‹ La Grande encyclopédie (volume 2)Chapitre 192 sur 633 · TREMOILLE — TREMPE · texte numérisé non relu

TREMOILLE — TREMPE

cord ainsi exécuté, suivant la nuatice forte du douce, suivant que l'archet fera vibrer la corde près du chevalet ou sur la touche. Grâce à ces détails d'exécution, le tre~ riiolo, outre son utilité de simple formule, prendra très souvent une grande valeur expressive et traduira également bien la violence, là fureur, l'horreur, le mystère, l'extase et mille autres sentiments. Mais il n'en faut pas abuser, car il fatigue assez vite, et le musicieîi ne doit pas oublier non plus que sa valeur expressive n'est réellement déterminée que par les harmonies qu'il expose ou par le thème qu'il âccomJ3agne ; en aucun cas il ne saurait se suffire à lui seul. Bien que ce jDrocédé ait été déjà employé par quelques compositeurs du xvi^ siècle, Monteverde notamment en quelques uns de ses madrigaux, on parait en avoir coriiplètement oublié l'emploi par la suite, et il faut attendre jusqu'à Gluck pour le voir remis en honneur. A la vérité^ son absence est plus apparente que réelle dans les œuvres des maîtres anciens, lesquels n'avaient pas de manière fixe pour le noter. Mais son emploi est devenu infiniment plus fréquent dans la musique moderne, au théâtre principalemeiit. H. Q.

TRÉMONS. Corn, du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villèneuve-sur-Lot, cant. de Penne ; 444 hab.

TRÉMONT. Com. du dép. de Maine-et-Loire, arr. de Saumur, cant. de Vihiers ; 502 hab.

TRÉMONT. Com. du dép. de la Mouse, arr. et cant. de Bar-le-Diic ; 571 hab.

TRÉMONT. Com. du dép. de l'Orne, arr. d'Alençon, cant. de Courtomer; 464 hab.

TRÉMONZEY. Com. du dép. des Vosges, ârr. d'Epinal, cant. de Bains -les-Bàins; 661 hab.

TRÉMOREL Cotli. du dép. des Côtes-du-Nord, arr. de Loûdéac, cant. de Merdrigriac ; 1.739 hab.

TRÉMÛUILLE. Com. du dép. du Cantal, arr. de Mauriac, cant. de Chataps ; 693 hab.

TRÉMOUILLE-Saint-Loup. Com. du dép. du Puyde-Dôme, arr. d'Issoire, cant. de Latoui* ; 506 hab.

TRÉIWOUILLES. Com. du dép. de l'Aveyron, arr. de Rodez, cant. de Pont-de-Saiâi*s ; 1.1^1 hab.

TRÉMOULET. Com. dU dép. de l'Ariège, arr. de Pamiers, cant. de Saverdun ; 188 hab.

TREMPAGE (Impr.). Lfe trempage du papier contribue pour une large pai-t à la bonne ou à la mauvaise qualité de l'impression ; il convient donc d'y apporter les plus grands soins, en tenailt cohipte de la nature du papier, de son degré de collage, de son épaisseur, de son foràat, etc. Cette opération se fait à la main ou au balai. Pour tremper à la màiti, on prend Uhe certaine quantité de feuilles (une main, par exemple) que l'on plonge rapidement, du côté du dos, dans une bassine en chêne doublée de plomb ou de zinc Où dans un simple baquet rempli d'eau et ténu toujours tr-ès propre. Après avoir laissé égoutter le papier, on le place, la partie mouillée eil dessous, sur un ais que l'on charge plus ou moins. Oiî remanie etisuite en retournant le papier par portions égalé! et alternativement en sens inverse, afin de répartir partout Uniformément l'htiiiiidité. Le papier est ensuite mis eh presse pendant douze Ou qUatdrze heures ; il ii'est employé qu'après être resté libre pendant deUx ou troi^ heures. — Le trempage au balai se fait avec un petit balai de bouleau ou de bruyère, ou encore au hioyen d'une éponge et en procédant Comme ci -dessus.

