‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 186 sur 633 · TRAVAIL — TRAVAUX PUBLICS · texte numérisé non relu

TRAVAIL — TRAVAUX PUBLICS

à la charge un mouvement d'ascension et un mouvement de descente, de même étendue verticale. Le travail serait ici mécaniquement réduit à 0. Mais si nous concevons que le muscle tendu par une contraction stérile ou neutralisée est le siège d'une création persistante d'élasticité, création qui ne peut être obtenue qu'au prix d'une transformation incessante d'énergie, qui disparaît sous forme d'énergie chimique et reparaît sous forme de chaleur, rien de plus facile de comprendre que le muscle travaille tout en ne faisant rien, qu'il se fatigue par un travail nul ou même négatif.

La théorie thermodynamique du travail conduit à cette donnée, qu'en admettant même que 33 ^/o de l'énergie développée par les combustions intérieures apparaissent sous forme de travail et le reste sous forme de chaleur, le théorème de Carnot exigerait qu'il existe, à un moment donné, dans le muscle, une source froide de — 65**. Aussi Gauthier conclut « qu'il est évident que la chaleur ne se change pas en travail dans le muscle, et que ce n'est pas par cet intermédiaire que le potentiel chimique produit la force et l'énergie mécanique ». Cet intermédiaire est celui indiqué par Chauveau : la création d'élasticité, l'être vivant n'est plus un moteur thermique, la chaleur engendrée n'est plus un moyen, mais une fin, elle est un excretum du travail physiologique. ïl est difficile de calculer le rendement des moteurs animés. On a admis que, chez l'homme, ce rendement pouvait atteindre 25 % de l'énergie dépensée. C'est là un chiffre qui, bien que fourni par Helmholtz, doit être très exagéré : Richet et Hanriot arrivent à 12 %, ce qui rapprocherait le moteur vivant des bonnes machines industrielles où le rendement n'est guère supérieur à 15 ^/o, sauf pour les grosses machines dans lesquelles l'utilisation de l'énergie dépensée est nécessairement meilleure. J.-P. Langlois.

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