TRENTE ANS
quérant,^e faisant prêter serment, distribuant les abbayes à ses officiers ; il alla tenir sa cour à Mayence, tandis que les riches contrées du Main et du Rhin n'offraient qu'une faible résistance.
Au printemps, il pénétra en Bavière, vainquit, au passage du Lech, Tilly qui fut mortellement blessé (15 avr. 4682), s'empara d'Augsbourg et de Munich. L'empereur s'était hâté de rappeler Wallenstein (déc. 1631), lequel avait chassé les Saxons de Bohême (mai 1632) et négociait avec l'électeur Jean-Georges de Saxe. Laissant en Bavière Baner et en Souabe Bernard de Saxe-Weimar, le roi de Suède marcha contre Wallenstein qui fit sa jonction avec les Bavarois et se retrancha à Nuremberg, refusant la bataille. Au bout de deux mois, et après une attaque infructueuse, Gustave- Adolphe leva son camp (8 sept.) ; il suivit en Saxe Wallenstein et le vainquit à Lutzen (16 nov.), mais fut tué. Bernard de Saxe- Weimar lui succéda à la tête de l'armée, le chancelier Axel Oxenstierna, àla direction politique. Ce dernier obtint des Etats des cercles de Souabe, Franconie, Haut et Bas-Rhin, le traité deHeilbronn (23 avr. 1633) par lequel ils resserraient leur alhance avec la Suède ; le 19 avr., il avait renouvelé celle avec la France. Bernard se fit créer un duché de Franconie avec les évêchés de Wurzbourg et Bamberg, dévasta la Bavière défendue par le partisan Jean de Werthet s'empara de Ratisbonne (14 nov. 1633). Sur. le Haut-Rhin une autre campagne se poursuivait entre le général espagnol Feria, l'Autrichien Aldringer, d'une part, le duc de Rohan et le Suédois Horn, d'autre part. Finalement Feria ne put ni recouvrer la Lorraine occupée par les Français, ni se maintenir en Alsace, et s'en alla mourir à Munich. Quant à Wallenstein, il opérait en Saxe et en Silésie, négociant avec l'électeur de Saxe, avec les Suédois, avec la France ; il battit et fit prisonnière, à Steinau, sur l'Oder, une armée suédoise (13 oct. 1633), reconquit la Lusace. Rappelé vers l'O., ses intrigues le rendirent suspect à la cour de Vienne ; lorsqu'il voulut s'assurer de son armée à tout événement, on le fit égorger à Eger (25 févr. 1634). Sous le nom de l'archiduc Ferdinand, Gallas prit la direction de son armée ; renforcé par les Bavarois, il reprit Ratisbonne et, après sa jonction avec une armée espagnole, gagna sur Horn et Bernard de Saxe-Weimar la bataille de Nordlingen (6 sept. 1634). La Souabe et la Franconie furent mises à feu et à sang par les bandes catholiques. Les protestants n'avaient plus d'espoir qu'en la France ; ils lui remirent Philipsbourg et toute la Haute- Alsace (6 oct. 1634) qui devint ainsi française pendant deux siècles et demi. Une alliance fut conclue à Pains le 1®^ nov. entre les princes protestants et la France, à laquelle on garantit la cession de l'Alsace avec Brisach, Benfeld et Constance.
