ROMAINES
La confirmation du concile par le pape devait être suivie de la promulgation formelle dans les diiférents diocèses. Le gouvernement de Venise fut le premier qui y fit procéder. Après lui, Sigismond, roi de Pologne, et Philippe n, roi d'Espagne. Cette publication ne fut point perm'se en France. On y admettait généralement les décrets sur les matières dogmatiques comme conformes à la tradition catholique, lïenri III disait à cet égard : « Il ne faut pas de publication du concile pour ce qui est de foi; c/est chose gardée en mon royaume ». Mais parmi les décrets concernant la discipline, plusieurs contenaient des dispositions inconciliables avec les coutumes du royaume, les libertés de l'Eglise gallicane, Fautorité du roi et les droits de la juridiction séculière; on en comptait plus de trente. Cela était plus que suffisant pour déterminer le roi et les cours souveraines à refuser obstinément de reconnaître le concile. I^n son XXX® plaidoyer (I616),Servin, avocat général au Parlement de Paris, disait : « Nous ne pouvons donner le nom de concile à la convocation de Trente, n'étant point reçue en ce royaume. Pour ce qui est de la doctrine, elle est bien reçue comme catholique, mais non pas pour ce qui est de la police extérieure. » Les décrets qui contenaient des réformes acceptables furent repris dans la législation du royaume : ordonnances de Blois, de Melun; édits de 4606, 4640, 4695, etc. — A douze reprises différentes, le clergé sollicita des rois la promulgation du concile, sans pouvoir l'obtenir. En son
assemblée de 4615, il prétendit faire solennellement la publication refusée par le pouvoir temporel. Cela n'aboutit qu'à des mesures adoptées par des conciles provinciaux, d'une autorité fort bornée. Les évêques, ayant le principal intérêt en cette affaire, étaient moins regardés comme juges de la discipline et comme vicaires de l'Eglise de France, que comme de véritables parties, dont les sollicitations les plus pressantes étaient suspectes. E.-H. Voli.et.
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TRENTE ANS (Guerre de). L'une des principales guerres du xvii^ siècle, la dernière et la plus importante des guerres religieuses entre catholiques et protestants, qui aboutit au démembrement de l'Allemagne en états territoriaux et assura à la France la prépondérance politique durant la seconde moitié du siècle. Successivement elle s'étendit à toute l'Europe centrale et occidentale, sauf l'Angleterre.
L'origine de la guerre de Trente ans fut le désaccord persistant entre catholiques et réformés, malgré la paix d'Augsbourg de 1555, laquelle d'ailleurs n'avait rien stipulé pour les calvinistes. Les protestants estimaient avoir le droit de séculariser les principautés ecclésiastiques dont le chef embrassait leur religion ; les catholiques le niaient et refusaient aux protestants la liberté de conscience dans ces territoires ecclésiastiques. La réaction catholique, dirigée par les jésuites et inspirée des décrets du concile de Trente (Y. ce mot et Société de Jésus), reconquit à la fin du XVI® siècle l'Allemagne méridionale où le duc Maximi'ien de Bavière et l'archiduc de Styrie (V. Ferdi- MAND II, empereur) persécutèrent cruellement les protestants. Ceux-ci eurent le dessous dans les conflits soulevés par Fadhésion à leur foi d'Aix-la-Chapelle (1581-98); de l'archevêque de Cologne (458:2-84), de Févêque de Strasbourg (1592-1604), de Donauwœrth (4606-08). L'émotion soulevée par l'annexion à la Bavière de cette ville libre décida les princes protestants à se grouper en union évangélique (à Ahausen, 44 mai 4 608), enlace de laquelle se forma la ligue catholique (à Munich, 46 juil. 4609). La guerre faillit éclater à l'occasion de la succession de Clèvcs et de Juliers, ouverte le 25 mars 4609. L'assassinat de Henri IV l'arrêta {\^ mai 4610). Le conflit décisif se produisit en Bohême. Rodolphe II (V. ce nom) y avait accordé de larges franchises par les lettres de majesté; l'archevêque de Prague, violant ces engagements, déchaîna une agitation révolutionnaire, lorsque Ferdinand, élève des jésuites, eut été proclamé roi de Bohême et l'autonomie municipale abolie. La Défenestration de Prague (23 mai 4648) engagea la lutte et fut le fait initial de la guerre de Trente ans. Peu à peu elle se généralisa, englobant, après l'empereur et ses sujets de Bohême, l'Allemagne protestante et catholique, puis l'Espagne et ses adversaires des Provinces-Unies, puis la Hongrie, le Danemark, la Suède, la France. On a pris l'habitude d'en diviser l'histoire en quatre périodes, désignées par le nom du principal adversaire des Habsbourg, l'électeur palatin d'abord, puis le roi de Danemark, le roi de Suède, le roi de France.
Période palatine. Les insurgés de Bohême réunirent à Prague une diète et formèrent un gouvernement provisoire ; ils assemblèrent une armée que Thurn conduisit à la frontière d'Autriche. En août 4618 commencèrent les hostilités ; les Autrichiens envahirent la Bohême, etMans-