THOUVENEL - THRACE
4866. Il était le fils d'un officier du premier Empire. Après ses études de droit, il entra en 4840 au ministère des affaires étrangères, devint attaché d'ambassade à Bruxelles en 4844, secrétaire de légation à Athènes en 4845, et ministre plénipotentiaire àMunichen 4850. Après le coup d'Etat du 2 déc. 4854, il fut appelé à Paris pour prendre la direction des affaires politiques au ministère des affaires étrangères (1852). Nommé, en mai 4855, à l'ambassade de France à Constantinople, il seconda habilement les vues de l'empereur Napoléon, en obtenant, malgré l'Angleterre et TAutriche, l'union des principautés danubiennes. Aussi ce dernier jeta-t-il les yeux sur lui, quand il chercha un ministre des affaires étrangères plus favorable que le comte Walewski à l'unité italienne (4 janv. 4860). Thouvenel signala son passage aux affaires par le traité de Turin, qui annexait Nice et la Savoie à la France, par l'expédition de Syrie, par la conclusion de traités de commerce avec l'Angleterreet la Russie. Mais les insurmontables difficultés auxquelles donnait lieu le règlement de la question romaine le forcèrent à céder son portefeuille (42 oct. 4862) à Drouyn de Lhuys. Rentré au Sénat, dont il faisait partie depuis 4859, il venait d'en être nommé viceprésident, quand il mourut prématurément. Il avait publié de son vivant un livre sur la Hongrie et la Valachie (4840) ; son fils a composé, avec la correspondance qu'il avait laissée, de curieux ouvrages sur l'histoire diplomatique du second Empire: le Secret de V empereur {i^^^, 2 vol. in-8); la Grèce du roiOthon (1890, in-8) ; Episodés d'histoire contemporaine (4892, in-8) ; i^icolas 1^^ et Napoléon llî (4894, in-8) ; Trois années de la question d'Orient (1896, in-8). A. Pingaud.
THOUVENIN (Louis-Etienne de), général français, né à Moyenvic (Meurthe) en 4794, mort en 4882. Lieutetenant d'artillerie en 4844, il prit part aux campagnes de 4843 et 4844 et fut retraité comme général de brigade en 4853. Il a introduit dans le mécanisme et dans les munitions des armes à feu d'importants perfectionnements. Il est notamment l'inventeur de la carabine à tiges dite carabine 1846, qui fut adoptée, un peu dans tou, les pays, pour l'armement des chasseurs et comme arme declxasse (V. Carabine).
THOUX. Com. du dép. du Gers, arr. de Lombez, cant. de Cologne ; 260 hab.
THRACE (BpaxTj, 0pr]\x'rj, Thracia). Nom donné par les anciens Grecs et Romains à la partie orientale de la péninsule des Balkans, séparée do l'Asie par FHellespont et le Bosphore. Ses limites ont varié : Hécatéey comprenait la plus grande partie de la péninsule balkanique, et notamment la Macédoine ; mais généralement on limitait ce nom au pays qui de la mer Egée allait au Danube et de la mer Noire au Strymon (plus tard le Nestus, auj. Karasou) et à la frontière illyrienne, à peu près la Roumélie et la Bulgarie actuelles. Les Romains en détachèrent la région au N. .de FH^emus (Balkans),- qui prit le nom de Mœsie, et la Thrace se trouva réduite à la Roumélie actuelle (bulgare et turque). Les côtes avaient été de bonne heure occupées par les Grecs, et la race hellénique les habite encore ; les principales cités grecques des côtes de Thrace furent Amphipolis à l'embouchure du Strymon, Abdère, Dicseas, Maronée, Mésembrie, ^Enos à Fembouchure de FHebre (Maritza), Périnthe et Selymbria sur la Propontide (mer de Marmara), Byzance, puis, le long du Pont-Euxin, Apollonia, Odessos, Kallatis, Tomi; notre péninsule de Galiipoli, appelée Chersonèse de Thrace y fut colonisée par les Athéniens; ils exploitèrent aussi les mines d'or du mont Pangée ; les îles de la côte méridionales, Thasos, Samothrace, Imbros, étaient également devenues grecques. A l'intérieur se maintenaient les diverses nations thraces, sur lesquelles nous sommes mal informés. On a beaucoup discuté sur le caractère ethnique des anciens Thraces, sans arriver à des conclusions bien sûres. Les Grecs leur attribuaient un rôle considérable dans la période légendaire. Ils auraient, en connexion avec les Pé-