Période française, La guerre fut d'abord mollement conduite par les maréchaux de La Force et Brezé qui ne purent empêcher GaUas de prendre Philipsbourg (24 janv. 1635). Les Espagnols ayant pris Trêves et emmené en captivité l'archevêque protégé de la France, celle-ci déclara solennellement la guerre à l'Espagne (19 mai). La situation de l'empereur n'en semblait pas moins améliorée ; la paix préparée avec la Saxe aux conférences de Pirna (24 nov. 1634) avait été signée à Prague le 30 mai 1635 ; l'ajournement de l'édit de restitution décida le Brandebourg, le Mecklembourg, la Saxe-Weimar, plusieurs villes à adhérer à cette paix. Les questions intérieures allemandes passaient au second plan, et la guerre devenait tout à fait internationale. Les troupes françaises, moins endurcies que les bandes mercenaires qu'elles rencontraient, furent refoulées sur la rive gauche du Rhin par Gallas, qui campa à Dieuze en Lorraine (nov. 1635), mais ne put s'y maintenir. Les Suédois étaient rejetés au N. ; mais par le comte d' A vaux, Richelieu fit négocier le traité de Stuhmsdorf (12 sept. 1635), trêve de vingt-six ans avec la Pologne; Baner, déjà victorieux à Dœmitz sur l'Elbe (1^^ nov.), fut renforcé par l'armée de Wrangel et ïorstensson, jusque-
là retenue en Livonie ; ils écrasèrent les Saxons à Kipitz (17 déc), prirent Berlin. L'argent français reconstitua une armée suédoise en Westphalie, et Bernard de Saxe- Weimar se mit à la solde de la France (traité de Saint- Germain, 27 oct. 1635). En 1636, on se battait sur toute la ligne du Rhin, en Westphalie, en Hesse, en Saxe, en Brandebourg; Téparpillement des combattants rend impossible un récit d'ensemble; les faits essentiels furent au N. la prise de Magdebourg par les Saxons, la victoire de Baner à Wittstock (4 oct.), suivie de la prise d'Erfurt ; à l'O. la double invasion de la France par la Picardie où les Espagnols prirent Corbie, bientôt repris, et par la Bourgogne où Gallas échoua devant Saint-Jean-de-Losne. En 1637, le Brandebourg s'allie à l'empereur pour enlever aux Suédois la Poméranie où ils sont serrés de près. Bernard de Weimar pille la Franche-Comté et est tenu en échec sur le Rhin par Jean de Werth. Mais en 1638, il s'empare de Rheinfelden, après avoir fait prisonniers les généraux ennemis (3 mars), de Fribourg, et, renforcé par Guébriant, défait les Bavarois à Wittenwerer (9 août), le duc de Lorraine à Tann (15 oct.), assiège et prend Brisach (17 déc). En plein hiver, il va s'emparer de la Franche-Comté et projetait de se tailler une principauté lorsqu'une fièvre contractée à Pontarlier l'emporta (18 juil. 1639) ; son armée et ses conquêtes passèrent à la France et lui prêtèrent serment de fidélité. Le baron d'Oissonville administra à partir de juin 1640 l'Alsace et les villes rhénanes au nom du roi de France. Au N., les Suédois, assurés par le traité de Hambourg (6 mars 1638) de nouveaux subsides français, reprirent l'offensive. Baner refoula Gallas en Brandebourg; puis détruisit l'armée saxonne à Chemnitz (14 avr. 1639, parut devant Prague, ravagea la Bohême, la Silésie, la Moravie ; tandis que le général suédois, Kœnigsmarck, terrorisait par ses incursions dévastatrices la WestphaHe et la Franconie. En 1640, les Franco- Weimariens, commandés par Longueville et Guébriant, s'établissent dans la Hesse et font leur jonction avec Baner àErfurt; leur mésintelligence les empêche d'attaquer l'armée impériale. Après une longue inaction, B,aner et Guébriant se jettent en plein hiver par les monts de Thuringe et du Haut-Palatihat sur Ratisbonne, afin de suspendre la diète qui y était réunie; elle ne fut sauvée que par le dégel qui empêcha le passage du Danube (janv, 1641), et Baner succomba aux fatigues de cette campagne (20 mai). H fut remplacé par Torstensson. Le Brandebourg s'était déclaré neutre; l'alliance franco-suédoise avait été prolongée jusqu'à la paix (29 juin), et la diète de Ratisbonne avair préparé les préliminaires de cette paix qui furent définis par elle le 9 oct.; à Hambourg eut lieu, le 25 déc. , une première entente entre les envoyés de la France de la Suède et de l'empereur au sujet des conditions de ces négociations (cf. l'art. Westphalie [Traités dej). Cependant Guébriant détruisait à Kempen une armée impériale (17 janv. 1642); Torstensson s'emparait de la Silésie, d'Olmutz, puis brusquement se portait sur Leipzig et remportait sur Piccolomini et l'archiduc Léopold l'éclatante