TREMPE. L Métallurgie. — On appelle trempe là modification moléculaire qU'éproUvent certaines substances, et spécialement l'acier, pat* un refroidissement plus oU moins rapide. Là trempe a pour effet essentiel de produire un durcissement superficiel et d'augmenter la limite d'élasticité, la charge de ruptui'e par traction ; mais, en mêthe temps, elle augmente la fragihté au choc. On en fait varier les effets : 1*^ avec la teneur en carbone (la trempe augmente d'effet à mesure que la proportiori de Carbone s'accroît) ; 2^ avec la teneur en certains éléments accessoires, tels que cht'dme, tUngstêiië, etc.; 3<> avec k diffé-^

TREMPE — TRENDELENBURG

rence de température entre la pièce à tremper et le bain : Teffet croissant avec cette différence ; 4^ avec la nature du liquide, sa densité, son pouvoir conducteur, sa chaleur latente de vaporisation ; 5*^ enfin avec les conditions extérieures pouvant influer sur la vitesse de refroidissement, conditions dont beaucoup sont encore insuffisamment déterminées.

L'explication de la trempe n'a jamais été donnée d'une façon bien complète. Il semble cependant que, dans l'acier trempé, le carbone passe à l'état de combinaison plus intime ; car ce métal, traité par l'acide chlorhydrique froid, ne donne aucun résidu de carbone. Il se passerait alors, dans la trempe de l'acier, quelque chose d'analogue à ce qui a lieu pour la fonte refroidie brusquement dans un moule de métal. La fonte grise ordinaire, qui contient du graphite flottant et qui doit à ce graphite sa teinte foncée, blanchit quand on la moule ainsi « en coquille » et passe à l'état de fonte blanche par suite d'une incorporation plus complète du carbone ; en même temps, elle durcit à la surface, et on a pu la qualifier de fonte tremjiée. Il se produit probablement, en outre, une modification de structure moléculaire , une sorte d'orientation des molécules analogue à celle qu'on est amené à supposer dans les phénomènes d'aimantation.

Les effets de la trempe sont généralement utiles ; cependant, comme la trempe des pièces d'acier les rend plus fragiles et peut même les fissurer, on est conduit, tant à adoucir la trempe elle-même par les dispositifs dont il est question plus loin, qu'à employer le recuit. Ce recuit, poussé suftîsamment loin, peut aller jusqu'à détruire complètement la trempe. On en mesure, d'habitude, les degrés en appréciant la couleur que prend la pièce d'acier recuite, par suite de la formation d'une mince pellicule d'oxyde à sa surface. C'est ainsi que la teinte jaune correspond à 225« C. ; le rouge à 264 ; le violet à 276 ; le bleu à 293 ; le vert à 333 et le gris à 400.

La trempe ordinaire, appliquée couramment aux petites pièces d'acier, se fait dans l'^au. C'est le procédé classique, employé depuis l'antiquité ; suivant une superstition courante, dans laquelle il peut entrer une part de vérité, l'eau de certaines rivières montagneuses serait particulièrement apte à donner une bonne trempe : d'où la réputation des coutelleries établies sur les bords du Tage à Tolède, de la Dore à Thiers, du Furens près de Saint- Etienne, etc. Le jour où l'on a eu l'idée d'appliquer la trempe aux grandes pièces d'acier, qu'on fabrique aujourd'hui couramment, par exemple aux pièces de blindage, pour aug^ menter leur résistance, il a fallu imaginer des artifices nouveaux; la trempe à l'eau, appliquée aux grosses pièces d'acier doux, les aurait, en effet, fissurées. On a, d'abord, pensé à employer la trempe à l'huile, depuis longtemps pratiquée pour certains objets de coutellerie; mais, surtout, on a eu recours à la trempe dans des bains métalliques à haute température, par exemple dans du plomb fondu à 400**; à cette température, il suffit, en effet, d'un faible refroidissement exercé sur la pièce, chauffée préalablement au vif, pour obtenir une bonne trempe, détruire la structure partiellement cristalline qu'aurait le blindage en sortant du marteau-pilon et tripler sa résistance au choc.

Dans d'autres cas, on a pu songer à employer des bains de diverses natures: on a alors étudié leurs influences diverses. C'est ainsi que les acides sulfurique et nitrique et certains sels métalliques augmentent la trempe : l'eau de savon et les dissolutions alcalines, au contraire, trempent peu. Le mercure trempe plus que l'eau et que l'huile, etc.

Les récents progrès métallurgiques ont surtout porté sur la modification des qualités de l'acier trempé par l'introduction de certains éléments étrangers, tels que le tungstène, le chrome, le manganèse, etc. Ces éléments agissent, dans une certaine mesure, comme le carbone lui-même, dont une proportion déterminée communique, ainsi que nous venons de le rappeler, au fer la propriété de durcir superficiellement et de se tremper. L'influence

de ces corps étrangers, en doses que Ton pourrait qualifier d'homéopathiques, tant elles sont restreintes, est un fait des plus curieux et des plus suggestifs pour la physique moléculaire. L. De Launay.