lasges, possédé la Béotie, d'où les Cadméiones (V. Thèbes) et les Minyens d'Orchomène les auraient refoulés dans la région du Parnasse ; ces Thraces seraient venus de la Piérie, la plaine côtière sise à FE. du mont Olympe, entre la Macédoine et la Thessalie. On leur attribue l'importation du culte des Muses (notamment sur FHélicon), et l'on range parmi eux la plupart des anciens poètes : Orphée, Musée, Thamyris, Eumolpus. Toutefois, cette version paraît d'origine relativement récente et liée au développement des cultes mystiques à partir du vu® siècle av. J.-G. (V. Orphée, Dionysos). La religion dionysiaque, qui se propagea de Thrace en Grèce se donna des précurseurs mythiques qu'elle intercala dans la préhistoire légendaire des Grecs par un compromis avec le culte d'Apollon et la littérature qui s'en inspirait (V. Delphes, Divination, Apollon). Il n'y a donc pas lieu d'accepter comme historiques ces récits qui reportent dans le plus lointain passé de FHellade l'influence thrace. Otfried Muller, ne sachant comment concilier ce développement littéraire et musical avec la condition sauvage des Thraces du v® siècle, avait conclu qu'ils étaient un peuple différent des Thraces mythiques du Parnasse et de la Piérie ; cette hypothèse est trop en contradiction avec les textes, et, dès l'époque homérique, le culte de Dionysos est signalé chez les Thraces établis dans leur domaine historique.
C'est également aux témoignages anciens qu'il faut s'en tenir pour classer le peuple thrace. Habitant une contrée intermédiaire entre l'Europe et l'Asie, sur une route historique relativement difficile et où les occupants successifs se sont maintenus durant des siècles sur les deux rives du Bosphore, ils étaient, nous dit-on, proches parents des Mysiens et des Bithyniens et aussi des Phrygiens ; d'autre part, on leur assimile les Gètes des rives du Danube et même les Daces. Ces dernières populations ont été attribuées à la race celtique slave, ou à ce qu'on a nommé les Celto-Slaves (V. Celtes et Slaves); on peut donc classer les Thraces dans ce groupe, mais c'est pure hypothèse, et la parenté phrygienne demeure mal expliquée. A défaut de documents anthropologiques authentiques recueillis dans des tombes bien datées et d'origine indiscutable, à défaut de documents linguistiques et de textes dont aucun ne nous a été conservé, toute hypothèse a un caractère fantaisiste. A l'époque historique, les Thraces pratiquaient le mariage par achat (V. Famille), honoraient Dionysos et des dieux assimilés aux Grecs, Ares, Artémis, Hermès ; ils brûlaient les corps et élevaient un tumulus sur la tombe ; ils tenaient le brigandage et la guerre en particulière estime. Le noyau était formé par les montagnards du Rhodope et de l'Haemus ; ils fournissaient une infanterie légère et une cavalerie irrégulière, alimentant le monde hellénique de mercenaires, plus tard Rome de gladiateurs.
Morcelés en tribus qui se faisaient la guerre, éparpillés en villages, les Thraces tinrent peu de place dans l'histoire. On cite parmi leurs peuples : les Bisaltes, les Besses, les Bryses, les Edones, les Dolonces, les Cicones, les Odryses, etc.; c'est aux Edones que fut enlevé le territoire d'Amphipolis, aux Dolonces la Chersonèse. En 543, les Perses soumirent la Thrace, mais ils la perdirent après le désastre de Platées ; Pausanias reprit Byzance (477) et Cimon la ville d'Eion. C'est alors que se constitua le royaume des Odryses (V. ce mot) qui unit la plus^rande partie de la Thrace jusqu'à l'époque de la conquête romaine. Il subit la suzeraineté macédonienne ; le royaume de Thrace, fondé par Lysimaque, ne lui survécut pas. Les côtes méridionales furent disputées entre les rois d'Egypte, de Macédoine et de Syrie, puis divisées entre le roi de Pergame et la province romaine de Macédoine. En 29 av. J.-C, les Romains formèrent du pays entre les Balkans et le Danube la province de M<esie; sous Vespasien, la Thrace, des Balkans à la mer Egée, devint à son tour une province. La cité centrale de Philippopolis, fondée par le grand Philippe de Macédoine, fut supplantée par Adrianopolis,
THRACE — THRÈNE
Lors de la réorganisation de Dioclétien, la Thrace forma un vicariat de la préfecture du prétoire d'Orient ; elle fut divisée en quatre provinces : Thrace propre, à TO., avec Philippopolis et Berœa ; Hsemimontus, au N.-E. , avec Andrinople et Anchialus ; Europe, au S.-E., avec Périnthe et les environs de Constantinople ; Rhodope, au S.-O., avec Maximianopolis, Maronée et ^nus ; à ces quatre provinces on en annexera deux provenant de la Mœsie au N. des Balkans : Mœsie seconde avec Nicopolis, etScythie (auj. Dobroudja). A l'époque byzantine, lors de la division en thèmes, le nom de Thrace fut restreint à peu près à l'ancienne province d'Europe, c.-à-d. aux environs de la capitale, le reste formant le thème de Macédoine au S. des Balkans de Paristrium au N. Les Bulgares slavisés s'infiltrèrent dans l'ancienne Thrace, et aux xiv® et xv® siècles les Turcs la conquirent. Rien ne subsiste que l'on puisse, avec certitude, rattacher aux Thraces de l'époque athénienne. A. -M. B.