victoire de Breitenfeld (2 nov. 1642) qui le rendit maître de la Saxe. Une tentative de Guébriant sur la Bavière fut repoussée par Mercy, et l'année suivante l'armée franco-weimarienne, dont le chef Guébriant venait de mourir, se laissa surprendre à Tuttlingen par Mercy et Werth; presque tout fut tué ou pris (24 nov. 1643). Turenne^ appelé du Piémont, et Condé, appelé du Luxembourg, vinrent couvrir l'Alsace ; les Bavarois de Mercy avaient pris Fribourg et s'y maintinrent malgré les assauts effroyablement meurtriers que leur livra Condé du 3 au 5 août 1644; les maréchaux français descendirent alors le Rhin et prirent Mannheim, Worms, Mayence, etc. Torstensson avait été ramené au N. par l'agression du roi de Danemark contre la Suède, il pénétra jusqu'au Jutland, puis laissant Wrangel et Horn terminer cette guerre (traité de Bromsebro, 23 août 1645, il revint au S., entraînant à sa suite les Impériaux de Gallas, les désorga-
TRENTE ANS — TREPANATION
nisa près de Magdeboiirg, envahit la Bohême et infligea à Jankau, près de Tabor, un désastre complet aux forces combinées de Hatzfeld, Gœtz et Werth. Vienne fut en danger, menacée à la fois par les bandes de Rakoczy et par Torstensson, mais le premier traita et le second, retardé par le siège de Brunn et malade, prit sa retraite (déc. 1645). Son successeur fut Wrangel. L'électeur de Saxe découragé avait signé une trêve qu'il fit prolonger jusqu'à la paix. Mrrcy, vainqueur de Turenne à Mcrgentheim (5 mai 16i5), avait été battu et tué à AUersheim, près de Nordlingen, par Condé (3 août). Turenne reprit Trêves (18 nov. 1645) et restaura l'électeur qui vendit à la France le protectorat général de ses possessions de la r. g. du Rhin et de révéché de Spire. — En 1646, Wrangel, refoulé d*abord par l'archiduc Léopold et Jean de Werth en Westphahe, lit sa jonction avec Turenne à Fritzlar; ensemble ils se portèrent sur le Danube, saccageant les pays bavarois, si bien que le duc Maximilien signa la trêve d'Ulm (14 mirs 1647), délaissant à son tour la cause de l'empereur, exemple suivi par les électeurs de Cologne, de Mayence et le landgrave de Darmstadt. Maximilien rompit bientôt cette trêve, quand les Français furent partis pour la Belgique, et revint à l'alliance autrichienne, espérant n'avoir à combattre que les Suédois. Wrangel, qui avait attaqué la Bohême, dut reculer jusqu'en Basse-Saxe. Turenne vint l'y joindre et ils reparurent en Bavière; l'armée catholique fut mise en déroute à Zusmarshausen (17 mai 1618) et toute la Bavière pillée et ravagée. Une crue de l'Inn arrêta les alliés dans leur marche sur Vienne. Le général suédois Kœnigsmark était en même temps entré en Bohême et avait pris la Petite-Prague, sur la r. g. de la Moldava (5 août) ; l'archiduc Léopold fut battu par Condé à Lens (20 août). Wrangel marchait sur la Bohême, quand on apprit que la paix avait été signée le 24 oct. 1648 (V. Westphalie [Traités de]). On en trouvera ailleurs le détail. Au terme de cette guerre de Trente ans, il n'était pas une région de l'Allemagne qui eût échappé aux horreurs d'une guerre conduite par des mercenaires effrénés. La moitié de la population avait péri : en Bohème, les deux tiers, en Thuringe (comté de Henneberg), les trois quarts. R fallut un giècle pour le relèvement économique des villes et des campagnes, la remise en culture des sols devenus déserts. Sur ces ruines de l'Allemagne entamée par l'étranger et découpée en Etats quasi-souverains, il fallut recommencer une nouvelle vie nationale. Les conséquences politiques et internationales de la guerre de Trente ans sont exposées à l'art, consacré aux traités de Westphalie.
BiDL. : LUxXDORPS, Acta piiblica; 2^ éd , 16G8-1T21, 18 vol. plus 4 vol. de supplément. ~ Adelin^ Theatrum Europseum, d vol. jusqu'en 1637, plus 18 vol.de supplément jus(|u'en 1718. Ces ouvrages renferment les documents contemporains de toute nature. — V. aussi Khevenhil- LER, Annales Ferdinandei, 1578-1637, édition de Leipzig, 1721-26. — L'histoire de Schiller en 5 vol. (1791-93) a peu de valeur. — Celle de Dujarry de La Roche, Der dreissigjœhrige Krieg, 1851-52, 3 vol., est écrite au point de vue militaire. — Guidely, Gesch. der dreissigjœhrigen Kriegs, 1869-80, ne dépasse pas la période palatine.' — Opel, Der niedersœchsisch-dœnische Krieg ^ 1872^^-91, 3 vol. — Cl*, la bibliographie des art. Ferdinand II et III, Gustave-Adolphe, Richelieu, Louis XIII, Philippe lll, Wallenstein, etc.
