TRENTE
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étaient particuliers à l'Eglise de Rome. Le pape pcpPQSa lui-iïiême les réforme^ eii plein cpnsistoire ; mais les çMtiments étant partagés, on renvoya le jugement au concile. Le concile ne put statuer, parce qu'il se présenta point ou trop peu d'évêques à Viçence. Le pape rappela ses légats, et il remit l'ouverture jusqu'à Pâques de Tannée suivante. Finalement, par bulle du 15 avr. 1539, il suspendit le concile convoqué, jusqu'au temps qu'il luj plairait et au Siège apostolique de le tenir.
Avant de partir pour son expédition en Algérie, Charles- Quint avait eu à Lucques, avec Paul III, une conférence dans laquelle il lui recommanda une prompte convocation du concile. Dans une diète tenue à Spire, la ville de Trente fut proposée pour cette convocation par le légat Morone et acceptée par les princes catholiques. En ponséquence, le pape publia (22 mai 1542) une bulle d'indiction pour le 22 nov. suivant. Les légats se rendirent à Trente ; mais, les hostilités ayant éclaté entre la France et l'empire, ils attendirent vainement les prélats pendant six mois. Paul III les rappela et remit le concile à un autre temps. — En 1544, Charles-Quint, qui avait besoin des subsides des Allemands, réunit une diète à Spire. 11 y suspendit l'édit d'Augsbourg, reconnut provisoirement aux luthériens l'égalité des droits, ordonna que la Chambre impériale fût composée par moitié de luthériens et de catholiques, et promit un concile universel, libre et chrétien, ou, à défaut, un synode national, même une diète, pour régler les affaires politiques et religieuses. Par un bref adressé à l'empereur, le pape le blâma publiquement de s'être engagé envers les hérétiques et d'avoir promis un concile, sans avoir consulté ni même nommé le chef de l'Eglise. — Un traité de paix ayant été conclu à Crespy entre Charles-Quint et François P^, une bulle (19 nov. 1544) indiqua de nouveau le concile à Trente, pour le 15 mars 1545. Charles-Quint et Ferdinand invitèrent les luthériens à y envoyer des députés ; mais les luthériens refusèrent (diète de Worms), parce que l'assemblée convoquée n'était point celle que l'empereur avait promise à Spire. Dans l'intervalle de l'indiction du concile à sa réunion, le cardinal de Farnèse réussit à obtenir de l'empereur et du roi de France un accord secret, dans lequel ils convenaient que les luthériens seraient réduits par les armes.
Les cardinaux Jean-Marie Del Monte, alors évêque de Palestrina et qui fut pape sous le nom de Jules III, Marcel Cervin, prêtre, qui devint aussi pape, sous le nom de Marcel II, et Renaud Polus s'étaient rendus à Trente, dès le mois de mars 1545, indiqué par la bulle, pour présider le concile, en qualité de légats. Mais l'empereur, qui avait résolu d'attaquer les protestants, voulant les ménager jusqu'à ce qu'il eut achevé ses préparatifs, travailla à éloigner l'ouverture. La i^^ session n'eut lieu que le 1 3 déc. Il y avait alors à Trente 4 archevêques, 22 évêques, 5 généraux d'ordre, avec les ambassadeurs de l'empereur et du roi des Romains. Ceux de France avaient été rappelés à cause du long retardement. La cour de Rome n'avait préparé ostensiblement aucun règlement sur la procédure à suivre; mais elle avait décidé l'essentiel, qui était que rien ne se ferait sans son avis préalable et sans son consentement. La première congrégation générale eut lieu le 18 nov. Les légats demandèrent et obtinrent que les officiers du concile fussent nommés à Rome. Dans la co7igrégation suivante (29 nov.) on accorda voix délibérative aux abbés, généraux d'ordre. Les théologiens n'assisteraient qu'aux délibérations préliminaires. Les suffrages devaient être comptés, non par nation, comme aux conciles de Constance et de Râle, mais par tête : ce qui assurait la majorité au parti italien. Le 5 janv. 1546, on statua qu'une commission ou congrégation spéciale serait établie pour chaque matière ; que des commissaires seraient nommés pour formuler les décrets, sur lesquels chacun dirait son avis dans les congrégations générales, les légats se contentant de proposer, pour laisser une entière liberté,