BiBL. : Skordelis, Méditations thraces, en ^rec; Leipzig, 1877.— Kalopotakes, De Thracia provincici romana ; Berlin, 1893. — Tomaschek, Die alten Thraker; Vienne, 1893-96.— Cf. les art. Grèce, Europe, § Ethnographie, etc.
THRACÉSIENS (Thème des). Province de l'empire byzantin, comprenant les anciennes éparchies d'Asie, de Lydie, de Carie et de Phrygiepacatienne. Sa capitale était Ephèse. Elle fut constituée au viii® siècle par un dédoublement du grand thème Anatohque, et devint par la suite l'un des gouvernements asiatiques de premier rang.
THRASEA Pœtus {Lucius ou Publius), sénateur romain, né à Padoue, mort en 66 ap. J.-C. Il appartenait à l'ordre sénatorial. Stoïcien convaincu, son ambition fut de ressembler à Caton d'Utique. Il épousa Ania (V. ce nom) et eut pour gendre le stoïcien Helvidius Priscus. Membre du Sénat en 57, il fit condamner le gouverneur de la Gih'cie, Cossutianus Capito, accusé de concussion par ses administrés ; en 58, il prit plusieurs fois la parole au Sénat pour combattre la politique impériale. Lorsque le Sénat poussa la bassesse jusqu'à ordonner des jeux annuels pour remercier les dieux de la mortd'Agrippine, assassinée sur l'ordre de Néron, Thrasea quitta l'assemblée plutôt que d'assister à un pareil scandale (59). L'empereur profita de la conspiration de Pison, découverte en 65, pour y impliquer Thrasea. Accusé à son tour par l'ancien gouverneur de Cilicie, Cossutianus Capito, il fut condamné à mort. Il se fit ouvrir les veines et mourut, avec une admirable sérénité, au milieu de sa famille et de ses amis (66). Son panégyrique fut écrit par son ami Arulenus Rusticus, stoïcien comme lui, que, pour cet acte de courageuse amitié, Domitien condamna à mort en 93.
BiBL. : Tacite, Annall.^ t. XVI.
THRASYBULE, homme d'Etat athénien, tué à Aspendos au printemps de 388 av. J.-C, fils de Lycon. Ce fut l'un des bons généraux et des plus énergiques démocrates d'Athènes. Ami d'Alcibiade, il fut un des promoteurs de l'intervention de l'armée navale contre le coup d'Etat des Quatre Cents (41 1) ; il coopéra avec Alcibiade et fut enveloppé dans sa disgrâce après la défaite de Notium. Lors de l'établissement des Trente tyrans, il fut banni et se retira à Thèbes (404) ; il y groupa les patriotes démocrates, s'empara du fort de Phylé, puis du Pirée, défit les aristocrates ; ceux-ci firent appel à Sparte, et Ly sandre vint bloquer le Pirée, mais le roi Pausanias s'entendit avec Thrasybule et obtint des Spartiates leur consentement au retour des exilés dans Athènes (automne 403) ; Thrasybule, vainqueur des aristocrates retirés à Eleusis, fit proclamer une amnistie. En 395, il fit conclure une alliance avec Thèbes contre Sparte. En 390, il fut envoyé avec une flotte de quarante navires au secours des démocrates de Rhodes, se rendit en Thrace où il obtint l'alliance des Odryses, restaura la démocratie à Byzance, s'empara de Méthymne (Lesbos) ; il reconstituait la confédération maritime athénienne, ne demandant aux cités alliées que le paiement d'un droit de 5 "/o sur les importations et exportations. Arrivé à Aspendos en Pamphylie, il fut
assassiné la nuit par les habitants qui refusaient ce tribut.