TRENTE-ET-QUARANTE. Jeu de hasard qui se joue avec six jeux de 52 cartes entre un banquier et un nombre indéterminé de pontes; on place sur la table un carton noir et un rouge. Quand les enjeux sont misés, le banquier abat l'une après l'autre un certain nombre de cartes, s'arrêtant lorsque le total des point^'-^qu'ellfe re~ présentent dépasse 30 sans atteindre 40 ; l'as compte un, les figures dix. On tire en premier lieu les cartes pour la couleur noire, puis pour la rouge ; le tableau doïit le point est le plus près de 31 gagne ; lorsque les points des deux couleurs sont égaux, il y a refait et le banquier encaisse' la moitié des enjeux quand cela se produit à 31.
TRENTE-ET-UNi Jeu de hasard qui se joue avec un
jeu de 52 cartes entre un nombre indéterminé de joueurs ; chacun place l'enjeu convenu dans la corbeille et reçoit deux ou trois jetons. Celui qui donne distribue à chaque joueur et à lui-même trois cartes une par une, en retournant en outre, à chaque tour, une carte pour le talon ; l'as vaut onze, les figures dix. Le point le plus fort est 31 , puis le brelan formé de trois cartes semblables (trois rois, trois sept, etc.), le mistigri formé du valet de trèfle avec deux cartes semblables; si un joueur a 31 d'emblée, il abat, et le joueur qui a le point le plus faible perd un jeton ; sinon chaque joueur tour à tour peut échanger une de ses cartes contre une de celles, visibles, du talon; on continue ainsi jusquà ce qu'un joueur se déclare satisfait de son jeu ou l'échange en bloc contre les trois cartes du talon, A mesure qu'un joueur a perdu ses jetons, il quitte la partie qui se termine lorsqu'il ne reste qu'un seul joueur conservant un ou plusieurs jetons.
TRENTELS. Corn, du dép. de Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Penne ; 954 hab. Stat. du chem. de fer d'Orléans. Commerce de prunes.
TRENTEMOULT. Ile de la Loire comprise dans la corn, de Rex>é (V. ce mot).
TRENTIN (Géogr.) (V. Tirol).
TRENTON. Ville des Etats-Unis, New-Jersey, sur la r. dr. duDelaware; 73.307 hab. en 1900. Grandes fabriques de poteries, grès, porcelaine, tréfilerie, fonte, biscuits, etc. Le 25 déc. 1776, Washington y captura un corps hessois. TRÉOGAN. Com. du dép. des Côles-du-Nord, arr. de Guingamp, cant. de Maël-Carhaix ; 405 hab.
TRÉOGAT. Com. du dép. du Finistère, arr. de Quimper, cant. de Plogaslel-Saint-Germain ; 684 hab.
TRÉON. Com. du dép. d'Eure-et-Loir, arr. et cant. de Dreux ; 498 hab.
TRÉOUERGAT. Com. du dép. du Finistère, arr. de Brest, ^ cant. de Ploudalraézeau ; 273 hab.
TRÉPAIL. Com. du dép. de la Marne, arr. de Reims, cant. de Verzy; 813 hab.
TRÉPAN. L Technologie. — On désigne sous le nom de trépan un appareil employé dans les opérations de sondage pour désagréger des roches par rotation ou percussion. 11 est également employé pour percer des trous dans le creusement des puits artésiens.
IL Chirurgie (V. TRÉPA^AïIo^').
TRÉPANATION (Chirurg.). La trépanation est une opération chirurgicale par laquelle on fait à un os une brèche, le plus souvent arrondie, à l'aide d'un instrument particulier, le trépan. Ainsi on peut trépaner la diaphyse, répiphyse des os longs, les divers os plats, mais ce mot s'applique plus spécialement, dans un sens restreint, à l'opération pratiquée sur les os du crâne. C'est d'elle que nous nous occuperons seulement. L'ouverture faite aux os du crâne dans la trépanation peut d'ailleurs être faite à l'aide d'un instrument autre que le trépan, par exemple la gouge et le maillet, et on appelle aussi trépanation l'ouverture large pratiquée sur les os du crâne, de façon à détacher un véritable volet osseux.