IL Verrerie (V. Verre).

TRÉMUSON. Com. dudép. des Côtes-du-Nord, arr. et cant. (N.) de Saint-Brieuc ; 705 hab. Stat. dechem. de fer ; centre d'une concession de plomb, zinc, cuivre et argent, de 8.040 hect. — Pont de granit, très élevé, sur le Gouet. Ruines du château de la Roche-Suhart, qui fut le siège d'une des principales seigneuries du duché de Penthièvre.

TRENAL. Com. du dép. du Jura, arr. et cant. de Lons-le-Saunier ; 420 hab.

TRENCAVEL. Famille française (V. Carcassonne, t. IX, p. 357).

TRENCK (Franz, baron de), né à Reggio (Calabre) le 1^^ janv. 4711, mort à Brunn (Moravie) en 1749. Chassé de l'armée autrichienne, il passa au service de la Russie, fut condamné à mort pour insubordination, s'échappa, leva pour Marie-Thérèse un corps libre de pandours (1741), avec lesquels, se portant toujours à l'avant-garde, il commit en Bavière et Silésie de telles atrocités qu'on le condamna en 1746 à la prison perpétuelle; enfermé au château du Spielberg (Brunn), il y mourut. On a publié son autobiographie : Merkwûrdige Lebensgeschichte des' Freiherrn F. von Trench (Berlin, 1787-92; 4 livr.).

TRENCK (Friedrich, baron de), aventurier allemand, né à Kœnigsberg le 16 févr. 1726, guillotiné à Paris le 25 juil. 1794, cousin du précédent. Entré dans l'armée prussienne (1742) officier d'ordonnance de Frédéric II (1744), il l'irrita par une intrigue avec sa sœur la princesse Amélie, et, sous prétexte d'entente avec son cousin le colonel autrichien, le roi l'emprisonna dans la place forte de Glatz ; il s'évada le 24 déc. 1746, passa à Kœnigsberg, Vienne. Nuremberg, s'engagea dans l'armée russe, puis en 1749 dans les cuirassiers autrichiens. Venu à Dantzig pour recueillir l'héritage de sa mère (1754), il fut emprisonné et sévèrement gardé à Magdebourg; ses essais d'évasion échouèrent; relaxé en déc. 1763, il se retira dans ses terres de Hongrie, recouvra ses biens de ÎPrusse à la mort de Frédéric II et vint à Paris (1788) ; regardé comme espion étranger, il y fut condamné à mort. Le récit de ses aventures {Lebensgeschichte, 1786, 3 vol.), qu'il traduisit en français, eut un vif succès. Ses œuvres complètes ont paru à Leipzig en 8 vol. (1786).

TR EN es EN {ûXQm.Trentschin). Ville et comitat de Hongrie. La ville, sur la r. g. de la Vâg; 5.100 hab. La forteresse, à 316 m. d'alt.,estune des plus anciennes de la Hongrie. Couvent et église des piaristes, palais de justice, cathédrale avec le tombeau des Ilyésh4zy. D'après la légende, la ville fut fondée par le général romain Terentius ; les Hongrois, en arrivant en Europe, la trouvèrent déjà fortifiée. Le comitat limitrophe de la Moravie et de la Galicie a 4.170 kil. q. ; 285.829 hab. (en 1900), presque tous Slovaques. Pays montagneux; les Karpates et les monts Tatra le sillonnent. La Vâg divise le comitat en deux parties; la population est très pauvre. Le comitat a 398 communes et une ville ; il se divise en 9 dis-

TRENDELENBUR6 (Friedrich-Adolf), philosophe allemand, né à Eutin le 30 nov. 1802, mort le 24 janv. 1872. Professeur à l'Université de Berlin (1833), il publia, Elementa lôgices Aristotelicœ (1836 ; 8® éd., 1868); Logische Untersuchungen (1840, 2 vol.) où il combattit les idées de Kant et de Hegel ; Naturrecht œuf dem Grund der Ethik (1860), etc.

TRENDELENBURG (Friedrich), chirurgien allemand, né à Berlin le 24 mai 1844, fils du précédent. Professeur à Rostock en 1875, à Bonn en 1882 et à Leipzig en 1895, il a publié des travaux importants sur la diphtérie et l'opération du croup perfectionnée par lui, sur les opérations au cou et à la face, la gastrotomie, les pseudarthroses, les fractures, etc. D"^ L. Hn.