THRASYLLE, général athénien, mort en 406 av. J.-C, Simple hoplite dans l'armée de Samos en 411 , il contribua à la décider à restaurer la démocratie dans l'île ; puis, avec Thrasybule, il l'entraina à Athènes pour renverser la tyrannie oligarchique des Quatre Cents : il commandait l'aile gauche à la bataille navale de Cynossema où furent défaits les Péloponnésiens, se distingua sur terre en repoussant le roi de Sparte de la banlieue d'Athènes ; envoyé en Asie avec des renforts, il prit Colophon, échoua devant Ephèse, battit les Syracusains à Méthymne et fit sa jonction avec Alcibiade avec lequel il vainquit Pharnabaze, prit Chalcédoine et Byzance (408). Il était l'un des généraux qui gagnèrent la bataille des Arginuses et furent condamnés à mort pour avoir poursuivi l'ennemi au heu de recueillir les morts et les épaves.
THRASYLLE de Mendès (?), savant grec du commencement du i®^ siècle, se concilia, comme astrologue, la faveur de Tibère pendant le séjour de ce dernier à Rhodes, le suivit à Rome et paraît lui avoir survécu. Tacite, Suétone et Dion Cassius racontent diversement les circonstances légendaires qui lui assurèrent la confiance de Tibère, alors que celui-ci songeait à le faire périr. Son fils aurait, d'après Tacite, prédit l'empire à Néron. — Le surnom de Mendésien n'est attribué à un Thrasylle que par le pseudo-Plutarque De fluviiSy source très suspecte, où sont cités comme de lui un écrit Sur les pierres précieuses, et des Egyptiaques. Cet auteur, s'il a réellement existé, peut bien différer du nôtre. Quant au Thrasylle de Phlionte, musicien mentionné par Plutarque d'après Aristoxène, il appartient au v® siècle av. J.-C, et n'a probablement pas écrit. — Porphyre considérait déjà Thrasylle comme un platonicien pythagorisant, mais il nous apparaît bien plutôt comme un polygraphe indépendant ; car s'il a classé les écrits de Platon en tétralogies (et c'est par là que son nom mérite de rester dans l'histoire de la philosophie), il avait fait le même travail sur les œuvres de Démocrite. Il est, d'autre part, mentionné par Pline comme ayant traité divers sujets intéressant l'astronomie, la cosmographie, l'histoire naturelle; mais à cet égard les indications restent vagues; au contraire, par Théon de Smyrne et Porphyre (sur les Harmoniques de Ptolémée), nous avons d'importants extraits d'un ouvrage de musique. Sur les sept tons, qui paraît avoir eu une grande réputation. Mais si Thrasylle semble s'y rattacher aux pythagoriciens par l'adoption des théories musicales qu'on leur attribue, il faut observer que cette théorie appartient plutôt en réalité à l'école de Platon et des mathématiciens postérieurs qu'aux pythagoriciens proprement dits, par exemple Archytas. T.
THRASYMAQUE de Chalcédoine, rhéteur et sophiste, qui vécut à Athènes dans le dernier quart du v® siècle av. J.-C. Auteur d'un traité de rhétorique et de modèles oratoires, il excelle dans le pathétique et inaugure le style tempéré. C'est un des hommes dont on a le plus souvent invoqué les idées pour condamner la sophistique (V. Sophiste).
THRAUPIS(Ornith.) (V. Tangara).
THRÈNE. Lamentation funèbre. C'était chez les Grecs une coutume très ancienne de faire entendre des lamentations ou des chants funèbres, soit pendant que le corps du défunt était exposé dans sa demeure sur un lit de parade, soit pendant l'incinération du cadavre sur le bûcher. Les thrènes étaient chantés, à l'époque homérique, par les plus proches pareats du défunt et par des aèdes, qu'Homère appelle ôpyjvojv l^dp^oi. L'usage du thrène se maintint pendant les temps historiques. Il s'appelait alors, soit 8p^voç, soit sTuixriSsiov (epicedium) ; il était chanté par un chœur de personnages loués pour la circonstance, que dirigeait un ôpr/^wôo;. Plusieurs poètes lyriques, Simonide et Pindare, par exemple, composèrent des thrènes pour des morts illustres ou riches. Certains critiques dis-
tinguent le tlirène de Félégie ; d'après eux, les thrcncs proprement dits s'accompagnaient sur la lyre, tandis que les élégies s'accompagnaient sur la flûte. J. Toutain.
