le tombeau de Marguerite d'Ecosse, femme de Louis XL L'église Saint-Médard est du xv"^ siècle ; large nef unique, de 20 m. sous voûte ; vitraux modernes remarquables; grande chapelle bâtie en 1510 par Gabrielle de Rourbon. De l'église primitive, du xii® siècle, il reste une magnifique porte latérale, en ogive avec quatre voussures, ornements de sculptures et de statues. Citons, en outre : un ancien temple protestant ; Vhospice; le collège (xiv® siècle), que réorganisa, en 1629, Henri de La Trémoille.

Historique.

—Thouars fut le siège d'un des doyennés du Poitou ; sous les Mérovingiens, la ville était fortifiée et avait un hôtel des monnaies. Ce fut une des places dont s'empara Pépin (754) quand il entreprit la conquête de l'Aquitaine. Les premiers comtes de Poitou érigèrent Thouars en vicomte au ix^ siècle, et ses seigneurs la possédèrent durant près de cinq siècles, depuis 883, La souche de cette branche fut Arnould, fils de Ranulphe ; il mourut vers Tan 900. La maison d'Amboise succéda aux vicomtes de Thouars et fut remplacée à son tour par les La Trémoille (V. Renon), au bénéfice desquels l'ancienne vicomte fut érigée en duché par Charles IX (1563), puis en duché-pairie par Henri IV, en ^594. — Duguesclin, s'empara de Thouars le 23 sept. 1372. Lors des guerres de religion, les huguejiots emportèrent d'assaut la ville et pillèrent les égUses (1561). La révocation de l'édit de Nantes fut fatale à la cité, dont plus de la moitié des habitants emporta à l'étranger son industrie et ses richesses. La ville était alors très prospère, il y avait de nombreuses manufactures de drap et des faïenceries (1685). Plus tard, pendant les guerres de Vendée, Thouars fut, comme d'autres villes de la région, pris et repris par les bleus et par les blancs, et occupée par les Vendéens en n93 (5 mai). En 1815 (18 juin), il y eut à Thouars un mouvement royahste, d'ailleurs sans résultats. En 1822, la conspiration du général Rerton, un chef du carbonarisme, éclata, il se rendit maître de la ville (23 févr.), mais il échoua à Saumur. — Anciennement, ch.-l. d'élection de la généralité de Poitiers, Thouars fut, le 3 janv. 1790, ch.~l. d'un des six districts du nouveau départe-

de Thouars.

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