VIII. Balistique. — Transport de tir (V. Tir
IX. Electricité. — Transport électrique de la force. — Toutes les machines électriques, qu'elles soient
à influence (machine de Holtz, machine de Wimshurst, etc.) ou d'induction (machines magnéto-électriques, machines dynamo-électriques), sont réversibles : de même qu'elles transforment en énergie électrique, sous forme de courant, le travail mécanique, elles transforment, sous forme de mouvement, l'énergie électrique en travail mécanique. Cette propriété a été mise à profit pour le transport de la force à distance par l'électricité. Deux machines semblables, dynamo-électriques ou magnéto-électriques, ont leurs fils réunis par un circuit conducteur. La première, la machine génératrice, mise en mouvement par le moteur, se comporte comme un générateur ordinaire de courant électrique. La seconde, la machine réceptrice, qui peut être très éloignée de la première, reçoit d'elle ce courant par l'entremise du câble conducteur, et, mise en mouvement sous son action, se comporte comme un moteur électrique (V. Electricité, pp. 762 et suiv.). Une force développée en un point peut ainsi être utilisée en un autre point distant de plusieurs kilomètres. L'appUcation la plus féconde qui a été faite de cette idée se rapporte aux sources naturelles d'énergie, telles que les chutes d'eau ou les courants de rivières torrentueuses, restées jusqu'en ces derniers temps sans emploi à raison de leur éloignement des usines ou des centres où Ton pouvait les utiliser. Une machine génératrice est installée près de la chute ou du torrent, qui l'actionnent, et une machine réceptrice, placée dans l'usine même, en reçoit, par des fils conducteurs portés sur des poteaux le long des routes, l'énergie électrique, qui est employée soit pour un travail mécanique, soit pour des opérations de métallurgie, soit pour l'éclairage électrique. Par le même moyen encore, les grandes usines électriques installées dans les faubourgs des villes transportent, sous forme de courants, dans les divers quartiers l'énergie qui est fournie par une machine à vapeur ou tout autre moteur et qui peut être utihsée, sur ces divers points, pour des travaux industriels. Les tramways à trolley et les chemins de fer à rail central fournissent également des exemples de transport de l'énergie à distance par courant induit. L'usage des transformateurs (V. ce mot) permet, d'ailleurs, d'obtenir dans telle ou telle partie du circuit, selon qu'il est besoin, soit une force électromotrice d'un grand nombre de volts, soit une intensité d'un grand nombre d'ampères.
Le travail effectué par la réceptrice n'est jamais égal, dans les transports d'énergie, à la totalité du travail dépensé sur la génératrice. En effet, même avec les machines les plus parfaites, il y a toujours perte, sous forme de chaleur dégagée dans les conducteurs. De plus, dans la pratique, les vibrations et les chocs des divers organes des machines sont encore une cause de déperdition d'énergie, qu'il est impossible de supprimer d'une manière complète. Lors de premières expériences faites à Vienne en 4873, le rendement, c.~à-d. le rapport du travail utilisé au travail dépensé, n'avait guère dépassé 30 o/^. Les recherches de Marcel Deprex, (V. ce nom), qui s'attacha tout particulièrement, de 4880 à 4886, à la solution pratique du problème, rélevèrent à 45 ^'/q. Depuis, on a obtenu, par l'emploi de machines à courants triphasés, jusqu'à 85 7o-
Les installations pour le transport de l'énergie à distance se sont multipHées rapidement dans tous les pays du monde, principalement dans les pays de montagne : en Suisse, dans le Tirol, en Italie, etc. Aux Etats-Unis, celle des chutes du Niagara mérite une mention spéciale : une force motrice de plus de 400.000 chevaux- vapeur, recueillie par des turbines, est transportée à 30 et 40 kil., dans les usines de Buffalo et des environs.
BiBL.: Industrie et Commerce.-- E. Teisserenc, Etudes sur les voies de communication perfectionnées et sur les lois économiques de la production des transports; Paris, lb47,2vol.— F. Lucas, Etude historique et statistique sur les voies de communication ; Paris, lS1d. —A. Chérot, les
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