Cette opération est indiquée dans les cas de fracture ouverte de la voûte du crâne, dans le but de désinfecter le foyer de la fracture, de relever un fragment osseux qui pi(iue ou comprime les méninges et l'encéphale, dans les hémorragies qui viennent de la rupture des vaisseaux intracraniens et en particulier des branches de la méningée moyenne, pour atteindre des abcès intracraniens, tirant leur origine, par propagation, des inOammations des sinus de la face ou de l'oreille, et aussi dans les inflammations d'origine analogue des sinus veineux, de laduremère. On trépane encore pour aborder certains foyers d'inflammation chronique, producteurs souvent de symptômes épileptiformes ou de troubles nerveux du côté des organes des sens ; des tumeurs, même des corps étrangers (balles), peuvent être extirpées, grâce à cette opéralion ; enfin on a appliqué la trépanation pour remédier à certains troubles intellectuels (idiotie) qu'on a pu croire
TREPANATION — TRESAGUET
liés à une compression de l'encéphale par une soudure trop hâtive des os du crâne. On trépane aussi, mais sans pénétrer dans le crâne, l'apophyse mastoïde dans les suppurations des cavités osseuses qu'elle renferme, et la face externe des sinus de la face ^dans les suppurations de ces cavités.
Dans cette opération, le point d'application de l'instrument est fixé le plus souvent par le siège de la fracture directe, quelquefois par celui de la douleur et de l'ecchymose (fractures par contre-coup), souvent par les symptômes localisés qui permettent de déterminer le point lésé de l'encéphale dont on connaît d'avance la relation de position avec les différents points de la surface crânienne. On comprend l'importance de la radiographie pour établir l'existence d'un corps étranger intracranien (balle) et la place qu'il occupe.
L'opération se pratique de la façon suivante : toutes les précautions d'asepsie étant prises et le point où l'instrument doit être appliqué fixé à l'avance, on rase largement le crâne. Par une incision cruciale ou la taille d'un lambeau, on met l'os à nu en soulevant toutes les parties molles, y compris le péricrâne. On applique alors le trépan à l'arbre duquel on a laissé une longueur dépassant légèrement la scie dont on limite la hauteur à l'aide d'un curseur. On ma)iœuvre le trépan comme un vilebrequin, et graduellement on avance en observant la sciure détachée par l'instrument, sciure d'abord blanche (table externe), puis rouge (diploé), puis de nouveau blanche (table interne). Dès que la sciure est rouge, on ne laisse plus dépasser l'arbre du trépan. On a ainsi détaché une rondelle que l'on extrait à l'aide d'une élévatoire. A ce moment, on a devant soi la dure-mère qui, normale, est animée de battements. On peut agrandir l'ouverture soit à la gouge et au maillet, soit à la pince gouge, soit en appliquant plusieurs couronnes de trépan que l'on réunit en faisant sauter les ponts qui les séparent. Doyen a inventé un appareil qui, à l'aide de trois trous de trépan, lui permet de tailler avec une scie circulaire un large volet qui donne une vue étendue sur l'encéphale. Cet appareil, fort coûteux, peut être remplacé parla scie de Gigli, formée de trois fils d'acier tressés, et qui se manœuvre comme la scie à chaîne. Si le volet ainsi taillé est resté adhérent auxparties molles, il peutêtre réappliqué. Comme on le comprend, l'opération de la trépanation n'est le plus souvent qu'une opération préparatoire qui permet une intervention active sur les parties plus profondes.