TRÉNIS ~ TËËNTÈ

TRÉNIS (Chorégr.) (V. Danse, t. XIII, p. 873).

TRENNEL (Econ. rur.) (V. Fromage, t. XVIII, p. 197).

TRENSACQ. Com. du dép. des Landes, arr.de Montde-Marsan, cant. de Sabres; 656 hab.

TRENT. Rivière de la Grande-Bretagne (V. ce mot, t. XIX, p. 157).

TRENTE (Combat des). Ce combat eut lieu le 27 mars 1352, sur le territoire de la Groix-Helléan (Morbihan, arr. de Ploërmel, cant. de Josselin), tout près de l'endroit où se trouve une pyramide de granit élevée en 1823. Pendant la guerre de la succession de Bretagne (V. ce mot, t. VII, p. 1152) qui mit aux prises Charles de Blois (V. Charles de Chàtillon, t. X, p. 727), soutenu par le roi de France, et Jean de Montfort, soutenu par le roi d'Angleterr.\ le capitaine anglais de Ploërmel, Robert Bramborough, continuant ses ravages, malgré une trêve, Robert de Beaumanoir (V. ce nom, t. V, p. 1032), capitaine de Josselin, alla le défier. Il fut convenu que, suivis chacun de trente compagnons, ils se combattraient à outrance. Beaumanoir choisit dix chevaliers et vingt écuyers bretons, parmi lesquels on remarque Robin Raguenel, père de la première femme de Du Guesclin, Geffroy du Bois et Guillaume de Montauban, Y van Charruel, Maurice de Tréziguidy, etc. Bramborough prit non seulement des Anglais, mais aussi des étrangers soldés par l'Angleterre et même des Bretons du parti de Montfort. Dans sa troupe, figuraient l'aventurier allemand Croquart, Robin de Adez et Hugh de Caverly, qui firent, plus tard. Du Guesclin prisonnier, l'un à Evran (1359), l'autre au pont de Juigné (1360), et le fameux Robert Knolles, qui fut battu par Du Guesclin à Pontvallain (1370). Au jour dit, les combattants se rencontrèrent, armés de courtes épées de Bordeaux, de dagues, de haches, et en vinrent aux main^ avec fureur, jusqu'à ce qu'ils fussent à bout d'haleine et de forces. Dans ce premier engagement, deux Bretons avaient été tués, trois blessés grièvement, un fait prisonnier. Après un repos assez long, le combat recommença avec un nouvel acharnement. Bramborough fut tué par G. du Bois ; alors Croquart prit le commandement. Comme Beaumanoir blessé se plaignait d'une soif ardente, G. du Bois lui cria : Bois ton sang, Beaumanoir ; la soif te passera. La victoire restait indécise quand G. de Montauban, se hissant sur son cheval, le lança contre les Anglais et en renversa sept. Les autres furent réduits à se rendre. Tous les combattants, Bretons et Anglais, étaient morts ou blessés. Les vainqueurs emmenèrent leurs prisonniers au château de. Josselin, les traitèrent courtoisement et, quand ils furent guéris, les mirent en liberté, moyennant une rançon modérée. Ce fait d'armes mémorable a été chanté par un trouvère inconnu et raconté par Froissart, avec quelques variantes, d'après le récit d'Y van Charruel.

BiBL. : Le Poème du combat des Trente, dans le Pantfiéon littéraire. — Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. IV, pp. \L\ et 110 et suiv., et 338-40. — Pol de Courcy, le Combat de trente Bretons contre trente Anglais ; Saiiit- Pol-de-Léoa, 1857, in-4.— S. Luge, Hist. de B. Du Guesclin, pp. 102, 116, 312, 327, 347 et suiv.

TRENTE (lat. Tridentum, ital. Trento, allem. Trient). Ville d'Autriche, capitale du Tirol méridional, située à 105 m. d'alt., sur la rive gauche de l'Adige, au fond de la large et fertile vallée que forme ce fleuve entre les Alpes calcaires qui le bordent. Elle doit son importance à son heureuse position sur la grande route d'Innsbriick à Vérone, et sur le chemin de fer qui parcourt cette route depuis 1873. Sa population montait en 1890 à 21.489 hab., dont 2.339 de langue allemande, et les autres de langue italienne. Elle est le chef-lieu d'un cercle et le siège d'un évêché. Les principales industries sont celles de la soie et de la charcuterie. Trente, construite presque entièrement dans le style italien, présente un aspect très monumental. Outre les restes de murailles et tours qui datent des Romains, on y remarque la place du Dôme, avec la fontaine de Neptune, la place Dante, avec la statue de ce poète, et un grand nombre d'édifices