et n'oDJnant que dans les sessions. Ces dispositioqs furent comple|pes, dans la ii® session, par un règlement divisant les mei^bres du concile eiï trois classes, qui devaient s'assembïèr séparément chez les légats, avant de porter les délibé|;^tions à la congrégation générale. — En l'histoire de ce concile, il est important de bien distinguer des sessions, les congrégations. Il eut 25 sEssioNs'et, entre les sessioiis, un très grand nombre de congrégations. — II® SESSION, 16 janv. 1546. Elle était plus nombreuse que la première. Il y fut décidé que le concife préparait le titre àQ Saint concile œcuménique et général, les légats du Siège apostolique y présidant, contre l'avis de ceux qui proposaient le titre de Concile représentant V Eglise universelle. Cette dispute fut renouvelée plusieurs fois dans les autres sessions. Dans les congrégations qui suivirent la II® session, on détermina les trois objets qup se proposait le concile : 1" extirpation des hérésies ; 2° réformation de la discipline ; 3° rétablissement de la paix entre les princes chrétiens. Charles-Quint, qui tenait à enlever aux luthériens tout prétexte pour persister dans leur opposition, et qui pensait d'ailleurs que « les dogmes inscrits depuis longtemps dans les livres » étaient indiscutables, insistait pour que les réformes fussent votées et réalisées au plus vite; mais le pape et ses légats, pour d'autres motifs, attribuaient plus d'importance à la proclamation des doctrines de 1 Eglise catholique. L'évêque de Feltre mit les deux partis d'accord, en proposant de mener de front les délibérations relatives à la foi et à la discipline.
Lors de la v® session (17 juin 1546), il y avait déjà à Trente 9 archevêques et 49 évêques. Quelque temps après, on y vit arriver les ambassadeurs de François I®^, qui furent placés immédiatement après ceux de l'empereur. Le pape y avait aussi envoyé Jacques Lainez et Alphonse Salmeron, deux des premiers disciples d'Ignace de Loyola, pour assister au concile comme théologiens du Saint-Siège. Ils exercèrent une grande influence sur les délibérations. — Les légats proposèrent de transférer le concile à Rplogne à cause du voisinage des troupes des protestants. L'empereur s'y opposa, menaçant de faire la paix avec les protestants, contre lequel il faisait alors la guerre avec grand succès. Il fit publier un manifeste, dans lequel il disait que ce n'était pas à cause de la religion qu'il avait entrepris cette guerre, mais uniquement pour réprimer la rébellion de ceux qui méprisaient les décrets des diètes de l'Empire. Le pape, qui s'était ligué avec lui, retira ses troupes et déclara formellement, dans une bulle pubhée pour le jubilé, qu'il avait jugé à propos d'employer la force contre l'opiniâtreté des hérétiques, ne trouvant point d'autre remède contre un si grand mal. — Dans la viii° session (11 mars 1547), les légats proposèrent de nouveau la translation du concile à Rolognel Elle fut résolue à la pluralité de trente-huit voix contre dix-sept. Ce furent les prélats espagnols et les autres sujets de l'empereur qui s'y opposèrent. Se sachant soutenus par l'empereur, ils prirent le parti de rester à Trente. Les autres partirent pour Rologne et f tinrent la ix® session, le 21 avr. Mais, comme il n'y avait dans cette ville ni évêques ni ambassadeurs d'aucun pays cathoHque, hors ceux d'Italie, on ne fit rien autre chose dans cette session que d'indiquer la suivante pour le 2 juin, où l'on fut obligé de la différer encore jusqu'au 15 sept, pour la même raison, Enfin, les légats voyant que les prélats s'obstinaient à ne pas venir, prorogèrent la X® SESSION à un temps indéterminé : le concile demeura comme suspendu. — En Allemagne, les protestants avaient été défaits par Charles-Quint. A la diète d'Augsbourg (1547), ils promirent de se soumettre au concile, à condition qu'il se tiendrait à Trente; qu'on y traiterait les matières selon la doctrine de l'Ecriture et des saints Pères; qu'on y parlerait avec liberté; qu'on y demeurerait avec sûreté ; et que les évêques de toutes les régions chrétiennes y assisteraient, par eux-mêmes ou par leurs procureurs. En conséquence (1548), l'empereur fit