THRIDACE (Pharm.). La tliridace est un extrait de suc de tiges de la laitue officinale {Lactuca saliva capitata). On en fait un sirop (23 gr. 7oo). Médicament peu employé, et probablement inerte, d'après Soubeiran et Rabuteau.
THRINAX (Bot.) (V. Palmier).
TH BIPS (L.) (Entom.). Ce nom servait autrefois à désigner un groupe d'Insectes de très petite taille, à ailes semiconvexes et peu développées, à métamorphoses incomplètes, que l'on rangea d'abord parmi les Hyménoptères. Duméril fit de ce groupe une famille particulière sous le nom de Physopoda, Haliday en forma même un ordre spécial qu'il appela Thysanoptera, dont les principaux caractères sont des ailes rudimentaires, presque dépourvues de nervures, garnies de franges soyeuses sur leurs bords, des mandibules longues, sétiformes, un peu renflées à la base, des antennes filiformes de 5 à 9 articles , les ocelles au nombre de 3, les tarses vésiculeux à l'extrémité et à 2 articles. Ces Insectes sont placés maintenant à la suite des Orthoptères, avec lesquels ils ont plus de rapport qu'avec les Insectes des autres ordres. Ils ont été divisés en d'assez nombreux genres : Mlothrips Halid. , Physopus Serv., Antliotlirips Uz., etc. Le genre Thrips est caractérisé par les antennes de sept articles, les ailes antérieures dépourvues de bande Iransverse, le prothorax garni de deux soies longues et raides, les jambes antérieures unies. Type : Th. minutissima L. — Les Thrips se trouvent partout dans les fleurs ou sur les feuilles de nombreux végétaux.
THROCKMORTON (Francis), conspirateur anglais, né en 1554, mort le lOjuil. 4584. Fils d'un partisan fidèle de Marie Stuart, qui avait été compromis dans la rébellion de Wyatt, il fut dès sa jeunesse impliqué dans les intrigues que tramaient les catholiques expulsés dans toute l'Europe contre le gouvernement anglais. Correspondant de Morgan, il organisa à Londres des intelligences entre Marie Stuart emprisonnée et ses agents en France ainsi qu'avec Mendoza, l'ambassadeur espagnol à la cour d'Elisabeth. Mais ses agissements attirèrent l'attention du gouvernement. Throckmorton, arrêté en 1583, fut enfermé à la Tour, jugé en 1584, condamné à mort et exécuté à Tyburn. R. S.
BiBL. : A discoverie ofthe treason practised and atiemp ted against the Queen's Majcstie and the Reahne by Francis Throckmorton ; Londres, 1584, in-i.
THROMBOSE (Pathol.). C'est l'oblitération spontanée d'un vaisseau ; la masse dont l'accroissement et le développement sur place ont amené l'obstruction du cahbre vasculaire constitue ce qu'on appelle le thrombus (V ce mot). La thrombose peut reconnaître pour cause des altérations pathologiques du liquide sanguin ou des parois vasculaires ; mais en général les deux ordres de facteurs sont combinés. Le cas le plus typique des thromboses d'origine hématique est certainement celui des throml)OSCS veineuses par gelure ou brûlure. Sous l'influence d'une température trop basse ou trop haute, les veines superficielles et les capillaires peuvent se trouver soumis à des conditions physiques dans lesquelles la fluidité du sang n'est plus possible. Les thromboses marastiques, conséquence de toutes les maladies qui compromettent gravement la nutrition des tissus paraissent aussi dues à des altérations primitives du liquide sanguin ; eUes siègent de préférence dans le système veineux périphérique. Dans le marasme ou la cachexie, les globules sanguins et les leucocytes ont une tendance à s'agglutiner, ils sont plus paresseux, moins aptes à suivre le courant sanguin ; ils tendent à adhérer aux parois vasculaires, surtout aux points où la vitesse du courant est la moins forte.