TRÉPANG, Nom vulgaire, commercial, de plusieurs espèces d'Holothuries, et en particulier de Holothuria edulis Less. (Moluques, Australie). Les Holothuries, recueillies dans l'océan Indien et le Pacifique, puis séchées, sont très recherchées en Chine, oîi elles {passent pour un mets délicat et servent en outre d'aphrodisiaques. TRÉPASSÉS (Baie des) (V. Finistère, t. XVII, p. 490). TRÉPIED (ArchéoL). On désignait sous le nom de trépied toute espèce d'ustensiles ou de meubles à trois pieds, surtout des tables, des sièges et des vases. Dans l'usage courant, le trépied-vase était simplement un chaudron qu'on mettait sur le feu pour faire bouillir l'eau; le trépied-siège était un tabouret, et le trépiedtable une table quelconque. Mais les trépieds de luxe présentent beaucoup plus d'intérêt. On a trouvé à Pompéi plusieurs beaux spécimens de ces tables à trois pieds, en bronze ou en marbre, qui, dans les temples, supportaient des objets sacrés, ou dans les maisons riches la vaisselle de luxe : les trois pieds, ordinairement terminés en griff'es d'animaux et décorés de feuilles ou de figures sculptées, soutiennent une sorte de cuvette plate ou hémisphérique. Parmi les sièges à trois pieds, rappelons seulement le célèbre trépied de Delphes, trépied sacré d'Apollon, sur lequel se plaçait la Pythie pour rendre ses oracles. Enfin, des vases de luxe à trois pieds sont très souvent mentionnés par les auteurs ou représentés sur les
monuments. Ces vases, en bronze ou en métal précieux, étaient consacrés aux dieux comme offrandes, ou donnés comme prix aux vainqueurs de certains concours. Le plus connu est le trépied dit de Platées, trépied en or, exécuté avec la dîme du butin fait sur les Perses, et placé à Delphes devant le temple d'Apollon, pour rappeler la victoire de Platées. Il était soutenu par les têtes de trois serpents de bronze enlacés ; sur les corps de ces serpents, on grava le nom de toutes les cités qui avaient pris part à la deuxième guerre médique. Le haut du trépied a disparu depuis longtemps ; mais la base, avec les serpents et la précieuse inscription, existe encore ; c'est la Colonne serpentine, qui se dresse à Constantinople, sur la place At-Meidan. Il est souvent question de trépieds analogues, véritables œuvres d'art, que l'on gardait dans les temples, ou dont l'on décorait les abords des édifices publics. A Athènes, une rue tout entière, la rue des Trépieds, qui contournait l'Acropole du côté de l'E. et qui conduisait au théâtre de Dionysos, était bordée de petits monuments qui contenaient ou supportaient les trépieds de bronze gagnés dans les concours des Dionysiaques par les chorèges vainqueurs. Un de ces édifices existe encore : le joli monument de Lysicrate, élevé en 335 avant notre ère (V. Choragiques [Monuments]. P. M.
TRÉPORT (Le) (Ulterior portas). Com. du dép. delà Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. d'Eu, sur la r. g. et à l'embouchure de la Bresle ; 4.748 hab. (4.444 aggl.). Port de commerce et de pêche, dont le mouvement en i899 fut de 168.233 tonnes, dont 85.862 aux sorties ; la flottille locale pêche le hareng. Terminus d'un chem. de fer qui, par Beauvais, vient de Paris, Le Tréport est une plage balnéaire très fréquentée, l'une des plus voisines de Paris. La ville s'allonge au pied d'une falaise de 100 m. (cf. l'art. Seine-Inférieure). — Eglise Saint- Jacques du xvi^ siècle, avec beaux vitraux modernes. Le Tréport ne prit quelque importance qu'au moyen âge ; la ville se forma près de l'abbaye Saint-Michel fondée en 1059. — Commerce d'ivoire ; importation de bois.
TREPOT. Com. du dép. du Doubs, arr. de Besan(:on, cant. d'Ornans; 337 hab. Stat. du chem. de fer P.-L.-M.
TRÉPREL.Com. du dép. du Calvados, arr. et cant. (N.) de Falaise; 174 hab.
TREPT. Com. du dép. de l'Isère, arr. de La Tour-du- Pin, cant. de Crémieu ; 1.722 hab.
TREPTOW. Faubourg S.-E. de Berlin (V. ce mot); beau parc où se tint l'exposition industrieHe de 1896.
TREPTOW-an-der-Regâ. Ville de Prusse, district de Stettin (Poméranie), sur la Rega, à 6 kil. de la mer Baltique; 5.997 hab. en 1895. Eglise gothique de 1303-70. Fabrication de machines agricoles et d'argenterie ; tourbières.
TRÊRON,TRERONIDÉS(Ornith.)(V. Pigeon, t. XXVI, p. 913).
TRES A. Rivière suisse, dans le cant. du Tesin ; sort du lac de Lugano à Ponte Tresa et se jette dans le lac Majeur à Luino ; elle forme la frontière entre la Suisse et l'Italie. En 12 kil. elle descend 74 m..; son débit moyen est de 27 m. c. par seconde.
TRESAGUET (Pierre-Marie-Jérôme), ingénieur français, né en 1716, mort en 1796. D'abord sous-inspecteur de la généralité de Paris, puis ingénieur en chef de la généralité de Limoges (1764), il fut promu en 1775 inspecteur général et prit sa retraite en 1796. Il a illustré son nom par les réformes qu'il a introduites, dès 1764, dans la construction et l'entretien des routes, principalement dans leur mode d'empierrement (V. Route, t. XXVIII, pp. 1086-87). Il les a exposées dans un mémoire soumis en 1775 à l'assemblée des ponts et chaussées et envoyé comme modèle à suivre à tous les ingénieurs (Annales des ponts et chaussées, ann, 1831). On lui doit, d'autre part, les grands travaux exécutés dans la seconde moitié du xviii*^ siècle pour la mise en état de navigabilité de la Charente, entre Cognac et Civray. L. S.