remiàt"quables : le Dôme (cathédrale), basilique de style rbman, à trois nefs et deux coupoles (bâtie du xiii® au xv« siècle, restaurée de 1880 à 1889); Sainte-Marie- Majeure, construite au xv« siècle, en marbre rouge, et ornée des statues des principaux membres du Concile ; Saint-Pierre, de style gothique ; VAnnunziatay avec sa haute coupole ; l'église des jésuites. Parmi les monuments civils, le plus intéressant est le château Buon Consiglio, autrefois résidence des princes évêques, maintenant converti en caserne, avec la vieille tour Auguste. En face de Trente, sur la rive droite de l'Adige, s'^élève une colline fortifiée (289) où se dressait autrefois le château romain Verruca.

Trente passe pour la plus ancienne ville du Tirol et était autrefois colonie romaine. Erigée en évêché au iv^ siècle, détruite par les Barbares, restaurée par le roi des Visigoths, Théodoric, elle devint, en 574, la résidence d'un duc lombard. Charlemagne la réunit à l'empire franc et Othon I^'' au Saint-Empire. Conrad II donna à ses évêques la dignité priricière (1027). Le concile de Trente, qui se tint dans ses murs de 1545 à 1563, rendit son nom célèbre dans le monde entier. Sécularisée en 1803 et réunie à l'Autriche, Trente passa sous la domination de la Bavière en 1805 et du royaume d'Italie en 1810, pour revenir à l'Autriche en 1814.

Concile de Trente. — Nous avons mentionné toutes les décisions quelque peu importantes de ce concile dans les articles afiéctés aux objets qu'elles concernent. On les trouvera aux noms de ces' objets. La plupart sont même citées littéralement, parce que nous nous sommes imposé la règle de produire, autant que les documents le permettent, renonciation officielle de la doctrine et de la discipline de chacune des EgUses dont nous nous occupons. Or les Actes du concile de Trente peuvent être considérés, à beaucoup d'égards, comme le code moderne de la doctrine et de la discipline de l'Eglise romaine. En outre, au mot Synode, nous avons indiqué l'ordre numérique, diversement assigné à ce concile, parmi les conciles généraux. 11 ne s'agit ici que de résumer l'histoire externe de cette assemblée. — En présentant (Augsbourg, 1530) leur Confession de foi, les luthériens avaient demandé la convocation d'un concile universel, libre et chrétien, pour statuer sur les articles contestés, en prenant pour loi souveraine la Parole de Dieu. Auparavant (dès 1522), Charles- Quint avait, dit-on, remontré à Adrien VI la nécessité d'appuyer sur les décisions d'une assemblée représentant toute l'Eglise catholique les mesures de compression violente que ce pape réclamait. Il renouvela cette proposition auprès de Clément VII, lors de leur conférence à Bologne (1532). Le souvenir des conciles de Pise, de Constance et de Bàle la rendait fort inquiétante pour la cour de Rome. François l®'', consulté, déclara qu'avant de réunir un concile, il fallait obtenir le consentement de tous les princes catholiques. Paul lll (Alexandre Farnèse), qui succéda à Clément VII (noy. 1528), avait toujours été partisan du concile. Il reprit les négociations qui devaient permettre de l'assembler. Par bulle du 1^^ juin 1536, il le convoqua à Mantoue pour le 23 mai de Tannée suivante, « parce que, ayant toujours désiré purger l'Eglise des nouvelles hérésies et y rétablir l'ancienne discipline, il n'avait pas trouvé d'autre moyen qu'un concile général ». Il fit notifier sa bulle à tous les princes. Les protestants repoussèrent cette convocation, objectant qu'un concile ne pouvait être libre en Italie, et qu'ils devaient avoir pour juge la Parole de Dieu, non le pape. Le duc de Mantoue refusa sa ville pour la tenue du concile. Cela obligea le pape à

en jusqu

proroger l'ouverture jusqu'au mois de novembre, puis qu'au l®'" mai de l'année suivante (1538). Il désigna pour lieu la ville de licence, qui dépendait de la république de Venise. Il nomma quatre cardinaux et quelques prélats pour travailler à la réforme. Ils préparèrent un long mémoire o(i ils exposaient les abus à réformer : 1^ ceux qui regardaient l'Eglise en génér,al ; 2« ceux qui

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