Les thromboses vasculaires, bien mieux connues que les hématiques, peuvent se diviser en traumatiques et spon-
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tanées. Parmi les premières, il convient de citer celles qui donnent lieu à l'oblitération des vaisseaux sur lesquels on a pratiqué la ligature : après la formation du coagulum, qui s'étend de la ligature jusqu'à la première collatérale, la tunique interne prolifère et le thrombus s'organise. Plus tard il se résorbe et l'artère se transforme en un cordon fibreux. Les phénomènes sont à peu près les mêmes dans la thrombose qui produit la cicatrisation des vaisseaux blessés et arrête les hémorragies ; mais la plaie est d'abord bouchée par une accumulation de leucocytes (thrombus blanc) qui permet la prolifération des tuniques artérielles.
Les thromboses vasculaires spontanées ont pour origine la phlébite ou Yartérite (V. ces mots). Elles sont aiguës ou lentes ; dans le premier cas, les globules blancs adhèrent à la paroi endothéliale malade et y déterminent un commencement de dépôt fibrineux. Une fois que le calibre du vaisseau est ainsi rétréci, le sang se prend en masse dans son intérieur. Cette thrombose est plus souvent veineuse qu'artérielle, à cause de la force de propulsion plus grande du sang dans les artères. En revanche, les thromboses lentes s'observent dans les artères ; elles ne donnent lieu qu'à des coagulations incomplètes, qui n'envahissent pas le calibre entier du vaisseau, et qui peuvent même se résorber entièrement. D^' L. Laloy.
THROMBUS, Synonyme de caillot sanguin. Petite tumeur dure et violacée qui se forme autour de la saignée (épanchement de sang dans les mailles du tissu cellulaire sous-cutané), lorsque la plaie cutanée ne répond pas à la plaie veineuse dans l'opération de la saignée.
Thrombus scroïal (V. Hématocèle).
Thrombus de la vulve. — Nom donné à l'infiltration de sang dans les grandes lèvres. Cette atïection est d'ordinaire d'origine puerpérale. Son apparition est brusque, accompagnée d'une vive douleur, et survient souvent à l'occasion d'un effort, d'une chute, d'un coup. — Elle se termine par résolution, suppuration, par rupture, par gangrène ou peut donner lieu à une tumeur enkystée. Le traitement consiste à laisser cette tumeur se résorber quand elle est petite, et à l'évacuer, et à la vider des caillots sanguins qu'elle renferme lorsqu'elle est volumineuse et gênante. C. D.
THRONDHJEM. Ville de Norvège (V. Trondhjem).
THRYONOMYS (ZooI.) (V. Octodon).
THSENG-tseu, philosophe chinois (V. Tseng-tseu).
THSIN. Dynastie chinoise (V. Tslng).
THUBŒUF. Com. du dép. de la Mayenne, arr. de Mayenne, cant. de Lassay; 802 hab.
THUCYDIDE, chef de l'aristocratie athénienne après la mort de Cimon (449 av. J.-C), rival de Périclès qui le fit bannir par l'ostracisme en 444. Son petit-fils nommé comme lui Thucydide, fut élève de Socrate.
THUCYDIDE, historien grec du v® siècle av. J.-C. Thucydide était Athénien, du dème d'Halinonte, et naquit entre les années 470 et 460. Son père s'appelait Oloros, comme le roi Thrace dont Miltiade avait épousé la fille, et il descendait par sa mère de la grande famille des Philaïdes à laquelle avaient appartenu Miltiade et Cimon. Il était riche, et les mines d'or de Scapté-Hylé en Thrace, dont il était le propriétaire ou le fermier au nom de l'Etat, lui assuraient de grands revenus. 11 fut cependant peu mêlé à la vie publique. Elu stratège en 42 i, ce qui suppose qu'il avait fait déjà plusieurs campagnes, et chargé de garder les côtes de Thrace, il ne put empêcher le Spartiate Rrasidas de prendre Amphipofis, et les Athéniens irrités l'exilèrent. Pendant vingt ans il dut vivre hors de sa patrie, et c'est alors qu'il ramassa les matériaux de son histoire de la guerre du Péloponnèse et qu'il en écrivit probablement quelques parties. Enfin, rappelé à Athènes par un décret d'amnistie, en 404, il continua son histoire et la revisa tout entière. Il était occupé à ce travail, quand il mourut, laissant son œuvre inachevée. Le lieu, les circonstances et l'époque de la mort de Thu-