TRESAUVAUX -=- TRESOR
TRESAUVAUX. Corn, du dép. de la Meuse, arr. de Verdun-sur-Meuse, cant. de Fresnes-en-Woëvre ; 204 hab.
TRESBŒUF. Corn, du dép. dTlle-et-Vilaine, arr. de Redon, cant. du Sel; 4.600 hab.
TRESCA (Henri-Edouard), savant français, né à Dunkerque le 42 oct. 1814, mort à Paris le 21 juin 1885. Sorti de TEcole polytechnique en 1835 et quelque temps ingénieur des ponts et chaussées, il quitta bientôt l'administration pour se consacrer exclusivement à Tétude des sciences, principalement de la mécanique appliquée. En 1851, il fut inspecteur général de l'Exposition française à Londres, en 1855 commissaire général à l'Exposition universelle de Paris. Il devint par la suite soussecrétaire du Conservatoire des arts et métiers, professeur de mécanique industrielle à cet établissement, professeur de mécanique appliquée à l'Ecole centrale des arts et manufactures. En 1872, TAcadémie des sciences de Paris, qui lui avait décerné en 1862 le grand prix de mécanique pour un remarquable Mémoire sur V écoulement des solides (V. Ecoulement, t. XV, p. 515), l'élut membre de sa section de mécanique en remplacement de Combes. On doit également à Tresca : Traité élémentaire de géométrie descriptive (Paris, 1851 ; 2® éd., 1863, avec atlas) ; Visite à r Exposition universelle de Paris (Paris, 1855), ouvrage qui eut un grand succès ; Mécanique pratique. Machines à vapeur, en collab. avec le gén. Morin (Paris, 1863) ; Cours de mécanique appliquée (Paris, 1876), etc. L. S.
TRESCAULT. Com. du dép. du Pas-de-Calais, arr. d'Arras, cant. de Bertincourt ; 584 hab.
TRESCHENU. Com. du dép. de la Drôme, arr. de Die, cant. de Châtillon ; 500 hab.
TRESCKOW (Udo von), général prussien, né à Jerichow le 7 avr. 1808, mort à Stunzhain le 20 janv. 1886. n prit part au siège de Strasbourg et commanda celui de Belfort.
TRESCKOW (Hermann von), général prussien, né à Blankenfelde le 1®^ mai 1818. Il fut attaché militaire à Paris (1854-56), puis, avec le rang de major général (1864), aide de camp du roi dans la campagne jusqu'en nov. 1870, où il reçut le commandement de la 17® division, avec laquelle il prit Dreux et participa aux opérations du grand-duc de Mecklembourg ; il commanda le 9® corps (1873), fut promu général d'infanterie (1875) et mis à la retraite en août 1888.
TRESCLÉOUX. Com. du dép. des Hautes-Alpes, arr. de Gap, cant. d'Orpierre ; 505 hab.
TRESCŒURouTRESCHEUR (Blas.) (V. Trécheur). TRÉSETTE, Jeu de cartes italien qui se joue à quatre avec un jeu d'hombre de 40 cartes, la plus forte étant le trois, puis deux, as, roi, dame, valet, sept, six, cinq et quatre ; chaque joueur reçoit 10 cartes ; le brelan compte un point, le brelan carré deux ; mais le brelan de trois vaut 3 points, etceluiqui a les quatre trois marque 8 points ; la partie jouée, chacun relève les cartes qu'il a conservées ou prises et compte les points que forment, cette fois, non seulement les brelans, mais aussi les séquences, une séquence de même couleur (trois, deux, as, roi de pique, par exemple) valant autant de points qu'elle comporte de figures. La partie se joue en 21 points. A l'origine, celui (jui avait les trois sept {tre sette) gagnait d'emblée. Ce jeu fut en vogue au xvii® siècle.
TRÉSILLEY. Com. du dép. de la Hautç-Saône, arr. de Vesoul, cant. de Rioz; 217 hab.
TRESILLON (Mar.). Lorsqu'on veut fortement rapprocher deux cordages, on se sert d'un filin de petite dimension dont les bouts, après avoir embrassé les deux cordages, reviennent se fixer à un levier en bois permettant d'exercer un effort considérable. C'est ce qu'on appelle trésillonner, et le levier porte le nom de trésillon. TRESLON. Com. du dép. de la Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois ; 140 hab.
TRESNAY. Com. du dép. de la Nièvre, arr. de Nevers, cant. de Dornes ; 544 hab.
TRES FORÇAS ou TROIS-FOURCHES. Cap de la côte N. du Maroc (V. ce mot).
TRES MARIAS (Iles). Groupe de quatre îles de Pocéan Pacifique, à 100 kil. de la côte du Mexique, Etat de Jalisco, en face du golfe de San Blas, alignées du S.-E. au N.-O. et d'origine volcanique ; laplus grande. Maria Madré, a 736 m. de haut.
TRÉSOR. L Antiquité romaine. — Trésor pu-
RLIC (V. i^RARIUM).
II. Droit romain. — On appelle trésor une chose mobilière dont le propriétaire ne peut plus être connu et qui est retrouvée enfouie ou cachée dans un autre objet, ordinairement dans la terre. Le trésor est donc une chose sans maître qu'on peut, sans léser les droits de personne, attribuer à celui qui le trouve, à l'inventeur. Telle est la solution certaine du droit classique (31, § 1, Dig. De acq. rer. dom., XLI, 1, Paul). Cette attribution ne souffre aucune difficulté quand c'est le propriétaire de la chose renfermant le trésor qui fait lui-même la découverte. Il n'en est plus de même lorsque l'inventeur est un autre que le propriétaire, par exemple un ouvrier occupé à un travail de démolition ou de fouille. Une décision d'Adrien rapportée par Juslinien attribue la moitié de la découverte à l'inventeur, l'autre moitié au propriétaire. G. May.
III. Ancien droit. — L'idée qui prédomine dans notre ancien droit est que le trésor appartient au souverain. C'est une idée qui se fit jour peut-être d'abord pour l'or et dont on trouve des traces dans les lois légendaires de Trode IH le Pacifique, la loi de Valdemar et les lois d'Edouard en Angleterre. Lorsque la souveraineté du roi prédomina à nouveau après l'anarchie féodale, on distingua parmi les trésors ou fortunes. Il fut décidé que le roi avait droit à l'or, les barons à l'argent. C'est ce que nous disent les Etablissements de saint Louis. Avec la séparation du domaine en deux parties, et l'introduction des idées romaines, il fut fait des distinctions. Dans le cas où c'était le propriétaire du bien qui trouvait le trésor d'argent dans son fonds, il le partageait avec le haut justicier; dans le cas où c'était un simple tenancier ou un étranger qui le trouvait surunetenure, le tiers en appartenait au haut justicier, le tiers au seigneur tréfoncier, le tiers à l'inventeur. Pour qu'un bien fût considéré comme trésor, il fallait qu'il fût caché en terre. E. Châmpeaux.
IV. Droit civil actuel. — Le trésor est aujourd'hui ce qu'il était dans le droit romain et dans l'ancien droit : une « chose cachée ou enfouie sur laquelle personne ne peut justifier sa propriété » (C. civ., art. 716). Pour qu'un objet constitue un trésor, les condilions suivantes sont donc nécessaires : 1^ Que cet objet ait été caché ou enfoui. Donc les mines, les aérolithes, les objets trouvés à la surface de la terre ne sont pas des trésors. — 2^ Que personne ne puisse justifier de sa propriété sur la chose. La preuve de cette propriété peut s'administrer par tous les moyens légaux, le propriétaire n'ayant pu, vis-à-vis de l'inventeur, se procurer une preuve par écrit (V. Preuve). — 3^* Que la chose trouvée soit mobilière ; car un meuble seul peut être caché. C'est pourquoi on a décidé que des mosaïques, immeubles par destination, ou des statues placées dans une niche ne sont pas des trésors. Le droit romain exigeait encore que le dépôt fût d'origine ancienne ; mais cette condition, qui est irrationnelle, doit être écartée. D'autre part, le code civil paraît exiger que la chose ait été découverte par le pur effet du hasard, mais il a commis, à cet égard, une confusion entre les caractères du trésor et son attribution : on verra que si la découverte du trésor n'est pas fortuite, cette circonstance influe seulement sur la détermination des personnes auxquelles le trésor appartient. Cette définition du trésor est très importante, parce que l'attribution du trésor est réglée par la loi d'une manière arbitraire, et que, par (conséquent, les solutions admises à cet égard ne peuvent être appli-